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 En quête de...

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Poupée Danseuse - jolie, jolie tête qui roule...
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MessageSujet: En quête de...   Mer 21 Mai - 10:54

...Quelque chose.

Oui, mais quoi? Sous la pluie, aucun son n'osait plu émerger des lèvres de la danseuse. Elle avançait, laissant le son changeant de ses pieds et ceux de l'homme sur le sol déranger celui de la pluie. Son regard se perdait dans le décor, parfois lointain et totalement détaché, d'autres fois affolé. Chaque autre son était guetté comme une menace, comme quelque chose de dangereux. Tout pouvait arriver, tout pouvait les tuer. Alors elle surveillait, sans trop savoir si de toute manière elle serait capable de pressentir quoi que ce soit. Elle n'aimait pas cette pluie, vraiment pas. Elle étouffait le bruit, étouffait tout. Même les quelques plantes renaissantes ne lui inspirait qu'un sentiment mitigé de répulsion et de fin de tout. Il n'y avait aucune renaissance, juste une nouvelle mort. Ses bras restaient serrés autour d'elle, le froid s'obstinait, pervers, à lui geler l'intérieur et ça lui faisait peur.

Le Manoir...

Il devait y avoir des monstres là-bas aussi. Mais ils pouvaient aussi être dans le village humain, et la caverne n'était pas un endroit adapté pour trouver un réel confort. Alors elle avançait, sa marche cependant ralentissait au fur et à mesure qu'ils approchaient. Elle voulait s'abriter, trouver un endroit où se reposer, mais en même temps... Cela en valait-il la peine? Mourir attaqué en s'approchant des créatures ou laisser le froid et la maladie ôter plus lentement chaque petite parcelle de vie? Elle ne savait même pas laquelle de ses fins était préférable. Elle savait cependant qu'elle n'en voulait aucune.

Et l'homme?

Pour la première fois elle se demanda comment le pauvre était arrivé ici, sans rien pour protéger son corps. Il devait avoir tellement plus froid qu'elle, tellement plus gelé. Mais il semblait évoquer les aspects de la vallée comme s'il la connaissait depuis un moment déjà. Que lui était-il arrivé? Elle n'avait même pas osé donné son nom, même pas voulu lui poser aucune question tout compte fait. Il avait trouvé qui elle était et quelque part, si elle ne cherchait pas à savoir qui lui était, peut-être pourrait-elle encore sauver ce qu'il lui reste, c'est-à-dire... Rien. Il ne lui reste rien à par la peur, la fièvre, le froid et cette horrible chose qui murmure au creux de son oreille, qui fait de fantastiques promesses en échange d'une seule chose, une chose qu'elle n'arrive pas à comprendre, et qu'elle ne veut pas comprendre. Alors elle écoute la pluie, pour ne plus écouter la chose, et parfois ça fonctionne. Elle ne lui lance que quelques regards hasardeux, comme si une réponse pourrait se trouver sur lui. Elle n'est décidément pas du tout gênée par sa nudité. C'était étrange, elle aurait dû être rouge de honte, chercher à se cacher les yeux, mais non. Quelque chose était différent, mais elle ne savait pas quoi.

Et plus loin...

Plus loin le Manoir apparaissait enfin, dressant ses murs épargnés par les flammes comme une provocation faite au ciel. Ici aussi... Que c'était-il passé finalement? La guerre avait ravagé Hollow Dream? Tout était abimé, ravagé. Elle était presque figé devant ce spectacle en décadence. Rien ne perdurerait, donc? Comment ce monde a-t-il pu passer d'un automne éternel à un printemps destructeur? Pourtant elle ne s'arrête pas. Elle guette, tout en avançant, mais il n'y a que le silence. Rien... Aucune créature, aucune de ses ombres n'est visible. Aucun mouvement derrière les fenêtres parfois brisées. Rien sauf peut-être une vague lueur un peu plus haut, à peine visible.

La peur...

Envolée! Elle devrait avoir peur pourtant, non? Elle devrait être tétanisée, prier pour fuir, chercher la force de partir en courant, mais elle avance, comme mécaniquement, comme si elle avait déjà fait ces pas des milliers de fois. Elle ne s'arrête que devant la porte délabrée entrouverte et tourne un regard indéfinissable vers l'homme. Ses bras relâchent son corps, une main pousse l'obstacle qui s'écarte dans un grincement. Elle entre, tourne sur elle-même, cherchant quelque chose, un bruit, un mouvement, une preuve qu'il y a quelque chose de vaguement vivant. Mais toujours rien.

C'est machinal...

Elle monte les marches de l'imposant escalier, sait sans le savoir où se diriger. La lueur... Il y a de la lueur par une porte ouverte plus loin dans le couloir. Alors elle s'en approche, à petits pas silencieux. Elle se penche dans l'encadrement. Rien de vivant. Rien à part des braises qui agonisent dans une énorme cheminée. Alors elle entre aussi, s'avance, se penche devant les braises, attrape d'une main tremblante quelques buches de bois posées à côté et les déposent sur les braises pour faire renaître le feu. Ici enfin, il y a un peu de chaleur. Elle reste là, accroupie devant les quelques flammes qui enfin reprennent le dessus, sans même accorder un regard aux merveilles qui remplissent le salon. Les toiles, livres, tapisseries et meubles sauvés des flammes lui paraissent habituels, banals, sans réel intérêt. Sans doute y a-t-il des vêtements, du tissu des choses pour se réchauffer, mais elle ne bouge plus, accroupie devant les flammes. Elle n'a plus la force de bouger, plus pour le moment.

Et lui? Elle se demande ce qu'il fera. Ce qu'il pourrait faire. Il ne la gênait pas, mais il lui faisait peur, l'obligeant à rester silencieuse. Elle préfère ne pas favoriser la conversation, c'est son seul moyen de se protéger, le seul tant qu'elle n'en saura pas plus sur lui. Mais en même temps, comment pourrait-elle en savoir plus en restant dans le silence? Il l'intrigue, mais la peur est plus forte. Alors elle se contente de tourner la tête, cherchent du coin de l'oeil à saisir ses déplacement, savoir ce qu'il fait pour peut-être le comprendre un peu, lui et ses paroles curieuses, lui et sa violence brutalement changeante. Mais elle le sent encore malgré tout, cette colère qu'il a en lui. Peut-être risque-t-il tôt ou tard de l'exprimer, et peut-être que ce sera sur Carmen. Mais elle préfère ne pas y penser, elle préfère pourtant rester à proximité de lui, comme si... Comme s'il avait raison: l'enfer, c'est la solitude.
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Chahîd
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MessageSujet: Re: En quête de...   Jeu 22 Mai - 16:41

Elle connait ce chemin par cœur, sur le bout des doigts, sur le bout des lèvres, par chaque pore de sa peau, c'est ce qu'il se dit maintenant qu'il la suit en silence.
Il marchent longtemps dans la boue, sous cette pluie qui ne cesse pas.
Quand on est derrière, on a une vue tout de suite plus claire, plus dégagée, le recul suffisant pour se faire une idée.
Elle a déjà parcouru ce chemin des centaines de fois.
Quelque chose semble la porter, dans chacun de ses gestes, une connaissance secrète.

Lui aussi est entré maintenant.
Dans cet endroit.
Décati mais imposant qui lui fait un nœud dans les tripes.
Lui aussi il monte l'escalier à sa suite, à moitié étonné de la voir ainsi évoluer entre les vieilles pierres.
Mettre du bois dans la cheminée, comme si elle avait fait ça 1000 fois.
S'accroupir devant l'être comme si c'était ....

Sa demeure.


Ils n'ont croisé personne.
Un silence lourd et pénétrant règne dans la pièce, accentué par les tapisseries qui recouvrent les murs.

Leurs pieds ont laissé des traces gluantes sur le sol.
Première chose à faire, avant d'entreprendre quoi que ce soit. Effacer les traces. Reflexe du chasseur.
Mais pour quoi faire.. les effacer alors que le feu ronronne doucement maintenant, et qu'il est avec elle, qui connait les lieux... et qu'ils sont seuls....

Finalement il abandonne sa première idée, et va s'accroupir près d'elle.
Ses cheveux goutent sur ses épaules, la chaleur du feu lui rougit rapidement le visage.
Il l'observe.

Elle est aussi immobile qu'un chat, on pourrait la croire morte, si de temps en temps ses yeux ne clignaient pas.
Les jambes écartées, il se tient en appuie sur ses genoux, sa nudité ne le gêne plus, parce qu'elle ne s'en offusque pas.

Il s'ébouriffe les cheveux, s'essuie le visage sur son bras, attend encore un peu.

Observe la pièce.

Se dit qu'il faudrait explorer cet endroit au silence si profond, profondément, dérangeant, étranger et familier.
Qu'il trouvera bien de quoi se vêtir
et la parer.

Puis ses yeux à nouveau se fixent sur elle qui n'a pas bougée d'un iota, et d'une voix douce qui gronde...



"Tu es déjà venue ici n'est-ce pas ?"
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MessageSujet: Re: En quête de...   Jeu 22 Mai - 18:58

Ses bras se serrent autour de ses genoux, comme pour se tenir chaud. Pourtant le feu la réchauffe, sèche lentement ses vêtements en lambeaux. Elle ne se rappelle toujours pas les avoir enfilé un jour, pas plus qu'elle ne se rappelle ce qu'elle avait été faire prêt de la rivière, et encore moins d'être jamais venue dans ce manoir. Elle se rappelle s'en être approchée, une fois, parce qu'un chasseur avait été capturé. Comment s'appelait-il déjà? Elle ne s'en rappelait plus. Elle avait suivit les ombres trainer l'homme inconscient jusqu'au manoir, puis elle avait voulu l'aider. Mais avant de trop s'approcher, elle avait vu qu'il n'était plus inconscient, qu'il était simplement mort. Alors pour ne pas se compromettre, elle était repartie, silencieuse, discrète déjà à cette époque. C'était encore assez récent dans sa mémoire, c'était environ trois jours avant que... Avant que quoi? Elle se rappelle vaguement quelque chose de froid en elle, un peu comme maintenant. Et puis elle s'était réveillée sous la pluie.

"Non..."

Non, vraiment? Souviens-toi, vilaine fille, de ce manoir qui n'est pas tien, mais qui parait t'appartenir sous tes pas. Souviens-toi de tes marches victorieuses sur le marbre du couloir, de tes esquisses gracieuses sur le rebord du balcon. Souviens-toi de leurs regards, ceux qui ignoraient ce que nous étions, et ceux qui savaient et se détournaient. Souviens-toi de ta gloire, de ta grandeur déchue, de nos rires entremêlés de pleurs. Souviens-toi...

... Mais elle ne se souvient pas. Et la voix est si loin à présent que le murmure disparait sous le bourdonnement qui envahi sa tête. Elle est si lasse, si fatiguée, et le feu réchauffe si peu.


"Peut-être... Je ne sais pas."

Un premier changement, des paupières qui battent sous la confusion, un visage qui s'incline un peu plus vers le bas, un regard qui descend sur les buches qui noircissent et rougissent. Elle se rappelle l'automne, puis s'était réveillée au printemps. La logique voulait un hiver, mais la vallée était-elle logique? Elle n'avait pas vécu l'hiver, mais il lui semblait l'avoir vu, à travers d'autres yeux. Et à présent, il y avait un vide, quelque chose qui aurait dû être comblé par des souvenirs, quelque chose qui avait guidé ses pas avec un naturel troublant. Mais elle n'était jamais venue. L'endroit lui paraissait familier, mais maintenant que son regard se levait enfin sur le décor avec un semblant d'attention, aucune oeuvre ne lui était connue. Ni cette tapisserie, ni ce tableau recouvert d'une étoffe jaunie, ni de cette vieille et vaste armoire en bois précieux trônant contre un mur. Y avait-il quelque chose dedans? Bien sûr qu'il y avait quelque chose. Elle en avait la certitude, mais elle ne savait pas ce qu'elle pourrait y trouver. Ou peut-être ne voulait-elle pas y trouver quoi que ce soit. Alors elle détourne les yeux, mais à défaut de fixer le feu, porte son regard sur l'homme dont elle ignore encore le nom. Une question franchit ses lèvres, la seule qu'elle avait déjà posée, la seule qui n'avait pas encore trouvée de réponse, celle qui restait la plus énigmatique.

"Où est passé l'éternel automne?"

Son automne, ces couleurs qu'elle aimait tant, le bruit des feuilles et le vent encore tiédi par un été disparu. Où était sa saison, celle qui l'avait vue arrivée, celle qu'on lui avait dit immortelle? Où était l'or et le feu qui illuminait le décor devenu aujourd'hui d'une tristesse déroutante? Puis une autre question qui vient à son tour, celle qu'elle aurait dû poser bien plus tôt mais qu'elle avait tu, celle qu'elle redoutait si elle s'avérait plus douloureuse pour lui que pour elle.

"Quel est votre nom?"
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MessageSujet: Re: En quête de...   Lun 26 Mai - 13:36

[pardonne moi cet affreux retard ]


Peut-être... je ne sais pas
Eternel automne….




De quoi parle-t-elle…
Ces mots comme un coup de massue. Un accroc dans son canevas
L'automne....
Depuis combien de temps était-elle ici, elle ?
Elle était donc arrivée avant lui, bien avant.

