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 Fuite ou rédemption?

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Myst
Poupée Danseuse - jolie, jolie tête qui roule...
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MessageSujet: Fuite ou rédemption?   Mer 28 Mai - 23:27

Et elle descend, pas à pas, lentement, les larges marches de l'escalier, la tête droite, fière alors que le regard se perd quelque par au-delà des murs, au-delà de la vallée, au-delà de se fierté qui s'enterre avec sa descente. Elle ne s'arrête que lorsque le verre gémit sous ses chaussons meurtris, lorsque le sol est plat, qu'il lui semble être en bas. Mais elle n'a pas fini de descendre. Le hall devient scène, cette scène qu'elle a tant de fois parcourus, et elle réalise ce savoir qu'elle n'a pas acquis, ramenant son regard dans ce hall, teinté d'une incompréhension qu'elle cache, fixant le sol, quelques mèches humides collées à son visage, ombrageant ses tourments. Puis elle relève la tête, fait demi-tour, dévisage un instant Yoshe. Il sait... Elle ne sait pas comment, mais elle sait que lui sait. Alors que peut-elle faire à part lui donner ce qu'il veut?
Elle aussi désir la propreté, la sécurité, les vêtements chauds. Elle aussi voudrait quand même chercher quelque chose pour se nourrir, pour chasser la fièvre et le froid. Alors tant pis, elle se compromet.

Ses yeux redescendent, ses pieds se remettent en route. Elle contourne l'escalier, sans se soucier du hurlement du verre sous ses pas. Elle les écarte, traçant sur le sol le chemin que es pieds nus de Yoshe pourra suivre. C'est un jeu dangereux, très dangereux même, de laisser la danseuse montrer la voie alors qu'elle-même n'exécute pas consciemment ses pas. Une porte entre-ouverte l'attend, et elle la pousse. Derrière, c'est les ténèbres à peine troublées par la lumière cru du hall. Et elle continue de descendre. Sa main rejoint le mur comme seul appui, et ses pas suivent les marches comme en plein jour. Elle descend encore plus bas, et l'humidité est présente malgré tout.

Le sol ne descend plus, alors elle avance, dans ce couloir de pierres froides et isolées. Tout lui parait bien silencieux ici. D'habitude, il y a les gémissements et les cr... Non, il n'y a jamais eu d'habitude d'aucune sorte. Quelques portes, des pièces qui se suivent sans se ressembler. Elle s'arrête devant la première, reste muette quelques secondes, puis parle.


"Là... Quelques restes peut-êtres immangeable, peut-être de l'eau croupie, et plus loin..."

Son bras se lève lentement dans la semi-obscurité, ses doigts se referment, sauf l'index qui reste fixe sur la porte suivante.

"De quoi se vêtir pour affronter le froid, probablement."

Les odeurs de mort s'entremêlent. Le vieux sang, la nourriture pourrie, l'humidité et les moisissures. Autant de choses charmantes qui ne peuvent permettre des déductions aussi incertaines que la place des objets. Et encore là, elle sait.
Elle pousse cette première porte, là où se trouvent les quelques maigres réserves de nourriture destinées aux maudits prisonniers qui parfois hantent les cellules à peine visibles au fond de ce couloir. Que fera Yoshe? Cherchera-t-il une autre question pour gêner la danseuse ou profitera-t-il simplement de ces évidences offertes sans avoir eu besoin de se fatiguer à chercher?
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Chahîd
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Jeu 29 Mai - 12:18

Elle est déjà presque dans la vaste hall quand il entreprend l'escalier, l'observant toujours, cette fois à distance suffisante, la lumière verdâtre et fumante danse sur son visage éclairant un œil vif avide et curieux. Son corps passe, flexible, entre les murs, en silence.
Carmen danse sur ses longues jambes à peine s'il la voit toucher le sol enfin et regarder autour d'elle avec une sorte de stupeur. Elle doit sentir ses yeux qui pèsent sur son crâne car elle se retourne vivement et lui jette un regard lourd de ... certitudes....
Ses cheveux collés sur son visage lui donne un air enfantin, presque innocent.

Il lui fait un signe de la main comme s'il voulait la rassurer, comme s'il était inutile qu'elle constate quoi que ce soit, l'invitant à continuer sa route d'un sourire presque chaleureux, encourageant, s'il n'y avait ce léger décalage entre le coté gauche de ses lèvres et le droit, dessinant un rictus, une pointe de perversion.
Elle repart, suivant ses pieds davantage qu'ils ne suivraient ce que lui dicterait sa tête
et sa volonté.

Elle contourne l'escalier.
Disparait.

Il n'entend que le verre qui crisse sous ses chaussons dépenaillés, il n'y prête pas plus d'attention, observant le lustre au dessus de sa tête, lumière froide et plombante qui écrase la petite lampe qui fume légèrement et lui irrite les narines.

Il regarde ce hall, grand comme une salle de bal, qu'elle a elle même regardé, et à nouveau suit le parcours qu'elle a tracé pour lui entre les morceaux de verre tranchants.

Là où elle a disparue, une porte entrebâillée s'ouvre sur un gouffre noir comme un four dans lequel elle se faufile, elle, si craintive.... à l'aveuglette.
Elle voit dans l'obscurité... tout comme lui.

A peine s'est il approché de ce trou infâme que l'odeur de putridité lui saute au visage, moisissure, eau croupissant, humidité, nourriture avariée...

CHARNIER
POURRITURE


Elle n'a même pas fait mine de se voiler le visage pour supporter l'odeur infecte qui lui le mord comme une brulure au troisième degré.
Cette odeur fade, parfois piquante et amère de tout ce qui visiblement n'avait rien d'un festin.


CHARNIER
POURRITURE





*Ta gueule!!!!!*



Son odorat est mis au supplice par ces affreux mélanges d'odeurs tandis qu'elle descend le pied léger sans se soucier ni du noir ni de l'atmosphère délétère qui règne en ce lieu. Comme si elle ne sentait rien.
Il tend sa lampe en avant, suivant toujours le tracé qu'elle dessine devant lui.
La lumière embrasse à peine les murs lépreux où suinte l'humidité, bruit qui clapote, petit bruit de la vermine qui fuit quand ils entrent dans la cave où leurs ombres s'allongent démesurément sous le faible éclairage au bout de son bras.
Le sol.
Des portes.
Elle s'arrête devant la première. Toujours indifférente. Et sa voix comme programmée lâche au bout d'un court silence:



"Là... Quelques restes peut-êtres immangeable, peut-être de l'eau croupie, et plus loin..."

Puis elle lève un bras comme pour esquisser quelque chose, l'index tendu dans le noir, désignant la seconde porte sans même la regarder.

"De quoi se vêtir pour affronter le froid, probablement."

Il se déplace maintenant plus nerveusement mais toujours cette façon de biaiser, de contourner une proie pour ne pas être dans le sens du vent, luttant contre ses narines en flammes qui le démangent. Il se place derrière elle, tandis qu'elle pousse la première porte, passant son bras par dessus son épaule pour éclairer la seconde.

" La chose qui m'étonne le plus Carmen, ce n'est pas que tu saches ce qui se trouve derrière ces portes.
Ce qui signifierait en toute logique que tu es doté d'un odorat hors paire pour reconnaitre ainsi ce qui s'y trouve, sans même l'avoir vu.
Pourtant tu n'as rien senti jusqu'ici.
Une femme aussi délicate que toi aurait poussé un cri d'horreur rien qu'à la pensée de ce que ces odeurs suggèrent, elle aurait déjà enfouie son nez dans son corsage et fait demi-tour ou demandé ses sels en s'effondrant sur le sol...
Quel courage inattendu, quel... instinct Carmen....

