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 Elhil [Validé]

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Elhil
Ombre vacillante - fatal uke larmoyant
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Age : 26
Temps passé à Hollow Dream : 10 ans
Date d'inscription : 30/12/2005

MessageSujet: Elhil [Validé]   Mer 27 Déc - 16:18

Nom: Senkadhir

Prénom: Elhilarasan Nilâdhêvan

Surnom: Elhil (se prononce à peu près comme "Ejil")

Age du coma: 17 ans

Temps passé à Hollow Dream: environ sept ans
- en tant qu'humain: une semaine.
- en tant qu'Ombre: sept ans.

Ancienne profession: Chanteur

Loyaliste? Bien entendu

~*~

Description physique: La première chose que l'on remarque –et qui choque?- chez Elhil, c'est bien son androgynie. Outre sa haute silhouette svelte et harmonieuse, dont chaque ligne et chaque courbe semblent avoir été esquissée par la main d'un dieu, sa conduite pleine de grâce et d'une étrange lascivité, son visage prête souvent à confusion: fin, dépourvu de la moindre imperfection et toujours empreint d'une sorte de mélancolie langoureuse assez troublante pour les non habitués, il offre également une impression de douceur, de gentillesse et paradoxalement un certain danger…
Ses lèvres sont deux frêles papillons rosés qui modulent toujours avec une lenteur savoureuse ses moindres mots aux accents de sa langue maternelle, le hindi. Elles s'étirent parfois d'un sourire de sphinx, indéchiffrable, qui pourrait aussi bien exprimer l'amertume, le dédain, la compassion, ou alors rien du tout…
Lorsqu'il prend la parole, sa voix s'écoule mélodieusement comme un ruisseau calme, mais ne s'élève jamais plus qu'un murmure, si bien qu'on en arrive à douter qu'il ait été chanteur auparavant. S'il lui arrive de chanter, c'est uniquement lorsqu'il est seul, ou alors croit l'être.
Par habitude sans doute, il garde souvent les yeux baissés, si bien que l'on croise très rarement son regard et que la couleur de ses iris demeure pour certains le plus grand des mystères. En fait, ses yeux sont d'une teinte irisée entre le vert tendre des prés et le bleu doux de la mer, déclinant une infinité de nuances selon la luminosité. Ces beaux yeux sont depuis longtemps les miroirs d'une âme brisée par la souffrance et les regrets, si bien qu'ils en ont perdu leur ancien éclat. Il lui arrive de pleurer, silencieusement, le visage fermé, comme si ce n'étaient que des gouttes de pluies qui dévalaient ses joues, et non pas des larmes au goût de sel.
Il possède une longue chevelure d'un blond miel, fluide et éthéré qu'il laisse courir librement dans son dos, ou qu'il noue en une lourde tresse; mais il reste toujours des larges mèches qui voilent ses tempes et son front.
Son style vestimentaire, comme les autres Ombres, se compose essentiellement de vêtements noirs, qui soulignent sa silhouette svelte en contrastant avec la pâleur laiteuse de son teint. Il affectionne en particulier les textiles doux au toucher tels que la soie ou le velours. Lorsqu'il se rend en dehors du Manoir des Ombres, on le voit le plus souvent vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise de soie, de hautes bottes à lacets et d'un long manteau noir au col ourlé de fourrure grise.
Par contre, les rares personnes qui le rencontrent dans l'intimité de sa chambre voient de lui une toute autre image, qui d'ailleurs rappelle bien sa nationalité: en effet, il délaisse les vêtements occidentaux pour rester en courta, des vêtements indiens qu'il n'hésite guère à porter blancs.


Description morale:
Comme la plupart des Ombres, Elhil est un être rongé par la peine, le regret… et inévitablement, la rancœur. Bien qu'il apparaisse toujours poli, calme et "souriant", il n'est rien de plus qu'une âme brisée qui a conscience d'avoir perdu tout espoir de revoir un jour ceux qu'il a aimés. Cette peine profonde, il tente toujours de la dissimuler derrière des voiles factices d'humanité, de douceur et de langueur, et sa comédie parvient à enjôler bien des gens, mais pas forcément ses pairs…
Elhil a toujours été quelqu'un de très gentil, aussi doux et inoffensif qu'un mouton, mais son arrivée au village l'a obligé à se défendre et attaquer, et a fait germer en lui une amertume dont il ne saurait se débarrasser, une dualité entre le Bon et le Mauvais, celui qui pleure et celui qui sourit lorsqu'il terrifie les humains…
Bien qu'il se montre toujours ouvert aux autres Ombres, assez conciliant et aussi attentionné qu'une mère, il évite toujours d'aborder les circonstances de sa propre "mort", qui ne sont pas très glorieuses. A part ça, il fait preuve d'une grande franchise, qu'il use d'ailleurs contre les humains pour les faire flancher.


Style de combat:
Elhil n'a jamais eut à se battre dans sa vie, et il n'a jamais été porté sur la violence, même à son arrivée au village. Cependant, il a quelques notions de Silambam qui lui ont été souvent utiles à Hollow Dream, mais il évite au possible les combats, en sachant évaluer rapidement et placidement la situation pour déterminer ses chances de remporter l'affrontement.
Lorsque Elhil se retrouve confronté à un adversaire potentiel, il se contente dans les premiers temps d'esquiver les attaques pour déterminer les éventuels points faibles de son opposant. S'il juge qu'il peut gagner, il tentera de porter un coup au plexus solaire ou à un autre centre nerveux en usant de sa rapidité et de sa capacité à devenir immatériel.

Autres: Il est amoureux de Vincent…XD

Comment avez-vous connu Hollow Dream? La pub sur Lost Soul, si je ne m'abuse é.ê

~¤~


Dernière édition par Mary Malone le Mer 27 Déc - 22:47, édité 1 fois
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Elhil
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MessageSujet: Re: Elhil [Validé]   Mer 27 Déc - 16:19

~¤~


Histoire:

Il était de notoriété publique qu'Anahita Senkadhir était l'une des plus talentueuses artistes de son époque. Issue d'une famille aryenne, elle possédait un teint éburnéen, des yeux bleus comme le ciel et une longue chevelure blonde. Elle disposait de qualités qui rachetaient son seul défaut d'orgueil…Sa carrière, sa gloire, auraient pu perdurer: tous les réalisateurs de films se l'arrachaient, ses albums se vendaient dans toute l'Inde et au-delà, elle était devenue un véritable icône de grâce et de simplicité.
Et puis, brusquement, elle disparut des scènes. Elle s'était retirée brusquement du métier, sans donner une seule explication, aucun motif tangible, et on n'avait plus entendu parler d'elle. Les rumeurs enflèrent chez les médias, certaines totalement erronées, mais d'autres bien plus proches qu'on ne le souhaiterait de la réalité:
Anahita aurait eut un enfant. Or, elle n'était pas mariée, tout le monde le savait…
Les questions s'enchaînèrent; on alla la voir, elle ne reçut personne. Au bout de plusieurs mois, on l'oublia: la belle aryenne était tombée dans l'oubli.