L’automne.
Il n’a pas connu cette saison, rien que l’hiver dont lui, se souvient, ne se souvient que trop bien, des glaces qu'il croyait éternelles, des congères dangereuses comme des trappes dissimulées, des bois noirs éclairés par ce blanc trop parfait.
Pourquoi a-t-elle oublié l’hiver….
Un frisson lui parcourt l’échine à cette pensée, il reste songeur à contempler le feu.
Est-elle en train de mentir ? Visiblement non.
Alors lui, doit-il lui mentir ?
Sans l’ombre d’un doute.

Pour l’épargner, ou la laisser mariner dans sa nostalgie, la laisser ressasser ses questions afin qu'elle ne s'interresse pas de près à sa naissance, à ce qu'il n'a pas oublié lui, de sa nature, de sa métamorphose.
Serait-elle comme lui? Seraient ils nombreux à avoir subit le même changement d'apparence ?
Serait-elle l'une des siens.... ?
Simule-t-elle, elle aussi une humanité perdue, pourtant elle n'en a pas l'air.
Mais elle est différente, étonnement indifférente justement pour une humaine à un certain nombre de choses, et le reste est bien trop exacerbé.

Quelle que soit la proximité qu'il ressent à être à ses côtés un doute persiste, quelque chose en elle diffère radicalement de lui sous ces apparences trompeuses.
Il l'observe, parcourant les lieux avec une placidité stupéfiante. Quelque chose ne colle pas.
Et la seule façon de connaitre cette chose qui lui échappe.
C'est de pénétrer sa psyché....



« L’automne ? De quel automne parles-tu, de celui qui viendra ou de celui qui a due être ? je ne sais pas s'il sera tel que tu as l'air de l'aimer. Je ne connais rien de l’automne dont tu parles, je n’ai connu que cette pluie répugnante et printanière. Tu te souviens de quelque chose qui m'a échappé visiblement. Ou peut-être n'est-ce qu'un... fantasme.
Tu as l'air de la regretter pourtant, comme s'il te manquait un morceau d'histoire.»


Il s'arrête sur elle, attrape ses yeux en suivant le mouvement de sa tête.

"Mandelstam c'est mon nom.
Yoshe Mandeltam"




................................................................................

Extrait des carnets de Yoshe Mandelstam

ESPACE BLANC DU SON DE LA LUMIERE, AINSI DEPUIS TOUJOURS
Voix de l'écri-vent


Des ténèbres blanches, d'où le Tout est, viennent les simples, du pays d'avant-naître....
Retournent en l'étendue vierge quand s'achève le jeu de leur destin... Tout germe de vie de la naissance à la mort est marqué du sceau de la souffrance et de la nostalgie... Nostalgia! C'est pourquoi de ce sceau l'appel et le rappel dont nos vies sont des exercices de pertes... figures humaines en (t)races biographiques ? Tandis qu'au regard du monochrome blanc dans les yeux des autres, toute biographie n'est que l'oubli en négatif en pure perte!
Toute biographie, autobiographie ou hagiographie, ne sont pour nous que l'ignorance du fait que les traces d'une vie ne disent rien de cela qui advient!
Chaque rêve de vie (lieux, conditions de naissance et de mort, évènements sociaux, rencontres....) n'étant que le négatif de surface d'un univers inconnu dont quelqu'un serait l'improbable reflet, l'ombre d'un étrange travail de renversement.


Retrouver par l'hypnose l'espace vierge de l'espèce!


................................................................................




Il esquisse alors un sourire mais son œil brille toujours d'une lueur étrange:


"J'étais psychiatre, et je pratiquais certaines choses qui n'étaient pas du goût de tous mes collèges. Mais qui s'avéraient parfois fort utiles. Et qui pourraient l'être encore aujourd'hui.
Si tu le désires. Je t'aiderais à combler les trous de ta mémoire, si elle n'est pas en train tout simplement de te jouer un mauvais tour. "
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MessageSujet: Re: En quête de...   Lun 26 Mai - 20:25

[Mais je t'en prie!]

Elle reste à le fixer, comme s'il avait la réponse qu'elle attendait tant, quelque chose qui puisse l'éclairer, la sauver peut-être mais...
Ses mots lui font l'effet cruel d'une gifle. Quel automne? Mais celui qui est passé, quelle question! Celui qu'on disait éternel, qu'on racontait durer depuis peut-être même un siècle. Comment pouvait-il ne pas savoir? Jouait-il la comédie? Se jouait-il d'elle? L'incompréhension passe clairement dans ses yeux. Une interrogation de peur ou d'inquiétude. Et si elle devenait folle? Si elle croyait avoir connu des choses qui n'ont jamais existé? Et si même son existence n'était pas réelle?
Et ce bourdonnement dans la tête... Son regard perdu se baisse de nouveau, ses mains remontent contre son visage, cachent un instant ses yeux pour se placer ensuite contre ses tempes. Tout n'était qu'une vaste plaisanterie, un doute lancé à la figure pour propager la panique. Elle ne devait pas céder à la panique, jamais. Il lui fallait retrouver ce calme, ces impression de familiarité, alors elle détaille à nouveau la pièce.
Ce n'est pas familier, elle ne se souvient toujours pas être venu, mais c'est rassurant tout de même. Bien plus rassurant que tout le reste, plus rassurant que les mots de l'homme.

Il lui manquait effectivement un morceau d'histoire. Quelque chose d'énorme qui pour elle ne s'étendait que sur quelques minutes. Une saison entière qui basculait le temps d'un rêve. C'était affolant, sinistre, pire que tout.
Ou peut-être qu'il se trompait? Oui, il se trompait. Cas s'il avait raison, elle était folle bien au-delà du possible. Et elle n'était pas folle, ou bien? Non, elle n'était pas folle. La fièvre. C'était sûrement la fièvre qui lui faisait voir un passé qu'elle n'avait peut-être pas vécu. Alors pourquoi la peur, le vent chaud et le murmure des feuilles sous ses pas lui paraissent encore présents?
Il devait plaisanter, ses mots prononcés ne devaient pas être en accord avec sa sincérité. Alors elle se tourne encore vers lui, ses mains retombant sur ses propres genoux. elle cherche quelque chose, de la moquerie, de la plaisanterie, même malsaine. Un signe, n'importe lequel qui puisse lui faire comprendre qu'il ne dit pas la vérité, qu'elle n'a pas imaginé cet automne passé.
Mais à la place, il lui offre son nom. Juste deux mots qui au moins la détourne un peu de cette maudite folie, qui la rendent un peu plus consciente de cette affreuse réalité.


"Yoshe... Mandeltam."

Juste un nom, mais quelque chose à quoi se raccrocher. Si elle est folle, connait-elle au moins vraiment son nom ou ça aussi n'est-ce qu'un rêve? Il y avait un autre nom, mais elle ne sait plus lequel. Sans doute un fantasme aussi, comme il avait dit.

"L'automne... Il y a eu l'automne. Pendant deux semaines. Ensuite, je suis tombée, et à mon réveil il pleuvait. Pas de neige pas d'hiver..."

Sa voix se brise sur les derniers mots, ses lèvres tremblent. Elle serre plus fort ses genoux contre elle, comme si elle avait une chance de trouver dans sa propre étreinte le réconfort qu'elle ne sait pas où aller chercher.
Mais il parle à nouveau, et au passé. C'est ce passé qui lui fait ourner à nouveau son regard sur lui. Etait? Et ne l'est-il plus? Ou ne l'était-il plus avant de sombrer ici? Ou alors avait-il la conviction que jamais plus il ne le sera dans une vie quelconque?
Quelque chose ne va pas, dans son regard. Quelque chose d'inquiétant, d'effrayant. Elle détourne les yeux, troublée, incertaine, et murmure à peine, doutant de ses propres paroles.


"Je ne suis pas folle."

Il n'avait pas dit qu'il l'était, mais elle pensait le devenir. Offrir une aide, oui mais pourquoi? Quel intérêt y trouverait-il? L'aide était-elle quelque chose de naturel pour le genre humain? Pour Carmen, il l'était, mais pour lui? Quelque chose n'était pas humain en lui, elle l'avait senti sous la pluie, et le sentait encore maintenant à travers ses yeux.

"Mais si le passé que je connais n'a jamais existé... Que se passera-t-il?"
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 27 Mai - 11:40

Son regard recherche encore l'apaisement entre ces murs. Son corps se détend légèrement quand elle regarde autour d'elle, cette demeure dans laquelle il n'a jamais mis les pieds.
Enfoncée dans ce silence épais, feutré, comme venu d'un autre age.


"Ce qui se passera? Je n'en sais rien. C'est toi qui en décidera. Si tu te souviens de quelque chose, c'est que cette chose a existé, d'une manière ou d'une autre, et tu sembles la regretter, alors retrouves la. Que ce passé soit un fantasme, un rêve, ou une réalité bien tangible, au fond, qu'est-ce que ça change Carmen ?"

Ses yeux pénètrent les siens comme s'il pouvait lui arracher je ne sais quel aveu. Peut-être pour y lire les mystères de cette Vallée qu'elle doit bien connaitre, elle aussi, et sans doute même davantage que lui puisqu'elle a connu l'automne. Elle a l'air accablée, s'accrochant à ses genoux comme une petite fille. Il observe son visage concentré. Elle pense, beaucoup, beaucoup trop et elle parle peu. Deux semaines d'automne.... deux semaines d'automne et la pluie. Où était-il à ce moment là ? Que se passait-il dans sa vie à lui quand elle écoutait les feuilles geindre sous ses pas ? Comment savoir puisqu'aucune échelle de temps ne lui était plus accessible.

"Tu dois bien te douter qu'il ne peut y avoir eut que deux semaines d'automne Carmen. Deux semaines avant qu'il ne se passe quelque chose que tu as voulu raturer. Que tu as refoulé et enterré profondément en toi.
Mais l'esprit est comme un amas de sédiments.
Si l'on creuse où il faut, on finit toujours par trouver ce que l'on cherche.
Mais, laissons cela pour le moment. Cela fait longtemps que je n'ai pas pratiqué mon art, je ne suis pas sur que cela porterait ses fruits et que cela atténuerait ton angoisse, de même que j'ignore si tu serais un sujet suffisamment réceptif. "


S'écarter d'elle, se dégager avec le sourire modeste et bienveillant d'un ami, suffisamment rassurant, suffisamment intrigant, et se taire, juste pour qu'elle prenne conscience qu'il lui faudra tenter l'expérience, pour que ce soit elle qui le demande et que lui entre chez elle en y étant invité.


"Pour le moment si nous explorions cet endroit, qu'en penses-tu? Si on me trouvait quelque chose à mettre et toi de quoi te changer. Je te propose un petit jeu. Tu cherches pour moi, je cherche pour toi.
Trouvons un endroit pour prendre ce bain si convoité et partageons un repas. J'ai faim."


A nouveau ce regard qui cherche à la débusquer, un repas, ce que la nourriture lui racontera d'elle.... puis il se redresse et lui tourne le dos.

"As-tu une idée de l'endroit où il faut chercher? Les femmes devinent souvent ce genre de choses ."

La seule manière de savoir ce qu'elle sait de cet endroit, c'est de lui rappeler, en l'explorant.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 27 Mai - 18:03

Qu'est-ce que ça change... Tout, bien sûr! Quelque chose pouvait être rassurant, mais s'il n'était pas vrai, le réconfort ne le sera pas non plus. Carmen elle a besoin de choses vraies, sinon à quoi pourrait-elle se raccrocher pour vivre? Qu'attend-elle finalement hors d'Hollow Dream? La vie?
Seulement c'est la vie qui l'a conduite ici. Peut-être aurait-elle dû renoncer, et se laisser aller à la folie. Peut-être que Yoshe avait raison, et que la folie, même si elle étouffe le vrai, pourra l'apaiser, un peu comme cette pièce qu'elle connaissait sans jamais n'y avoir mis les pieds.

Mais il lui fait peur, encore. L'étrange n'est pas la seule dissonance dans son regard. Il y a quelque chose de bien pire, qui lui donne l'impression d'être un rongeur enfermée dans la cage d'un laboratoire. Un regard qui lui donne l'apparence d'un scientifique fou. Peut-être préférait-elle la haine et la violence tout compte fait.
Ou pas...
Elle ne sait pas. Elle ne préfèrerait sans doute rien et tout en même temps. La solitude et en même temps une compagnie. C'était contradictoire et dérangeant. Alors elle préfère fuir e regard étrange et effrayant. Elle a déjà peur, elle ne veut plus être terrorisée.
Mais autre chose vient troubler ses réflexions. Non, il n'y avait pas eu que deux semaines d'automne. Elle n'en avait vécu que deux, mais la saison des morts lentes avait duré beaucoup plus longtemps. Elle murmure à peine, en faible objection, comme pour se défendre, ou éclaircir quelque chose. Peut-être que lui était arrivé avec la pluie et qu'il n'avait rien vu d'autre.


"Les feuilles mortes ont possédé la vallée des années, des décennie, peut-être même des siècles selon certains. Moi je n'en ai vu que les deux dernières semaines... Puis une pluie de printemps, mais pas d'hiver. La vallée est folle, et je dois aussi le devenir."