Seuls les nourrissons seraient capables de faire montre d'une telle "science exacte" à savoir reconnaitre certaines choses à l'odorat s'ils pouvaient les nommer, mais, ils ne le peuvent pas.

Contrairement à toi.

Vois-tu comme la nature fait bien les choses...
Elle ne leur offre pas la parole de cette connaissance fascinante des odeurs qui pourraient bien bouleverser leurs parents s'ils savaient ce dont ils sont capables....

Non ce qui m'étonne davantage c'est cette peur qui t'as brutalement quittée depuis que tu es dans cette cave .

Soit tu connais parfaitement ces lieux.
Et tu mens.
A moins qu'une bonne raison te pousses à ne pas t'en souvenir.

Mais comment savoir... si tout ceci est vrai et pas simplement une "supposition".



Entre.

Et dis moi si ce que tu vois te donne raison sans me donner tort."


Dernière édition par Chahîd le Jeu 29 Mai - 16:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Jeu 29 Mai - 13:18

Voir dans le noir? Pour elle, la cave n'est pas si noire que ça. Ce qui est noir, c'est cette boule qu'elle a dans la poitrine, qui lui compresse le coeur et fait naître la peur à l'approche de Yoshe. Le lieu, elle ne le crains pas. Elle aurait des raisons de le craindre pourtant. Mais la seule chose qui lui provoque un frisson à peine perceptible, c'est l'approche de l'homme dans son dos, lui et sa lumière qui lui fait un peu plisser les yeux dans les premières secondes. Elle n'avait pas pensé à prendre la lumière, le chemin était tellement évident qu'elle l'aurait peut-être même fait les yeux fermés. Etonnante Carmen qui sait déjà ce qui se cache derrière une porte inconnue. L'odeur ne la frappe pas. Le sang, la mort, tout ça lui parait d'une banalité outrageante. Elle déteste pourtant cette odeur, mais elle n'en est pas pour autant incommodée. Il manque quelque chose pour que les parfums d'ignominies la révulsent. Il manque les cris et les suppliques. Ici, plus rien ne se plaint, tout est mort, tout sauf elle et lui.

Délicate Carmen ne serait donc pas si fragile que ça? Bien sûr qu'elle l'est. La terreur pourtant semble avoir disparu, mais elle ne fait que dormir. Car quand l'autre se tait, l'ignoble boule noire se réveille et s'agite. L'autre pourtant ne dit plus rien, mais sourit au fond de l'âme de Carmen. Elle sourit à Carmen, et lance un regard méprisant à l'homme qui joue avec sa Carmen. L'autre... C'est quoi son nom déjà? Il ne faut surtout pas poser la question. Ce n'est pas du courage, ce n'est qu'un instinct qui ne lui appartient pas et elle ne cherche pas à l'étouffer. Il lui sert, pour le moment. Il lui sert tant que rien d'autre ne se sert d'elle.

Ses mots paraissent visqueux, remplis de venins, écoeurant et acides. Il fouille dans ses doutes, veut extirper ce qu'elle refuse d'avouer. Alors elle reste silencieuse. Elle veut croire qu'il est ami, mais elle n'arrive plus vraiment à se convaincre. Carmen veut rester et l'écouter, l'autre désir tellement lui bondir à la gorge. Quelles étranges contradictions! Elles s'affrontent et s'annulent, et ne laissent plus que l'incertitude dans l'esprit instable de la danseuse. Elle se contente de fixer l'ombre offerte devant elle, dans cette salle qu'elle n'a pourtant jamais vu.

Ses lèvres se serrent, puis s'entrouvrent. Un vague souffle s'en échappe, puis à nouveau des syllabes.


"Je ne me souviens pas être venue ici."

Quelques pas dans la pièce, et elle avait raison. Sur des étagèrent trainent des restes en partie consommée par de la vermine, de la nourriture noyée sous la mousse, et quelques réservoirs d'eau dont certains sont fendus. Peut-être ce qui reste de liquide peut au moins servir à un semblant de nettoyage, mais elle n'ose pas toucher à ces choses écoeurantes qui étaient autrefois consommables. Elle s'arrête au coeur de la pièce, se retourne, affrontant la lumière et les traits de Yoshe.

"J'ai peur de ce qui menace, et les odeurs ne menacent pas. Et vous, Yoshe, êtes-vous une menace?"

L'assurance avait pourtant un peu disparu. Le ton était toujours celui d'une jeune femme effrayée, même si elle l'était moins qu'avant. Peut-être la fièvre est-elle montée d'un cran pour que quelque chose s'amuse à faire varier son comportement.
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Chahîd
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Jeu 29 Mai - 14:10

Elle ne répond pas, fuyant comme toujours ses questions, pourtant il sait au fond de lui qu'il gagne du terrain, qu'il soit bon ou mauvais... surtout pas de terre inconnue, pas de trafic, de mensonge, de faux-semblants. La pousser à bout de nerfs, non pas pour qu'elle le haïsse même si c'est presque déjà une certitude qu'elle ne veut pas admettre. Il sent bien que tout en elle résiste et s'efforce d'être, agréable.... de le rester, de ne pas le gifler encore une fois. Il sent le dégout qui s'immisce dans son corps quand il parle.

Elle s'écarte rapidement de lui et s'enfonce dans les ténèbres, il la suit.

L'odeur est encore plus forte, répugnante. Cette odeur de la mort ancienne, de la viande avariée, de l'eau sale et de la crasse.

Elle s'arrête au centre de la pièce, la lumière vacille sur des restes, il l'élève vers les étagères où croissent déjà le varech et la mousse, des pots brisés couverts de poussières coulent parfois une substance noirâtre.


"Je ne me souviens pas être venue ici."

" Peut-être, peut-être.... que tu ne te souviens plus d'être venue ici.
Moi non plus Carmen... moi non plus....
Mais je vois que ton instinct est infaillible. "


Elle fait volte face, les lèvres un peu pincées, ses traits sont comme brouillés dans la lumière et ses yeux rapetissés, ses pupilles dilatées prennent la quasi totalité de la place sur l'iris, comme un chat qui chasse dans la nuit noire.



"J'ai peur de ce qui menace, et les odeurs ne menacent pas. Et vous, Yoshe, êtes-vous une menace?"

Est-il une menace. Cette question qui ose passer la barrière de ses dents. la première vraie question quelle pose dont elle est persuadée de connaitre la réponse. Lui donner raison pour la protéger. Lui donner tort pour aller plus avant et approcher ses failles au risque de dévoiler les siennes.

" Oh que si Carmen! Oui les odeurs peuvent menacer. Et si elles ne menacent pas elles en disent long sur l'état de celui ou celle qui les dégagent."

Il élève la lampe jusqu'à ses yeux qui la fixent, immobiles, les pupilles si étrécies qu'elles disparaissent presque dans le bleu intense qui menace de la dissoudre.



"Ce n'est pas moi la menace Carmen. Cela n'a même, jamais été moi. Etait-il utile de le préciser?"




Puis il sourit à nouveau dans le vague cette fois et baissant la lumière jusqu'à l'éclairer par en dessous il présente son bras vers la porte.




Et j'ai bien peur que nous n'ayons rien à tirer de cet endroit, je ne mange pas la nourriture avariée. Et je ne compte pas puer davantage après m'être laver avec cette eau croupissante.
Il en sera de même pour toi, n'est-ce pas.
Nous trouverons ailleurs de quoi faire nos ablutions et de quoi composer un repas.

