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 Myst [Validée]

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Myst
Poupée Danseuse - jolie, jolie tête qui roule...
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Temps passé à Hollow Dream : 33 ans et des poussières... Enfin nous croyons.
Date d'inscription : 02/10/2006

MessageSujet: Myst [Validée]   Lun 25 Déc - 7:07

Nom: Hammond
Prénom: Carmen
Surnom: Myst
Age du coma: 21 ans
Temps passé à Hollow Dream: 33 ans
- en tant qu'humain: Deux semaines
- en tant qu'Ombre: Tout le reste.
Ancienne profession: Danseuse classique.


Loyaliste?
Malgré le fait qu’on la pense souvent folle et imprévisible, Myst reste d’une loyauté inébranlable envers Vincent. Le Chef a toujours su guider les Ombres, il a su les unir, il saura tous les mener vers la survie.


Description physique:
N’était-elle donc pas adorable, la jolie Carmen ? Son teint de lait, ses courbes si gracieuses qu’on imagine aisément les mains de Dieu les tracer en personne, ses beaux yeux d’émeraude et ses cheveux aux reflets ensoleillés comme si la lumière elle-même semblait vouloir s’y loger ? Un délice de perfection tant dans le physique que dans l’attitude. Grâce et souplesse, jeux d’ondulations envoûtantes, une de ces beautés comme on en recherchait dans le milieu de la danse classique. Un doux mélange de fragilité que l’on veut protéger et de force contre laquelle on veut se blottir. Aujourd’hui, il reste quelques traces de ce passé de merveilles, mais la lumière tendre est devenu glaciale.
Sa longue chevelure blonde a cruellement pâli, tellement que ses fins cheveux en paraîtrait presque de cristal. Sa cascade de mèches ondulantes couleur neige est parfois entremêlée de fleurs, pareilles à des gouttes de sang. Ce même sang qui semble avoir teinté ses joues, ainsi que des larmes qui jamais plus ne pourront être séchées. Ses yeux ont pris la couleur de son âme. Entièrement noirs, sans distinction d’iris, de pupille ou de blanc, on s’y perdrait, hésitant entre la fascination et l’horreur. Mais son corps, ses gestes n’ont rien perdu de leur grâce attirante. On peut parfois la distinguer, entre les arbres décharnés, esquissant quelques pas dans un silence troublant, attirant ses proies d’une simple invitation de la main. Qui pourrait résister à sa fragile apparence et ses traits emplis d’une tristesse infinie ? On oublierait presque sa nature, dans un subit désir de la prendre sans ses bras, oubliant qu’elle glissera purement et simplement contre vous, emportant ce qu’il vous restait d’espoir et de vie.


Description morale:
Morale, immorale, noir et blanc, stabilité et changement, choisissez : Myst ou Carmen ? Deux charmantes créatures, dans un même corps, l’une pleurant désespérément tout ce qu’elle ne reverra jamais, l’autre haïssant pleinement ceux qui eux ont le pouvoir de renaître alors qu’elle finira tôt ou tard par entièrement disparaître, comme elle a disparu des souvenirs de ses proches. Approchez, c’est pareil à un jeu de hasard. Vous voulez jouer ? Pariez donc votre âme, cela n’en sera que plus amusant. Elle paraît si versatile, si incertaine, si… Non non, détrompez-vous, elle sait très bien qui elle est. Myst, perfide Myst, brume qui s’échappe et revient, vous colle à la peau sans que vous ne puissiez vous en saisir. Mais, elle vous parle ? N’est-elle pas charmante ? Ses grands yeux au noir pourtant si effrayants vous incitent à la fixer, sa voix tendre et timide vous touche, ses larmes de sang sur ses traits vous serrent le cœur. Non, ce ne sont pas les larmes, c’est sa main… Vous avez été distrait !
Oh, elle n’est pas bien méchante, Myst. Pas quand on le lui interdit. Non, Myst, elle se rapproche, elle écoute, elle n’est pourtant plus là, même si vous auriez juré avoir senti une présence. Elle joue, Myst, avant de s’évaporer dans la nature, de retourner esquisser ses pas de danse dans la forêt maudite.
Difficile à dire ce qu’elle ressent vraiment. En fait, les siens imaginent facilement qu’elle souhaite faire partager ses souffrances avec toute l’humanité, les humains supposent que sous l’horreur se cache un cœur fragile qui ne demande qu’à battre à nouveau. Et vous, que croyez-vous ?
Myst, elle, elle ne sait plus. Elle déteste et elle aime, elle voudrait mutiler les esprits, mais Carmen s’y refuse et pleure encore et toujours au creux de son âme, faisant émerger ses larmes de sang. Myst, dans sa colère, elle bâillonne les jolies lèvres blanches de Carmen et va voir de quelle couleur sont les larmes des autres.