"Elhilarasan Nilâdhêvan…
_Ce sont des prénoms bien longs pour une si petite chose, commenta une voix féminine d'un ton amusé.
_Paridhi…
_Je plaisante, ma sœur, je plaisante. Pour moi, il s'appellera tout simplement Elhil, c'est mieux, non?"
Anahita soupira et se laissa aller contre sa pile d'oreiller, non sans jeter un œil à l'autre bout de sa chambre d'hôpital, où sa sœur s'extasiait sur le nouveau-né qui sommeillait dans le berceau.
"Si tu veux…" Murmura-t-elle exténuée en fermant les yeux.
Elle avait eut mal, si mal. L'accouchement avait prit un tournant assez périlleux, et les médecins s'étaient félicités de les avoir sauvés tous les deux. Mais elle les avait bien prévenus auparavant: quitte à choisir entre sa vie et celle du bébé, elle préférait la sienne propre.
Un rictus de dégoût passa furtivement sur son visage. Ce bébé, elle ne pouvait l'abandonner, car sa famille veillait au grain. Mais que les dieux aient pitié d'elle, elle haïssait de tout son être cette chose que son corps avait tard fait de rejeter, dans la douleur qui plus est. Anahita était intimement persuadée que ce garçon serait le portrait craché de son père. Il ne pouvait lui ressembler, à elle. Jamais il ne serait son vrai fils, ce bâtard, cette ronce qui avait poussé sur le terreau de la honte et du sacrilège.
Ce fut la voix vibrante d'excitation de sa sœur qui la tira de ses pensées une nouvelle fois:
"Et qu'est-ce qu'ils veulent dire, ses prénoms?
_ Elhilarasan, "Roi de Beauté" et Nilâdhêvan, "Dieu beau comme un Rayon de Lune"…
_C'est très joli!
_C'est son grand-père qui l'a choisi. Moi, je trouve qu'il ne mérite pas tant d'honneur…
_Anahita, souffla tristement sa sœur. C'est ton bébé, il n'est pas responsable…
_Il aura le visage de cet homme, Paridhi, cracha brutalement la belle femme. J'en suis désolée, mais je ne pourrais jamais l'aimer!"
La discussion prit fin ici.
Un lourd silence s'installa, à peine troublé par les bruits de couloirs du service de maternité de Delhi. Au-dehors, le printemps faisait voleter dans l'air les pétales de manguiers en fleur…


~¤~



Une voix s'élevait dans l'atmosphère cotonneuse du matin, une voix aux accents hindis, qui murmurait ses paroles avec une infinie douceur dans son intonation.
Le soleil se levait timidement d'entre les reliefs de la ville de Kanpur, encore épargnée par le tumulte qu'elle connaissait chaque jour. Il n'y avait que ce jeune garçon, âgé d'environ quinze ans, qui errait dans le petit jardin verdoyant, caressant du bout de ses doigts fins les fleurs écloses et serties de perles de rosées, dont la fragrance douce embaumait l'air. De haute taille, mince et aux traits si fins qu'on aurait pu facilement le prendre pour une fille, il arborait une longue chevelure blonde qui ruisselait jusqu'aux omoplates et était vêtu d'amples vêtements d'intérieur aux couleurs chaudes.
Il s'avança entre deux massifs fleuris et gorgés de senteurs suaves, puis reprit un autre couplet qui cette fois fut accompagné par une musique eurythmique mêlant sitars et banshrîs, qui ne semblait provenir de nul part, et de partout en même temps.
Le chanteur s'approcha d'une jeune fille brune aux longs cheveux de jais, assise sur un banc de pierre, et lui prit la main tout en continuant de chanter, comme à son attention. La jeune fille, souriante, lui répondit également en chantant et en esquissant même des pas de danse voluptueux. Les voiles de son vêtement carmin voletaient entre les feuillages vert tendre, et l'adolescent se contentait de la regarder avec un air énamouré, en fredonnant de sa voix douce:

"Le ciel a mis dans le vent la mélodie de ta voix.
La lune a placé dans tes yeux la douceur des ténèbres.
Le vent et la douceur peuvent arracher les arbres,
Et faire pleurer les fleurs…"


Leurs mains se séparèrent lentement alors que la jeune fille s'éloignait comme à regret, et l'on entendit un claquement sec, aussitôt suivit d'un "Cut!!" tonitruant.
Le blond se redressa de toute sa hauteur et jeta un œil vers les caméras, et le metteur en scène qui s'approchait de lui à grand pas, un sourire mielleux accroché à sa moustache:
"C'était parfait, mon grand, per-fect!
_Merci, monsieur Pullman, répondit-il avec un petit sourire. Mais c'est Adhira qui mérite les félicitations…
_Allons, Elhil, on ne regarde que toi sur le clip! Sans vouloir te vexer, ma douce, ajouta-t-il à l'intention d'Adhira qui éclata de rire. Non vraiment, tu étais wonderful! Je t'ai déjà dit que je t'adorais?
_Oui monsieur, plusieurs fois.
_Je t'adore, mon grand! Fit en riant l'Américain en lui donnant une tape sur les épaules. Je crois que tu peux y aller, on en a terminé pour aujourd'hui."
Elhil acquiesça en souriant et prit la direction de sa loge, non sans être suivit par une poignée de journalistes, que son manager chassa à coup de balai –au sens propre.

"Je n'aime pas mettre du maquillage, Jalal…"
Le dénommé Jalal haussa les épaules, toujours adossé au mur d'où il regardait son petit protégé se débarbouiller la figure à grand renfort de démaquillant. Il étira un sourire en répliquant:
"Il est vrai que ton visage est déjà parfait, mais si j'étais toi, je ne ronchonnerai pas pour si peu."
Son manager et garde- du-corps (car pratiquant le Silambam), Jalal Ramasamy était un jeune homme de Tamil Nadu, un sudiste de haute taille, au teint de bronze et aux cheveux noir de jais soigneusement coupés courts, toujours habillé à l'occidentale et obsédés par les emplois du temps. Il s'occupait de lui depuis deux ans déjà, et ils étaient rapidement devenus amis.
"Je ne ronchonne pas, fit le blond courroucé en se tournant d'un bloc vers lui. Je faisais juste une remarque…
_Mais oui, je t'embête, rigola le grand indien en extirpant de sa veste un agenda. Alors, cet après-midi tu as une conférence de presse pour ton prochain concert, n'oublie pas de citer tes partenaires, ces chanteurs japonais, là…
_Crimson Bloom…
_Ouais, c'est ça. Demain, un petit tour sur la chaîne locale, et ensuite…
_L'orphelinat, Jalal.
_Hm, oui, l'orphelinat…Tu aimes vraiment ces gosses, hein?"
Le blond acquiesça lentement, non sans étirer un léger sourire. Une fois qu'il remit ses vêtements de civil, il emboîta le pas de son agent, qui le conduisit jusqu'à l'extérieur du plateau de tournage.
"Tu vas bientôt avoir seize ans, Elhil, tu devrais peut-être retourner à Delhi…
_Pourquoi ça? Demanda doucement le chanteur en prenant place dans le taxi aux côtés de son ami et manager, redoutant tout de même la réponse qu'il obtiendrait.
_Pour le fêter avec tes proches…le public s'étonne qu'un garçon "aussi charmant que toi ne soit pas plus proche de sa famille".
_Je n'ai pas envie que les médias viennent l'embêter, c'est tout.
_Tu es sûr qu'il n'y a que ça, Elhil?
_…Oui.
Elhil garda le silence un moment, contemplant le paysage de Kanpur qui défilait à toute allure au-delà de la fenêtre. Depuis qu'il était entré dans le monde de la chanson et du cinéma, il avait toujours cherché à éviter sa ville natale, car rencontrer sa mère le mettait toujours inexplicablement mal à l'aise. D'abord, parce qu'elle ne l'avait pas du tout encouragé à s'y lancer, à l'inverse de sa tante et son grand-père. Il n'avait jamais compris pourquoi elle lui offrait si peu d'affection, alors qu'elle n'avait plus que lui. "Papi" et tante Paridhi lui avaient confié que la perte de son mari, juste avant sa naissance l'avait traumatisée, et qu'il ne fallait pas lui en vouloir. Elhil n'avait pas cherché plus loin, il avait entouré de soin sa mère sans jamais rien obtenir en retour, mais cela ne lui importait plus vraiment, à présent.
"Elhil, tu rêves?"
Le blond battit des cils et tourna la tête vers Jalal Matrasamy, qui le dévisageait fixement et certainement depuis un bon moment. Il lui adressa un sourire, avant de déclarer:
"J'irais à New Delhi."