J'aime.
La viande quand elle saigne."
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Jeu 29 Mai - 18:15

Entre ne pas se souvenir et ne plus se souvenir, la frontière est fragile. Pourquoi serait-elle venu dans ce lieu qu'on lui avait déconseillé? Le manoir qu'elle connaissait était souvent menacé, possédé par les ombres. Personne ne devait s'en approcher à moins d'avoir une raison de risquer sa vie. Elle l'avait risquée, mais jamais elle ne s'était approchée de l'édifice suffisemment près pour connaître la forme de la porte principale. Elle avait fuit ce lieu autant qu'elle le pouvait, et ne s'en était rapproché que lorsque la quête de savoir était nécessaire. Mais elle n'avait pas franchit ses murs. Elle tente de se souvenir, de se rappeler ce qu'elle aurait pu faire ici. Prisonnière? Elle n'y ressent pourtant aucune peur, aucun mauvais souvenir à proprement parlé. Aucun sauf... Non, la menace était venue d'ailleurs que du manoir. Pourtant, elle cherche quelque part, dans les méandres de sa mémoire ce qui pourrait expliquer ces choses qu'elle sait, mais elle ne trouve pas. Et sans doute vaut-il mieux qu'elle ne trouve pas.

*Mais pourtant notre instinct et bel et bien infaillible, vilaine fille.*


Non, elle avait de la chance. Le coma lui aurait-il offert une conscience différente? Peut-être. Carmen ne croyait pas vraiment au surnaturel, mais depuis qu'elle s'était éveillée sur le sol de feuilles mortes, elle pouvait commencer à y croire. Quel mal y a-t-il a avoir certaines connaissance quand celles-ci peuvent s'avérer utiles? Dans les yeux de Yoshe, elle trouve quelque chose qu'elle préfèrerait ne pas voir. Le genre de chose qui ne l'accuse pas de folie, mais qui la transforme en un animal à disséquer avec soin, pour savoir ce qui se cache dans ses entrailles. Seulement elle ne veut pas qu'il puisse aller voir, et elle non plus ne veut pas aller voir.
Mais pour elle, les odeurs ne peuvent menacer. Elles peuvent effrayer, dégoûter, mais pas menacer. Ce qui menace, c'est la source de l'odeur. Et ici, elle sait que les sources de ces puanteurs ne sont plus en état de faire du mal depuis longtemps. Et lui, quel odeur avait-il dans cette cave?

*Menace... C'est lui la menace.


Mais il dément, et elle ne sait plus ce qu'elle doit croire. Cette chose qui murmure ou lui? La chose est dans sa tête, elle n'existe que pour elle, elle n'a pas de corps, pas de réalité. Et lui, il est réel, du moins elle le croit. Lui, il est présent, il n'est pas dans sa tête. Alors... Est-ce lui qui a raison? Il jette le doute, encore. Et la peur recommence à prendre place, vicieuse, paralysante. Ses yeux restent fixes, plongés dans ceux éclairés par en dessous, comme si elle pouvait y trouver une réponse que la chose ne lui murmurerait pas à l'oreille. Puis elle répond, enfin, plus par mécanisme que par réelle réflexion.


"Il pleut dehors..."

Non, ce n'est pas une constatation en retard et sans fondement. Il pleut, la vallée offre une douche. Certes froide, mais une douche tout de même, et il est possible de la rentabiliser. Récupérer la pluie et s'en servir pour se laver, chasser l'odeur qu'il prétend avoir, chasser la menace. Il ne manque qu'une chose.

"Il suffit de prendre de quoi se vêtir ensuite."

une douche froide, et quelques étoffes pour se sécher, et d'autres pour se vêtir. Il y avait tout, la nourriture en moins. Et pour la nourriture, elle ne réagit même pas à son appel au sang. Aime-t-elle le sang? Peut-être. Mais elle préfère surtout... Quoi au fait?
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Jeu 12 Juin - 11:49

[hrp, désolé pour tout ce temps à te faire attendre, pas facile de revenir pour le moment, je commence doucement, le temps de retrouver Chahîd, ce post est donc court]


"Nous verrons bien..."


Elle ne bouge pas, paralysée comme un hérisson dans les phares d'une voiture. Il sourit aux yeux fixes lourds de questions qu'elle se refuse à poser. Ces pupilles vacillantes et immenses qui ne tiennent jamais longtemps leur ligne. Cette peur qui ne cesse de la submerger et qu'elle tache de repousser vainement.

Elle se méfie, elle ne peut se résoudre à lui faire confiance, comme... tous les autres, ou presque.
Sale habitude.

Oui la pluie, la douche froide et insipide du printemps, voilà sans doute à quoi ils devront se résoudre s'ils ne trouve rien d'autre. Visiblement les lieux ne sont pas aussi accueillants qu'il avait espéré.
La lampe éclaire cette fois le couloir, ses pieds glissent sur le sol sans un bruit invitant Carmen à le suivre puisque qu'elle ne cille pas, l'œil toujours de biais, aux aguets.


"Dis moi Carmen, tu ne trouves pas ça bien étrange de stoker de la nourriture périssable dans une cave ? Une cave sans lumière... A quoi ou à qui était elle destinée ? Sans doute pas aux habitants des lieux . Mais à qui ?


Il s'arrête en face de la seconde porte, l'éclaire, écoutant le pas minuscule de la danseuse qui se rapproche de lui. A quoi pense-t elle en ce moment ? Il croit entendre chuchoter avant qu'elle n'ouvre la bouche, comme quelque chose qui soufflerait des réponses et qu'elle refuserait de peur qu'elles ne soient trop vraies.

Il lui attrape la main, une petite main glaciale, pas du tout fiévreuse, une main qui ressemble à du marbre blanc, aussi peu destinée à la caresse que celle d'une géante de Michel-Ange.



"Viens. Et vas ouvrir cette porte. Vérifions si ton instinct est encore aussi.. affuté."
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Dim 15 Juin - 22:04

[Il n'y a pas de mal du tout, prends ton temps, l'essentiel est que tu t'amuse pleinement. Alors ne t'inquiète pas pour un retard ou pour une longueur! (Surtout que je fais moi-même plutôt court. ^^°)]

Son premier mouvement lui crispe l'entier du corps. Pourquoi se laissait-elle aller à le craindre? Il ne lui avait pas fait de mal, du moins pas directement. Non, il n'était pas dangereux, il ne devait pas l'être. C'était sa colère à lui qui l'avait effrayée plus tôt. Alors pourquoi cette simple invitation a bouger lui avait fait l'effet d'un coup de tonnerre inattendu? C'était ridicule. Il n'était pas menaçant. Carmen n'y voyait pas de danger. Elle avait beau chercher, elle ne trouvait rien de rationnel. Il l'avait faite bouger, sortir de ce commencement d'abandon, l'avait amenée ici où elle avait trouvé un peu de chaleur, un peu d'espoir
et un peu de moi.

Et un peu de rien du tout. Il n'y avait rien, sauf cette chose qui lui donnait la vision d'un monstre. Cette chose qui faisait qu'au lieu de sa nudité, elle lui trouvait une blouse de scientifique tâché de sang. Mais il n'y avait pas de sang, hormis celui puants qui envahissait encore cette cave. Hormis celui de la souffrance et de la mort qu'elle ne se rappelait pas avoir jamais connu.