Ses derniers mots n'étaient pas voulu. Elle secoue la tête, ferme les yeux. Elle ne veut pas devenir folle, mais ce monde n'est pas rationnel. Alors si elle devenait irrationnelle, pourrait-elle le comprendre?
Elle n'avait rien loupé, c'était impossible. Oui, mais alors pourquoi s'était-elle éveillée au bord de la rivière dans des vêtements qu'elle ne se rappelait pas avoir mis? Avait-elle été agressée? Peut-être avait-elle voulu oublier un drame, quelque chose d'affreux. Son regard devint vide, puis à nouveau animé par l'inquiétude. Ses bras se défirent, elle les tendit devant elle, les observa. Rien, à par la pâleur. Pas de griffures, juste de la boue. Si elle avait été agressée, elle aurait des marques, non? Elle aurait essayé de se défendre, à moins d'avoir été surprise.
Son bras droit se replia, sa main passa derrière sa tête. Elle avait mal, mais c'était la fièvre. Ses doigts passent dans ses cheveux encore humides, cherchent quelque chose à même la peau, mais rien. Pas de bosse, pas de blessure. Rien ne l'a surprise.
Pas de traumatisme alors... Pourquoi quelque chose manquait?


"Il n'y a rien..."

Comme précédemment, elle ne faisait que murmurer, plus pour elle-même cette fois. L'inquiétude avait laissé place à la surprise, puis à la perplexité. Mais au moins elle n'avait plus peur. Ce n'était pas une agression, alors pourquoi l'avoir oublié? Une amnésie dû à un évanouissement? Mais pourquoi diable s'était-elle évanouie? La curiosité prenant le pas sur le soucis. Seulement il se désistait, avouant que la pratique n'était plus de première fraîcheur pour lui. Dommage... Ou peut-être devrait-elle insister? Elle ne sait pas non plus, elle se contente de douter, fronçant légèrement les sourcils en regardant les flammes.
Il sourit, elle le sent dans ses mots, dans son mouvement. Pourquoi à présent? Elle n'ose pas le regarder, peut-être a-t-il toujours cette lueur de scientifique maniaque au fond des yeux, et ça, elle ne veut pas le croire. Elle préfère penser qu'il peut être un ami.

Un nouveau frisson la parcourt, mais celui-ci n'a rien à voir avec une quelconque émotion. Ses bras dénudés avaient commencé à sécher mais malgré la chaleur de sa peau, le froid qui est dedans se propage à l'entier de son corps. Il lui faut quelque chose pour se couvrir, pour enlever ces vêtements humides et sales. Yoshe a une bonne idée, même si le côté ludique ne motive pas la danseuse plus que ça. Au moins il y aurait de quoi se réchauffer, et peut-être même manger.


"D'accord..."

Ses mouvements redevinrent comme mécanique. Elle se redresse, tourne le dos au feu. Elle ne sait pas ou trouver des vêtements, elle n'en a pas la moindre idée. Elle sait qu'il n'y a rien ici, rien de pratique pour se couvrir. Elle sait qu'en haut, ce n'est pas très bien non plus, et en bas... Sa logique lui dit que c'est en bas, sa raison lui dit de ne pas se demander comment elle peut en arriver à une telle conclusion.

"Il faut descendre... Je crois."

Voilà, elle croit, et c'est tout. Même si au fond d'elle quelque chose ne croit pas et le sait tout simplement.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mer 28 Mai - 16:05

Il lui tourne toujours le dos, explorant la pièce du regard, il ne touche à rien, il hume, discrètement l'atmosphère. Se concentre sur les détails qu'il note, soigneusement dans un coin de sa tête et sur sa présence à elle entre ses vertèbres

"Des décennies... un automne qui dure des décennies et tu les as cru, Carmen ? Qui t'as parlé de cet automne éternel. Qui aurait pu rester ici suffisamment de temps pour le savoir. Des fables.... de petites histoires pour s'endormir, rêver ou s'effrayer dans le noir . Et puis s'il avait duré des décennies pourquoi a-t-il cessé selon toi ? Je ne te demande pas de savoir, juste..
Une supposition. "


Des tapisseries usées, des fauteuils qui se font face, rarement, trop rarement.... des disques soigneusement conservés, de nombreux livres, des tableaux.

Et toujours ces fauteuils dans les coins, esseulés.

Répugnance à approcher ce qui compose le décors fantomatique du manoir, comme si tout allait se réduire en poussière à son contact.
Odeur surannée, odeur de mort.
Voir, avant de toucher, tenter de déchiffrer les lieux sans y intervenir, combien de temps peut il le faire.

Il ne relève pas ce qu'elle dit ensuite. Si ce n'est qu'il faut descendre.
Faut-il qu'il fasse confiance à son intuition féminine, son instinct lui dit que oui. Retourner là d'où il viennent et où rien n'avait attiré son attention toutefois l'étonne.
Quelque passage qu'il n'aurait pas vu, une cave peut-être ?
Rien n'est vivant dans cette pièce si ce n'est eux. Et le feu qui ne réchauffe qu'à peine.


"Comment peux-tu prêter une quelconque intention à cette Vallée, cette Vallée est, comment pourrait-elle être folle, comme un être vivant. Seul ce qui souffre est susceptible de devenir fou.
Te fait-elle souffrir, Carmen?"


Il se retourne et lui fait face maintenant tandis qu'elle passe à côté de lui pour rejoindre la porte.

"Je doute que nous trouvions de la nourriture ici. Ni une quelconque arrivée d'eau. Tout à l'air passablement, mort. Et abandonné. J'imagine aisément un vieux comte hanter ses lieux, quelques spectres si j'étais superstitieux.
Mais rien qui ne soit de chair
et d'os.
A part toi.....
Mais puisque tu le pressens, descendons, nous trouverons bien de quoi nous débarbouiller ailleurs.
Même si c'est un nettoyage à sec dont il faudra peut être se contenter.
Je n'aime pas mettre des vêtements sur ma peau souillée."


Elle ressemble à une petite poupée mécanique un peu chiffonnée mais qui tourne encore sur son petit socle de bois.

" Montre moi le chemin, et faisons vite, je commence à sentir mes membres engourdis par le froid. Et puis je voudrais qu'on s'installe quelque part, pour parler plus avant, écouter de la musique, cela fait si longtemps que je n'en ai pas écouté en compagnie. Je voudrais que tu me parle de cet automne que j'ai raté et de ces gens qui ont visiblement... disparus... "

Pieu mensonge que voilà.... le froid, il ne le sent que par vague et de manière très atténuée.
Il lui offre sa main, l'ouvrant dans sa direction, le regard inquisiteur, le sourire aux lèvres, si près de la toucher.


"Te fait-elle souffrir?"
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mer 28 Mai - 23:09

Son corps entier se raidit sous les premières paroles. Après tout, c'est vrai, comment croire qu'une saison pouvait s'étendre sur des années? C'était aussi illogique que tout le reste. Mais dans ses deux semaines de survie, elle y avait cru. En deux semaines, elle avait parfaitement assimilé cet univers et s'y était immergée. En deux semaines, malgré son humanité, elle était devenue familière de la vallée, comme l'une de ces créatures. Et si elle en était une finalement? Si c'était la réalité qui n'existait pas? Avait-elle jamais eu sa place dans ce monde qu'elle désirait tant rejoindre? Mais certains prétendaient le vivre, cet automne. Certains se disaient présent depuis plus d'un an et n'avoir connu que les couleurs chaude de cette vallée morbide et elle... Elle y avait tout naturellement cru. Lui avait-on menti? Les menteurs n'étaient plus là pour s'en défendre. Et si c'était vrai, qu'est-il arrivé pour passer au printemps? La vallée suivrait-elle une logique temporelle qui échapperait à tous? Non, elle réfléchit sérieusement à la question et...

"Quelque chose... Quelque chose a perturbé le court du temps et la vallée a changé."

Seulement la vallée n'était qu'un lieu, certes maudit, mais un lieu, sans sentiments, sans désirs, sans souffrance ni plaisir. Juste un lieu auquel elle prête à présent une considération totalement infondée. Souffre-t-elle? La vallée, elle ne sait pas. Elle-même... La question devrait plutôt être "n'a-t-elle déjà plus souffert"? Seulement le fait est que Carmen est ainsi, maudite danseuse. Elle a toujours été en souffrance, toujours faible et honteuse, toujours incapable de mener une quelconque vie, victime de la jalousie, de la haine, victime malgré elle. Et ici? Ici à part les monstres, rien ne pouvait lui vouloir du mal, non? Elle se raccrochait à ça, comme elle se raccrochait à l'image fictive d'une mère pleurant d'inquiétude au chevet de sa fille blessée.

*Cette mère qui t'a tuée... Souviens-toi, vilaine fille, pourquoi je suis née!*


Le bourdonnement s'estompe un instant, quelques syllabes retentissent dans la tête de la danseuse qui s'empresse de les étouffer en se plaquant les mains sur les oreilles. Elle n'aima pas la question de Yoshe, elle n'aime pas cette vallée, elle n'aime pas sa situation, elle ne s'aime pas non plus. Mais elle aime quatre chose, une chose qu'elle veut étouffer. Le genre de chose qu'on ose pas approcher. C'est tellement plus rassurant de rester dans cette souffrance connue que de chercher à l'affronter, non?

*Alors, réponds, te fait-elle souffrir, vilaine fille?*


"Je ne suis pas folle!"

Les mots fusent rapidement, ils sont sa seule défense, sa seule excuse pour ne pas répondre, pour mettre un terme aux questions. Il se tourne et lui fait face, elle écarte ses mains de ses oreilles, tente de prendre un visage neutre, mais c'est difficile, tellement difficile.

Oui, descendons donc, fuyons ce salon et son feu qui ne chauffe pas, redescendons plus bas, un peu plus bas, plus près des enfers qui ont au moins l'avantage d'offrir ce qui peut être désiré. Alors elle se met en marche, passe complètement à côté de lui, ignorant la main tendue. Elle va lui montrer le chemin, puisqu'il le demande. Ce chemin qu'elle ne connait pas et qu'elle parcourt pourtant sans la moindre hésitation. Ce chemin qu'elle finit par aimer aussi malgré tout. Ses chaussons de danse mouillés et boueux rejoignent le couloir, et sa voix résonne une fois de plus, se répercute sur les murs de pierre avec une intonation bien différente, une intonation plus forte, plus profonde.


"Je ne suis pas folle."

Comme une évidence, non plus comme une excuse. Elle doit cesser de pleurer et de craindre, elle doit être forte à présent. Parce que lui l'est aussi, et qu'elle ne veut pas disparaître à cause de ça.


[Je poste au rez-de-chaussée! ^^]
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MessageSujet: Re: En quête de...   Jeu 29 Mai - 10:51


"Quelque chose... Quelque chose a perturbé le court du temps et la vallée a changé."


Oui, quelque chose a changé, quelque chose qui m'a donné naissance, quelque chose qui nous a réunit, dans ce lieu.

Pure merveille que ce petit être craintif qui cherche à se protéger derrière sa carapace.
Sa main tendue restera vide.
Il le sait déjà, et il n'en attend pas moins d'elle.
Il l'observe toujours, fait mine de ne pas voir pourtant qu'elle se masque les oreilles comme si elle fuyait une voix.
Une autre voix.
Qui crie? chuchote? terrorise ? séduit ? appelle....
Et ce n'est pas la sienne.
Non ses questions ne l'inquiètent pas.
C'est autre chose qui la dérange. Elle a le visage coupable des enfants qu'une vilaine bêtise tarabusque, mais c'est à peine perceptible, quelque chose dans ses sourcils qui s'agitent, dans ses yeux trop mobiles sur son visage d'enfant pâle et sage.
Elle tache de garder une certaine neutralité, défaisant petit à petit les rides d'expression qui froissent ses traits laiteux et trahissent ses sentiments, elle le sait bien et quelque chose en elle tache de faire le nettoyage avant que Chahîd n'en profite encore, de ces affects qui menacent de la faire sombrer dans cette folie qu'elle semble tant redouter.
Bien trop redouter pour qu'elle n'en connaisse pas déjà l'ivresse et la douleur.

Cette phrase qu'elle tourne en boucle comme un bonbon acidulé. Cette phrase. De la dénégation pure. Une défense contre l'assaillante. Yoshe ne connait que trop bien cette lutte à mort entre deux part qui se sont séparées pour ne plus souffrir, pour enfin résister...

Sa main retombe, il la frotte contre sa cuisse et la regarde passer, automate bien réglé sur sa destination prochaine.
Alors qu'il s'apprête à lui emboiter le pas il retourne près de l'âtre, ramasse une brindille enflammée qu'il pose soigneusement sur le côté pour la garder en vie et saisit une coupelle d'étain qui balance doucement sur le rebord. Arrache une pelletée de cendres et la jette sur les flammes maigres qui peinent encore à réchauffer les pierres.

Le feu s'éteint avec un petit chuintement.

Seule l'odeur persistante du bois humide qui vient de chauffer trop fort flotte encore dans la pièce

Puis il lui emboite le pas saisissant au passage la lampe ancienne qu'il avait remarquée tout à l'heure et qui trône sur un buffet, il allume la mèche qui baigne encore dans une huile maronnasse, elle crépite doucement dégageant une forte odeur de camphre.

Un humain ne voit pas dans l'obscurité... Une vision trop aigue le trahirait.