~¤~
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Elhil
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MessageSujet: Re: Elhil [Validé]   Mer 27 Déc - 16:20

~¤~



Longtemps, les applaudissements crépitèrent. Il en était quasiment assourdi, mais les battements de son propre cœur parvenait presque à les couvrir. Souriant, euphorique, comme à chacun de ses concerts, il resta instant le souffle court à contempler les milliers de bras qui s'agitaient vers la scène, les cris aigus de la gente féminine qui composait majoritairement le public et les quelques pancartes porteuses de messages pour le moins enflammés.
D'un geste de sa main gantée de noir, il repoussa sa longue chevelure dont plusieurs mèches étaient collées par la sueur à ses joues, et adressa un grand sourire à la foule avant de s'incliner bien bas, déclenchant une nouvelle vague d'applaudissements et d'exclamations plus sonores.
Les danseurs se retirèrent, et la vedette elle-même quitta la scène en saluant une dernière fois du bras.

"Génial, tu étais GENIAL!"
Elhil fut presque étouffé par l'accolade émue de Jalal, qui s'était précipité dès son arrivée dans les coulisses. Il le repoussa en riant et l'entraîna à sa suite dans sa loge, où régnait un silence plus de reposant après les trois heures de spectacles à plein régime. Dans les couloirs étroits, les danseuses, les autres chanteurs parlaient, riaient, et l'on ouvrait de tout côté des bouteilles pour bien clôturer le plus grand concert de l'année.
Une fois la porte refermée, l'aryen poussa un soupir soulagé et s'approcha de la coiffeuse pour commencer à ôter son maquillage, qu'il n'était jamais parvenu à supporter. Jalal quant à lui avait prit possession d'un des fauteuils et attendait patiemment que son protégé ait au moins finit de se débarbouiller pour reprendre la parole.
Le blond poussa un nouveau soupir, encore grisé par la scène, et se tourna tout sourire vers le grand indien:
"C'était bien?
_Merveilleux, répondit aussitôt le sudiste en frappant des mains. Pullman m'a dit qu'on ne voyait que toi sur la scène, c'est tout dire!"
Ils partagèrent un rire, que Jalal interrompit d'un ton qui se voulait plus professionnel, en consultant un petit carnet de notes:
"Tu as maintenant passé tes dix-sept ans, tu es une des stars indiennes les plus populaires du moment, tous le monde t'adore, ton concert était réussit. Blablabla…ah oui, le public à changé d'avis depuis l'année dernière: tu es un petit fils de bonne famille modèle.
_Il y a eut des dizaines de journalistes devant la porte de mon grand-père, marmonna Elhil à l'évocation de son anniversaire passé. Ils ont même réussi à coincer tante Paridhi quand elle rentrait chez elle…
_Soit, mais c'était pour la bonne cause, concilia son garde-du-corps avec un sourire amusé. J'ai accepté une conférence de presse juste après, t'as deux heures pour te reposer, ensuite on y va.
_Sadique.
_Merci bien."
Elhil afficha une fausse mine hautaine en se levant de sa coiffeuse, et après avoir ôté ses mitaines, sa veste de cuir et noué ses longs cheveux en catogan, il passa devant son manager pour aller s'étendre sur un divan moelleux de sa loge en faisant d'une voix embrumée:
"Réveille-moi quand ce sera l'heure."
A peine cinq minutes plus tard, il dormait déjà d'un sommeil profond et réparateur.
Jalal, observant un silence respectueux, feuilleta un moment son agenda avant de le refermer dans un soupir. Son regard anthracite se posa alors sur l'adolescent assoupis. Il avait toujours humblement considéré Elhil comme un très bel enfant, et il avait été ravi d'être son agent au début de sa carrière, et plus encore aujourd'hui car cela lui rapportait autant d'argent que de plaisir. Sauf que là, en le regardant, il se rendit compte que ce n'était plus exactement un enfant. Il était devenu un homme, jeune, et beau, très beau. Il ne devait pas vraiment l'avoir remarqué, à force de le croiser tous les jours depuis près de quatre ans…
Jalal se frotta le front lentement, mais sans parvenir à détacher son regard du visage blanc de l'aryen. Les médias avaient raisons sur ce point: il ressemblait beaucoup à une fille…très jolie fille. Mais qu'est-ce qui lui prenait, d'un coup? Il secoua la tête, passa une main dans ses cheveux enduits de gel, puis avisa une bouteille de champagne laissée dans un bac de glace à l'intention de la star –intention inutile, Elhil était on ne peut plus sobre. Il devait se changer les idées…

"Debout."
Elhil poussa un grognement réprobateur, mais consentit à ouvrir ses yeux pers pour voir se profiler dans la lumière crue du plafonnier le visage de Jalal.
"Déjà…?" Murmura le bond en élevant mollement une main vers son front pour le masser lentement. Son manager disparut momentanément de son champ de vision, et il se décida à se redresser, d'abord sur les coudes, puis en position assise d'un coup de rein. Il avait l'impression de n'avoir fermé l'œil que deux minutes, tout au plus, mais en consultant l'horloge murale, il fut bien obligé de constater qu'il avait dormi une bonne heure.
Le blond étouffa un bâillement, et jeta un coup d'œil à Jalal qui s'était approché du mini-bar et se servait un grand verre de champagne. Tiens, ce n'était pas vraiment dans ses habitudes de boire…
"Tu devrais commencer à te préparer…" Fit l'Indien d'un ton étrangement monocorde sans se retourner, occupé à observer son verre pensivement.
Elhil soupira et se plia à la volonté de son agent, se traînant plus que ne se dirigeant vers la petite salle d'eau adjacente à sa loge. Jalal le regarda s'en aller du coin de l'œil, et lorsqu'il entendit le chuintement de la douche, il murmura une phrase inaudible avant d'avaler une large gorgée d'alcool.