Elle ne répond pas, hausse simplement les épaules. Elle ne s'était pas posée la question sur la raison de la présence d'autant de nourriture immangeable aujourd'hui. L'odeur donnait la réponse, mais... N'aurait-elle pas dû être horrifiée à cette idée? Pourtant elle trouvait ça normal. Ignoble mais normal. Combien de personnes avaient péri dans les ténèbres de cette cave, soumises aux désirs sadiques des ombres? Ce n'était pas vraiment important, tout simplement parce que c'était normal, tristement normal. La vie était comme ça ici après tout, non? Mais sa manière de voir ces sentiments n'était pas du tout habituel. En deux semaines, comment avait-elle pu s'adapter à cette vision répugnante? Pour un peu, elle finirait par croire que son sommeil avait décidément été beaucoup plus long qu'elle ne le croyais jusqu'à maintenant.

Et maintenant? Il leur faut de qui se changer de toute manière. Sa robe encore humide ne lui est d'aucun secours contre le froid, et lui n'a même pas de tissu pour espérer protéger quoi que ce soit. Il leur faut de quoi se changer, c'est une certitude. Juste à côté, elle le savait, derrière la porte voisine, il y avait des vêtements, certains irrémédiablement abimés, d'autres prêts à être portés. Certains étaient peut-être encore tâchés du sang de la dernière personne réellement vivante qui les avaient portés, mais elle sait qu'elle y trouveras des choses qui lui plairaient.
Nous avons toujours trouvé de jolies choses derrière la seconde porte.

Et s'il n'y avait rien? Quelque part ce serait mieux, n'est-ce pas? Elle se met en branle, s'avance, sort enfin de la réserve de nourriture écoeurante. Il n'y avait rien de comestible, dommage! Mais heureusement la faim avait été si forte avant qu'elle ne la ressentait plus pour le moment. Peut-être plus tard, peut-être quand elle pourra réellement manger quelque chose qui la réchauffera de l'intérieur. Elle fixe le sol, pas après pas. La lumière de Yoshe reste finalement assez bonne à suivre, mais pour combien de temps?

Elle sursaute en sentant sa main attraper la sienne. Pourquoi fait-il ça? Elle se crispe à nouveau, voudrait retirer ses doigts, mais arrête son propre mouvement avant de l'achever. Il ne lui fait pas de mal, il lui prend juste la main. Que pourrait-il y avoir de mauvais là-dedans? Mais ses mots sont mauvais. Pas dans l'immédiat, mais elle sent quelque chose de vicieux insinué dans chaque syllabe. Pourquoi avait-elle parlé de ce qu'il y avait ici précédemment? Elle ne sais même pas si elle a raison ou tort. Mais elle sait par contre qu'il faut qu'elle se soit trompée, que ce serait mieux pour elle. La porte devient aussi menaçante que les mots, alors elle a un mouvement de recul, comme pour le laisser lui entre elle et cette maudite porte qui cache ce qu'elle sait et ne devrait pas savoir.


"Non... Il y a peut-être quelque chose, peut-être que je me suis trompée avant."

Mais elle ne s'est pas trompée. Et il n'y a rien. malgré sa faible voix, elle n'a pas assez peur de ce qu'il pourrait y avoir. Elle a peur de ce qu'il pourrait trouver lui en découvrant ce qu'il y avait. A part des vêtements et une humaine qui sait ce qu'il y a ici sans y être jamais venue... Difficile à dire ce qui serait le pire. La seule chose qu'elle sait, c'est qu'elle ne veut pas ouvrir cette porte, qu'elle ne veut pas assumer elle-même cette maudite vérité.
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Lun 16 Juin - 11:10

[m'amuser.... ? toujours. j'aime ce qui résiste ^^j'ai beaucoup de plaisir à écrire ce rp en ta compagnie Wink ]


Sa main glisse, son corps renâcle, elle s'échappe

"Non... Il y a peut-être quelque chose, peut-être que je me suis trompée avant."

mais il la rattrape aussitôt d'un geste leste invisible il resserre sa poigne le bras tendu et les muscles saillants et enlace ses doigts dans les siens comme une paire de pince.
D'une tendresse contraignante.

La lampe fumant devant son visage il présente le tube de verre chaud tout près de son visage, sa main est toujours terriblement froide tandis que la sienne brûle malgré le froid qui s'insinue dans le couloir plus qu'ailleurs.



"Comment ça Carmen. Non ? Crois tu que ce soit une réponse raisonnable. crois tu même que ce soit une réponse ? Que crains tu de trouver derrière cette porte? Un reste de ton passé peut-être? Je vais te dire une chose, je n'ai jamais été très patient et encore moins diplomate surtout lorsque je me les pèle en tenue d'Adam en compagnie d'une demoiselle quasiment inconnue presque aussi mal lotie que moi et qui refuse mon aide dans un couloir de cave alors que la faim me tiraille le ventre.
Ne m'obliges pas à devenir, désagréable. Ouvres moi cette porte "


Sa voix n'a plus de timbre, sa voix est affreusement calme, comme le silence pesant qui annonce l'orage. Ses yeux vide comme le ciel lourd qui se charge d'électricité. Pourtant il ne lui veut aucun mal, ce n'est pas son intention mais elle met sa patience à l'épreuve. Ce mutisme dont elle fait preuve, qu'il hait, qui pousse parfois à commettre quelques actes répréhensibles. Son désir de la connaitre compte davantage que le reste, mais elle ne veut pas le connaitre, elle ne pense qu'à elle et à sa satanée survie, elle ne veut pas réagir, elle ne veut pas agir.... grognement dans ses entrailles, la gifler... plus tard.... puisque le reste n'est qu'un prétexte, puisque le reste n'est nullement nécessaire à sa survie en réalité.
Animal entre ces murs il voudrait les quitter au plus vite mais il en a décidé autrement. Résister. A la colère que cette femme nourrit en lui, qui veut l'éprouver mais qui l'ignore elle même, fascination pour cette psyché asymétrique, faire jaillir la partie engloutie qui veille comme la graine attend son heure pour éclore, des jours meilleurs.... Il veut être l'esprit trompeur, le malin génie qui se plait à la tromper toujours pour faire éclater la vérité.
Sa vérité.

Et elle mérite bien ces biais étranges dont il use. Il craint moins ce qu'elle cache que ce qu'elle profère. C'est dans le secret de l'âme qu'il sait le mieux naviguer, dans ces abysses sans lumière peuplés de créatures ignobles et frustres, comme certains aventuriers qui ne sont heureux qu'en plein danger quand leur vie ne tient plus qu'à un fil.
Horreur de l'habitude, horreur de cette infâme normalité qu'elle veut lui imposer comme un loup de carnaval.
Mais il sait la furie, la grimace, il la sent toute proche, sous la peau de velours, cette alliées impossible à dompter, mais une alliée pourtant dans le grand désespoir qui le submerge si souvent.

Et quand il veut ruser avec elle la force pure qui l'anime, l'instinct bestial prend facilement le pas. S'il la pousse dans ses retranchements elle en fera de même, il le sait bien mais il a accepté les règles depuis le début. Redescendre, accorder sa confiance à cette femme inconnue fermée comme une huitre sur sa perle chérie. Bijou venimeux, si précieux dont elle refuse le bienfait. Le principe de plaisir que connait si bien le fou, l'assassin, le pervers. Une parure de laideur mille fois plus vraie que la verroterie Carmen, une rivière d'amertume et de cruauté qui souffre et en jouie.



"Allons Carmen, ne gâchons pas une si belle rencontre pour quelques scrupules mal placés. Que tu te trompes ou non cela ne change rien pour moi. Je ne suis pas ton ennemi. Je veux juste...
que l'on se lave et que l'on s'habille et que l'on fasse un repas correct, que l'on discute comme deux personnes civilisées dans ce lieu parfaitement incongru.
Veux-tu bien ouvrir cette porte, s'il te plait, Carmen."