Souffle la flammèche dont il s'est servit pour l'allumer, glisse la brindille sous un fauteuil près de l'entrée alors qu'elle file déjà dans les escaliers, frottant au passage de ses pieds nus maintenant secs, les traces de boue qui mouchettent le tapis, les réduisant en poussière brunâtre qui se mêle à l'autre plus ancienne.

Un prédateur ne laisse jamais de trace.
Pas plus qu'un étranger qui pénètre une demeure qui n'est pas la sienne




[je te suis]
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MessageSujet: Re: En quête de...   Lun 23 Juin - 20:28

[Après un saut à la cave et sous la douche.]

C'était...
Horrible.
Affreux.
Etrange.
Dissonant.

Sur le pas de la porte, la silhouette de la danseuse emmitouflée était figée. Tout recommençait. Tout ce qui était temporellement pas justifiable venait de rejouer un mauvais tour. Les fauteuils étaient renversés, les livres aussi, des feuilles parsemaient le sol, certaines même, accompagnées d'ouvrages gisaient dans les cendres de la cheminée éteinte. Le tourne-disque était brisé, affalé contre un mur, rependu sur le sol. Tout était illogique. Elle fit un pas, se ravisa. Les vêtements qu'elle tenait jusqu'alors étaient tombés au sol, sa main entrouverte tremblait légèrement. Tout recommence.
Non, pas cette fois. Cette fois, elle va remettre de l'ordre, elle va... Le châle glisse sur ses épaules, libère sa tête aux cheveux encore dégoulinant de pluie. Elle l'enroule sous ses bras, replie l'épaisse étoffe, la bloque contre sa poitrine. Non, ça ne devait pas être comme ça. Rien n'était à sa place. Elle se fichait cette fois de savoir comment cette évidence n'est plus importante. Elle s'agenouille dans l'entrée, sans même se soucier d'une autre présence, et commence à réunir les précieuses feuilles éparpillées partout.

Elle rampe, à quatre pattes, mètres après mètres, réunissant en tas ordrés les feuilles qui tapissent le sol, comme celle des arbres tapissaient la forêt en automne. Elle redresse les piles de livres, ses mains redevenues tremblantes. Il fait sombre, terriblement sombre. Et elle frissonne de nouveau. Le feu... Elle s'écarte un chemin avec soin, jusqu'à la cheminée, reprend les livres qui y avaient été jetés. Les couvertures sont pleines de cendres, mais intact. Rien n'a eu le temps de brûler. Rien de bien important, du moins elle le croit. Elle retire les oeuvres, les époussète avec un coin de son châle, les rends à leur place en piles soignées. Et maintenant? Maintenant... Le feu. Il est mort, dans cette cheminée. Il n'y a plus rien, aucune chaleur à relancer. Il faudra bien sacrifier quelque chose, non? Elle prend une bûche sur la réserve à côté, puis une seconde, les dispose dans la cheminée. Ses gestes redeviennent mécaniques, comme si elles les avaient appliqués des milliers de fois. Elle cherche, il faut lancer le feu, faire naître les flammes. Des feuilles avaient été mises en pièce au centre de la salle. Elle les réuni sur le sol, place au creux de ses mains les petites miettes de papier. Les puzzles, trop peu pour elle. Elle les abandonne dans la cheminée, non sans éprouver un regret qu'elle ne comprend pas. Il faut maintenant de quoi allumer le feu. Mais il n'y a rien, rien de bien utile. Rien à part des morceaux de bois plus petits, peut-être plus utile. A-t-elle déjà fait un feu? Possible. Mais sans briquet ni allumette, ça va prendre du temps.

Alors elle s'installe, en tailleur, relevant le châle sur ses jambes nues. Elle prend une autre bûche, un morceaux de bois qu'elle pose dessus à la verticale. ça va être long, mais elle a l'impression de connaître ses gestes. Ses mains se serrent en prièrent, en haut de l'épaisse tige de bois. Elle frotte, descend ses paumes contre vers la bûche dans son mouvement, recommence, rapidement, ne s'arrête pas. C'est mécanique, c'est habituel. Elle avait déjà allumé des feux avec les survivants. C'est à Hollow Dream qu'elle avait appris à le faire. Encore un peu.
des frictions supplémentaires.
Le bois grince, gémit. Une petite fumée s'échappe. Dans l'obscurité de la pièce, un petit rougissement débute contre la bûche. Elle attrape une feuille, l'appose un peu contre la source de chaleur, souffle à peine dessus, ramène ses mains comme si elle tenait un trésor. Un léger crépitement et enfin la première flamme apparaît sur sa feuille de papier. Avec soin, elle va la déposer sur la cheminer. Quelle belle réaction en chaîne, toutes ces miettes de papier qui se transmettent la petite flamme qui grandit et grandit encore. Elle abandonne la bûche dans le cheminée, souffle encore, juste un peu, donne de la vie au foyer naissant. Le rougeoiement éclaire enfin la pièce, réchauffe un peu. Enfin le salon reprend ses allures de lieu de repos.

Elle se relève, finit de réunir feuilles et livres, les range comme elle le peut, sans être vraiment certaine de tout avoir remis à sa place. Puis elle récupère les vêtements, relève un fauteuil sur lequel elle les abandonne à nouveau, redresse le reste du mobilier, fait glisser le tout pour les remettre à leur place, du moins celle qui était la leur quand elle avait quitté ce salon plus tôt dans la journée. C'est triste, cette boule qui nait dans sa gorge en voyant un tel carnage. Elle devrait se rhabiller, profiter du feu, mais elle ne peut pas. pas tant que le désordre est roi. Alors elle recommence, finit de ranger les tas, récupère avec soin les morceaux du tourne-disque éventré. Elle ne sait pas ce qu'elle doit faire, mais il faut essayer.

Avec soin, elle ramène le tout devant la cheminée, se rassoit à même le sol devant les différentes pièces démontées, massacrées. Elle peut au moins tenter de lui rendre sa fonction première. Le mécanisme n'a pas l'air trop abimé, le bois a en revanche pris un gros coup. Entre ses mains, l'imposante pièce de métal servant à diffuser le son cherche encore sa place exacte. Elle la trouve, mais c'est bancal. L'appareil penche, comme un vaisseau prêt à sombrer. Triste Titanic de la musique! Un disque est brisé, c'est navrant. Qui donc a oublié que l'art mérite le respect? Ses mains repoussent un peu l'engin, l'une saisi la manivelle, la fait tourner: Le socle pivote, lentement, en grinçant, comme un dernier gémissement lancé avant de mourir. Ce n'est qu'un soupir qui franchit les lèvres de la danseuse face à ce massacre injustifié. Elle chantonne à peine, sans s'en rendre compte, la mélodie qui autrefois émergeait du disque à présent brisé. Puis elle se tait. Les crépitements du feu ne couvrent pas les sons qu'elle a entendu dans le couloir derrière elle, et son regard se perd vers la porte qu'elle avait laissée ouverte.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 24 Juin - 11:33

[après la même visite dans la cave, une chasse mouvementée et une douche délicieuse]


La chaleur du feu. La porte est restée ouverte. Carmen debout l'observe, dévêtue.
Quelque chose cloche de toute évidence.
Elle ne s'est ni coiffée, ni habillée.
Un simple regard autour de lui suffit pour qu'il comprenne qu'ils n'ont pas été les seuls à pénétrer dans cet endroit, et que ceux qui y sont entré ont laissé des traces de leur passage.
Qu'elle s'est escrimé à effacer, réparant les dégâts autour d'elle.

Elle n'a pas l'air inquiète ni apeurée, juste préoccupée par ce besoin de tout remettre en ordre, ce qu'elle a tant bien que mal réussit à faire.

Debout devant le tourne-disque on dirait une enfant surprise dans son sommeil, résignée à la dévastation.
Seule dans une maison sans père ni mère ni compagnon,
dépouillée de tout ce qui constitue une vie,
des souvenirs,
un refuge.

Rage.
Rage qui le consume à la vue de cette douleur qu'elle contient.
Rage de son impuissance.
rage qu'il ait pu lui arriver quelque chose pendant son absence.

Immobile, elle tient entre ses doigts la manivelle du petit appareil tout de guingois, incapable de fournir le moindre son si ce n'est ce grincement irrégulier qui persiste.
Les vêtements qu'elle devraient portés, abandonnés sur un fauteuil près de l'entrée.
Il n'entre pas tout de suite, il se contente d'observer les lieux, et puis elle qui le regarde sur le pas de la porte.
Le bois crépite doucement.
L'eau qui imbibe ses cheveux glisse le long de son dos et cet instant lui semble une éternité, comme si le sablier du temps se déversait sur lui.

Quelqu'un a interrompu son flux mental.
Quelqu'un a gâché la fête et ce quelqu'un paiera pour le visage déconfit de Carmen.

Il finit par pénétrer dans le salon, méfiant malgré lui.

Et si c'était elle qui avait mis à sac cet endroit?
Mais pour quelle raison l'aurait-elle fait ?
Non. Il évacue bien vite cette idée, s'approche puis la dépasse et jette devant la cheminée le tas de vêtements.

Dépose le cerf, retire le manteau imbibé de sang.
La forte odeur du gibier envahit la pièce, odeur lourde et saumâtre de la mort.

Pas un mot, la colère lui grignote les flancs.
Il se frotte les mains et le corps devant le feu, attendant une réaction de sa part, mais rien.

Il finit par se retourner, ramasse un pantalon et l'enfile avant de s'approcher d'elle une veste à la main qu'il dépose sur ses épaules.
Il enlève la main pâle de la manivelle, appuie son torse contre son dos et l'enlace, le corps encore brulant de feu.



"Tu n'as rien... ? Dis moi quelque chose.
On retrouvera ceux qui ont fait ça. Je vais t'aider à ranger et j'irais chercher de quoi préparer cette viande....tu n'as besoin de rien ?."
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 24 Juin - 13:11

Encore un délinquant? Un de ceux qui avaient massacré cet espace familier? Ou autre chose? Non. C'est la silhouette de Yoshe qui apparaît, son butin avec lui. Un butin imposant, sanglant qui pour l'instant ne lui fait ni chaud ni froid. La mort de l'animal est nécessaire pour nourrir l'homme, celle de l'objet à musique n'était dû qu'à de la pure cruauté. Elle ne sait pas quoi dire, ni comment réagir. Elle lit un instant cette rage qu'il a en lui, qui le pousse à faire du mal, alors elle n'ose rien faire, elle ne veut surtout pas le provoquer. Puis il se décide à entrer, presque méfiant. A quoi pense-t-il? Croit-il que quelqu'un d'autre se terre dans la pièce prêt à lui bondir dessus? Ou alors peut-être qu'elle serait la cause de tout ça à ses yeux? Ce n'est pas important. Pour cette fois, elle se moque de sa culpabilité ou non. Elle n'essaie que de réparer les dégâts sans même se soucier de la présence des autres, de ceux qui ont fait ça. Une seule personne n'aurait pas fait ça. Il n'y a qu'à plusieurs que l'humain se sent assez zélé pour tout détruire. Et il ne s'agissait pas de monstres, il n'y avait pas de griffure, rien de valeur n'avait été emporté. Des ignorants, juste des brutes ignorantes qui étaient venues faire leur propre décoration au mépris des valeurs qui régissaient cette pièce.

Il s'approche, elle le suit des yeux, encore incertaine sur la position à adopter. Elle ne s'est pas encore habillée, mais le feu et les mouvements avaient fait leur office. Elle est sèche, juste quelques mèches emmêlées sont encore mouillées. Lui est tout trempé, mais le feu lui fera sans doute autant de bien qu'à elle. Il la dépasse, et elle ose enfin détacher son regard, se reporte sur l'objet qu'elle tient encore entre ses mains. Une épave dont elle ne pourra plus rien tirer, elle qui ignore comment créer de pareilles petites merveilles. Elle ne saura pas le réparer, et peut-être que personne ne le pourra à moins de s'y consacrer pleinement. Seulement elle se sent lasse, fatiguée, elle ne veut pas s'impliquer, pas en sachant qu'il y aura toujours quelqu'un pour détruire ce qui aura été créé ou recréé. Mais ce n'est pas la lassitude qui la mure dans son silence. C'est lui, lui qui a l'air en colère de voir une soirée idéalement planifiée déjà troublée par un imprévu. Il ne dit rien non plus. Peut-être est-il blessé dans ses pensées. Mais elle le regarde à nouveau, se réchauffer devant le feu, et enfin elle observe le butin.

Un énorme butin, à l'odeur de mort, cette odeur qui ne la dérange toujours pas pourtant. Mais ça fait beaucoup, énormément. Comment a-t-il seul pu attraper un gibier de cette taille? C'était peu probable, pas sans arme. Ou alors il n'était pas seul, pas tout à fait. Non, il n'était pas seul, et il ne l'est toujours pas. Il reste cette colère, cette chose qui le rend différent. Elle se reporte encore sur l'objet, l'entend se relever, entend le froissement du tissu. Il doit se rhabiller. Ce n'est que lorsqu'elle sent à nouveau son contact qu'elle réalise qu'elle n'avait toujours pas bougé dans sa pose grotesque, désespérément accrochée à sa manivelle, désespérément agrippée à un passé qui pourtant n'est pas pleinement le sien. Mais il la libère, encore, en lui retirant la main de ce petit piège de métal. Et la chaleur qu'il dégage autant que sa voix la réconforte. Il n'est pas que rage, pas que brutalité. Il est juste attentionné.