"Voilà, on peut y aller!"
L'aryen ouvrit la porte et se présenta avec un sourire devant son manager dans un vêtement indien blanc et parfaitement ajusté à sa fine silhouette. Mais son sourire s'estompa quelque peu quand il remarqua que Jalal était affalé dans le fauteuil, le col défait, l'air chiffonné et le regard embué rivé sur un point invisible du mur.
"Jalal?"
Il n'obtint aucune autre réponse. Son manager se contenta d'engloutir une rasade de champagne sans lui accorder le moindre regard.
"Jalal…"
Cette fois-ci, le ton d'Elhil était plus inquiet. Pourquoi s'était-il mis à boire, d'un coup? Même lors de leurs plus grandes fêtes, son agent n'avait jamais touché plus d'un dé à coudre de champagne, et cela suffisait déjà à le rendre hilare pour le reste de la soirée. Alors pourquoi de grands verres maintenant?
"Qu'est-ce qu'il y a? demanda- t-il doucement en s'approchant du fauteuil pour tenter de croiser le regard anthracite de son ami, avant de rajouter avec un simulacre de sourire: l'agence va te trucider si tu m'accompagne à la conférence comme ça…
_Rien à foutre, répondit abruptement Jalal en plantant son regard dans celui de l'adolescent, qui sursauta malgré lui.
_Quelque chose ne va pas? Fit ce dernier dans un murmure préoccupé, ne sachant ce qu'il convenait de faire dans une telle situation."
Le sudiste vida son verre d'un seul trait, puis claqua la langue d'un air satisfait en lui jetant un sourire goguenard, presque cruel.
"Tout va pour le mieux, Elhil. Tout va…"
Il se leva tout en continuant de parler. Une fois qu'il se fut redressé de toute sa hauteur –il dépassait le blond de deux bonnes têtes-, il lui adressa un autre sourire en achevant doucement:
"…pour le mieux…"
L'instant d'après, Elhil sentit les mains de Jalal se refermer solidement sur ses bras et l'attirer vers lui, sans qu'il n'ait le temps d'esquisser le moindre mouvement pour reculer ou se défaire de ces poignes presque douloureuses. Il ouvrit la bouche pour parler, lui demander ce qu'il lui arrivait, de le lâcher, de l'enjoindre à se rafraîchir avant la conférence…mais aucun mot ne fut formulé. Et pour cause, Jalal venait de sceller ses lèvres poissées d'alcool aux siennes.
Le cerveau d'Elhil mis un temps infini à réagir. Il venait de l'embrasser. Jalal Matrasamy, son agent, son garde-du-corps, son ami de huit ans son aîné, venait de l'embrasser. Lanterne rouge: ils étaient des hommes, jusqu'à preuve du contraire. Or deux hommes ne sont pas censés s'embrasser, pas comme ça. C'était malsain. Son grand-père lui avait longtemps parlé dans son enfance de ces choses immorales dont on ne devait même pas parler, et à l'aube de l'âge adulte il se fiait toujours aux paroles de sa famille plutôt que de se forger son propre opinion sur la chose…
Mais pourquoi Jalal faisait-il ça? Il n'était tout de même pas…amoureux de lui? Non, bien sûr que non! Il n'arrivait pas à y croire, non, il ne voulait pas y croire. Jalal allait s'arrêter, et rigoler en disant que c'était une blague…mais alors… pourquoi ça durait encore?
Au bord de l'asphyxie, Elhil trouva la force d'élever ses mains et de les poser sur le torse de son agent pour le repousser de ses maigres forces. Ce dernier ne recula pas d'un millimètre, mais rompit le contact au grand soulagement de l'aryen, qui le souffle court et les joues oscillant d'une seconde à l'autre du blanc craie au rouge coquelicot selon sa pensée, ne parvint encore une fois qu'à ouvrir la bouche sans pouvoir articuler quoi que ce soit. L'haleine chaude et fleurant l'alcool de Jalal caressait régulièrement ses lèvres, mais il ne pouvait s'écarter de lui, car toujours emprisonné entre ses bras de garde-du-corps endurci.
Finalement, Elhil releva son regard pers vers celui noir de nuit de Jalal, qui afficha une expression étrange, mêlant égarement et envie derrière la buée de l'alcool. Il avait peur de ce regard.
"Qu…"
La phrase resta coincée dans la gorge d'Elhil, alors qu'ils se dévisageaient tous deux avec de grands yeux.
"Elhil…murmura lentement Jalal, comme s'il venait d'être foudroyé. Je…suis désolé…Je sais…pas…"
Cette seule phrase balbutiée par l'Indien suffit à faire monter une bouffée de rage et d'indignation dans le cœur de l'aryen, qui repoussa rudement l'ivrogne en hurlant:
"NE M'ADRESSE PLUS LA PAROLE!"
Jalal retomba dans le fauteuil, n'ayant présenté aucune résistance à la bourrade du jeune chanteur, et enfouit son visage entre ses mains dans un geste nerveux, frappé de mutisme.
Elhil, le souffle court le regarda un bref instant, ne sachant s'il éprouvait de la rage, de l'indignation ou de la pitié pour lui, avant de se mettre à courir vers la porte qui se referma brutalement derrière lui.
Comme s'il craignait que Jalal le poursuive, il continua de courir dans le dédale de couloir, bousculant les artistes sur son passage et ignorant les interpellations joyeuses et insouciantes de ses pairs.
Il courrait, parce qu'il ne voulait pas se mettre à pleurer. Pas à cause de lui. Il avait longtemps considéré Jalal comme son meilleur ami, en plus d'être son agent et garde-du-corps. Pourquoi l'avait-il trahi…ainsi?
Une fois loin du bruit et l'animation encore palpable des coulisses, il resta adossé à un mur, haletant et ses yeux malheureusement embués rivés vers le plafond. Il ne savait pas quoi faire, quoi dire…il n'arrivait pas à abhorrer Jalal comme il le devrait, selon les enseignements de son grand-père. Il n'arrivait pas à éprouver du dégoût pour lui. C'était peut-être sa faute, après tout…
L'esprit embrouillé d'interrogations, il ne remarqua pas l'arrivée d'une jeune femme en tailleur, qui afficha une mine surprise en le reconnaissant et l'accosta aussitôt:
"Elhil Senkadhir?"
L'Aryen baissa lentement ses yeux vers elle, son visage empreint d'une tristesse que l'on pouvait facilement confondre avec la fatigue. La femme esquissa un sourire en se présentant:
"Je suis Taylor Watson, journaliste du Delhi Mag…j'allais me rendre à la salle de conférence, vous ne devriez pas déjà y être?
_Si…murmura-t-il affichant par habitude de la comédie un faux sourire. Nous pourrions y aller ensemble, j'ai l'impression de m'être un peu…égaré."
La journaliste acquiesça avec enthousiasme, et ils prirent tous deux la direction de la salle de conférence, déjà remplie d'une vingtaine de reporters de tous horizons venus relater l'événement musical de l'année.
Son arrivée fut accueillie par des exclamations de satisfaction, et il adressa un sourire tout aussi factice à l'ensemble de ces vautours piaillard avant de prendre place à la table qui lui était réservée, entre d'autres artistes ayant participés au concert.
Les flashs crépitèrent, mitraillant son visage plus pâle que d'habitude, ses yeux pers brillants de mille feux et son sourire figé. Même sa tristesse pouvait paraître à leurs yeux aveugles d'une saisissante beauté. Les premières questions fusèrent, banales. Il répondit en souriant, conservant son image humble et agréable, même si son esprit était ailleurs.
Au bout d'un moment, des journalistes, américains et anglais, se mirent à poser des questions plus indiscrètes, qu'il parvenait en général à déjouer.
L'un d'entre eux, un homme maigre en costume-cravate négligé se leva et lui adressa un sourire mielleux à souhait en prenant la parole avec un accent so british:
"Sean John, du Times. Il y a quelques temps j'ai eut la chance d'obtenir une interview exclusive de votre mère, Anahita Senkadhir, une brillante actrice de son temps…
_Et…? Fit avec appréhension l'aryen, craignant plus que tout ce sourire avide au visage du journaliste.
_Nous avons longtemps parlé, c'est une femme exquise, très…ouverte. Alors maintenant j'ai une seule question à vous poser.
_Allez-y.
_…Qu'est-ce que cela fait de n'être que le fruit d'un viol?"