La poigne se desserre, sa main glisse le long de la sienne, il l'ouvre, paume vers le ciel, puis la retourne vers sa cuisse, la dépose délicatement. Il s'approche, si près qu'elle peut maintenant sentir son souffle dans ses cheveux, il retient l'envie de respirer son odeur avec bestialité, il hume si discrètement que c'est à peine si ses narines frémissent. Il pose sa main sur sa poitrine, à l'endroit du cœur et lui dit tout bas.

"Etrangement tu me calme, j'aurais déjà pu cent fois t'égorger et t'arracher les entrailles. Mais je n'en éprouve pas le désir. Je sais que tu comprend parfaitement ce que je dis, ne fais pas l'effarouchée pour cette fois. Pas quand je te dis ces choses là.
Tu sais...je trouve fascinant qu'une femme avec un regard si grand qu'on dirait celui d'un cheval prisonnier d'un lac gelé qui se sait condamné à mort, ait des battements de cœur aussi espacés.... cesse de te cacher.... je saurais bien un jour ou l'autre qui tu es... vraiment, tout n'est qu'une question de temps... tu le sais bien, n'est-ce pas.

Allez... va jolie Carmen, à la rencontre de notre destin.... je te promets ma protection si tu m'accordes suffisamment de temps et de réalité....oui je te dirais qui je suis

Il est inutile de se cacher davantage car tout ce que l'on cache un jour ou l'autre se révolte et rugit...."



Il sourit tandis qu'il la pousse lentement vers la porte close, ses yeux clignent devant la lampe qui chatoie et fait des reflets roux et verts sur ses cheveux, il la pousse sentant son corps céder doucement, chaque muscle sous sa peau travaille comme un appel à la danse, mais cette danse là, sans forme ni contrainte, sait-elle la danser.
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Lun 16 Juin - 22:31

[-_-... Monstre! Mon perso en bave, mais je m'amuse comme une gamine devant les cadeaux de Noël!]

Il ne la laisse pas fuir. Le piège se resserre et elle déteste ça. Elle voudrait tirer, mais elle ne le fait pas plus qu'avant. Le serpent se resserre toujours plus quand on lutte violemment. Et lui, il était pire, bien pire qu'un serpent. Bien pire que ce qu'elle avait vu en arrivant ici. Mais aussi fourbe que la cause de son arrivée ici. Elle voudrait pouvoir le repousse, l'envoyer au sol, mais la certitude d'être la plus faible l'emporte. Elle ne veut pas prendre de risque, pas ce genre de risque-là. Elle a peur, oui, mais pas comme elle le devrait. Pourquoi est-elle si calme quand elle a pourtant conscience qu'il lui faudrait fuir le plus rapidement possible pour échapper à ce monstre d'un autre acabit?

Son bras libre se relève en même temps que la lampe, son visage se détourne de la lumière. Elle plisse les yeux, des yeux où la peur semble plus proche du jeux d'acteur que d'un réel sentiment d'affolement. Mais elle a vraiment peur pourtant, à moitié. Pourquoi l'autre moitié reste si sereine? Ce n'est pas normal. Il lui manque quelque chose, cette chose qu'il semble chercher et qu'elle ne veut pas trouver.
*Si tu as peur, appelle-moi et je fera comme d'habitude.*

Une vilaine habitude qu'elle ne devrait pas avoir. Elle n'entend presque plus la voix. peut-être que c'est elle simplement qui se parle pour se rassurer. Peut-être qu'il n'y a rien. Non, il n'y a définitivement rien, à part elle et Yoshe, à part son calme irrationnel et sa fureur à lui. Cette porte, pourquoi ne l'ouvre-t-il tout simplement pas? Il a froid, et alors? Alors... Elle devrait s'en soucier, mais elle ne s'en soucie pas. Elle se moque de son apparence comme du tout premier pas appris. Elle se moque de son aide qui ne lui ait d'aucun secours. Pourquoi ne l'a-t-i pas simplement laissée sous la pluie, là où elle dormirait apaisée sans avoir à se soucier d'une simple et maudite porte?

Mais elle déteste son calme qui fait presque oublier la fureur. Elle l'énerve sans doute. Peut-être même plus qu'elle ne pourrait le comprendre. Mais il ne lui ai d'aucune aide. Elle ne veut pas trouver ce qu'il y a de cacher, elle veut simplement fuir et se réfugier autre part. Et il ne l'aide pas à obtenir ce qu'elle veut. Oui. Carmen préfère être égoïste. Ce n'est pas dans ses habitude. Jamais Carmen n'a été égoïste pourtant. Elle a toujours voulu vivre pour ceux qui ne le pouvaient pas pleinement. Elle a tout fait pour offrir un passé perdu comme s'il s'agissait d'un bel avenir. Elle n'a jamais vécu pour elle-même, mais toujours pour satisfaire les autres. Mais ici, dans cette cave, face à Yoshe, elle voulait vivre pour elle, pas pour cette voix dans sa tête, pas pour lui que le froid gênait mais qui se refusait pourtant à simplement aller prendre de quoi se réchauffer. Il la forçait à faire ce que lui voulait et la moitié d'elle refusait.

Pourquoi faisait-il ça? La pousser ainsi? Sa poigne lui fait presque mal. Elle voudrait s'en défaire mais n'ose plus. Si elle le fait, la fureur prendrait le pas sur le bon sens. Elle ne veut pas le mettre en colère. Elle sait que sa colère à lui serait sans doute sa fin à elle. Une demi-fin pire que la mort, pire que l'oubli. Quelque chose qu'elle ne veut pas subir, quelque chose qu'elle pense peut-être connaître, juste un peu, sans trop savoir pourquoi. Décidément ces évidences sont gênantes. Mais lui aussi est gênant. Vraiment très gênant.
*Et ce qui est gênant, tu sais ce qu'il faut en faire, non?*

Et ce qui est gênant, elle ne sait que le fuir. Seulement ici, elle ne peut pas fuir. Il la relâche enfin, est-ce le bon moment? Ses yeux s'échappent un court instant vers les escaliers. Un instant si bref qu'elle se demande elle-même si elle les a vraiment regardé. Elle pourrait fuir, vite, très vite, mais ce ne sera jamais assez. Elle est trop faible, et lui est trop... Motivé? Quelque chose le motive, c'est aussi évident que le reste. Une chose qu'il préfère suivre là où la danseuse préfère ignorer. Non, il n'est pas son ennemi. Pas son premier ennemi. Mais il reste une menace. Le genre de menace dont elle devrait être assez effrayée pour restée figée. Et elle est figée.

Il se rapproche, encore, et malgré son regard fuyant, elle suit son déplacement. Ses yeux baissés, plissés, ne perdent rien de cette avancée. Elle s'en méfie comme d'un gros buisson de ronces prêt à lacérer au moindre faux pas. Alors elle essaie de ne pas bouger, de rester comme elle est, calme et apeurée, mais sereine comme si la menace qu'il représente n'est de loin pas la pire qui puisse exister dans cette cave. Les mots sont aussi menaçants que les pas. Pourtant il ne la force pas, pas directement. Mais elle sent, que sous ces contradiction, sous la cruauté et les révélation, quelque part il ne pourra pas lui réserver un sort pire que celui qu'elle s'est elle-même préparée en toute inconscience. Elle recule, fait un pas imperceptible à gauche, puis à droite, comme cherchant une esquive, un écart assez large pour se dérober. Mais il ne lui laisse rien et elle recule encore, sentant bientôt la porte contre son dos. Cette maudite porte toujours là.