Style de combat:
Combattre ? Pourquoi combattre ? L’être humain se laisse détruire tout seul. Oh, le temps l’a bien obligé à apprendre à frapper, à apprendre à bien viser. Préférant la finesse fourbe, elle a soigneusement appris à parfaitement bien lancer toute sorte d’objets tranchants. Elle se promène donc toujours avec huit petites lames magnifiquement aiguisées et parfaitement bien accrochées autour de sa cuisse à l’aide de belles lanières de cuir.
Mais sa préférence pour attraper quelqu’un, c’est la danse. Elle esquisse à merveille des mouvements d’une grâce sans pareil, afin d’hypnotiser sa proie, et lorsque celle-ci se rapproche, elle va à sa rencontre, l’enlace et lui impose le froid glacial de la souffrance. Submergée, ses victimes les plus faibles s’écroulent inanimées. Elle se repait alors de l’angoisse et du désespoir que l’impuissance et le danger font facilement naître au fond de l’âme.
Mais pour tuer, petit délice auquel elle s’adonne parfois, elle s’est fait un devoir d’apprendre à bien user de son don de dématérialisation. Un bras, tout simplement, qu’elle plonge dans le corps de sa victime, allant vers le cœur palpitant pour matérialiser juste ses doigts et les resserrer lentement sur le pauvre muscle. Une technique des plus vicieuses ! Hélas, elle ne peut pas le faire souvent, ce travail lui demandant pas mal d’effort. Aussi le réserve-t-elle pour les humains qui se sont montrés très très méchants.
Son entraînement de danseuse ajoute de la précision, de la souplesse et de la rapidité dans ses mouvements. Alors si vous tenez vraiment à l’affronter, prenez garde aux mauvaises surprises.


Autres:
Il existe des moments où Carmen refait surface, interdisant de faire du mal, et permettant ainsi de converser en toute tranquillité. Son apparence et ses manières délicates délient pas mal de langues.


Comment avez-vous connu Hollow Dream?
Par Fallen I et II.


Dernière édition par Myst le Dim 1 Fév - 3:50, édité 3 fois
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Myst
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MessageSujet: Re: Myst [Validée]   Lun 25 Déc - 7:09

Histoire:


Banalités, banalités…

Un matin, un cri s’élève, la petite est née. Ce matin, un homme attendri retient paradoxalement des larmes de tristesse devant la vitre de la maternité, entrevoyant plus loin sa petite fille si calme, profondément endormie, malgré les cris des autres bébés. Ce matin, une femme pleure, dans son lit d’hôpital, mitigée entre le bonheur d’être mère et le désespoir d’être à jamais privée de l’usage de ses jambes. Ce même matin, le pédiatre en chef de la maternité murmure une prière face au miracle qui s’était produit.
Pauvre femme, enceinte de sept mois, qui traversait la rue dans le quartier de Broadway, levant vers le ciel clair de ce début d’automne un regard émerveillé. Pauvre fou, qui ne jugeant pas utile de s’arrêter au rouge, poursuivit sa course folle dans sa Chevrolet et heurta de plein fouet la future mère. Le bébé, né dans l’urgence, était en parfaite santé, mais ne verra jamais sa mère hors d’un fauteuil roulant.

L’ont dit qu’après l’accouchement, les mères suivent une phase de dépression. Yeva Hammond, de son nom de jeune fille Vyacheslav, grande artiste de ballets russes, en souffrira tout le reste de son existence.

D’un commun sans surprise…

Charmante Carmen. C’est son père qui lui avait choisi ce nom, en hommage à cet opéra qu’il aimait tant. Étrange paradoxe, cette petite princesse blonde arborant le nom d’une héroïne hispanique. Si mignonne… Un bouille comme on en trouve tant sur les affiches de publicités pour les produits touchant les enfants. Un ange brillant, qui faisait naître une multitude de sourires charmés sur le visage du père, riche industriel. Un ange qui faisait naître des larmes de regrets dans les yeux pâles de Yeva, danseuse déchue, condamnée à ne plus marcher que dans ses rêves douloureux.
Choyée par un père fasciné, ignorée par une mère rancunière, c’est comme ça que Carmen grandit. Elle adorait ses parents, rêvant des heures durant devant les cassettes vidéo des ballets que sa maman avait dansés. Une fascination qui fit naître un semblant d’intérêt dans les yeux si triste de Yeva. Alors Carmen demandait, et écoutait. Yeva parlait de chaque pas, de chaque note de musique, de ce magnifique sentiment d’être emportée par le son et admirée des spectateurs. Et lorsqu’elle surprit son petit bout de quatre ans devant la télé en train de reproduire tant bien que mal un saut de chat ou un rond de jambe, Yeva parut oublier son affreuse condition pour se concentrer enfin sur son enfant. Une éducation de premier ordre et des leçons dans la meilleure école de danse de New York, voilà ce à quoi Carmen fut soumise toutes les années qui suivirent, sous le regard dur mais tendre de cette femme redevenue mère.

D’un ennui… Mortel.