Un silence mortel tomba sur l'assistance, tous les visages étaient tournés vers Elhil et le journaliste anglais, tout sourire en le stylo courant déjà allègrement sur son calepin, alors que son interlocuteur restait muet, les yeux grands ouverts et le teint aussi pâle que celui d'un mort.
Des murmures commencèrent à courir dans la foule des journalistes, les photographes le mitraillèrent de plus belle, immortalisant cette fois son visage figé par le choc de cette question.
Le guitariste japonais de Crimson Bloom, assis à ses côtés, amorça un geste pour lui toucher l'épaule, mais le suspendit avant de se lever brusquement et de se tourner vers le journaliste en faisant dans un anglais au fort accent nippon:
"Enfoiré! Je t'interdis de lui parler comme ça! Dégage maintenant!"
Les autres membres du groupe approuvèrent avec la même verve, ainsi que d'autres artistes présents, mais rien ne parvint à arracher ce sourire mauvais à John.

"Ca suffit."
La voix claire et blanche d'Elhil s'éleva au milieu des protestations véhémentes et des questions plus cinglantes lancées de tous côtés. Un silence s'abattit aussitôt dans la salle de conférence, tandis que tous les regards étaient braqués sur lui.
Le blond se leva lentement de sa chaise, puis jeta un regard circulaire aux journalistes. Un sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu'il faisait d'une voix tout aussi calme et basse:
"Monsieur John, je suis désolé de ne pouvoir répondre à votre question. Vous ne devez sans doute avoir aucune raison de mentir, et ma mère vous a sûrement dit la vérité."
Le guitariste souffla son nom, mais il n'y prêta pas attention et reprit avec son sourire humble:
"Si vous me le permettez, le concert m'a épuisé et j'aimerai aller…me reposer. Merci d'être venu assister au concert, j'espère qu'il vous a plut. Pour fêter cette victoire, je verserai toute ma part de la recette à l'orphelinat de Kanpur. Au revoir."
Elhil fit le salut indien, ne paraissant pas remarquer les visages rembrunis et honteux de la plupart des rédacteurs, ni ceux désolés de ses compagnons de tournée.
D'une démarche tranquille, il se dirigea vers la sortie de la salle de conférence, dont la porte se referma doucement, sans un bruit.

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Elhil
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MessageSujet: Re: Elhil [Validé]   Mer 27 Déc - 16:21

~¤~



Vous avez cinq messages sur votre répondeur…

Bip.
Elhil, c'est tante Paridhi. Oh, mon chéri, j'ai appris ce qui s'est passé à Bombay, je suis vraiment, vraiment désolée…tu ne peux pas savoir. Père est fou furieux, il veut envoyer Anahita à l'hôpital psychiatrique... D'ailleurs, elle n'est pas dans un meilleur état non plus…elle n'arrête plus de boire, je crois d'ailleurs que c'est pour ça qu'elle…enfin, qu'elle a parlé avec ce chien de journaliste. Tu n'aurais jamais du apprendre la vérité de cette façon…j'ai terriblement honte…Père voulait te le dire seulement à ta majorité. Elhil, je n'ai pas envie de parler de tout ça au téléphone…revient à New Delhi, je t'en supplie.

Bip.
Bonjour Monsieur Senkadhir, ici Kalina Malhari, directrice de l'orphelinat de Kanpur. Nous vous remercions pour votre généreux don, mais nous ne pouvons l'accepter…nous vous demandons aussi de ne plus venir rendre visite aux enfants désormais. J'espère que vous comprendrez et que vous ne nous en tiendrez pas rigueur. Au revoir.

Bip.
Allô?… C'est Toya, de Crimson Bloom. Je sais que tu t'attendais peut-être pas à m'entendre, mais ça fait déjà une semaine qu'on a plus de nouvelles de toi…on voulait te dire de pas te laisser faire par cet enfoiré d'anglais, il raconte que des conneries…On s'inquiète tous pour toi, ne reste pas dans ton coin!

Bip.
Hello Hello, mister Senkadhir! Ici Sean John, votre serviteur. J'aimerai que vous m'accordiez une petite interview exclusive, well…mettons demain, à huit heures, au pub irlandais de la rue Indira Gandhi, d'accord? C'est parfait! Bye!

Bip.
Elhil…
C'est Jalal…je suis vraiment désolé pour ce qui s'est passé…je comprends tout à fait que tu ne veuilles plus me voir, je comptais d'ailleurs donner ma démission mais…

Bon sang, je peux pas te laisser maintenant! Quoi que tu penses, je te considère comme un petit frère, je t'aime énormément…je vais lancer des poursuites judiciaires contre ce salop, il ne s'en tirera pas comme ça.
Elhil. Je voudrais que tu me pardonnes, pour…enfin…j'avais plus toute ma tête, je me sens mal après tout ça…Excuse-moi, tu as de plus gros soucis, je…bon, rappelle-moi, s'il te plaît…

Bip.


Le téléphone se tut, mais il ne cessa pas de le dévisager fixement. Recroquevillé dans un fauteuil, vêtu d'un simple T-shirt noir trop grand pour lui, ses longs cheveux noués en une tresse négligée, les yeux rouges d'avoir trop pleuré et le teint pâle de ceux qui n'ont rien mangé depuis longtemps.
Lentement, il dénoua ses bras d'autour de ses genoux et se leva pour s'approcher de la fenêtre de son appartement. La pluie tombait sur Bombay, rendant ses paysages gris, sales et mélancoliques. En baissant les yeux vers la route, on voyait défiler les voitures, les gens, mais bizarrement un attroupement de personnes armées d'appareils photos et de caméras s'était formé au pied de l'immeuble, le hélant depuis le trottoir sans jamais obtenir de réponse. Et ça durait depuis une semaine.
Elhil passa une main sur ses yeux, l'air las, et prit la direction de la salle de bain, les voix du répondeur tournoyant dans ses esprits jusqu'à ce qu'elles n'aient plus aucun sens, qu'elles ne soient plus que des sons étranges mais inoffensifs…
La lumière crue de la salle d'eau lui fit mal aux yeux, il appuya la main sur l'interrupteur, et y pénétra dans la pénombre apaisante de cette fin de matinée pluvieuse. Le miroir rond lui renvoya le reflet d'un jeune homme à la pâleur mortelle, marqué par la fatigue, l'insomnie et l'inanition, dont la chevelure blonde avait perdu son éclat d'or, ses yeux pers leur étincelle de vie, ses traits leur douceur candide. Il n'était plus que l'ombre de lui-même. Déjà.
Il se considéra un long moment dans la glace, puis étendit sa main pour ouvrir l'armoire de toilette.


