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 Llugh [Validé]

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Llugh
Dromadulaire Serpillus Rudolphe.
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Temps passé à Hollow Dream : Dieu seul le sait...
Date d'inscription : 07/08/2007

MessageSujet: Llugh [Validé]   Dim 12 Aoû - 19:37

Nom: Sherman

Prénom: Emmet

Surnom: Llugh (se prononce "Lou")

Rang souhaité: Ombre Autonome

Age du coma: 20

Temps passé à Hollow Dream:
- en tant qu'humain: 6 mois
- en tant qu'Ombre: 15 ans

Ancienne profession: Activiste de l'IRA

Loyaliste? A votre avis?

Description physique:

On pourrait confondre Llugh avec un animal sauvage de par les peaux de bêtes dont il se couvre. Pourtant, il est passé maître dans l'art de se dissimuler aux yeux des autres créatures (plus ou moins) vivantes. En effet, survivant à l'écart de toute forme de civilisation, il dût faire preuve de beaucoup d'habileté pour passer inaperçu.Le teint blafard de sa nature d'ombre associé à la rudesse de l'hiver lui confère une apparence de tronc d'arbre givré. Seule sa chevelure noire flottant au grès des vents glacés nous rappelle qu'il n'appartient pas à la vallée...
Les rares individus ayant eu l'opportunité de l'approcher suffisamment ne peuvent plus en témoigner, mais ses iris sont de la couleur de l'ambre, dernière marque visible de la force qui l'anime. Comme la sève semblant lui parcourir les veines.
Une barbe fournie encadre ce visage à l'expression indéchiffrable: de la sérénité à l'ennui, de l'absence à l'âpreté. Un masque d'écorce et de glace, un masque engendré par l'amertume.


Description morale:

Depuis son arrivée à Hollow Dream, Llugh a toujours prôné l'autonomie. Certainement en raison de son passé, bien entendu, mais aussi peut-être par le manque de fiabilité que l'Humain lui inspire à présent. Il ne se sent plus apte à faire confiance à qui que ce soit. Dès lors, il dût s'adapter à cet environnement hostile sans le moindre conseil, sans la moindre idée de ce à quoi s'attendre. Il eu beaucoup de mal à comprendre quelles pouvaient être ces étranges créatures, s'il y avait un sens à ce lieu ou ce qui pouvait bien se tramer en ces terres (questions qu'il n'a pas vraiment résolues). Sa propre transformation lui fut d'ailleurs très difficilement supportable, et il ignore totalement ce qu'il est. Voilà pourquoi il reste désormais toujours à l'affut, guettant le moindre signe malveillant. Aucune nouvelle étrangeté ne semble pouvoir le surprendre dés lors.
Après s'être longtemps demandé si sa présence en ce "Cocyte" gelé ne relevait pas de l'ordre du châtiment divin, faisant face à la responsabilité de ses actes passés, seul... Et sans pouvoir y apporter la moindre réponse, il statua que, selon toute probabilité, le grand Absent l’avait abandonné.
L'amertume de ses désillusion politiques, religieuses, sentimentales et familiales l'ont peu à peu transformé. Outre son statut d'ombre, il se comporte dorénavant avec une indifférence végétale, de cendre. Sans chercher à provoquer souffrance ou joie, il peut aussi bien se montrer bienveillant que cruel. Ce n'est pas par indolence mais par pure neutralité. Tel le froid, sa morsure est exempte de tout sentiment.
Il ne vit désormais que pour se nourrir de la peur d'autrui. Ne lui faite pas confiance.


Histoire:

Irlande, 1978.
"Il se nommera Emmet! Emmet Mac Sherman! En hommage à Robert Emmet..."
Les parents du dénommé Llugh n'avaient certes pas connu la rébellion de 1803, mais ils étaient là ce Dimanche 30 janvier 1972, ce Bloody Sunday... Ils avaient toujours été de fervents défenseurs de l'autonomie irlandaise, surtout après ce jour, et ils avaient bien l'intention de le transmettre à leur fils!
Emmet fut un enfant studieux, particulièrement concerné par les problèmes politico-religieux qui faisaient trembler sa contrée natale. Mais ce qu'il préférait avant tout c'était, au grand damne de son grand père, de se plonger dans les livres relatant les légendes gaéliques de ses ancêtres. Livres qu'il aimait beaucoup lire à sa petite sœur. Mais sa passion pour la mythologie irlandaise ne traversa pas son adolescence, puisque, de plus en plus concerné par les conflits, il s'intégra très vite dans l'armée républicaine irlandaise à la suite de ses parents.
A 18 ans cependant, il participe à la fabrication d'une bombe qui fit deux mort à Londres. Cet hiver lui restera givré en mémoire. En regardant le journal télévisé il sentit son cœur se percer à la vue des deux draps blancs recouvrant ses victimes.
La responsabilité de ses actes lui étant devenus insupportable, il tente de se racheter à ses propres yeux en intégrant le Sinn Féin, branche politique et non violente de l'IRA. Parallèlement, ses parents deviennent activistes de la Real IRA, branche autonome extrémiste de l'IRA, prêts à tout pour reprendre le contrôle total de leur pays. Inutile de préciser les nombreuses tensions existantes dans la famille, surtout depuis que sa sœur adorée semblait encline à suivre la même voie que leurs géniteurs.
A 20 ans, il vit se construire l'accord du vendredi saint, réunissant Dublin et Londres, et commença à reprendre confiance en lui-même et en l'avenir.
Seulement, quelques mois plus tard, il surprit ses parents à discuter de cet accord de paix qui semblait déplaire à la Real IRA. Impossible cependant de leur en demander plus, des secrets politiques au sein même de la famille... Il trouvait cette situation des plus glauques.
Il connaissait cependant quelqu'un qui pourrait le renseigner: Fianna. C'était une ravissante jeune femme qu'il avait rencontré lors de la préparation de l'attentat de 1996, ils construisirent ensemble l'engin, et une grande complicité les liait désormais. Emmet savait bien qu'il y avait bien plus qu'une simple amitié entre eux, mais la tournure des évènements avait quelque peu brisé prématurément leur idylle naissante. Fianna faisait maintenant, elle aussi, partie de la Real IRA. Elle était donc l'informatrice parfaite, même s'il était plutôt nerveux à l'idée de la revoir.
Elle était partie en vacance en Tyrone, en Irlande du Nord, destination étrange mais au moins elle ne serait pas dérangée, pensait-t-il. Il la retrouva près d'un parc, comme à leur habitude. Il eut du mal à trouver le Folk Park, bien qu'il soit parfaitement indiqué, mais il avait peur de ce qui pouvait ressortir de cet entretien, et pas seulement pour eux deux.

-Tu es en retard, comme toujours! Lui dit une charmante rouquine qui l'attendait assise sur un talus.
-Moi aussi je suis content de te voir, répliqua-t-il en l'enlaçant brièvement. Tu sais pourquoi je suis venu, non?
Fianna fit la moue.
-Tu étais bien plus romantique avant... Enfin bon, oui je sais ce que tu cherche. Prêt à reprendre du service?
-Si l'on veut...
-Nous sommes sur un gros coup là, un tournant dans notre lutte tu verras! Le palais de justice, dit-on! Je ne suis pas venue ici par hasard, tu t'en doute. A ce rythme j'aurais une ville à mon nom dans moins de cinq ans! Elle éclata de rire.
-Fais surtout gaffe à ne pas l'avoir sur une pierre tombale bien plus tôt...
-Mo fais pas la tête, mo lú*... Tu verras bien dimanche!
Il ne pensait pas obtenir les informations si facilement...
-Tu sais que vous allez tout foutre à l'eau avec vos conneries! Les choses s'arrangent, on y est presque, et il faut que vous nous discréditiez au dernier moment! Mais vous n'y comprenez vraiment rien, bon sang!
Son sourire se dissipa.
-Me dit pas que...
-Ô si a ghrá! Ô si. Et je l'empêcherai, tu peux me croire! Faites ce que vous voulez, mais moi j'y serais! Penses-y!
A ces mots, Emmet partit, le cœur serré, et il n'entendit pas les derniers mots que Fianna chuchota en le regardant partir: "Tá cion agam ort..."