Danse danse, petit rat de l’opéra ! A peine douze ans et déjà Carmen soulevait les intérêts des plus grands chorégraphes. A peine douze ans, et déjà un contrat pour partir à Paris dès ses seize ans pour débuter dans le milieu professionnel. N’était-ce pas un peu tôt pour une si jeune demoiselle ? Le père soucieux s’inquiétait de voir son ange forcé de quitter l’enfance si tôt. La mère enthousiaste scandait qu’il n’était jamais assez tôt pour être une étoile dans le milieu si dur de la danse. Alors après les leçons, elle entraînait elle-même sa fille, son avenir par procuration, lui faisant esquisser pirouettes sur pirouettes jusqu’à-ce que les petits oreilles soient en sang. Mais heureuse d’avoir sa mère, Carmen dansait et dansait encore jusqu’à-ce que…
Elle eut finalement ses seize ans et partit pour Paris, loin de ses parents. Un an, deux ans, de retour à New York pour Noël et Nouvel An. Elle émerveillait les parisiens, fascinait ses maîtres par sa détermination. Tout en elle n’était que merveille, malgré son jeune âge. Puis le contrat achevé, un autre débuta, mais dans sa ville natale où elle pu, du haut de ses dix-huit ans, rejoindre sa famille. Ce fut pour la première fois qu’ils la voyaient réellement sur scène, costumes, éclairages, décors et orchestre. Une magie fantastique, emportant le père sur des sommets d’émerveillement. Une magie noire qui détruisit brutalement l’amour maternel au profit d’une jalousie sans nom. L’ignorance reprit, elle ne parlait plus à sa fille, suffisamment adulte et talentueuse pour se débrouiller seul sous son regard acide et ses paroles amères.

Banalités, banalités…

Trois années passèrent. L’âge viendrait tôt ou tard, le temps où les artistes perdent de leur saveur, où l’innocente jeunesse se perd dans l’attitude blasée des adultes. Alors pourquoi ne voulait-on pas oublier la joli Carmen ? Elle devenait toujours plus belle, toujours plus lumineuse. Non, ce n’était pas comme ça que ça devait fonctionner. Ruminant sa rancœur, Yeva maugréait toute seule, ne parlait plus, dénigrait jusqu’à l’entier de sa vie pour se terrer dans sa jalousie. Et Carmen montait encore. La petite étoile ne semblait pas connaître de limite dans l’infini cosmos. Elle vivait seule, avait même trouvé l’amour avec un camarade de danse, mais cette relation s’effondra dès que Yeva y infiltra ses paroles venimeuses, détruisant le couple naissant sous le regard sidéré de son mari. Mais cela n’était pas suffisant, non non… Alors elle alla voir les répétitions de sa fille, laissant naître le futile espoir d’une entente future. Elle traînait les roues de son fauteuil dans les coulisses, pour apercevoir cachée derrière le lourd rideau de velours rouge les pas de sa fille. Puis un soir, toujours derrière son rideau, elle sourit. Seule sur scène, achevant son dernier saut, Carmen tourna vers sa mère un regard de tendresse. Elle l’aimait, sa mère, même si cela n’était pas réciproque. Les lèvres pulpeuses de Yeva remuèrent sensiblement, si peu que personne ne le remarqua. Personne sauf Carmen qui habituée aux murmures maternels avait appris à lire leurs mouvements.

« Lève les yeux, mon ange, et vois l’enfer … »

Carmen leva les yeux, aperçu le lourd squelette de métal alourdi par les projecteurs… Puis ne vit plus jamais rien du monde qu’elle avait connu jusqu’alors.

Ouvrir les yeux à nouveau…

Debout debout ! Bienvenu à Hollow Dream ! Population humaine variable, population étrange croissante. Les températures oscillent entre l’insoutenable et le cauchemardesque. N’oubliez pas de déposer vos bagages à l’accueil et de vous présenter à vos compagnons d’infortune !
C’était donc ça, la mort ? Si seulement ça avait pu être la mort…

Citation :

Sur le lit d’hôpital, en cette année 1983, Carmen a perdu de sa splendeur. On ne voit rien de ses cheveux, rasés pour mieux pouvoir lui ouvrir le crâne et extirper les morceaux de métal. Mais elle n’était pas morte, oh non. Tout le monde dans l’opéra y avait cru, en la voyant s’effondrer sur la scène, disparaître sous les barres de fer, voyant par la suite la large tache de sang se former sur les planches. Triste accident, n’est-ce pas ? Cruelle perte pour le monde du spectacle. Par sécurité, la salle fut fermée le temps de revérifier l’entier des installations.

Quel monde sinistre ! Il fallait qu’elle se réveille avant de se faire massacrer par une Chimère ou ensorceler par une Ombre. Heureusement qu’il y avait d’autres personnes comme elle ! Ensemble ils allaient s’entraider, s’en sortir, et revenir à la réalité.

Citation :

« Je suis navré, Monsieur Hammond, mais il y a très peu de chance qu’elle puisse un jour se réveiller. Et si cela arrive, je n’ose imaginer dans quel état elle sera. C’est bien triste, un si joli brin de fille… »

Hammond pleura des heures durant, affalé dans un fauteuil au chevet de sa fille. Yeva trop « attristée » disait qu’elle ne pourrait pas soutenir le spectacle de son ange étendue au milieu des multiples bruits des machines.
Mais Hammond ne perdait pas espoir. Sa fille aura les meilleurs soins, il en avait les moyens. Il la fit transférer dans leur demeure familiale, embaucha une infirmière à domicile. Son ange allait se réveiller, il ne pouvait en être autrement. Cela faisait une semaine et demie que Carmen était dans le coma.