"Laissez-moi passer!"
Jalal se fraya péniblement un chemin dans la masse compacte de journalistes qui le bombardaient de question sur son protégé. "Pourquoi avez-vous donné un préavis de démission à votre agence?" "Est-ce à cause du scandale de sa naissance?" "On vous pensait bons amis, qu'en est-il aujourd'hui?"
L'Indien bouscula vertement ceux qui lui bouchaient le passage et parvint à entrer dans l'immeuble grâce au portier familier à ses visites et qui coupaient vaillamment l'entrée aux journalistes.
Il s'engouffra dans l'ascenseur et jura contre sa lenteur inhabituelle. Il n'avait pas résisté au besoin de venir le voir. Depuis une semaine, il ne sortait plus de chez lui. La "vérité sur sa naissance" avait fait la une de toute la presse à scandale, et même des autres journaux. On ne plaisante jamais avec ça en Inde…
Le tintement clair de l'ascenseur à chaque étage franchit l'agaçait. Sans savoir pourquoi, il avait l'impression que s'il n'arrivait pas vite, quelque chose de terrible arriverait. Il avait peur pour Elhil.
Enfin, il parvint au cinquième étage, où se trouvait l'appartement du chanteur. Il dut se retenir pour en pas courir dans le couloir, et lorsqu'il arriva face à la porte portant le numéro 125, il dut se retenir pour ne pas l'abattre sur-le-champ, histoire de ne pas perdre de temps en politesse.
"Elhil! Cria-t-il en frappant à la porte. Elhil, c'est moi! Ouvre!"
Contrairement à ce qu'il pensait, le verrou de la porte cliqueta plutôt rapidement, et le panneau s'ouvrit sur le jeune chanteur, vêtu d'un pantalon de velours, d'une chemise de soie et même d'une veste, le tout d'un noir anthracite. Il était soigneusement coiffé d'une queue de cheval d'où s'échappaient ses sempiternelles mèches qui mangeaient son front et ses joues. Comme s'il allait sortir. Chose plus étrange encore, il adressa un curieux sourire à Jalal, qui éberlué par une telle vision, se laissa traîner à l'intérieur de l'appartement sans piper mot, les yeux arrondis par la stupeur.

La large pièce baignait dans une pénombre étouffante; les rideaux rouges étaient tirés sur les fenêtres, ne laissant passer qu'une faible lumière anémique. Jalal fut surpris par l'atmosphère de l'appartement, qu'il avait connu plus clair et aéré autrefois, mais il reporta bien vite son attention sur Elhil qui venait de s'adosser à la porte fermée, son sourire toujours accroché aux lèvres. Le garde-du-corps, se sentant soudainement ridicule dans son comportement affolé et inquiet, se redressa et demanda d'une voix un peu plus calme, mais où perçait toujours une certaine émotion:
"Heu, Elhil…est-ce que ça va? Tu ne répondais pas aux coups de téléphone…ta tante m'a contacté pour avoir de tes nouvelles, et je n'ai rien pu lui apprendre, alors…
_Tout va pour le mieux."
Cette phrase cloua Jalal sur place, et lui fit prendre une teinte cramoisie alors qu'il fuyait le regard pers planté sur lui. Il glissa une main derrière sa nuque en faisant mine de regarder une pile de journaux et de magazines dont la plupart présentaient en première page Elhil avec des titres peu flatteurs voire injurieux, avant de le détourner une nouvelle fois, plus gêné encore.
"Elhil, ce qui s'est passé, j'en suis désolé…
_Dans les loges ou à la conférence? Demanda doucement le bond en s'approchant d'une démarche féline et feutrée.
_Heu…je…les deux. Mais pas de la même façon…enfin…
_Tout va…"
Une main froide se posa sur la joue de Jalal, qui surpris, releva instinctivement les yeux pour croiser ceux d'Elhil, littéralement envoûté par leur couleur irisée. La voix du chanteur était si douce, si chaude qu'elle en paraissait presque irréelle de sa part. Jalal ouvrit la bouche mais ne put rien articuler, ne pouvant non plus détacher son regard du si beau visage de l'aryen.
"…pour le mieux, Jalal…"
Et l'instant d'après, l'histoire se répéta, bien que les rôles en fussent inversés. Les lèvres d'Elhil, aussi légères que des papillons rosés frôlèrent celles du sudiste, les taquinant, le faisant frissonner de tout son être, le torturant de ses effleurements.
Jalal ne bougea pas d'un pouce, les muscles tendus et le souffle court. Elhil n'était pas normal, jamais il ne ferait ça! Mais c'était tellement…
" C'est ça que tu voulais?"
La voix d'Elhil caressa son oreille, à peine plus élevée qu'un murmure langoureux. Juste ciel. Il était bien incapable d'émettre la moindre réponse, ni même de tenter de se soustraire à cette douce souffrance, de peur de se laisser emporter par une émotion trop violente qui lui brûlait les entrailles.
Le blond fit glisser ses mains du visage de l'Indien à son torse, caressant le coton de sa chemise blanche et descendant toujours, toujours plus, pour aller finalement se nouer autour de sa taille, se collant à lui. Elhil déposa enfin ses lèvres sur celles de Jalal, d'abord doucement, puis avec plus d'insistance, en conservant une certaine gaucherie due à son inexpérience en la matière. Le sudiste lui ne put résister plus longtemps: retrouvant brusquement l'usage de ses membres, il entoura les frêles épaules d'Elhil de ses bras et approfondit le baiser avec une ardeur à peine retenue. Quelque chose d'humide toucha la joue de Jalal alors qu'il embrassait de nouveau son cadet, et il n'eut pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir ce que c'était. Il ne s'imaginait que trop bien les belles larmes de l'aryen tombant comme de timides étoiles depuis les cieux resplendissants…
Il rompit ce contact électrisant et contemplant tendrement le visage rosi d'Elhil, dont chaque trait, chaque courbe n'étaient plus que sensualité. Ce dernier prit la parole, d'une voix douce et presque trop calme:
"C'est presque fini, Jalal…profites-en.
_Qu'est-ce qui est fini? Demanda l'Indien intrigué. Pourquoi tu…"
Il fut coupé en pleine question par un nouveau baiser. Elhil ne le laissa plus parler et se confondit en caresses tendres, en cajoleries d'adolescent qui firent littéralement fondre son aîné.
Elhil fit basculer Jalal sur le canapé du living, et s'installa sur ses genoux pour partir à l'attaque de sa nuque, la couvrant de baisers, et ondulant comme un félin sous les mains encore hésitantes du manager. Le velours et la soie de ses vêtements l'agaçaient. Il voulait sentir sa peau opaline, pouvoir la goûter, s'imprégner de son parfum suave…

Puis, il y eut une toux. Elhil s'écarta de Jalal, lui vola un baiser furtif avant de se lever. Son amant, interloqué et toujours brûlant d'un désir inassouvi voulut lui prendre la parole, mais le blond secoua la tête, presque tristement.
"C'est fini, Jalal."
Le chanteur étira un léger sourire, mais une nouvelle quinte de toux, plus violente que la première le plia en deux. Jalal, soudainement inquiet, voulut s'approcher de lui mais au même instant, l'aryen s'écroula au sol dans un bruit mat.
"Elhil!"
Il se précipita auprès de lui, mais l'adolescent était inconscient et aussi amorphe qu'une poupée de chair. Jalil sentit des sueurs froides parcourir son dos lorsqu'il se rendit compte de l'extrême pâleur d'Elhil, et lorsqu'il effleura son front de la main, il ne put retenir une exclamation terrifiée. Il était brûlant.
Mais comment avait-il put croire qu'il était vraiment bien? Il ne pouvait être que mal après ce qui s'était passé! Lui, il en avait profité pour…
Se qualifiant d'imbécile fini, Jalil se leva d'un bond et se précipita vers la salle de bain, pour y chercher une serviette humide. Il devait arranger tout ça. Quand Elhil irait mieux, ils traîneraient Johns devant un tribunal, ils relanceraient sa carrière, tout irait…tout irait pour le mieux.