*Nom de Dieu, ce n'est pas vrai, pas maintenant...*
Emmet remontait la rue marchande, une alerte à la bombe était passée à la télévision. Un jour trop tôt. Fianna serait sûrement dans les parages, il fallait la trouver.
Les gens étaient nerveux. Non pas paniqué, juste nerveux. Mais justement, en restant au milieu du trottoir à discuter, ils rendaient la traversée difficile.
*Il y a vraiment beaucoup de monde aujourd'hui...*
Les forces de l'ordre évacuaient les alentours du tribunal, voilà pourquoi la foule était si dense... Ce n'était pas lui qui avait donné l'alerte. Mais qui alors?
*A moins que...*
Emmet fut interrompu dans le fil de ses pensées, mais il avait raison. L'explosion retentit à quelques dizaines de mètres de là. Le quartier marchand était noir de monde. Par chance, il était suffisamment loin pour n'être que sonné. Par malchance, l'un des corps le percuta de plein fouet. Il resta conscient le temps de voir le chaos engendré par la bombe, le temps de se sentir le sang poisseux qui le recouvrait, le temps de se dire que Fianna l'avait sacrifié.

*ní ghealann an tine, dubhaíonn sé...*
(Le feu ne purifie pas, il noircit...)


Dernière édition par le Lun 13 Aoû - 23:01, édité 1 fois
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Llugh
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MessageSujet: Re: Llugh [Validé]   Dim 12 Aoû - 19:37

Ma tête me fait horriblement mal...
Je me risque quand même à ouvrir les paupières. Elles sont légèrement collées... Le sang oui, il a séché. Mais combien de temps suis-je alors resté ainsi? Je n'entends rien... Merde le souffle m'a rendu sourd! Ah non j'entends les oiseaux, tout va bien...
*QUOI? LES OISEAUX?*
J'ouvre vivement les yeux, la lumière du jour m'aveugle. Inutile. Je les referme en les massant...
*quel con...*
Je vois enfin mais la situation est des plus étranges: Je suis entouré d'arbres à perte de vue, visiblement au beau milieu d'une clairière! Assis tant bien que mal sur l'herbe verte encore perlée de rosée, j'envisage un rapide coup d'œil.
*Mais où suis-j...*
BANG!!!
Un coup de feu plus qu'insupportable retentit. Avant de m'en rendre compte je suis à terre, un vieux réflexe. A une cinquantaine de mètres, un homme lève les bras en signe défensif. Une chose se jette sur lui, je n'ai pas le temps de la détailler mais ce n'est rien de connu, rien d'humain en tout cas. Une chance que personne ne m'ai vu.
*Mais... Cette chose le taille en pièce!*
Je réprime un haut le cœur et m'apprête à déguerpir sans demander mon reste. Mais des hurlements de berserk retentissent. Un autre humain s'acharne sur ce... ce truc.
*Mon Dieu... Ai-je sombré dans le neuvième cercle de l'enfer?*
Là c'en est trop, il vaut mieux fuir. Je rampe jusqu'à un bosquet et détale comme un dératé. (ce qui risquerait d'ailleurs de m'arriver si je tarde trop par ici)

Enfin des habitations. Elles sont en ruines mais c'est mieux que rien... Attends une seconde... Il y a peu de chance qu'elles soient vides.
D'ailleurs, il y a quelqu'un: Un homme d'une quarantaine d'année, un paysan visiblement, m'aperçoit. Surpris, il va pour me parler, mais ses yeux se révulsent, manifestement effrayé. Il esquisse un geste de fuite, puis, le regard fou, s'empare d'une lance à proximité et se jette à ma poursuite.
*Mais où j'ai atterrit, bon sang!*
Demi-tour. Mais il vaudrait mieux éviter les autres tarés...
*La forêt, vite!*
La mer végétale, bien que profonde et sombre, me semble un refuge bien plus approprié. Je m'y plonge la tête la première et évitant soigneusement branches et autres racines.
*Mais qu'est-ce qu'il me veut? Putain mais ils sont tous complètement à la masse!*
Les arbres me griffent, les feuilles mortes me ralentissent, les ténèbres m'enveloppent. Mais je cours, je cours jusqu'à ce que mon propre sang me consume, qu'il me cogne les tempes et me ronge comme de l'acide.