Il fallait souvent fuir, courir vite, savoir être discrète. Elle se montrait rapidement utile, Carmen. Tendre et prévenante, elle n’hésitait pas à aller de l’avant pour aider ses compagnons d’infortune. Plus déterminée que jamais, elle savait qu’elle se réveillerait tôt ou tard.

Citation :

« Monsieur Hammond !! Votre fille a bougé ! J’ai vu ses paupières se relever, je vous assure ! Elle a même levé un bras ! »

Le médecin arriva quelques instants après, mais ne constata aucun signe si ce n’est cet étrange pic sur l’électroencéphalogramme de Carmen. Serait-ce donc les prémices d’un réveil à venir ? Il ne fallait pas perdre espoir. Hammond n’alla plus travailler pour veiller sa fille la journée, Yeva prenait le relais la nuit…[/i]

Cruauté, cruauté, quand tu nous tiens…

Elle traînait dans les bois maudits, Carmen. Elle avait suivit de très loin une créature. Il fallait qu’elle se place face au vent et qu’elle tente de discerner une éventuelle conversation, qu’elle en apprenne plus sur ceux qui étaient devenu des ennemis. Mais sans qu’elle ne sache pourquoi, elle s’effondra tout à coup. Une pensée, violente dans son contenue, subtile par son calme. Un battement d’aile de papillon dans sa tête qui diffuse son venin cruel… Elle vit ses mains s’estomper l’espace d’un instant avant de sombrer dans les ténèbres…

Citation :

Son fauteuil roulant placé au plus près du lit de sa fille, Yeva tenait dans sa main le tuyau qu’elle avait débranché de celui qui sortait de la bouche inanimée. Plus d’arrivée d’air. La si jolie poitrine s’abaissa dans sa dernière expiration, lentement, très lentement… Et ne se releva plus. De longues secondes s’écoulèrent, des secondes pendant lesquelles Yeva souriait. L’électrocardiogramme émit un sifflement régulier, elle attendit encore… L’électro-encéphalogramme fini par ne plus tracer qu’une ligne plate, elle attendit encore. Puis calmement, elle rebrancha le tuyau, se penchant jusque vers l’oreille de Carmen.

« Voilà, mon ange… Tu disparais à tout jamais de ma vie. Je vais t’oublier, comme on oublie une vieille maladie. Et je ferais en sorte que tous les autres t’oublient aussi. Bon établissement en enfer. »

Et lorsqu’elle eut fini de rebrancher le tuyau, la main de Carmen attrapa subitement la sienne, ses yeux exorbités s’ouvrirent de terreur sur le plafond de sa chambre, elle tourna la tête vers sa mère en émettant un étrange râle…

Des mots… Elle les avait entendus si clairement qu’elle aurait juré que sa mère se trouvait là, à côté d’elle, étendue comme elle l’était sur le sol de la forêt.

« Voilà, mon ange… Tu disparais à tout jamais de ma vie. Je vais t’oublier, comme on oublie une vieille maladie. Et je ferais en sorte que tous les autres t’oublient aussi. Bon établissement en enfer. »

NON !

Dans les ténèbres, elle vit la lumière. Une lumière vive ! Elle tendit la main et attrapa ce qu’il y avait à sa portée, elle ouvrit les yeux sur un plafond et, par réflexe, tourna la tête sur le côté. Sa mère, les traits déformés par l’horreur la contemplait. Puis à nouveau elle se senti partir, douloureusement attirée vers les ténèbres, une souffrance glaciale l’étouffant toute entière. Pourquoi ? Elle voulait crier ce pourquoi ? Mais quelque chose entravait sa voix.

Citation :

Au petit matin, Hammond trouva sa femme et sa fille mortes. La jolie Carmen n’avait pas survécu à son coma, triste chose. La pauvre Yeva avait succombé à une crise cardiaque, sans doute le choc lorsqu’elle constata l’électroencéphalogramme plat de sa fille.
Pauvre homme, il a tout perdu et il lui faut continuer à vivre, pour perpétrer la mémoire des deux femmes les plus importantes qu’il a eu dans sa vie…