Elle hoche pourtant encore mécaniquement la tête à la première question. Elle n'a rien, elle n'a pas été brisée, pas comme la pièce. Elle, elle est encore plus ou moins ce qu'elle était avant. Elle ne veut pas retrouver les coupables. Pourquoi les retrouver? La vengeance? Elle n'est pas très rancunière. Pour avoir une excuse? La sauvagerie n'a jamais eu d'excuse. Pour les mettre face à leur crime? Elle n'y gagnerai rien. Sont-ils encore là? C'est ça la seule et unique question. Mais elle ne veut pas de réponse. Elle veut juste qu'ils soient partis, et si ce n'est pas encore le cas, qu'ils s'en aille.


"Ce n'est pas important. Ceux qui ont fait ça ne sont pas importants. Ce qui importe c'est qu'ils ne reviennent pas."

Elle ignore même de qui il a pu s'agir. Pas des ombres, elles n'auraient pas risqué de détruire leur demeure. Pas les chimères, les dégâts auraient été plus conséquents. Des humains, c'est tout ce qu'il reste pour justifier ça. Des humains qui se sentent suffisemment assurés pour venir saccager la demeure d'un ennemi. Qu'est-il arrivé aux ombres? Pour la première fois elle se le demande. Abandonner un trésor pareil n'est pas logique, pas pour qui que ce soit. Les ombres sont-elles logiques? Elle ne le sait même pas, de fait.
Mais elle dévie encore sur le gibier étendu, sur leur repas à venir. Et une seule question franchit ses lèvres, cette question qu'elle se pose mais qu'elle ne sait pas s'il faut poser.


"Comment...?"

Elle se sépare de lui, dépose l'épave musicale sur un des fauteuils, se retourne pour lui faire face. Il n'y a aucune méfiance, aucun reproche, juste une interrogation presque fascinée. Même s'il n'a pas été seul, une pièce pareille ne s'attrape pas facilement. Est-il si doué pour la traque? En tout cas plus qu'elle, c'est évident. Et maintenant, elle commence à ressentir un peu la faim. Un peu, c'est déjà mieux que rien. Elle se rapproche à nouveau de lui, ses mains libérées. Elle ignore si elle a besoin de quelque chose, elle sait juste qu'il s'occupe des besoins quand elle n'arrive même plus à les définir. A bien y réfléchir, elle n'a besoin que d'une seule et unique chose.

"Juste toi."

Elle ne place même plus de distance. Il apporte tout ce qu'il lui faut sans qu'elle ne l'ait jamais demandé. Elle ignore d'ailleurs pourquoi il se donne tant de mal pour lui permettre de survivre. A-t-il comme elle un secret égoïste? Une envie de vivre sans être trop abandonné? Ou peut-être est-ce autre chose.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 24 Juin - 16:33

Elle s'écarte de lui, sensation qu'une page de son livre tourne avec elle, il s'est habitué à sa présence, acceptant son mystère, son secret, le malheur qu'il lit à travers elle.
Qui le console.


Il n'a que rarement eut le temps de côtoyer quelqu'un dans cette Vallée, tout s'est toujours passé de façon si fulgurante, dramatique, grotesque, passionnel.
Mais cette fois c'est différent. Et cette différence fait beaucoup.
Pour une fois il a droit au répit.
Ou peut être que simplement il se l'accorde enfin.
Et qu'importe que ce soit éphémère, qu'importe qu'il souffre.
Qu'importe que la chimère hurle à la trahison, qu'elle réclame sa Louve
Cette louve qui l'a blessé, tant de fois.

Carmen ne l'a pas blessé. Pas encore. Il devrait se méfier.
Mais sa résistance a eut raison de lui et de sa colère.
Pour le moment.
Non, elle ne l'a jamais blessé, elle n'a jamais cherché à réveiller le monstre qui tapi, attend son heure à l'écoute du sien qu'elle lui a soigneusement dissimulé.

Mais quand il s'éveillera qui sera-t-il ? Sera-t-il le même ?
Cet être dévoué à l'ombre... son ombre.
Qui est-il maintenant ce semblant d'humain, cet hybride qui n'a plus pour horizon que cette paix que Carmen lui offre.
Parce qu'elle apaise l'incendie, les douleurs, la colère, quand Mirahil les met en éveil.
Pourtant elle aussi elle est ...


Taire ce qu'il sait ou ce qu'il pressent.
Faire durer l'accalmie c'est tout ce qui compte.
Faire durer pendant que le passager obscur s'est aussi endormi dans ce corps soyeux et rassurant qui lui fait face, et qui ne le craint pas.

Ne plus laisser la douleur le traverser, cette douleur infâme qui le ravage comme un raz de marée et le pousse à commettre les actes les plus insensés.

Elle s'écarte de lui doucement et il voudrait la retenir mais il ne le fait pas, parce qu'il lui semble que la peur a disparue, et il ne veut plus la lire dans ses yeux.
Cette peur qui sait la bête et ses méfaits.


Elle dépose le petit appareil qui s'ouvre et répand une partie de son mécanisme sur le fauteuil.
Il l'observe.
Elle s'approche, pour la première fois, un peu, demande comment, comment il va préparer cette viande dont elle ne cherche pas la provenance, ni la manière dont il a pu la capturer puis la tuer.



"Je trouverais bien quelque chose de tranchant quelque part...je ne sais pas.. je crois qu'il y a d'autres pièces que nous n'avons pas visité..."


Elle le dévisage.
Il aime qu'elle le regarde avec cette attention soutenue, franche, presque curieuse mais en rien inquisitrice.
Puis elle lâche cette bombe.


"Juste toi."

Qui explose dans son front.

"... Moi...?"

Il s'arrête brusquement de respirer, bien plus rude que la gifle cette chose là qu'elle vient de dire.
Juste lui.
Besoin de lui et son cœur tout à coup s'emballe, mouvement de haine à l'intérieur de son ventre où Chahîd hurle.
Hurle qu'on ne peut pas avoir besoin de lui.
Mais il sourit, presque timidement, bêtement, luttant contre la voix éraillée qui se débat et lui perce le crâne.

Il oublie le salon et quelque chose se met à vibrer devant ses yeux, une bouffée de chaleur l'envahit et ça s'enroule autour de sa gorge comme un serpent, qui s'enfonce, l'embrasse, l'étouffe.
Peut être qu'elle ment.
Peut être qu'elle se joue de lui.
Est-ce que ça compte ? Est que j'ai envie que ça compte ?

Toujours habitué à lutter à être haï et craint sauf par elle.
Et la grise.
Jamais pu supporter le moindre geste de tendresse ou la moindre parole réconfortante, parce que d'habitude c'est lui qui les distille:
douceur et cruauté. Ce savant mélange qui fait le bon manipulateur.

C'est tout l'art de la vraie torture, celle qui laisse des séquelles douloureuses, obsédantes,
qui ne cicatrisent que quand on lâche son dernier souffle.

Il ne se demande pas si elle est sincère, il s'en fiche.

S'abandonner un peu....
Pourquoi ne pas lâcher la bride de ces chevaux fous qui lui martèlent le crâne, les laisser s'en aller.... les laisser se briser les jambes, en finir.

Il sourit avec la sensation que le plafond va lui tomber sur la tête, l'écraser.
Mais non, cela ne se passe pas.

Il s'approche, tachant de reprendre ses esprits mais il n'y parvient pas.
Envie qu'elle voit.
Tout.
Comme elle a vu sa nudité tout à l'heure.
Qu'elle voit son visage troublé par ce qu'elle vient de dire.

Il touche un petit coin de la veste, l'époussète machinalement puis la réajuste autour de ses épaules, caressant furtivement sa gorge, avec le sentiment que c'est lui qui étouffe et qu'il n'est pas tout à fait lui même.

Sa fragilité, sa force l'attirent comme un aimant.
Il voudrait lutter mais il ne lutte pas comme s'il s'abandonnait au sommeil.
Il laisse cette part de lui si sensible bien trop sensible émerger pour qu'elle soigne.
Qu'elle détruise.
Parce qu'elle sait, et il aime qu'elle sache.

Saisit ses mains, ne dit rien, se laisse porter et plonge son visage, reste ainsi la bouche cachée dans ses mains, goutant sa peau d'un baiser tendre et appuyé, profitant de la fraicheur des paumes ouvertes et calmes, il voudrait rester ainsi, apaisé, toujours.

Le temps que le serpent déserre son étreinte.

Mais il recule, il s'écarte et se cogne contre un fauteuil, se dirigeant vers la porte du fond, le bouillonnement intérieur devient quasi insupportable mais il l'ignore, il n'a pas lâché ses mains, refermant les siennes comme une coquille pour protéger quelque chose, il ne s'en aperçoit même pas, il recule avec elle, les yeux fixes, saisit, mais tout en mesure, incapable de défaire l'étreinte de ses mains nouées bloquées.

Il est calme, presque serein mais ça l'étouffe,
tout ce qu'il sent,
tout ce qui monte en lui de trouble,
écoutant cette phrase indéfiniment.

Juste toi.


Jusqu'ici il l'avait agressée pour la garder à distance, la mettre à l'épreuve, chercher sa haine, la cultiver.
Et elle offre cette chose....
Un piège autrement plus dangereux que n'importe quel autre.
Sa condamnation peut-être. Mais qu'importe.



"Viens."
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 24 Juin - 18:20

D'autres pièces, d'autres mondes qui se cachent aussi derrière d'autres portes. Certaines ne contiennent plus rien depuis longtemps, d'autres peuvent encore cacher des trésors incroyable. Il trouvera. On trouve toujours ce qu'il faut quand il le faut. Ce n'est qu'une question de temps, juste un peu de temps.
Et tout sera peut-être pas parfait mais en tout cas un peu mieux. Un manoir est un dédale de pièces, encore que dans le cas présent, une partie ait été détruite. Ce sont des choses qui arrive, mais l'essentiel est là, pour ceux qui savent chercher et qui trouveront forcément.
Un objet tranchant, quelque chose pour couper, des ustensiles pour faire cuir la viande encore sanglante, pour transformer un cadavre en nourriture et apaiser un peu leur faim à tous les deux.

Ce ne sont pas les considération sur la faim qui le font changer. Quelque chose change, quelque chose qu'elle a provoqué par honnêteté. Doit-être craindre et reculer? Il y a quelque chose, un cri qu'elle n'entend pas, et elle ne recule pourtant pas.
Elle préfère savoir, juste savoir avant de commettre un acte honteux, avant de se défiler si elle n'en a pas vraiment besoin. Mais elle interprète mal, sans doute. Ce n'est qu'un sourire, juste un sourire qui ne lui semble cette fois ni moqueur, ni mesquin, ni destructeur. Juste un sourire qui lui répond face à sa simple affirmation.

Peut-être qu'elle l'a blessé, sans le vouloir. Elle voit le trouble qu'elle a causé, un trouble qu'elle n'a pas voulu causer. Il l'aide et elle l'en remercie, mais sans doute a-t-elle dit plus qu'elle ne l'aurait voulu. Il s'approche, elle ne bouge pas. Mais l'inquiétude passe un instant dans son regard. Pas celle qui faisait naître la peur. Celle-ci est différente. parce qu'elle ne s'inquiète pas pour elle, parce qu'elle s'inquiète pour lui.
Pourtant il sourit, toujours et ça parait décalé tout en étant logique. eut-être qu'il attendait simplement qu'elle le lui dise, qu'elle réalise qu'il était là pour elle quand tout le monde sensé avait disparu, qu'elle réalise qu'il n'y avait que lui pour la guider, pour la comprendre quand elle était perdue. Elle est toujours perdue, mais il est là, alors tout va déjà un peu mieux, tant que la colère reste à distance.

Mais est-ce que la colère est vraiment à distance? Elle peut jurer l'avoir senti, juste un instant, quelque chose qui n'est pas d'accord avec elle, quelque chose qui la dénigre et qui a sans doute raison. Parce que Carmen ignore encore qu'elle n'aura peut-être plus besoin de lui, plus tard.
Seulement pour le moment, il n'y a que lui et ses mains qui prennent les siennes, embrassent ses paumes comme si elle venait de lui donner un trésor alors qu'elle n'a lâché que deux mots. N'a-t-il jamais été un besoin pour quelqu'un d'autre? Bien sûr que si. Il a nécessairement dû l'être à un moment où à un autre. Tout comme elle avait eu son utilité pendant son semi-sommeil.

Il s'écarte, recule, heurte un fauteuil qui la fait légèrement sursauté. Elle avait oublié, juste un instant, qu'il existait tant d'objets dans la pièce. Elle se fait entrainer sans vraiment chercher la direction qu'il prend. Elle suit, elle ne cherche pas à libérer ses mains toujours prisonnières des siennes. Elle suit, parce qu'elle n'a pas envie de faire autre chose, ses yeux piégés dans les siens, cherchant ce qu'elle n'avait pas saisi pleinement, cherchant la chose qui pourrait l'empêcher de se laisser entrainer, mais elle ne voit rien pour le moment. Rien à part un mot, une suggestion alors qu'il l'entraîne. Une sorte de demande qui ne soulève qu'une seul question. Venir, oui mais...


"Jusqu'où?"

Peut-être y avait-il une limite à ne pas franchir. Il y en avait une pour elle, mais elle ne l'avait pas encore trouvé. Et sa limite à lui, où se cachait-elle? Pour une fois, elle voudrait savoir où tout cela mène, même si pour le moment elle continue simplement de le suivre.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 24 Juin - 18:41

"Jusqu'où?"