"Je ne cache rien. La peur est aussi soumise la la fatigue et la maladie."

Elle y croirait presque. Non, elle y croit vraiment. Elle est épuisée, piégée, et saut pertinemment qu'elle n'a pas vraiment de meilleure possibilité que celle de simplement suivre. La peur n'est pas vraiment la pire des choses ici non plus. Elle est acculée, définitivement. Elle n'est pas effarouchée, ni réellement horrifiée par ses propos. Il parle comme une bête, comme un fauve dont l'instinct premier est de mettre en pièce ce qui s'égare entre ses griffes. Mais il ne l'a pas fait, pas encore.

"Vous..."

L'évidence la frappe, comme une vérité qu'elle n'avait pas vraiment bien vu jusque-là, comme quelque chose sur quoi elle avait fermé les yeux, préfèrent plutôt tenir à l'oeil à coup d'ignorance ce qu'elle redoutait plutôt en elle. Mais maintenant elle lâche, non pas comme une accusation, mais une simple constatation, juste une remarque sans réelle implication émotionnelle. Sa main glisse contre le bois, ses doigts se referment sur la poignée. Il est trop prêt, elle doit mettre de la distance, cette distance de sécurité nécessaire.

"Vous n'êtes plus tout à fait humain."

Le claquement se répercute sur les murs de la cave. Cela faisait longtemps que personne n'avait plus éprouvée la résistance de la poignée. Mais elle avait pourtant facilement cédé sous la main irréfléchie de Carmen. La porte grince, poussée par le poids de la danseuse qui recule dans la pièce sans même regarder où elle pose les pieds. La distance est imposée, et la porte est ouverte. Un simple retour à la situation précédente, pour limiter les risques. Qu'il se trouve une autre vérité, ou qu'il se satisfasse de celle-ci. Il n'y avait ici que des étagères, avec des vêtements sur lesquels la danseuse ne porta pas même une fois les yeux. Elle fixait Yoshe, juste lui, pour le moment.
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Mar 17 Juin - 12:13

"Vous n'êtes plus tout à fait humain."

La seconde porte claque et elle recule avec elle. Le claquement se répercute dans le couloir et dans sa tête.

"Vous n'êtes plus tout à fait humain."

Ses yeux le suivent et rien ne palpite, pas le moindre trouble, pas le moindre tremblement dans sa voix, l'éternel évitement. Il passe devant elle et pénètre les ténèbres droit devant lui.


"T'a-t-on déjà dit que tu étais une femme délicieuse Carmen, une enfant prodige, une virtuose.
J'en doute

L'art de l'esquive est un art pauvre que maitrisent parfaitement les enfants humiliés. "


Il entre et son corps lourd ne fait pas de bruit, il pose la lampe sur une étagère et ferme les yeux, auscultant un premier tas de vêtements du bout des doigts. De la poussière s'élève en volutes quand il touche un velours qui s'effrite.

"Remarquable intuition.... une fois de plus....
A-t-on déjà honoré tes charmes et ta beauté Carmen ?"


Il explore et palpe, avide, cherchant le tissu précieux qui siérait au corps de la danseuse. Pantalons, manteaux, vestons, jupes courtes ou longues, de vieilles nippes crasseuses et vieillit...
Sa bouche se tord légèrement quand il sent sous sa paume les fils rugueux mal tissés, les étoffes grossières.


"Une robe Victorienne en soie mordorée, du satin vert anglais, rien de vulgaire, tout dans la ligne,
élever le bouquet de tes seins minuscules enlacer ta taille embrasser tes hanches rondes et tes cuisses libérées.
Quelque chose d'un peu contraignant pour te donner un air gauche et t'obliger à devenir hautaine, des talons pour dessiner l'ovale de ton mollet, coiffer tes cheveux toujours prisonniers.
Huummm.

Je sais que tu ne m'aimes pas, Carmen.


Disons plutôt que je t'indiffère parce que..."


Ses doigts glissent à nouveau sous une pile, une longue veste en coton épais, gardée propre enfouie sous ses consœurs ravagées par l'humidité.


"comme toi, je ne souffre plus vraiment"


Il l'extirpe de la pile, ainsi qu'un long châle et les jette dans les bras de Carmen.

"Attrape! !

De quoi te sécher quand tu sera enfin décrassée et prête pour notre véritable rencontre."


Replonge.

"J'ai horreur de la politesse."


Un sourire large brusquement éclaire son visage, un petit grognement lui échappe même comme s'il avait eut une vision, ses doigts fouineurs ont dégoté à l'autre bout de la pièce une robe mi longue de taffetas changeant et d'organza citrouille. Enfin, citrouille quand elle était neuve.... l'obscurité en a toutefois préservé la couleur initiale par endroit, à l'intérieur des plis.
Le tissu presque ocre paille crépite et geint.
Il pense au revêtement d'un cercueil une seconde.

Son index longe un premier pli, il grince des dents et retire sa main comme s'il s'était brulé.




....................................................


Extrait du journal du Pr Yoshe Mandelstam


La Pitié Salpétrière
octobre 19....


L'amour normal apparaît comme le résultat d'un fétichisme compliqué :
on pourrait dire que dans l'amour normal le fétichisme est polythéiste :
il résulte non pas d'une excitation unique mais d'une myriade d'excitations: c'est une symphonie.
Où commence la pathologie ?
C'est au moment où l'amour d'un détail quelconque devient prépondérant au point d'effacer tous les autres.
Ici la partie se substitue au tout ; l'accessoire devient le principal.
L'amour fétichique est une pièce de théâtre où un simple figurant s'avance vers la rampe et prend la place du premier rôle.



......................................................................







"Qu'est ce qui définit un humain Carmen ?"


d'un geste brusque il arrache la robe de son écrin, l'étagère bascule en avant et se brise sur le sol laissant échapper des nuages de sciure, de minuscules particules, il serre la robe contre lui une seconde et à nouveau l'écarte de lui comme si elle était incandescente. Il lui tend.



"Viens chercher ton étui jolie Carmen. Je regrette de ne pouvoir t'en offrir une qui soit faite pour ton corps, et rien que lui.
Ton corps miraculeux d'humaine.... "


Brusquement son visage change encore. Il baisse son bras, faisant claquer le feston soyeux et délavé dans les airs.


"Attends, attends non, ne te précipites pas, ça va, ça va je te dis! tu ne peux pas porter ça. Qu'est ce que c'est que cette tenue de ...
?!
Et merde! "


Il se retourne et se remet à fouillé comme agacé, blessé, jetant les paquets de fripes au dessus de sa tête. Pestant comme un charretier.

Pantalon noir et droit, pincé d'homme.
Un homme mince, un tout jeune homme peut être....
Chemise d'une couleur indéfinissable, mais suffisamment cintrée pour être élégante... chemisier de femme ornée d'une.... tache brune là juste sous le sein comme une fleur sauvage....
il ne se retourne pas et lui tend ces deux trouvailles.