Si seulement tout avait pu s’arrêter là…

Carmen rouvrit les yeux, ou plutôt elle cherchait désespérément quelqu’un pour l’aider. Ses mains balayèrent les feuilles mortes dans son affolement. Une douleur, si vive qu’il lui fallu un moment pour réaliser que c’était le froid. Une douleur si brutale qu’elle cru devenir folle. Personne… Il n’y avait personne pour l’aider maintenant… Il n’y avait aucune chance qu’elle se réveille un jour. Elle se rappela, dans la souffrance, les mots avant que les projecteurs ne lui tombent dessus. On ne voulait pas d’elle dans le monde des vivants, alors pourquoi lutter encore ? Le froid s’intensifia à mesure que l’espoir disparaissait. Elle se tourna sur le dos, portant ses yeux vers le ciel, son corps entier tendu comme prise d’assaut par le gel, et enfin elle pu crier. Un hurlement déchirant, strident, un cri de désespoir qui se mua de violents sanglots. Elle ferma les yeux, s’abandonnant à la souffrance, pleurant des larmes de sang, son corps entier pâlissant avec l’ascension de ce froid sinistre. Puis elle se redressa, lentement, ouvrant ses yeux noyés dès lors de ténèbres. Elle se releva, ses sanglots s’atténuant. Où avançait-elle ? Elle n’y pensait même pas. Ses pas titubants, ses bras ondulant gracieusement pour garder son peu d’équilibre, elle constata qu’elle ne touchait plus le sol. Par-dessus ses traits déformés par la torture qu’elle endurait, un sourire malsain se créa.

Bonjour Myst ! Bienvenu à Hollow Dream ! N’écoute surtout pas Carmen, elle raconte des bêtises. Ce n’est qu’une geignarde sans intérêt.

Un éclat de rire, et la voilà qui continue à avancer entre les arbres. Ou par instant, plutôt à travers les arbres, son corps glacé esquissant quelques pas de danse. Trente ans… Trente ans de cette nouvelle vie. Trente ans, vraiment ? En fait elle ne le sait pas, elle perd souvent la notion du temps. Trente ans… Mais elle allait elle aussi être utile, Myst. Sauf que ce sera dans un autre camp.

Le spectacle doit bien continuer, non ?


Dernière édition par Myst le Ven 6 Fév - 8:34, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Myst [Validée]   Lun 25 Déc - 7:11

Histoire: (Suite...)


Alors, Myst, elle s’est promenée, elle a évité les vilaines Chimères. Vilaines bêtes qui massacrent si rapidement leurs proies au lieu de prendre leur temps, de profiter de l’horreur, des yeux exorbités, de la blancheur de la mort. Et elle a trouvé d’autres Ombres, d’autres Désespérés. Elle les aime bien, ces désespérés, si calmes, si… Comme elle ! Enfin un peu. Mais Carmen, elle ne les aime pas beaucoup Alors chut, Carmen ! De toute manière les humains sont trop bercés par les illusions ! Ils ne comprennent pas les illusions ! Mais Myst, elle les voit elle. Un peu comme elle a vu celui qui avait pris la tête des Ombres. Un mélange de cette peur de Carmen, une pointe de cette fascination de Myst. Elle le suivait parfois, de loin, cherchant à savoir ce qu’était cette chose qui faisait que l’on pouvait diriger les autres. Myst, elle ne comprenait pas, elle n’avait pas ça en elle. Mais elle aimait observer ! Et elle aimait tuer aussi. Alors quand elle n’observait pas, elle chassait. D’ailleurs un certain jour, une proie lui avait échappée, proie mal polie ! Encore trop jeune sans doute pour apprécier toute la beauté de ses gestes elle avait fuit, les pas silencieux de Myst juste derrière elle. Carmen ne voulait pas faire de mal à la jeune fille, mais Myst, comme à son habitude, avait étouffé les plainte. Si peu, si peu de pas et elle l’aurait ! Quelques mètres et c’était bon ! Mais elle finit par s’arrêter, derrière un arbre. Une autre Ombre, non pas une inconnue. C’était lui, le chef ! Il avait attrapé sa proie avant elle. Dommage, vraiment dommage. Elle resta cachée derrière son arbre, partagée entre ce sentiment de frustration et d’admiration. Oh, sans doute serait-elle restée des heures à débattre de ce dilemme si elle n’avait pas entendu ce bruit.

Joli scénario !

Il était là, cet autre méchant humain, discret aussi, entre elle et son chef. Il avait une arme à la main, il la levait vers Vincent. Non non, on ne fait pas de mal au chef ! Myst s’en mêla. Une main, un bras, elle senti le cœur affolé s’emballer entre ses doigts, puis le corps de l’humain s’effondrer à ses pieds. Elle porta non sans un faible sourire de joie exaltée sa main vers ses lèvres, léchant les quelques gouttes de sang qui s’y trouvaient, avant de réaliser que Vincent s’était retourné. Un ample mouvement, rond de jambe et inclinaison, voilà la jolie Myst qui se plie en une élégante révérence. Oui, c’est lui qu’elle va servir. Parce que Myst, comme Carmen, elle aime être utile pour les siens.

Et la danse se poursuit donc…



[V.2]



Années après années Myst poursuivit ses pas, évoluait au gré de ses désirs, envoûtait au gré de ses faims, œuvrait au gré du chef pour servir les siens. N’était-ce pas son rôle ? Si discrète qu’elle entend tout, si retirée que parfois on ignore son existence pendant une durée inconsidérée. Même Carmen s’y était résolue, heureuse dans sa peine d’être encore utile à quelque chose, d’avoir une existence qui serve assez pour qu’on ne cherche pas à la détruire parmi ses semblables. Enfin un équilibre, malgré sa propre instabilité. Enfin une cause à laquelle se consacrer. Mais sans doute ses désirs doivent-ils toujours être contrariés ?