"Jusque... jusqu'à ce qu'on trouve de quoi découper, dépecer, cuire... et manger décemment cet animal...."

Tant de mots à double tranchant.
Elle a de nouveau disparue, elle a de nouveau fuit.
Le mirage de félicité s'estompe aussitôt esquissé.
Comme un château de sable rongé par les vagues.
Et lui soudain voit de nouveau les ténèbres.
Ses propres ténèbres.
Ces restes de sensations vaines qu'on ne cesse de réduire en charpie.


" Une porte derrière..... je ne sais pas.... aller voir...."


Comme un mur qui s'effrite.


"On trouvera peut être quelque chose pour ça.
Et pour réparer les dégats.


J'ai faim."


Froid comme une lame, la sensation de l'abandon.
Mais il sourit toujours plus faiblement, regarde les mains dans les siennes. réalise qu'il la tient toujours et que ce geste est déplacé.
Il la lâche, et s'arrête.



"Passe devant tu veux, tu sauras mieux que moi où chercher....."


Noires pensées qui l'envahissent, mais rien de brutal, rien de bestial.
Quelque chose de bien trop humain pour être acceptable et supporté.

Jusqu'où... elle a demandé.
Jusqu'à ce qu'il coure le risque... mais lequel il l'ignore lui-même.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 24 Juin - 19:44

Des lames, des piques, et dresser la chair sur le feu pour la cuire. L'ennui, c'est qu'elle ne sait pas où trouver ce genre d'outils, parce qu'elle réfléchit trop, parce qu'elle pense comme une humaine alors que l'ombre serait tellement plus adaptée. Des lames qui tranche. Elle en a. Plus sur elle. Elle les avait encore, dans la cave. Elles sont sans doute tombée sur le sol avec les restes décrépis de sa robe en lambeau. Mais elles ne servent à rien, ces petites lames, trop petites pour découper franchement un animal de cet acabit. Ces lames qu'elle avait eu sur elle, c'était pour lancer, pour planter là où sa fait mal, pour jouer, pour... Non, pas pour torturer. Carmen ne torture pas, elle. En revanche il doit bien y avoir un poignard qui traine ici à l'utilité de tous.

Le salon est une pièce commune, un endroit de discussion malgré les dissensions entre les différents membres d'un même clan. Il doit peut-être y avoir de quoi bricoler, de quoi user. Elle se rappelle... Non, elle ne se rappelle pas Ce n'est qu'une image, fugace, d'une femme aux longs cheveux blancs qui coud avec soin des morceaux de fourrure sous la lumière glaciale de l'hiver, sous la blancheur de la neige qui s'amoncelait sur le balcon inutilisable. Une image qui disparait bien vite, ne laissant qu'un bourdonnement sourd et un léger coup dans la tête, comme un début de migraine qui lui fait froncer les sourcils. Ses mains sont libérées, elle en porte une à son front, juste un instant.

Plus que l'image, elle a brisé quelque chose malgré elle. Quelque chose en lui peut-être. C'est pour ça qu'il s'arrête, lui relâche les mains, se défait dans ses phrases, ne lance plus que des mots par instant. Elle lui a fait du mal, elle y pense en tout cas, et quand elle relève les yeux sur lui, elle cherche encore où l'erreur a été commise. Parce qu'il y a bien eu une erreur, non? C'est le genre d'erreur dont il ne reste jamais de compte-rendu, et elle n'a plus qu'à attendre pour comprendre. Attendre tandis que ses mains retombent le long de son corps, sous cette veste déposée sur ses épaules pas ses soins.
Peut-être oui, peut-être qu'ils trouveront quelque chose pour réparer les dégâts, ceux de la pièce et ceux de cette autre chose qui lui a rendu ses mains quand il ne paraissait pas vouloir les lâcher quelques instants plus tôt.

Elle baisse les yeux, cherche une solution à ses demandes. Saurait-elle où trouver ce qu'il faut? Tout devait être dans la pièce. Tout ce dont ils pourraient avoir besoin. Il reste les combles, là-haut, l'espace où il y a des choses cachées, mais elle ne sait pas s'il y aura quelque chose d'utile pour manger. Non, elle ne se voile pas la face, elle ne sait vraiment pas s'il y aura des choses utiles. Ce qu'elle pense y trouver ne sera d'aucune aide pour eux. Mais il doit effectivement y avoir d'autres salles désossées, des salles où il traine encore quelques objets jugés inutiles par les ombres, mais utiles pour les humains. Mieux vaut aller regarder. Elle n'a que ça à faire, de toute manière, à défaut de savoir comment réparer la faute qu'elle pense avoir commise.

Il sourit toujours, plus faiblement, mais elle ne regarde ce sourire qu'un instant après sa réflexion. Juste un instant et elle se détourne, le contourne, et achève les derniers mètres vers cette porte fermée, celle qui n'avait pas encore été ouverte, qui devait donner sur une autre pièce plus petite, plus isolée. moins utilisée sans doute. Elle pose une main sur la poignée, pousse... Rien ne bouge. La porte n'a pas été ouverte depuis longtemps. Elle pose sa seconde main sur la première, s'appuie plus fortement, et un claquement brutal accompagne l'ouverture de cette porte qui grince lentement, écartant la poussière derrière elle, sur un sol trop peu foulé. La froid de la pièce la frappe de plein fouet. Là dedans, la chaleur n'est pas entrée depuis longtemps. Elle se penche dans l'encadrement, regarde. La lumière filtre à travers les trous d'un rideau rongé par les mites, lance quelques cercles lumineux sur la poussière du parquet.

La pièce est vide. Désespérément vide. Sauf une sorte de petite commode au fond, abandonnée depuis suffisemment longtemps pour que personne n'ait pensé à la détruire et en faire du bois pour le feu. Elle s'avance, trace dans la poussière l'empreinte de ses pieds nus. Elle regarde autour d'elle, sur ces murs qui portent encore par endroits l'ombre des cadres qui n'y sont plus. Elle avance jusqu'à la commode sans la toucher, puis se retourne pour voir s'il l'a suivit.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mer 25 Juin - 19:21

Une petite pièce, minuscule, minable même.
Mais ce vide soudain lui fait du bien, comme s'il pouvait la remplir de son trop-plein à lui,
de cette tristesse ravageuse qui s'abat toujours sans crier gare.

Il suit Carmen à l'intérieur, des murs désespérément vide, où des traces noirs cernant des tableaux absents jouent aux devinettes.

Une commode tout au fond, unique survivante d'un temps révolu, de ces objets d'enfance des vieilles maisons où l'on s'imagine trouver des bijoux, de vieux papiers, des lettres, des manuscrits, des photos jaunies, des mèches de cheveux, des bas, de la soie...



*ASSEZ!*


La trace de ses pas ont écorché le sol, il s'en écarte pour ne pas en effacer la ligne, la tête baissée.
Quand il la relève elle l'observe.

Aucune animosité dans son regard, son sourire a disparu, il la regarde sans la voir, il pense désormais, fonction, outils, action.
Rien de plus, rien de moins que ces tâches ménagères qu'il n'a pas fait depuis longtemps et qui lui offrent une espèce d'endroit où la pensée n'existera plus.
Momentanément.

Il la rejoint sans un mot et saisit les poignées du tiroir le plus près du sol, le bois gonflé résiste, il tire plus fort le bois crisse, grince, craque, se fendille puis finit pas céder.
Celui ci ou un autre, ils les ouvriront tous alors qu'importe s'il est vide.
Mais il ne l'est pas.

De vieux journaux sont empilés et ficelés, le tiroir penche sous le poids du papier et bascule sur ses genoux.
Ils pourront toujours s'en servir pour rallumer le feu.

Mais pourquoi sont-ils ficelés ? peut-être qu'il faudrait en lire le contenu mais il n'en a pas le courage.

Il a faim et cette faim menace de le faire basculer s'il ne la rassasie pas quand la tristesse le déborde.

Il écarte les paquets soigneusement disposés, triés par date comme il peut le voir en glissant ses doigts entre chaque couche de papier, les soulèvent. Il n'y trouve rien d'autre.
Si.
Un morceau de papier où il est griffonné quelque chose et que l'on a du cacher là à la hâte.
Il le fait glisser à nouveau sous un autre tas.
Rien de plus.

Il referme le tiroir, toujours silencieux, toujours avec ce poids qui lui pèse sur les épaules.
Puis il s'assoit et observe la pièce, dessinant machinalement un visage dans la poussière.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mer 25 Juin - 21:06

Tout reste pareil quelque part. L'avancement est suivit par le recul, et pendant quelques instants, elle a presque l'impression d'avoir devant elle quelqu'un qu'elle n'avait pas encore rencontré. C'était probablement le cas en un sens. Mais elle se détourne, consciente que son observation est peut-être un peu trop persistante. Peut-être qu'elle cherche trop à voir ce qu'il ne lui est pas permis de regarder. Elle se contente de se déplacer, juste un peu, de se positionner de l'autre côté, pour voir la commode, pour le voir ouvrir. S'ouvrira-t-elle?

Pendant un moment, elle imagine la commode se briser, tomber en poussière, se fondre dans le vide comme si elle n'avait pas existé, comme s'il n'y avait vraiment plus rien du tout dans la pièce. Mais le meuble est bien là, il craque, gémis sous les gestes de Yoshe, lance un dernier cri avant de céder. Pouvait-il exister quelque chose qui pouvait vraiment tenir entre ses mains? Le tissu, le bois, la vie même du cerf, rien n'avait résisté bien longtemps entre ses doigts. Jusqu'où pouvait-il aller? Il n'avait pas de limite quand il devait avoir un but. C'est sûrement ça.

Ses yeux descendent sur le contenu, sur les vieux journaux, et pour une fois, elle n'a pas ce sentiment d'avoir su ce qui s'y trouvait. Pour une fois, elle découvre entièrement ce qui se cachait là. Elle s'agenouille dans la poussière, regarde par-dessus l'épaule de Yoshe le nouveau trésor. La lecture ne manquait pas, mais les journaux... Ils avaient toujours ce petit quelque chose de vrai. Manipulé, mais vrai. Comme la date, comme les images, comme... Son regard se fige sur une date qui est à peine passée sous les doigts de Yoshe. Elle se détourne, sans doute a-t-elle mal vu. Une date qui n'existe pas, une année qui n'est pas encore arrivée. Le chiffre est passé trop vite devant ses yeux, elle a dû l'inventer.

De toute manière les choses allaient changer d'intérêt. Rien n'était vraiment passionnant dans ces tas de journaux. Elle commençait juste à les trouver peut-être un peu inquiétants. Elle attend, qu'un autre tiroir soit ouvert, qu'il continue son investigation, mais il s'arrête, commence à tracer quelque chose dans la poussière, quelque chose qui lui échappe. Elle voit les courbes, les lignes, le visage qui apparaît, mais elle ne comprend pas pourquoi il fait ça, pourquoi maintenant. C'est sans raison, sans cause. Mais c'est forcément une conséquence de quelques chose. Pourtant elle se détourne, se redresse sur ses genoux, attrape les rebords du prochain tiroir qui résistera tout autant que le premier. Mais avant de tirer, elle demande quand même, à tout hasard.


"Que se passe-t-il? Quelque chose s'est produit, non?"

Elle trouvait subitement sa question dénuée de sens. Peut-être que c'était déplacé, ou simplement irréaliste, mais au lieu de trop se le demander, elle tire sur le tiroir qui grince, gémit, mais ne bouge pas. Un autre coup vers l'arrière, plus fort. Quelque chose bouge dedans, quelque chose de petit qui roule un peu. Le tiroir donne quelques millimètres, mais ce n'est que du bois, toujours pas de trésor. Elle tire encore, quelque chose craque, le bois cede et laisse un petit espace dans lequel elle glisse les doigts pour une meilleure prise. Encore un coup, et le trésor est visible. Surprise, elle ponge une main dedans, ressort une petite bille de verre, un objet comme oublié par un enfant. Une ligne ondulante verte est toujours figée à l'intérieur du verre quelque peu jauni à cause de la poussière. Un objet amusant, mais inutile.

Elle le repose dedans, tire une boîte, seul autre trésor caché ici, et la pose sur le rebord du tiroir pour l'ouvrir. Pour une fois, il n'y a pas vraiment de poussière qui s'en soulève. Dedans, trois bobines de fil à moitié entâmé, quelques aiguilles disposées sur un petit coussin miniature rongé par le temps, un vieux rubans de satin qui ne ressemble même plus à du satin, une petite touffe de fourrure à peine retenu par un tout petit morceau de peau tannée, et rien. Elle referme la boîte, la pose sur le sol à côté d'elle. Peut-être qu'elle servira, ou peut-être pas.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Ven 27 Juin - 12:41

Elle s'active, méticuleusement autour de la commode, elle aussi.
Saisit un tiroir à son tour et avant même de elle tirer elle laisse échapper cette question.

"Que se passe-t-il? Quelque chose s'est produit, non?"