Je n'en peux plus...
Un énorme tronc tortueux se dresse droit devant. Il est creux, je pourrais m'y dissimuler...
A peine ai-je commencé à ralentir qu'une masse me heurte de plein fouet dans le dos m'aplatissant à terre. Le paysan, à bout de souffle, s'apprête à m'empaler. Dans un ultime effort, je trévire, l'évite, attrape sa lance planté à mon flanc, et le percute au crâne avec le bout du manche. Sonné, j'en profite pour lui retourner sa lance, et le transperce de part en part. Tout comme mon cœur, que je sens lui aussi transpercé pour la seconde fois.
Je décide de m'asseoir quelques temps, histoire de... Je ne sais pas, histoire de m'asseoir. J'en ai besoin.
Le fou furieux me fixe encore, du fond de sa mare de sang, aussi immobile qu'une statue de marbre insensible à la fiente la recouvrant. Je ne peux détourner mon regard du sien, rongé par la culpabilité de n'avoir su tenir ma propre promesse.
-Je suis en enfer c'est ça?
Mais la statue ne me répond pas. Ce qui est en soit rassurant, je ne pourrais supporter de le voir se relever pour me pourchasser à nouveau...
Un bruissement d'eau. Une source semble couler à proximité.
Exténué, je me traîne jusqu'au cours d'eau, poussé par une furieuse envie de me laver de tout ce sang qui me souille.

Sur la berge, je m'agenouille sur les galets qui m'écorchent. Mais qu'importe? En plongeant mes mains dans l'onde fraîche, j’aperçois un instant mon reflet avant qu'il se trouble. Calmement, j'attends de revenir à la surface des eaux.
*Oh mon Dieu... Je suis... Monstrueux.*
Effectivement, je suis couvert de sang et d'autres... morceaux... Je dois faire peur à voir! Enfin bon, de là à vouloir me tuer...
Vu l'étendue des dégâts je préfère m'y plonger. La douce pureté de l'eau cristalline est une véritable bénédiction. Le froid ravive mon corps épuisé ainsi que certaines blessures.
Le mouvement fugace d'un oiseau près de la rive me file une peur bleue.
Un rire nerveux m'échappe des lèvres.
*Et bien au moins le décor vaut le détour!*
-Et toi tu peux me dire où on est là?
L'oiseau semble me regarder, accusateur. Il faut que je me reprenne si je veux survivre. Ce n'est pas le moment de perdre les pédales. En riant intérieurement de mes réflexions je me demande ce qui m'empêche de penser que je sois devenu fou à lier.
Bien sûr, je suis mort, ça ne fais aucun doute. L'explosion, le choc. Tout ce sang... Et voilà que je me retrouve tout à coup perdu en ce lieu à subir la folie meurtrière des Hommes, telle qu'elle a toujours été, telle que j'en fais moi aussi partie. Mais ces terres, ces forêts sont enchanteresses. Ce ne peut être l'enfer... Non, bien sûr que non. Mais le purgatoire... Qui sait?
Peut-être aurait-il fallu trouver une manière d'éviter ce qui vient de se passer.
*Mais il m'a attaqué!*
Oui, mais tuer n'est pas digne de ma foi. Seulement...
A genou dans l'eau rêveuse, je L'implore, Lui et Sa miséricorde. Nous qui devons tout pardonner, ne peut-on bénéficier de Son pardon?
Le silence ambiant, me renvoyant à mon silence, est la seule réponse qui me parvienne.

Au cœur de cette forêt se trouve une simple bâtisse de pierres en ruine. Le crépuscule, ayant éclos des feuilles mortes pour s'étendre vers le ciel, me somme de trouver refuge rapidement. J'en profite pour recueillir hâtivement du bois sec ainsi que quelques millepertuis et fleurs de soucis pour mes blessures. Il ne vaudrait mieux pas que ça s'infecte ici...
Le toit n'a visiblement pas su tenir aux assauts répétés des éléments. Heureusement le bas de la cheminée est en bon état, personne n'en verra les flammes. Les vêtements trempés, je m'active d'allumer l'âtre. Un chaudron y repose encore, comme quoi je ne nage pas forcément à contre courant. Si seulement j'avais de quoi le remplir...

Contre toute attente, fermement accroché à la lance, cette nuit, et les suivantes, je dormis profondément. D'un sommeil sans rêves.