D’une prévision pourtant évidente…

Un déboire politiquement mal joué, un prétexte suffisant aux ennemis pour s’allier, et voilà le beau manoir pris d’assaut par ces futiles rêveurs Humains et ces brutes sans finesse de Chimères. Non non, Myst n’aimait pas la bataille de front, elle préférait de loin les fourberies par l’arrière. Non non, Carmen ne voulait pas se battre, elle voulait essayer de parler. Mais chut, Myst l’a bâillonnée, pour leur bien à toutes les deux. Chasser les appréhensions, armée de ses petites lames, elle se lança dans le combat, étouffant la vilaine voix pour frapper sans remords, affaiblir ses adversaires devenues proies. Mordre, griffer, trancher, à l’extérieur comme à l’intérieur des corps, faisant fi de son épuisement pour attaquer sans relâche. Vraiment sans relâche ? Myst s’est épuisée, Myst allait s’effondrer… Le feu, les blessures, les assauts répétés, Carmen voulait hurler à la fuite, hurler à la survie, mais Myst l’ignorait et continuait, encore et encore, toujours et encore, jusqu’à-ce que…

Un soutient plutôt inattendu !

Un chancellement, elle s’effondra au sol… Si lourde, elle se sentait si lourde, si fatiguée, si… Le regard noyé par les flammes et l’épuisement, elle ne vit que la silhouette floue de la Chimère qui allait abattre ses griffes sur son corps sans défense. Myst disparu, l’espace de quelques secondes.

Citation :

Pas encore!

Une glissade sur le sol, une main armée de lames tendue vers l’avant, le sang de la Chimère éclaboussa le visage livide d’une Carmen au regard affolé, presque humain malgré la persistance de ce voile de ténèbres sur ses orbes. Elle se releva, chancelante, tremblante tant par la peur que par la fatigue de Myst endormie en elle, morte peut-être ?
Non, elle en doutait. La mort de cette part d’elle-même serait sa mort à elle, hors elle était encore bien présente, dans ce monde maudit, au milieu de ce manoir en feu. Le feu !!
Elle fuyait les combats, s’élança dans les couloirs, ces couloirs qu’elle avait si souvent vu au travers des yeux de Myst. Elle émergea à l’extérieur, soulagée, heureuse peut-être ? L’air extérieur, la chaleur moins forte, elle leva son sourire empreint de folie vers le ciel et tomba à genoux sur le sol de feuilles mortes. Si faible… Combien de temps allait-elle tenir avant de sombrer comme Myst ? Quelques minutes ? Quelques secondes ? Le gémissement d’un humain laissé pour mort non loin lui raviva assez de force pour se déplacer jusqu’à lui. A moitié brûlé, il levait vers elle un œil de supplique, un aide improbable. Carmen n’aimait pas tuer, elle se l’était toujours interdit. Mais si elle ne le faisait pas, qu’allait-il se passer ?
Mourir définitivement, ne plus jamais être utile à qui que ce soit…
Jamais !
Elle étouffa ses larmes de sang et saisit la gorge humaine calcinée entre ses doigts. Lentement l’humain senti le désespoir glacial repousser les souffrances des brûlures. Lentement il sentit sa vie le quitter en même tant que ses sentiments d’horreur se décupler. Lentement, Carmen regagnait des forces, chassait l’épuisement, comprenait mieux Myst. N’était-ce pas grisant, cette puissance ? Cette impression de chasser la faiblesse ? N’était-ce pas salvateur pour elle ? N’était-ce pas libérateur pour l’humain ?
Carmen sourit lentement. Un sourire d’exaltation, d’ivresse, de tristesse désespérante aussi, mais…

Assez, vilaine fille ! Tu te fais du mal…

Silence, Carmen ! Myst reprend le contrôle. Elle sait mieux que toi ce qu’il convient de faire, elle sait mieux que toi se salir les mains, et elle ne veut pas que tu te damne au nom de la survie. Carmen s’exécuta, se tu pour la première fois, laissa délibérément Myst achever le sale travail. Elle avait compris pourquoi Myst était née, pourquoi elle la bâillonnait. Elle fit silence docilement et le sourire désespérant se transforma en rictus perfide. Il y avait encore quelques corps humains étendus sur le sol. Des corps où l’étincelle de vie n’était pas entièrement éteinte. Alors elle les acheva, un peu pour leur bien, beaucoup pour le sien.
La survie… Une victoire certes pénible, mais une victoire quand même. Victoire, vraiment ? Un son, des voix, une conversation… Ombres et Chimères s’élancèrent dans un même but, vers une même destination. Un problème ? Quelque chose de pire que la destruction du manoir ? Pas le temps de réfléchir à de pareilles futilités. Elle s’élança parmi les arbres comme bon nombre des siens, vers cette même destination…

Le commun fuirait-il ?