A-t-elle de l'importance à ses yeux.
Se souci-t-elle réellement de ce "quelque chose" qui s'est produit.
Lui continu de dessiner sur le sol un visage de plus en plus complexe où d'autres vidages viennent se mêler.
Le tiroir craque, quelque chose roule à l'intérieur sous la traction, quelque chose de rond et de petit.
Il lève les yeux et la regarde penchée au dessus de lui sur le tiroir, la veste écartée sur son corps nu, observant sa poitrine qui se soulève doucement, son petit ventre soyeux, son menton rond tendu vers l'avant, dissimulant sa bouche.

Elle saisit une bille, la repose, puis retire une boite qu'elle ouvre sur le rebord du tiroir, bobine, aiguille, ruban, fourrure puis la referme et la pose au sol près de lui.

Un nécessaire de couture, dont les fils et les aiguilles sont bien trop minces pour être d'une quelconque utilité pour le moment.
Mais qui pourraient peut être servir plus tard, pour réparer les accrocs....
Qui pouvait utiliser cela ? Où est la femme qui ravaudait ou brodait ?
Accroupie à côté de lui elle ne bouge plus, il l'observe toujours, lève enfin son doigt recouvert de poussière, qu'il frotte contre sa main.



"Il n'y a rien Carmen. Pourquoi veux-tu qu'il y ait quelque chose ?"



Il se redresse d'un trait, laissant son empreinte dans la poussière et tire violemment et consécutivement les deux derniers tiroirs, le second craque et se fend en deux laissant émerger une clef rouillée qu'il tend vers elle. L'autre est parfaitement vide.




"Tu as une idée de ce qu'elle pourrait ouvrir? Je pense qu'il va falloir chercher ailleurs."


Il referme brutalement les deux tiroirs, agacé, efface du pied le dessin sur le sol, trop de traces, trop de traces...


"Il faudra passer un coup de balais par ici, je n'aime pas particulièrement qu'on salisse l'endroit où l'on vit."

Debout devant elle il lui tend la main pour qu'elle se relève, la clef dans sa poche. Désignant le nécessaire d'une rapide inclinaison de tête.

" Prends cette boite, on la mettra au salon et puis tachons de finir de nous habiller. Ce n'est pas que cela me dérange, mais je détesterais que les autres nous voient dans cette tenue.

ça ne les regarde pas."


Fixer sa tache, uniquement sa tache. Froid, et distant, ce masque lui va mal. Sa solitude est maintenant totale. Et ce qui s'était ouvert s'est brutalement refermé comme la porte d'un coffre pour le protéger de cette femme.
Mais pour combien de temps.
Jusqu'ou pourra-t-il contenir sa violence, sa faim, son désir, sa colère, ses sentiments.
Mais il doit faire cet effort pour parvenir à ses fins.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Ven 27 Juin - 21:35

Il n'y a rien...
Mensonge.
C'est si logique comme mensonge.
Il n'y a jamais rien quand on veut cacher, elle le sait très bien, tout aussi bien que lui, peut-être même plus. Cacher, elle connait, c'est sa raison d'être. Cacher et se voiler la face, préférer un aspect illusoire gratifiant qu'une vérité désobligeante. Pourtant elle la cherche aussi, cette vérité, même si elle ne veut pas l'affronter. C'est sans doute dû à une tendance masochiste.

Elle se reporte sur lui, le dévisage, ne cherche plus trop à être polie. Elle cherche juste à comprendre pourquoi il est comme elle sous cet aspect. Que lui a-t-il montré de vrai jusqu'à maintenant? La colère? La rage? La folie? Ou ce sourire troublé face à la première vérité qu'elle a pleinement énoncée sans crainte? Lui doit avoir eut des craintes à ce moment-là.

Alors elle baisse les yeux, sur le visage visage devenu multiple, complexe. Une chose qui se montre, un petit indice tracé dans la poussière. Il n'y prête plus attention, ouvre les deux tiroirs, lui tend une clé qu'elle attrape et soulève devant ses yeux. Elle ne lui dit rien, pour le moment. Cette clé, il doit y en avoir tant d'autre. Et dans un endroit où tout n'est pas vraiment caché, ce doit être une chose exceptionnelle. Elle la glisse dans sa poche et secoue la tête, pour toute réponse, pour réponse honnête, et se relève avec sa main offerte pour l'aider.

Elle balaient ses genoux, chassent la poussière comme il a chassé ses visages sur le sol. Passer un coup de balai, mais pourquoi et pour qui? Cette pièce, elle ne lui semble pas utile, elle ne renferme rien à part quelques objets épars dans une commode rongée par le temps et l'humidité. Elle obéit, se penche et ramasse le nécessaire à couture, peut-être utile, mais de toute manière plus accessible hors de cette commode et de cette pièce pleine de poussière.

Et elle réalise, qu'elle ne porte que ce manteau qu'il a mis sur ses épaules, qu'elle n'a rien enfilé d'autre, trop occupée à réparer ce qui a été honteusement massacré par quelqu'un d'autre. Le froid ne la gêne plus, mais elle sera mieux habillée, ce n'est pas faux ce qu'il dit. Même si de fait sa nudité à lui ne l'avait pas vraiment dérangé quand il lui était tombé dessus au sens propre comme au figuré.

Elle le trouve tout à coup nettement plus distant, nettement moins proche. Elle ne sait pas si elle doit s'en réjouir. Sa promiscuité l'avait effrayée avant, mais maintenant, elle lui manque. Elle le suit, tête baissée, un peu blessée peut-être par cette prise de distance, par ce mensonge qu'il lui a jeté à la figure pour se constitué un masque.


"Je suis désolée..."

Elle sort de la pièce, referme la porte derrière elle, abandonne cet espace de poussière vide.
Elle est tellement désolée, tellement. Elle a fait une bêtise, une grosse bêtise en lui faisant tout montrer subitement. Sans doute qu'elle n'apprécierait pas non plus de trop se révéler, même si elle n'avait pas eu honte de dire ce qu'elle pensait réellement de lui.
Elle s'avance, abandonne la boîte sur le premier fauteuil, s'avance jusqu'à celui où repose les vêtements et laisse glisser le manteau sur ses épaules pour l'abandonner sur le dossier.
Pantalon et chemisier ou robe citrouille? Elle n'arrive plus à choisir ce qu'elle savait pourtant évident avant le bain de pluie.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Lun 30 Juin - 16:33

Il passe la porte d'un pas vif et ne se retourne pas, pas même un temps d'arrêt de suspend quand elle lâche un semblant d'excuse:

"Je suis désolée"

Creux, et sans vie, juste un peu de politesse, de gentillesse idiote qui l'agace, voilà l'effet que lui font ses excuses. Et le font pester intérieurement comme si elle cherchait à l'humilier.

Une seconde sa main se crispe comme s'il allait lui retourner sa gifle pour qu'elle ravale ses excuses absurdes.
Mais il n'en fait rien.
Il se contente de grogner.


"Moi aussi je suis désolé d'avoir tenté de te faire sortir de ta réserve mais cela n'a aucune espèce d'importance Carmen.
Peut être qu'elle t'es vitale à un point que je ne peux imaginer."



Bruit de la boite qui tombe mollement sur un fauteuil.
Chuintement d'un vêtement qui glisse sur le sol.
Il ne se retourne pas, rumine. Se dirige à son tour vers les vêtements secs qu'il avait déposé près du feu. Trie.
Rien ne lui convient vraiment, ce n'est pas ce qu'il veut.
Il saisit une chemise grise, dont les manches sont trop courtes, en déchire les poignets. L'enfile rapidement, attache les boutons sur son torse avec l'envie de la retirer aussi vite, et de la mettre en pièces.

La paire de chaussure ne lui va pas non plus, trop juste, les délaisse en les écartant du pied puis les glisse sous une commode.
De toute façon il préfère rester pieds nus, et s'il avait pu rester nu cela aurait été cela aussi bien mieux approprié.

Sa pelisse lui manque.
Ses vêtements de lin, qu'ils ne quittaient jamais, soignés, légers, comme une seconde peau, aussi.

Yoshe était dans la vie un homme élégant et raffiné qui aimait les choses soignées et propres, taillées spécialement pour lui. Il dépensait de petites fortunes pour se voir tel qu'il voulait être sans pour autant l'afficher ostensiblement. Excepté sa pelisse, plus précieuse à ses yeux que n'importe quel objet rare qu'il avait pu approcher.

Cette particularité était visiblement encore profondément ancrée dans la bête sanguinaire qu'il était devenu et ne s'était pourtant pas vraiment estompée.
De se voir et se sentir fagoté comme un détrousseur de cadavre cela ne lui convenait pas du tout.

Il déplace la bête les jambes raides, l'observant comme il le fait d'elle sous la lumière faiblissante du feu.
L'œil vide et noir que la mort a creusé.
Enorme et mystérieux, comme surpris dans un élan de mélancolie.
La peur encore lisible sur les muscles tétanisés.


"Il va falloir se hâter un peu, la viande durcit, il faut la découper maintenant ou dans peu de temps pour qu'elle soit encore tendre et mangeable."

Une branche dans la main il réanime le feu, souffle doucement sous le foyer, remet une buche, déplace encore le gibier comme s'il devait y avoir une place, spécifique à lui attribuer pour qu'il ne fasse pas tâche, puis il la regarde encore.
Debout, légèrement penchée au dessus du fauteuil, son corps laiteux irradiant dans la faible clarté.
Comme si elle ne parvenait pas à choisir, comme si tout était devenu effroyablement lent aux yeux d'une chimère.



" Dépêches toi.

Tu ne seras jamais ce que tu as été, ici, Carmen.
Pas plus que moi.
Ces vêtements n'y changeront rien. Pas la peine d'y accorder plus d'importance qu'ils n'en méritent.
ça ne ressemble pas à...!!! à rien! en fait, à rien!

Et tu t'en contrefiches de toutes façons alors ne t'y attardes pas.
Tu perds ton temps.
Et le mien.
...
J'ai vu un escalier qui menait vers les combles, parfois on peut trouver dans ce genre d'endroit des objets intéressants,
à défaut d'être utiles.
Mais peut être as tu une meilleures idée pour qu'on cesse de tourner en rond"
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MessageSujet: Re: En quête de...   Lun 30 Juin - 21:49

Quelle réserve? Carmen ne voit pas vraiment. Elle ne comprend pas tout à fait, et surtout elle ne veut pas comprendre. Elle est ce qu'elle a toujours été. Est-ce un crime de ne pas se montrer comme l'autre le voudrait? Est-ce un crime d'avoir des remords, des soucis de justice, des envies d'y croire, de rester à admirer le meilleur pour oublier le pire? Il n'y a pas de réserve. Peut-être un peu de lâcheté, mais pas de réserve. Dos à lui, ses doigts se crispent sur le tissu, ses traits jusqu'alors calmes s'endurcissent un instant. Elle ne peut pas dire, elle ne peut pas lui reprocher de l'accuser alors qu'elle se veut innocente. Elle y croit et c'est tout ce qui est important. Tant pis pour lui, tant pis pour ce qu'il cherche à lui faire, elle ne se laissera pas maltraiter, elle refuse de se laisser maltraiter. Son esprit lui semble si fragile, si incertain, elle n'a pas le droit de se laisser déranger dans ce petit monde calme qu'elle tente de se construire, que la pluie l'a aidé à construire.

Alors elle se détend, revient à ses considérations futiles sur une décision vestimentaire. C'est une réflexion comme une autre, une manière de s'occuper avant que la faim ne revienne à nouveau la tarauder. Son visage reprend une consistance vide, sans réelle vie. Elle dévie le regard sur lui qui n'a pas vraiment l'air de trouver quelque chose qui lui corresponde. Elle avait pris dan l'aspect pratique, pas humide, pas moisi. Le choix était limité, elle n'a pas vraiment réfléchi sur l'impact d'une sélection d'étoffe. Elle-même se fiche pas mal de ce qu'elle aura sur le dos, comme si finalement sa nudité lui était devenue plus familière que les vêtements qu'elle aime pourtant tellement porter.

La parole tout à coup devient presque abstraite, tant qu'elle sursaute légèrement en l'entendant à nouveau parler, évoquer l'animal mort, la viande qui devra être rapidement consommée sous peine de devenir immangeable. Alors elle considère le cadavre avec plus d'attention. Il devait être si beau à s'élancer entre les arbres, un roi dans son royaume, un maître de grâce. Un danseur dont la scène serait la forêt toute entière. Et maintenant il est là, déchu, mort, vide. Il n'est plus qu'une carcasse qui sera exploitée par deux affamés. C'est une fin sinistre, dérangeante, et un frisson lui parcours l'échine. Elle n'a curieusement aucun sentiment comparable à de la pitié, juste une sorte de sensation semblable au vide qui se reflète dans les yeux de la carcasse. Quelque chose qui lui fait penser à un miroir. Alors elle se détourne, pour ne plus le voir et l'oublier, penchée sur son choix toujours pas fait.

Mais il a raison, elle doit se dépêcher. Le choix n'est finalement pas important, ce qui est important, c'est qu'il a existé, juste un instant. Alors elle a choisi, laisse la robe retomber sur le fauteuil et se glisse dans le pantalon, un peu large, avec une ceinture écaillée qu'elle serre au maximum, mais qui retombe quand même sur ses hanches. Puis le chemisier qu'elle enfile, un peu grand, juste un peu. Elle coince le bas dans le pantalon, replie l'extrémité des manches, ferme jusqu'au dernier bouton contre son cou, ne laisse plus rien apparaitre. Elle glisse les doigts dans ses cheveux, les secoue chasse un peu plus l'humidité. Ils ondulent un peu, le temps du sèche-cheveux lui parait bien loin. Elle n'est plus ce qu'elle a été. Elle espère n'avoir jamais rien été entre ses murs d'ailleurs.