"Faut que je te trouve aussi de quoi cacher les parties les plus attrayantes de ton intimité Carmen ? C'est....
Et oui... oui.... il te faudra te couvrir et.. une veste, un chapeau est ce qu'il y aurait ça et des bottes.... oui des bottes.... tout recouvrir
Et un manteau bien sur... bien sur..... tu vas pas mettre ces ridicules déguisement de poupée!!"
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Mer 18 Juin - 11:51

Jouer la proie avait sans doute une part d'humiliant. Mais l'art de l'esquive n'était pas tout à fait un véritable talent. Ou alors elle ne sait pas comment juger de ses propres pas, elle qui finalement n'esquive pas mais suit malgré elle le chemin tracé par lui, pour ne pas trop jouer avec le feu, pour éviter la fureur. Elle aura bien à un moment l'occasion de fuir réellement. Mais quand? Il lui faudrait une autre intervention, un signe salvateur, quelque chose qui pourrait lui offrir le temps nécessaire, ce temps...
*... Que tu auras à profusion avec moi.*

... Suffisant pour se mettre à l'abri un peu plus loin, dans un endroit où il ne pourra pas l'attraper ensuite. Oui, mais où? Existe-t-il seulement un endroit où elle puisse être en sécurité par ici? Aucune chance. Mais à défaut de chercher une issue, elle préfère l'observer lui.

Ses gestes, ses paroles, rien ne doit lui échapper. Puisqu'elle ne peut pas fuir, sa sécurité ne devra être assurée que par ses propres moyens. Si l'on exclu certains propos et la violence, ne fait-il pas que l'aider à y voir clair? Ne fait-il pas simplement ce qu'un être humain ferait pour aider un congénère dans le besoin? Grâce à lui ils avaient eu un feu, et maintenant une possibilité de se vêtir plus convenablement. S'il n'avait pas été là, sans doute serait-elle en train de s'endormir définitivement sur ce pont couvert. Quelle gentille Carmen! Elle cherche encore et toujours les bons côtés, ces aspect positifs qui effacent l'horreur d'une situation. C'est sans doute grâce à ça qu'elle est toujours en vie aujourd'hui.
Hahaha!!

Oui, toujours en vie, elle y croit, c'est un fait.

Et lui? Elle ne peut s'empêcher de se demander ce qui motive vraiment son discours. Le monde des vivants porte des personnes très différentes les unes des autres. Et Hollow Dream en perverti une bonne partie. A quel point a-t-il été perverti, lui? Ou est-ce dans sa nature? Elle voudrait presque s'égarer, se bercer de ces bons souvenirs passés suggérés par Yoshe. Combien de fois a-t-elle été honorée? Sur une scène, elle devenait le centre du monde, en toute prétention et tout en talent. Mais dans le monde commun, elle était... Quoi au juste? Une fille aimée de l'un, haït de l'autre? Une camarade de danse qui vivait sa passion au nom de celle qui ne pouvait pas la vivre? A-t-elle réellement fait une fois dans sa vie des choix pour elle-même? A-t-elle une fois voulu se battre pour obtenir quelque chose qu'elle désirait égoïstement?
*Tout ça, tu l'avais finalement obtenu avec moi.*

Ici elle avait trouvé une raison de vivre. Une raison nécessaire, une simple envie d'accorder un peu plus de valeur à ses propres volontés. Et qu'avait-elle fait? Elle avait pris des risques pour aider les autres, s'était ensuite effondrée dans une clairière de feuilles mortes pour se relever sur le bord de la rivière sous une pluie de printemps. Il y avait vraiment une trop grosse lacune à combler.

Et maintenant, elle ne veut pas vraiment la combler, et lui... Veut-il l'aider malgré elle? Ou cherche-t-il simplement à satisfaire une curiosité malsaine au détriment de la santé mentale de la danseuse? Mieux vaut ne pas vraiment savoir. Lui dirait sa vérité, elle se retrouverait sans plus rien. Pour le moment, elle préfère l'observer simplement. Il parle, cherche, oscille entre l'obsession et le fétichisme. Pourquoi vouloir la rhabiller? Carmen se contente facilement de peu. Un simple vieux rideau lui avait très bien fait office de manteau. Elle se serait contentée de prendre n'importe quel ensemble débraillé pas trop moisi. Mais elle ne veut pas le contredire, et préfère simplement prendre la blouse du scientifique quelques instants, ces instants où il parle, fouille, cherche. Et se trompe. Il ne l'indiffère pas vraiment. Il l'effraie. Il a quelque chose de pareil et pourtant différent. Une chose répugnante qui transparait chez lui. Mais un frisson glacial lui parcours pourtant l'échine. Que peut-il savoir de la souffrance, lui? Et elle? C'était plutôt gênant. Ses bras se tendent, récupèrent le manteau et le châle, puis les replie soigneusement pour les poser sur l'un de ses avants-bras. Elle se retrouve accompagnatrice d'un adepte du shopping. Quelle étrange image, non?

Elle par contre aime bien la politesse. Ce genre de chose fait partie de la liste des différences entre l'être civilisé et la bête. Encore qu'il faille définir la politesse. Elle est polie. Mais c'est bien hypocrite à vrai dire. Et lui? Quelque part il possède aussi cette politesse hypocrite, non? Sinon il ne chercherait pas à poursuivre un semblant de conversation. Encore que ses questions demeureront sans réponse. Un humain reste une chose qu'elle définit par des sentiments, pas par des théories scientifiques. Et lui, il est partagé entre l'humain et autre chose. Mais la scission n'est pas aussi nette que chez elle. C'est confus, sans délimitation évidentes, sans terme adéquat.
Mais la robe... Elle change un peu la donne. Quelque chose semble le perturber, quelque chose qui échappe à Carmen. Elle se rapproche d'un pas, tend la main pour prendre la robe qu'il lui refuse finalement. Elle est soulagée, ce genre de tenue n'est pas très pratique pour ses emplois de tous les jours, non?
*Mais si! Il faut déchirer le bas, faire des lambeaux de jupe pour nous laisser libre, totalement libre de courir, sauter et frapper! Et les bras aussi. Puis pour le froid, peut-être une petite étoffe à jeter sur les épaules? Des bas épais seraient aussi de circonstance. Et pour la pluie... Le châle posé sur les cheveux, enroulé sur les épaules. Voilà ce que nous portons, comme ce qu'il reste sur toi. Joli, un peu martyrisé, mais pratique!*

Et lui parle, jette les étoffe par-dessus sa tête. Elle s'écarte, laisse les tissus prendre leur envol, puis se baisse, accroupie dans les frusques, saisit du bout des doigts le tissu anciennement chatoyant, soulève la robe en se redressant. Cette robe qu'elle ne trouve pas pratique mais qu'elle replie pourtant, glisse entre le châle et le manteau, recouvre avec soin pour qu'aucune couleur ne s'en échappe, pour qu'il ne la voit pas. Elle n'est pas pratique, elle ne la mettra sans doute pas. Mais il la lui faut, sans qu'elle ne sache vraiment pourquoi.

Puis elle attrape ce qu'il tend à nouveau, sans se retourner, et elle les pose par-dessus son bras, cachant définitivement la robe. La tâche l'interpelle un instant. Puis elle n'y prête plus attention. La mort est banale quand elle n'est pas menée avec talent. Il cherche encore, mais plus dans le même sens. Pourquoi donc s'acharner sur ce qu'elle devrait porter quand lui n'a absolument rien sur lui?


"J'ai de quoi m'habiller. Il vous faudrait quelque chose aussi."

Et surtout. Le tas de frippe soulève sciure et poussière, alors elle recule, aussi pour ne pas se prendre par mégarde un pantalon ou autre vêtement dans la figure. Il semble partir en cherchant, comme s'il ne savait plus la raison première prononcée pour entrer dans cette pièce. Il est nu, et doit avoir froid. Il lui faut des vêtements, plus à lui qu'à elle.
Alors elle longe une autre étagère, sa main libre glisse sur les étoffes humides, puis entre elles. Il y a malgré tout un ordre dans tout ça. Et elle sort deux pantalons, un de velours côtelé qui avait connu des jours meilleurs, et un simple en toile épaisse noire. Puis sa main plonge à nouveau, cherche une chemise, ou un pull, quelque chose qui tiendrait chaud. Et il faudrait aussi un manteau pour que la pluie ne l'atteigne plus.
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Jeu 19 Juin - 15:35

"J'ai de quoi m'habiller. Il vous faudrait quelque chose aussi."