Lorsqu'il poussa la porte de la salle d'eau, une expression d'horreur empreint aussitôt son visage. L'armoire pharmacie était ouverte et évidée, des tubes de comprimés, des plaquettes, des gélules des flacons, tous vidés de leurs contenus jonchaient la paillasse. Et une petite bouteille d'alcool de riz, tout aussi vide, était tombée par terre.
Il ne fallait pas être une lumière pour comprendre.
De l'alcool, des médicaments…
Elhil venait de se suicider.


~¤~



De la lumière crue, très désagréable. Et quel brouhaha. Les roulettes du chariot faisaient un vrai vacarme, et ces médecins autour de lui qui se sentaient obligés de hurler à ses oreilles…
Ces mains gantées de latex le tripotaient presque allègrement. On le pinçait, mais il ne ressentait déjà plus aucune douleur. On lui ouvrait les paupières, on y baladait devant un faisceau lumineux qui ne faisait pas s'étrécir sa pupille, si dilatée que ses iris en étaient réduits à un fin cercle bleu-vert.
Jalal avait appelé une ambulance, mais était-ce vraiment encore la peine? Il voulait mourir après tout.
Qu'est-ce qui lui restait?
Une mère haineuse. Un père monstrueux et sans visage. Une famille despotique. Une carrière brisée. Un ami traître. Des traîtres partout. Il y avait pourtant des gens qui l'aimaient, ou alors faisait semblant…Jalal, tante Paridhi, Toya, Hitomi et Haku, sans parler des petits orphelins de Kanpur. Mais pourtant il n'avait pas pu résister en leur nom à ce désespoir. Il n'avait plus assez de force. Ca faisait trop mal…
Il se sentait presque partir, comme un bateau quitte un rivage pour le grand large. Ce n'était pas douloureux, il ne ressentait plus la douleur depuis qu'il était entré dans cette ambulance.
Il n'entendait plus ce bruit, il n'entendait même plus les sanglots de Jalal. C'était bien la première fois qu'il le voyait, enfin, l'entendait pleurer. La dernière aussi.

~¤~



"Mesdames, Monsieur Senkadhir…"
Une femme blonde à l'air blasé, presque victorieux, une petite ronde au visage barbouillé de larmes et un vieil homme rembruni posèrent leur regard sur le médecin qui venait de sortir de la chambre n°45.
"Nous sommes parvenus à maintenir Elhilarasan en…vie, lorsque nous vous avons contactés. Mais depuis son état s'est dégradé, et…je suis désolé d'avoir à vous l'annoncer, mais…il vient d'entrer dans le coma du stade 3. Il est vivant, mais il y a peu de chance qu'il se réveille."
Cette annonce fut accueillie par un sourire de la mère, le gémissement déchirant de la tante et un mouvement de tête effondré du grand-père.
Jalal, qui se tenait en retrait, tourna les talons et partit se réfugier dans les premiers toilettes venus. Il se dévisagea longuement dans la glace, puis prit d'une furie incontrôlable, il y abattit son poing en hurlant. Le miroir vola en éclat, un peu de sang vint tâcher le sol blanc.
Et il se mit à pleurer, comme un enfant.

Une semaine plus tard, Anahita signait l'accord pour débrancher son fils de l'aide respiratoire. Elhilarasan Nilâdhêvan Senkadhir n'était plus.


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MessageSujet: Re: Elhil [Validé]   Mer 27 Déc - 16:22

~¤~



Sept jours plus tôt.

Elhil ouvrit les yeux lentement.
Il faisait sombre, et froid. Le tapis de feuilles mortes sur lequel il était allongé était glacé. Le ciel au-dessus de lui avait quelque chose de mélancolique, ainsi dépourvu de ses diamants d'apparat et de son opale ronde habituelle.
Il apercevait des arbres décharnés, comme des cadavres qui modulaient de leurs branches noueuses le vent en une plainte sinistre. Il ne savait pas où il était, et d'ailleurs, il ne cherchait pas à en connaître davantage.
Sa tête était vide, il se contentait de fixer le ciel nocturne, en ayant le sentiment qu'il pourrait rester ainsi immobile indéfiniment. Il était soit au Paradis, soit en Enfer. Qu'importe le lieu, il n'aspirait qu'à la tranquillité.
Mais ce fut la faim qui l'obligea à se lever, malgré son manque total de motivation. Il épousseta d'une main les feuilles qui collaient au velours de sa veste, et la referma un peu plus sur lui en frissonnant. Il faisait froid, une nappe de brume lui mordait les mollets. Une chose était sûre, le paradis, ou l'enfer, ou quoi que fut cet endroit, était très éloigné de son pays natal. Et il n'aimait pas ça…
Au loin, il entendit un hurlement animal, et une peur instinctive lui noua les entrailles. Perdu, il se mit à marcher entre les arbres figés par l'automne. Cette errance prit fin quand il fit la rencontre d'un homme et d'une femme, qui, armés de fusils lui demandèrent avec méfiance d'où il venait.
L'aryen ouvrit la bouche, mais il ne répondit rien. Alors les deux semblèrent comprendre quelque chose, et ils se montrèrent bien plus amicaux, et le conduirent jusqu'à un petit village occidental assez peu moderne, où des tas de gens se mirent à lui parler.
Elhil écoutait, aussi réactif qu'une poupée de chiffon, assis à une table en face d'eux, silencieux. Il était à Hollow Dream, c'était là qu'arrivaient tous ceux plongés dans un coma de stade 3. Alors il n'était pas vraiment mort? Non, et il avait encore une chance de se réveiller, s'il ne perdait pas espoir. Ceux qui cessaient de lutter devenaient soit des Chimères, soit des Ombres. Bon. Il avait au moins retenu ça.
Le premier jour passa, puis le deuxième. Il restait plongé dans son mutisme, assis à une fenêtre, contemplant le ciel toujours nuageux qu'aucun rayon de soleil ne parvenait à percer. Ce monde était si triste, si morne comparé à son beau pays…mais il ne voulait pas se réveiller. Du moins, il n'aurait certainement pas la force d'attendre et d'espérer son réveil.
Le troisième jour s'écoula pareil aux autres, puis dans la matinée du quatrième, l'homme qui l'avait trouvé vint le voir, un sourire avenant au visage. Il disait s'appeler Dimitri Ievtouchenko. Un russe de haute taille et aux larges épaules, relativement jeune et "bon vivant", vu que son rire ébranlait souvent les fondations du refuge.
"Alors, l'ami, toujours assis ici?"
Elhil considéra un moment le Russe sans rien dire, puis étira un sourire de sphinx en hochant la tête.
"Vous devez pas vous laisser abattre! Y'a sûrement une jolie fille qui attend votre réveil, et une famille aussi! Moi je pense toujours à ma femme et mes trois petits crimes pour garder le moral!"
Le sourire de l'Indien s'estompa, et il détourna ses yeux.
"Je...Je n'ai peut-être pas la force de garder éternellement l'espoir, même pour ceux que j'aime…"
Sa voix, douce, basse, au doux accent hindi s'éleva pour la première fois depuis son arrivée. Cette phrase arracha une moue désappointée au russe, qui prétexta une partie de chasse pour s'en aller.
Le septième jour pointa le bout de son nez. Elhil consentit pour la première fois à sortir du refuge. Il se promena un moment au bord de la route, l'esprit ailleurs.
Et puis…une sorte de malaise le prit. Il tomba à genoux sur le chemin de pavés boueux, le souffle coupé, alors qu'une sensation de froid le parcourait de l'intérieur.