Il n'avait pas achevé sa phrase, il l'avait coupé avec un rien. Qu'a-t-il donc si peu envie de dire pour s'exclamer quand rien n'impliquait le moindre emportement? Elle doit l'imaginer, sûrement. Il évoque les combles, et une étrange impression de secret l'envahit. Il ne doit pas y avoir grand chose là-haut, ou des chose qu'ils devraient respecter l'un et l'autre. Elle n'a pas envie de monter, pas comme elle avait eu envie de descendre. Elle sait juste qu'il a besoin d'avancer, que sinon il va de nouveau se laisser dominer par cette chose qui lui fait si peur, cette colère qu'elle n'aime pas. Elle hausse les épaules, se veut dénigrante à l'idée d'aller chercher des trucs sans doute inutiles. Elle a une idée, très certainement. Une petite idée. Ce n'est pas grand chose mais c'est un commencement. Elle murmure à peine, si calme encore.


"Je reviens."

Et elle s'en va, quitte la pièce, disparaît derrière la porte qui menait sur le couloir. Ses pas s'éloignent, deviennent bien silencieux. Elle est allée rejoindre l'escalier pour descendre, rejoindre le hall d'entrée fracassé, baigné d'humidité, d'épaves de meubles, d'éclats de verres. Elle s'accroupit sur la dernière marche, pose une main sur les éclats de verre. Il en faut un, qui soit assez grand, assez épais. Un reste d'une des vastes fenêtres de ce hall. Elle en trouve un, le prend entre ses mains. Sera-t-il assez solide? Elle l'éprouve, le presse un instant sur le sol et ses doigts glissent contre le rebord, par simple maladresse. Un faible gémissement de surprise lui échappe, et elle regarde presque incrédule les gouttes de sang se former sur ses trois doigts centraux. Juste une coupure qui commence sur l'index, se poursuit sur le majeur et achève sa course sur l'annulaire. Une simple blessure superficielle, mais elle a eu sa réponse, ce morceau devrai bien suffire. Elle arrache une manche de son chemisier, le déchire en deux, enroule le premier autre de ses doigts, le second autour du verre, pour avoir une prise sans prendre le risque de se blesser. Elle déchire sa seconde manche, récupère un second morceau de verre, et refais les mêmes gestes. Deux couteaux de verre improvisés, de courte durée mais au moins il pourront se nourrir.

Elle se relève, se retourne, remonte les marches un peu plus vite qu'elle ne les avait descendues. Elle ne fait même plus attention au couloir, ne regarde plus le décor et revient simplement dans le salon, une pseudo-arme dans chaque main. Elle tend la plus solide, celle qu'elle avait éprouvé au détriment de ses doigts, et la tend à Yoshe. Se sera peut-être pu utile, mais il y aura de quoi préparer un peu à manger, de quoi couper la viande. Pour le reste...


"Tiens... On pourra aussi se servir de quelques branches pour faire des piques et cuir la viande sur le feu."

C'est tout ce qu'elle a eu comme idée. C'est peu, mais c'est un commencement. Et comme ça, elle repousse un peu l'échéance, elle peut espérer éviter les combles.
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 1 Juil - 14:15

Elle saisit pantalon et chemisier, s'enferme dans sa camisole après avoir livrée sa nudité à tous les regards. Elle ne se soucis guère des contradictions qu'elle lui offre sur un plateau.
Il la regarde attentivement s'habiller et elle n'y prête pas plus d'attention, resserre la ceinture, retrousse ses manches, laissant juste dépasser ses bras blancs.
Il observe ses pieds.

Puis sa chevelure qu'elle agite et qui ondule légèrement.
Comme si elle était seule dans sa salle de bain.

A la proposition des combles son regard se trouble, imperceptiblement, juste cet air légèrement soucieux qui lui plisse le front quelques secondes, comme si elle réfléchissait.
Jusqu'ici elle a acquiescé à tout, suivit sans mot dire, prête à le devancer quand il le demandait, mais cette fois c'est différent.

"Je reviens"


Il hoche la tête et la laisse quitter la pièce, se doutant bien du lieu où elle se dirige.
Le grand hall et son désordre, ramasser le verre brisé. N'importe qui y aurait déjà songé à sa place, et elle aurait même du le faire quand ils revenaient de la cave.
Ce verre qu'il a lui même négligé pour maintes raisons la principale étant qu'on honore pas un gibier avec un matériau aussi pauvre
et qu'il se révèlerait parfaitement inutile, elle s'en apercevrait bien d'elle même si elle entrait en contact avec le cadavre.


*Vas donc ramasser tes petits jouets Carmen... vas*



Alors qu'elle s'affaire en bas il se relève brusquement, se dirige vers l'escalier, observe la disposition des lieux, jette un œil en bas de l'escalier où elle a disparue, les bruits de raclement sur le sol confirme ce qu'il supputait, puis revient, s'attarde devant le fauteuil qu'elle a quitté, hume enfin librement son odeur, tâche d'en déchiffrer l'énigme.
Mais elle ne laisse presque rien..., puis il jette son dévolu sur la robe citrouille, gout de sang dans sa gorge quand il l'effleure, il s'éloigne aussitôt retournant à son poste près de l'âtre.
Arrache un petit morceau de la chair près des entrailles qu'il a retirées, là où elle ne le verra pas, le mâche avec délectation pour se soulager.
S'il doit la découper et la cuire cette viande ce sera pour elle, et pas pour lui. Pour qu'elle ne le voit pas à l'œuvre, pour qu'elle ne soit pas dégoutée. Seulement cela, éviter son dégout, pas sa peur, car elle n'aura pas peur, juste ce dégout infâme.




Il continue de raviver le feu, jouant avec les flammes, perdu dans ses pensées la concernant quand elle revient au salon se précipite un peu trop vite vers lui comme si elle cherchait à évincer quelque chose, elle qui était si lente tout à l'heure. Elle lui tend son couteau de fortune qu'elle a enroulé dans un morceaux de chemise, avec l'air presque soulagé.

"Tiens... On pourra aussi se servir de quelques branches pour faire des piques et cuir la viande sur le feu."


Il observe le couteau mais ne le saisit pas, puis son autre main, dubitatif. Puis la regarde dans les yeux, un sourire très légèrement narquois sur les lèvres:




"Que comptes-tu faire avec ça, Carmen ? Hum ?
dessiner sur les murs? faire un trou dans le plâtre peut-être ?
Si tu t'avisais seulement d'essayer de dépecer ce gibier avec ça tu te trancherais les doigts."


Ce même sourire persistant et les yeux qui la fouillent.


"Non, on ne peut pas improviser ni bricoler ces choses là.
Il faut une bonne prise pour tailler dans une proie comme celle ci.
Ce n'est pas du boeuf d'élevage, la chair est bien trop ferme.
Tes morceaux de verres sont juste bon à faire de la mosaïque...mais c'était une idée, oui.
Veilles sur le feu et je vais aller voir ce qui se passe à l'autre bout du couloir."


Elle n'a pas l'air tranquille, sans doute qu'elle ne le laissera pas partir comme ça.

"Et puis tu t'es blessée maladroitement, on ne teste pas le tranchant d'une lame sur son propre corps. Jamais."

Il désigne le bout de ses doigts où un trait net fend la chair, à peine, une égratignure mais juste assez pour le voir.
Mais elle ne l'a pas dit.
Elle n'a pas fait allusion à cette coupure. Comme si elle ne sentait rien. Pas de douleur et pas de sang visible, juste ce trait net et régulier dessiné sur sa peau délicate.


" Tu auras tout le temps de t'occuper de tailler les piques dans les branches. On gagnera du temps comme ça. et puis il faut surveiller le feu, le bois n'est pas assez sec.
Oui, c'est une bonne idée ces piques même si je doute que ce bois résiste très longtemps maintienne quoi que ce soit comme morceau de viande sans se consumer lui-même.

A moins d'en faire de ridicules brochettes.
Je comptais te faire un vrai gigot braisé.
Une cuisse où tu puisse mordre à belles dents."


Ce même sourire quand il se redresse pour lui laisser sa place.



"Et puis... les coupures sont désagréables sur le bout des doigts.
ça gêne pour chercher correctement, tu ne crois pas ?
La poussière s'y enfiltrerait.
Je vais voir si je trouve du désinfectant par la même occasion, on ne sait jamais."
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MessageSujet: Re: En quête de...   Mar 1 Juil - 21:52

Il n'a pas l'air d'apprécier. Non, bien sûr que non, ce qu'elle cherche à faire est inutile. Elle le sait bien pourtant, mais mieux valait ça que rien du tout. Comment mangeait-elle avant? Elle ramenait parfois des petits animaux, mais ce n'était pas elle qui cuisinait. Non, elle... Elle était des malchanceux qui préféraient prendre des risques et rôder autour du village, prévenir d'une attaque désordonnée de chimères ou d'ombre. Mieux valait risquer sa vie pour le bien des autres que pour rien du tout. Elle n'avait pas vraiment eu grand chose à faire dans le village même. Elle ne savait rien faire ici. Rien à part écouter et courir, ou ramasser des rongeurs tués par un piège. Elle ne sait toujours rien faire, c'est ennuyeux.

Son sourire narquois la dérange, mais elle ne dit rien. Il aurait pu rire franchement d'elle, ou pire, se mettre en colère. Ce sourire n'était finalement pas si mal que ça. Elle baisse les yeux sur son arme improvisée. Le genre d'arme qui blesse victime et agresseur. Le genre d'arme qui doit lui convenir, toutes réflexions faites. Et si elle se trancherait un peu les doigts, serait-ce si dramatique? Tout se paie, et cette nourriture, elle n'a rien fait pour en mériter une part. Peut-être qu'il vaudrait mieux qu'elle n'y touche pas. Le rôle d'affamée lui colle mieux à la peau que celui du carnivore dévorant une proie. Mais elle a faim, et dévorer lui ferait du bien. Seulement elle a besoin de cuir, de manger comme un être humain, pas comme... Comme quoi? Un monstre? Une bête?

Elle relève les yeux, tombe sur ceux qui la fouillent, comme avant, comme ceux qu'elle n'avait pas aimé et qu'elle n'aime toujours pas. La fouille la gêne, parce que ça veut dire qu'elle cache quelque chose. Et elle n'aima pas savoir qu'elle cache quelque chose. Mais lui aussi cache des choses, beaucoup de choses. Il en a révélé un peu avant et maintenant il se mure dans ce rôle de scientifique, ce rôle qui n'est pas humain. Il explique, elle écoute et abandonne finalement son trophée sur un meuble. Inutile, comme elle. Puis il lui demande de veiller sur le feu, ça au moins elle peut le faire. Pendant que... Quoi? Ses yeux s'agrandissent un instant, u fichu réflex qui lui échappe. A l'autre bout, là où il doit y avoir l'accès à l'étage au-dessus, celui qu'elle ne veut pas visiter.

Mais il ne lui demande pas de l'accompagner, juste de rester ici à veiller sur le feu, à faire ce qu'elle peut faire. Elle voudrait lui dire qu'il ne faut pas monter, que c'est interdit, mais les mots meurent avant même d'avoir été prononcés. Ses lèvres bougent à peine, aucun son ne sort. Si elle lui demande de ne pas aller, la forcerait-il à l'accompagner? Elle ne veut pas y aller. Elle sait qu'elle trouvera des choses gênantes, et elle sait qu'on ne touche jamais aux affaires des autres. Si des ombres revenaient, elles n'apprécieraient pas qu'on fouille leur maison. Seulement ils l'avaient déjà fait, cette excuse ne servirait à rien. Rester là à tailler des branches en le laissant commettre quelque chose qu'elle a l'impression d'être un crime. Mais dans le contexte, tout cela n'a rien d'un crime.

Il lui donne une excuse, une raison de ne pas monter, et mieux vaut qu'elle la saisisse pour ne plus se compromettre, plus pour le moment. Elle lève ses doigts devant ses yeux, cette simple ligne rougeâtre qui indirectement la sauve, du moins pour un temps. Les blessures sont parfois utiles finalement. Elle se reporte sur lui, hoche la tête, et récupère le verre qu'elle avait posé sur le meuble pour prendre la place qu'il lui cède, avec ce sourire gênant qu'elle finit par fuir pour se reporter sur le feu. Il a choisi, si elle allait contre lui, elle le regretterait. Alors elle ne veut pas aller contre lui. Elle le préfère comme ça que furieux.


"Bien..."

Elle se penche, prend une branche épaisse, la fait tourner entre ses doigts, cherche une prise pour sa main abimée sur le verre en partie enroulé dans le tissu. Elle pourra faire quelque chose, quelque chose d'inutile. Mais c'est mieux que rien du tout. C'est mieux que de l'énerver. Il doit vouloir y aller, mais son escapade la dérange, comme si quelque chose pourrait ne pas aller. Alors elle se retourne brusquement, le regarde, et lance avec une pointe d'inquiétude...

"Soit prudent!... S'il te plait."

C'est idiot, il ne doit sans doute rien y avoir de dangereux en haut. Mais parfois les objets et les découvertes sont plus dangereuses que tout le reste.
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