Une lumière, aveuglante, un flash douloureux pour le regard ténébreux de la danseuse. Elle s’arrêta brutalement, plaquant ses bras devant ses yeux, esquissa un demi-tour pour chasser cette image paradoxalement froide et brûlante. Enfin le noir reprit sa place derrière ses paupières closes. Mais ce qui la fit se redresser, c’était une brise glaciale s’enfonçant à travers les lambeaux de sa robe, soulevant ses cheveux de neige, mordant le moindre centimètre de sa peau exposée. Elle se releva, acheva les derniers mètres pour parvenir à la clairière et s’immobilisa à nouveau.

Un vieux souvenir ressuscité ou un nouveau cauchemar était-il né ?

Etrange sentiment…
Depuis combien de temps n’avait-elle pas vu la blancheur des flocons ? Vingt-neuf ans ? Trente et un ans ? Peu importe le temps, la neige était incroyablement présente.
Etrange sentiment…
Est-ce vraiment cette neige irréelle qui lui glaçait le sang ? Depuis quand n’avait-elle pas ressenti ceci ? Depuis le jour de la naissance de Myst, se rappelait-elle.
Etrange sentiment…
Celui de ne plus être le prédateur, mais la proie, d’être guettée mais de ne pouvoir voir. D’être traquée, mais d’ignorer l’objet exact de la menace.
Désagréable sentiment…
Un vague sursaut, deux yeux métallique perçant le voile de flocons devant elle. Une terreur indescriptible, elle eu pour seul réflexe celui de plonger au sol en se rendant intangible. Qu’était-ce donc ? Elle ne le savait pas, mais elle fut aux premières loges pour en découvrir les effets. La Chimère arrêtée à peine un mètre derrière elle cria en s’effondrant, répendant sur la nouvelle neige le rouge de ses entrailles exposées.
Myst ne se releva pas, un bruit sourd plus loin, un de ses semblables tomba pétrifié par on ne savait quoi.

Fuir… Fuir ? Non, pas maintenant, pas comme ça. Il faut savoir, il est indispensable de savoir.

Mais Carmen hurla à nouveau, pour leur survie commune. Humains, Ombres et Chimères commençaient à fuir, passant à côté d’une Myst qui se relevait lentement, cherchant à travers les flocons ce regard glacial qu’elle avait aperçu. Mais ce ne fut qu’un instant. Un pas en arrière, puis un second. Carmen hurlait, sommant Myst de fuir pour leur salut. Et pour la première fois, ce fut Myst qui obéi. Non par la contrainte, mais par le bon sens. Elle s’élança en sens inverse au moment où une griffe faucha l’air à l’endroit où elle se trouvait, lacérant son corsage et blessant sa peau pâle. Pas de douleur, pas encore. La peur semblait plus forte que ces ressentis physiques et elle accéléra, le second coup la ratant pour faucher un humain qui fuyait également. Aucun regard en arrière, elle fuyait, remerciant malgré elle les Chimères pour leur inconscience si prompt à sauver la vie de ses semblables en refusant subitement la fuite pour faire face à leur fin évidente.
Ce ne fut que lorsqu’elle fut hors d’atteinte, au sommet de la colline, constatant les déboires humains que Myst prit le temps de soigner sa blessure, et de chercher quelque chose pour recouvrir ses frêles épaules exposées à ce nouveau froid.

Ainsi l’automne n’est pas éternel dans ce monde maudit ? Si les saisons changent, alors peut-être que nous aussi devrions changer…

Carmen garda le silence, recroquevillée dans l’âme de Myst. Deux pour une, sans doute était-ce ceci qui l’avait sauvée. Ses yeux balayèrent les décombres du manoir et se posèrent non loin sur la silhouette du chef. Il allait falloir s’adapter en conséquence. Il fera les choix qui s’imposent pour le bien des Ombres, et plus que jamais Myst s’appliquera à accomplir les tâches qu’on lui confiera.


Dernière édition par Myst le Dim 1 Fév - 3:52, édité 3 fois
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Myst
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MessageSujet: Re: Myst [Validée]   Dim 1 Fév - 4:16

Histoire: (... Et fin.)

[V.3]

Bêtes... Soyez maudites!

Pauvre Soufre. Si jeune ombre prometteuse. Mirahil voyait en elle tant de belles choses à venir! Mais l'hiver et le dragon en ont décidé autrement. Achevée, mordue, tout fut fini en une seule bouchée! Et la déchéance s'est emparée peu à peu de tout ce que Myst appréciait tant chez ses semblables. Par amour peut-être, la grise quitta les ombres. Mirahil, chère soeur, chère semblable, pourquoi? Pourquoi une simple saison devait-elle faire perdre à Vincent deux de ses meilleurs armes? Le froid était décidément bien cruel. Autant que la vallée, cette maudite vallée. Mais elle, elle ne céderait pas. Ses danses ne seront réservée qu'à sa loyauté, ses pas ne porteront avec eux que la mort des ennemis des ombres. Qu'il était pénible de se voir devenir proie quand les spectres étaient de si beaux prédateurs!

J'étoufferai tes larmes, vilaine fille...