Les mois ont passé. L'hiver pour compagne, je n'ai rencontré personne. Du moins... J'ai toujours évité de croiser la route des autochtones. Mais j'en ai vu de nombreux, de loin. Des humains, des fantômes, des vampires, des morts vivants, toutes sortes de créatures hybrides... La thèse d'un enfer de glace se précise. Du moins... un purgatoire tout du moins. Ils forment visiblement trois clans distincts, une guerre commune. Comme quoi, rien ne change jamais, même ici-bas. Sauf qu'ici il faut se battre pour se nourrir... ou bien pour éviter de nourrir un autre...
J'ai bien fait, finalement, de rester à l'écart. Je chasse et cueille le nécessaire, me couvre de la fourrure de mes proies. Je fais même du savon avec leur graisse et de la cendre!
J'ignore depuis combien de temps je (sur)vis ici. J'ignore combien de temps je tiendrais encore. C'est un miracle (si je puis dire) de ne pas avoir finit dévoré par une de ces monstrueuses créatures.
Dieu me manque. Non pas qu'il fut vraiment très présent avant ma mort, mais je pouvais toujours avoir l'espoir d'un avenir meilleur. Là je me demande s'il y aura une fin un jour... La seule chose qui me permette de tenir le coup, c'est la possibilité de réussir à me purger de mes péchés. Ainsi je quitterai ces ténèbres pour la lumière éternelle.
Du moins... je crois.

La dame hivernale garde jalousement ses provisions. Je rentre encore une fois bredouille d'une chasse improbable, ma lance n'ayant pas goûté à l'ichor depuis bientôt une demi-lune. D'autant qu'il ne me reste que très peu de sanglier séché.
Je n'aime pas marcher dans la neige. C'est bruyant et ça laisse une piste bien redoutable...
Dans ma demeure, en déposant la lance et les maigres racines de mon repas du soir, le compte des provisions me semble bien maigre.
*J'espère ne pas avoir à me rapprocher du village pour y voler ma pitance. Je me demande s'ils sont vraiment tous aussi barges...*
Quelque chose ne va pas. Pas de crépitement, le feu doit être éteint.
Une voix écorchée me fit virevolter:
-Tu me semble bien soucieux, humain.
Une sorte de démon se tient face à moi. Se tenant sur une seule jambe, avec un unique œil au milieu d'une tête hideuse, il pointe un doigt inquisiteur au bout de son unique bras vers moi s'apprêtant à quelque maléfice.
Je me signe machinalement. Le monstre éclate d'un rire malfaisant.
-Parce que tu crois que ça te servira ici? Dit-il en faisant lui même le signe de croix pour bien m'en montrer l'insignifiance.
-Non! C'est impossible!
Tout espoir de rédemption s'évanoui brusquement. Le silence de Dieu me hurlant son absence.
Pour la troisième et dernière fois, mon cœur fut empalé d'un pique de glace.
Ivre de colère de ne pas voir le démon immédiatement foudroyé, je sens monter en moi un froid implacable des méandres de la foi qui me restait. Le corps brûlé par la désillusion, il me faut coûte que coûte détruire cette aberration.
La lance rangée derrière moi, hors de portée, je prends une pierre du mur écroulé et la lui jette au visage, le touchant en plein œil. Le géant recule, gémissant de douleur, et se cogne contre le chaudron. J'attrape la lance et le transperce en plein cœur.
D'une force incontrôlée, le monstre est maintenu sur place, se vidant de son sang dans le chaudron.
En même temps que sa vie, la lueur meurtrière de mes yeux disparait, emportant avec eux l'espoir ainsi que toute forme d'humanité. Mon corps devient spectre, mon âme esseulée m'abandonne... Ma chevelure virant au noir, ma peau au blanc: Un voile de ténèbres enveloppant une neige immaculée.

*...ag filleadh chuig tréigean, amhail an eirlys a bann...*
(...me rendant à l'oubli, tel un flocon qui sombre...)

Quelques années de solitude, de tourments et de songes oniriques.
La mémoire aussi subit les outrages du temps. Je ne me souvenais plus de moi, plus de mon passé. Des bribes de souvenirs m'assaillaient, ce n'était plus mes souvenirs, mais des souvenirs. La mythologie celtique me semblait particulièrement réelle. Une lance, un chaudron, mon grand père monstrueux. Un souvenir lui disait que l'on le nommait Llugh*.