Quelque part à Bombay, une mère venait de mettre à mort son fils, d'une seule signature.

Elhil n'a jamais vraiment su pourquoi il était devenu une Ombre. Il n'éprouvait pas de colère, ni vraiment de rancœur, mais c'était sans doute le sentiment qui se rapprochait de plus de son sentiment…celui de l'abandon.
Quoiqu'il en soit, il quitta par instinct le refuge des humains, et après quelques heures d'errance nouvelle sous la pluie nocturne, il se présenta devant le Manoir des Ombres, pâle et triste fantôme au cœur brisé, à l'âme piétinée comme une fleur fragile.
Et depuis cette nuit, sept longues années se sont écoulées…

~¤~



Les reflets des flammes dansaient dans les yeux ternes d'Elhil, les animant trompeusement d'un éclat fauve et or.
Le Manoir brûlait. Il y avait des Chimères et des Humains partout. Des hurlements bestiaux, des cris d'agonie, le ronflement moqueur du brasier. Tout cela semblait irréel, démesuré. Après toutes ces années de tension palpable, la guerre éclatait vraiment, sanglante, infernale.

Elhil était essoufflé, durement affaibli par la vaine défense du refuge des Ombres. Il n'osait pas regarder ses bras ballants, car ils étaient couverts d'un sang atrocement visqueux et répugnant. Ses vêtements étaient par endroits déchirés à force de griffures de Chimères évitées de justesse.

Tout avait si vite dérapé…Lorsque Meraziel était revenu avec sa prisonnière, Kim Logan, toutes les cordes tendues à l'extrême s'étaient soudainement rompues. Les Humains et les Chimères s'étaient finalement uni une dernière fois pour attaquer d'un même élan le Manoir.
Et la bataille faisait rage.

Le blond s'extirpa soudainement de sa contemplation de l'incendie, sentant la présence d'une Chimère derrière lui. Malgré sa rapidité naturelle, la créature mi-homme mi-hyène eut le temps pour lui asséner un violent coup de ses griffes déjà rouges de sang dans le dos, lui arrachant un cri de douleur avant que l'Indien ne plonge brusquement sa main intangible dans sa tête. C'était un acte répugnant, oui. Mais efficace.
La Chimère s'affala à ses pieds, laissant un Elhil tremblant de nervosité. Sa nouvelle blessure au creux du dos était douloureusement vive, et son énergie avait encore diminué de par sa contre-attaque expéditive. Il était bien conscient qu'il ne tiendrait pas éternellement ainsi…

Il leva ses yeux pers vers la bâtisse en flammes, anxieux. Et Vincent…? Son regard circula rapidement sur le champ de mars chaotique qu'était devenue la colline. Il n'y avait plus d'humains vivant dans les parages…était-ce là le signe de leur reddition? Il repéra enfin le Chef des Ombres, à plusieurs mètres de là, criant quelque chose à Cold d'un air…affolé?

Il fallut un temps infini pour que l'affrontement cesse. Il y avait un problème, et de taille. Les humains s'étaient vraisemblablement accaparés un ouvrage leur appartenant. Une ouverture. Une Porte de sortie à Hollow Dream…Les Humains étaient à deux doigts de la trouver!
Le cœur mort d'Elhil rata un battement. C'était à peine croyable. Un retour était-il vraiment possible…?
Après de fastidieux efforts de Cold et Vincent, les deux clans ennemis se mirent en marche vers les Bois de l'Ouest.


La clairière, juste à l'entrée de la caverne des Chimères. Ils étaient arrivés trop tard pour empêcher Mary de réunir le médaillon, mais juste à temps pour assister au pire événement qui soit survenu à Hollow Dream à ce jour.
Il y eut un grand éclat de lumière.
Et un long frisson glacé parcourut l'échine d'Elhil. Quelque chose…Là. Partout. Et puis la neige, le froid et ce vent sifflant comme les lames d'une multitude d'épées...Hollow Dream changeait de visage…?
Une Chimère s'effondra, suivit d'une Ombre. Le blond écarquilla les yeux, à la fois tétanisé par la surprise et par ce venimeux sentiment qu'était la peur. Là. Partout. Dans le vent poudreux…
Quelque chose!


~¤~



Ses mouvements étaient lents; comme d'habitude. Son regard éteint et rêveur; comme d'habitude. Il aidait à aménager des dortoirs de fortune, à l'étage de la seule aile qui avait subsisté à l'incendie.
Depuis l'apparition de l'hiver dans la vallée, il restait plongé dans un mutisme nerveux. Cela n'avait rien de surprenant non plus, pas plus que ses mains qui tremblaient de temps à autres.
Avoir peur était devenu normal: ils n'étaient plus les prédateurs de Hollow Dream, mais les nouvelles proies.
A chaque fois qu'il regardait la tempête de neige, à l'extérieur, il avait l'impression de revoir les yeux monstrueux de la Bête, et un frisson glacé vrillait ses entrailles.
Elhil plissa les lèvres, et ce fut le seul changement notable de son expression, qui elle semblait paradoxalement sereine. L'avenir s'annonçait aussi troublé et périlleux que le climat au-dehors…mais comparé aux autres clans de la vallée, ils étaient sans nul doute les mieux lotis, bien qu'il sente depuis quelques temps une tension volatile, comme un parfum encore trop léger pour être identifié.
L'ancien chanteur contempla silencieusement le dortoir de fortune enfin terminé, puis s'allongea avec un soupir discret sur l'une des couches. Etendu sur le côté, il glissa son avant bras contre son ventre, laissant l'extrémité de ses doigts effleurer sous le tissu noir de son vêtement la cicatrice laissée par l'hyène. Il ne s'était pas nourri suffisamment pour guérir sa blessure la plus sérieuse. Comme pour beaucoup d'Ombres, la chasse était devenue beaucoup plus difficile à présent que les Bêtes rôdaient partout où la neige s'était installée…
Nouveau frémissement. Elhil ferma les yeux pour tenter de se reposer, mais ses muscles refusèrent tout bonnement de se décontracter.
Sa main arachnéenne se faufila jusqu'à la poche intérieure de son manteau, et il sentit bientôt sous ses doigts l'or froid de sa montre à gousset. Son tic-tac ténu le rasséréna aussi sûrement que sa présence dans sa poche. Si Vincent était toujours là, alors rien n'était perdu. Il saurait faire quelque chose, Elhil en était persuadé.
Parce qu'il le lui avait dit: tout irait pour le mieux.
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Mary Malone
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MessageSujet: Re: Elhil [Validé]   Mer 27 Déc - 22:47

Ahhh quel plaisir de lire une telle bio... Je suis sûre que Vincent se régalera en revenant
Re-validée, bien évidemment Wink

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