Même Carmen en souffrait, blessée, effondrée par tout ce qu'elle avait voulu croire. Elle n'était dons pas aussi utile qu'elle l'aurait espéré, cette vilaine fille. Mais Myst veillerait encore à lui sauver la mise. Et Vincent lui-même qui perdait de son enthousiasme, de son dsir de tuer. Il paraissait si distant, si froid, ne voulait même plus chasser. Quelques temps, assez pour tenter de fomenter quelques projets. La mort d'une bête aurait pu être un si beau pied de nez à la vallée! Mais hélas...

[V.4]

La pluie de printemps a écrit:
Froid...



Le chant de la rivière avait quelque chose d'apaisant. Son duo avec la pluie offrait un concerto absolument enjôleur dans la vallée. Les teintes du ciel gris donnait un petit quelque chose de mélancolique dans cette mélodie, mais c'était tellement doux qu'elle se serait bien laissée bercée quelques instants de plus.

Si froid...



Le vent aussi chantait, dispersant son souffle à travers la forêt, rythmant paresseusement le spectacle. Son absence aurait sans doute été remarquée, mais sa présence mettait en peine la spectatrice.

Tellement froid...



Les épaules dénudées frissonnaient, couvertes de chaire de poule. Les lambeaux de robe étaient imbibées d'une eau glaciale, et les longs cheveux d'or qui parsemaient les galets avaient déjà connu un plus bel éclat.


Réveille-toi!



Ce qu'elle vit était d'abord flou, mélangé de grisaille et d'eau. Etendue sur les galets, la jeune femme peinait à distinguer le monde. Ses mains glissèrent, tremblantes, sur les pierres, prirent appui, elle se redressa lentement, étourdie. Où était-elle?

Adieu, vilaine fille.



Elle a entendu une voix. Elle en était certaine. Ses yeux au vert devenu pâle balayèrent l'espace autour d'elle. Cette douleur dans la tête lui fit froncer les sourcils. Où était-elle? Elle se rappelle les derniers pas, les projecteurs, le murmure maternel sans doute imaginé, les ténèbres et l'éveil sur les feuilles mortes. Elle se releva, titubantes. Où étaient passées les feuilles mortes? L'automne éternel? Que s'était-il passé? Un pas en avant, elle manqua de chuter à nouveau. Le froid la gelait, elle s'entoura de ses bras nus, constatant sous le toucher que malgré tout elle était bouillante. Combien de temps était-elle restée inconsciente? Des minutes? Des heures? Elle baissa les yeux sur sa robe en lambeaux. Depuis quand portait-elle cette tenue? Elle ne se rappelait pas l'avoir enfilée. Un autre pas, elle était plus assurée, mais pas moins frigorifiée.

Quelque chose manquait, quelque chose de plus que sa mémoire voilée. Elle se rappelait de quelqu'un avec elle, mais qui? Une femme? Un homme? Une présence qu'elle ne ressentait plus, comme si on lui avait arraché une moitié d'elle-même, une partie de ce qu'elle fut. Non, elle savait qui elle était. Carmen... Oui c'était ça, c'était son nom. Carmen. Et elle était piégée dans la vallée comme beaucoup d'autres humains. Carmen...

Nul ne peut me tuer, tu le sais bien Je suis là pour toi.

Pas comme lui, pas comme Yoshe qui tourmentait entre douceur et bestialité. Pas comme celui qui dormait en lui qui se jouait de leur ambiguïté. Il a veillé sur Carmen, quelques temps. Ce temps nécessaire pour que Myst reprenne les choses en mains, ce qu'elle a fait. Le retour fut lent, moins douloureux. Malgré la pluie, Carmen n'oubliait pas tout. Comment aurait-elle pu oubliée sa damnation? Comment aurait-elle pu oublier sa créature? Myst ne pouvait abandonner sa créatrice aux tourments incertains d'un autre être aussi troublé qu'elle. La pluie fut agréable, mais elle ne pouvait pas être éternelle. Pas comme elles.
Myst revint, douce, glaciale, serrant dans ses bras l'âme de cette pauvre Carmen trop effrayée pour oser repousser celle qui l'avait autant aimée que haït ces trente dernières années.

Tu es à moi...Rien qu'à moi...

Malheur à celui qui douterait de cette évidence. Même si l'incertitude avait pointé le bout de son nez. Myst et Carmen ne pouvaient qu'être unifiées. Quelle plaisir malsain, tourmenté d'être ainsi liées. Mais aujourd'hui encore, et plus que jamais, Les deux revendiquaient leur unité.

Frappe... Frappe les trois coups...

Pas à pas, la danseuse revient, l'une accepte de s'étouffer, l'autre de tuer. L'une accepte d'être protéger, l'autre de parfois concéder. Plus de combats, elles se comprennent à présent. Elles sont plus fortes que jamais. Les ombres fléchissent? Elle ne fléchira pas. l'âge d'or reviendra, il ne peut qu'en être ainsi.

... Et lève à nouveau le rideau sur notre scène, Vallée Maudite.
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