Un bruissement de feuilles inhabituel me sortit de ma torpeur. Cinq jours durant j'ai regardé cet arbre croître avant de sentir un être vivant m'approcher. Non, deux humains. Ils étaient certainement venus chasser. Personnellement je ne chassais plus, ne me nourrissais même plus. Le temps comme suspendu. Les voilà qui approchaient. Je me camouflai parmi les arbres, les laissant approcher...
-...non mais arrête d'insister, elle est nulle ta blague. Si je ris pas, c'est pas parce que j'ai pas compris!
-Mais si voyons! Le pingouin, on s’attend à ce qu'il y fasse un truc! N'importe quoi, mais quelque chose! T'es vraiment trop coincé, merde.
-Vas chier.
-Demain c'est toi qui t'en occupe en tout cas, moi je veux pa...
-Pas quoi? Si tu finis pas tes phrases, c'est même pas la peine de continuer à me soûler. Dit-il en se retournant pour capter l'attention de son interlocuteur. Mais ce qu'il vit le terrifia: Une ombre enveloppée de peaux de bêtes le fixait sans expression aucune en trainant avec lui, tel un ours en peluche, son compagnon inerte, les yeux ensanglantés.
Je m'avançai très lentement, déterminé, vers l'intrus. L'épouvante que celui-ci ressentait s'imprégna en moi, chaque parcelle de mon corps spectral me réclamant plus d'horreur.
Après un instant d'hésitation, l'humain se repris, encocha une flèche et tira juste sans viser. Un instant je me dématérialisai, juste suffisamment pour laisser la pointe me traverser le cœur sans rien sentir, ce qui me fit lâcher le bras du premier homme qui s'effondra dans l'indifférence générale. Aussitôt, Je me précipitai vers l'assaillant, et lui décocha un coup de point d'une violence inouï dans le plexus. Ses côtes se brisèrent comme de la glace, lui perforant les poumons.
Le condamné me regardait approcher, les yeux écarquillés, sa frayeur n'ayant d'égal que le plaisir qui m'envahissait. Soudainement, l'importance de la peur m'apparu clairement. Je vis à quel point elle pouvait être nécessaire. Ainsi je me sentais presque... vivre.

Quelques jours durant, j'envisageai de retourner parmi les humains. Mais une chaleur inhabituelle provenant des alentours du manoir m'intrigua. Sur place, une vision Dantesque me remplit d'émerveillement. Le manoir en flamme abritait des créatures se battant sauvagement. Seulement, aucune peur ne s'en dégageait, juste une féroce rage commune.
Ils finirent par battre en retraite ensemble, ce qui semblait plutôt étrange, aussi je les suivis de loin. Mais à peine arrivée aux abords de la vallée, une immense lumière m'éblouis. Mais loin d'être divine, cette clarté leur apporta mort et désolation. Une douce frayeur générale me rempli les poumons. Mais cette extase se calma rapidement en m'apercevant que les bêtes à l'origine de ce carnage pouvaient s'en prendre aussi à moi. Je battis en retraite, et ne dû mon salut qu'à un fantôme à proximité qui attira un de ces monstres loin de moi.
Ma propre frayeur me chamboula. Je ne pouvais décemment pas rester au milieu des terres sans craindre pour ma survie.
Mais où me cacher? Les humains? Ils ne voudraient pas de moi. Les Démons? Sûrement pas! Le manoir, alors... Il doit être détruit, et personne ne s'y trouvera, c'est l'endroit idéal.
Je n'ai jamais eu affaire à ses habitants. Connaissent-ils mon existence? M'ont-ils simplement ignoré? Et quelle pourra être leur réaction?

*Níl sa saol ach gaoth agus toit...*
(La vie n'est que vents et fumée...)


Style de combat:

Llugh possède une lance dont il ne sert que rarement puisqu’elle lui porte une folie meurtrière. Autrement, peu téméraire, il évite toujours le combat.


Comment avez-vous connu Hollow Dream?

En cherchant des News pour Psychovision, un site de critiques littéraires et cinématographiques du fantastique. (Ne vous en faite pas j'ai déjà fais la pub pour Hollow Dream!)


*Llugh se prononce "lou" (tout comme Lù)
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MessageSujet: Re: Llugh [Validé]   Lun 13 Aoû - 22:42

Désolée de l'attente Llugh Embarassed

Alors bienvenue!

Tout ça pour dire que ta fiche est validée Wink
Bon jeu Very Happy

Qu'est-ce que je te mets comme rang? Ombre? Ombre autonome? scratch

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Llugh
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MessageSujet: Re: Llugh [Validé]   Lun 13 Aoû - 22:58

Bah voui, "Ombre Autonome" me semble plus approprié à décrire ma race, tu as raison.

Pour l'attente je ne t'en veux pas, vas! Wink
(Mais ne vas pas croire que je te laisserai tranquille pour autant!)

Au plaisir de te lire.
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MessageSujet: Re: Llugh [Validé]   

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Llugh [Validé]
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