Il fouine, fouille, explore, sueur au front, agacé, perturbé.
Il vocifère.


"Quelque chose oui il faudrait quelque chose..
JE SAIS BIEN QUE CE N'EST PAS TOI! là oui laisse moi chercher, enlève cette...
C'EST PAS POUR TOI TOUTES CES coCHONNERIES !!! "



....................................................

Communication du Pr Yoshe Mandeslstam

Sainte Anne
Paris, 199...


Les Sanguinaires

L’une des conséquences les plus ordinaires et les plus naturelles de l’appétit sexuel, c’est l’affection, l’attachement ou tout au moins la bonne volonté qui s’établit entre les deux participants.
Affection souvent bien éphémère, attachement qui peut offrir tous les degrés ; mais enfin ce sentiment existe, même chez les animaux, et pour nous transporter plus haut, dans une sphère supérieure, il peut devenir l’origine du sentiment le plus élevé, le plus pur et le plus désintéressé de la nature humaine.

Or, la tendance morbide sur laquelle je veux aujourd’hui appeler votre attention, se trouve à l’extrême opposé de ce penchant naturel.
C’est le désir de torturer,
de mutiler,
de sacrifier l’objet de cette passion.


À chaque instant, les journaux nous rapportent des faits de cette espèce : des enfants, des jeunes filles surprises par des vagabonds, par des mendiants, qui sont souvent des demis imbéciles, sont d’abord violées, ensuite assassinées avec d’incroyables raffinements de férocité.

Est-ce pour dissimuler son crime,
est-ce pour satisfaire sa brutalité instinctive, que l’assassin sacrifie sa victime ?
L’un et l’autre motifs peuvent être invoqués.
Mais il existe incontestablement chez certains individus une satisfaction morbide à faire souffrir leur victime.

Sans remonter jusqu’à l’histoire ancienne, sans parler de Cléopâtre qui faisait périr tous ses amants, lorsqu’ils ne s’appelaient pas Antoine ou Jules César, nous trouvons plus près de nous des exemples d’une perversion semblable.




L’un des compagnons d’armes les plus célèbres de Jeanne d’Arc était le maréchal Gilles de Retz, qui combattit vaillamment à ses côtés pour chasser les Anglais de France.
C’était un brave chevalier, mais dont les mœurs étaient tellement scandaleuses, même pour cette époque grossière, que lorsqu’il chevauchait à côté de la Pucelle les soldats disaient :

« Voilà le diable qui chevauche à côté de la sainte Vierge ».

Il occupait une haute position après la guerre et jouissait de la faveur du prince, lorsque tout à coup il quitta brusquement le service du roi pour se retirer dans son domaine de Machecoul, en Bretagne, où il se livra pendant quatorze années à des orgies abominables, dans lesquelles il fit massacrer plus de huit cents enfants.

Il fut enfin arrêté, traduit devant la haute cour de justice présidée par « le très sage et très juste messire Pierre de l’Hospital ».

Pendant l’interrogatoire, Pierre de l’Hospital, effrayé de la franchise des terribles aveux de l’accusé, l’interpelle en ces termes :

« Qui vous a induit à ce faire ?
C’est assurément l’esprit du mal, le tentateur ? »


« Je ne sais,
répondit le seigneur Gilles de Retz
mais j’ai de moi-même et de ma propre tête,
sans conseil d’autrui,
pris ces imaginations d’agir ainsi seulement par plaisance et déclaration de luxure ;
de fait, j’y trouvais incomparable jouissance, sans doute par l’instigation du diable.

Il y a huit ans que cette idée diabolique me vint ;
ce fut l’année même où mon aïeul le sire de la Suze, alla de la vie à trépas.
Or, étant d’aventure en la librairie du dict château, je trouvai un livre latin de la vie et mœurs des Césars de Rome, par un savant historien qui a nom Suétonlus ;
ledit livre était orné d’images fort bien peintes, auxquelles se voyaient les déportements de ces empereurs païens,
et je lus en cette belle histoire comment Tibérlus,
Caracalla et autres Césars s’ébattaient avec des enfants et prenaient plaisir à les martyriser.

Sur quoi, je voulus imiter les dits Césars et le même soir me mis à le faire en suivant les images de la leçon et du livre…
Pour un temps je ne confiai mon plan à personne, mais depuis, je dis le mystère à plusieurs personnes,
entre autres à Henriet et à Poutou, que j’avais dressés à ce jeu.

Ce furent les susdits qui aidaient au mystère, et qui avisaient à trouver des enfants pour mes besoins.
Les enfants tués à Chantocé étaient jetés en bas d’une tour en un pourrissoir d’où je les fis tirer une certaine nuit et mettre dans un coffre pour être transportés à Machecoul et brûlés,
ce qui fut fait.

Quant à ceux occis à Machecoul et à Nantes en l’hôtel de Suze,
on les brûlait en ma chambre,
hormis quelques belles têtes que je gardais comme reliques.

Or, je ne saurais dire au juste combien furent ainsi tués et ars,
sinon qu’ils furent bien au nombre de six vingt par an. »




Pendant sa détention, on prétend que Charles VII lui fit exprimer ses regrets de l’avoir vu quitter la cour disant que rien de ceci ne serait arrivé s’il était resté en la capitale auprès de lui.

Le maréchal répondit par cette étrange lettre, qui est rapportée par le bibliophile Jacob.

« Souventes fois, je me lamente et reproche d’avoir laissé votre service, mon très vénéré Sire, il y a six ans, car en y persévérant je n’eusse point tant forfait.
Mais je dois néanmoins confesser que je fus induit à me retirer en mes terres de Retz par une certaine furieuse passion et convoitise que je sentais envers votre propre dauphin tellement que je faillis un jour l’occire, comme j’ai depuis occis nombre de petits-enfants par secrète tentation du diable. Donc je vous conjure, très redouté Sire, de ne pas abandonner en ce péril votre très humble chambellan et maréchal de France, lequel ne veut avoir la vie sauve que pour faire une belle expiation de ses méfaits sous la règle des Carmes. »


Condamné au bûcher par la Cour, il fut étranglé le jour même de son exécution avant d’être brûlé.
C’est la seule grâce qui lui fut accordée.
Or, le dauphin dont il s’agit régna plus tard sous le nom de Louis XI ;
et si Gilles de Retz avait donné libre essor à sa passion,
il est probable que le cours de l’histoire de France aurait été profondément modifié.

Un personnage plus moderne et non moins célèbre, le marquis, de Sade, réduisant ses pratiques en système, avait créé, vers le commencement de ce siècle, sa fameuse théorie du plaisir sanglant.
Il prétendait que, dans les relations sexuelles,
le plaisir de l’un se mesurait aux souffrances de l’autre.

Dans un roman très curieux, mais d’une lecture fatigante, intitulé Justine, il multiplie les combinaisons les plus insensées, et dans les gravures qui servent à illustrer cet ouvrage que j’ai eu entre les mains, il étale les assemblages les plus fantastiques.
On y voit, par exemple, une chaîne interminable de pédérastes, franchissant un mur pour redescendre de l’autre côté, sans aucune solution de continuité.
Mais ce qui domine dans ce singulier ouvrage,
ce sont les idées de torture et de mutilation,
ce sont les descriptions du plaisir sanglant,
dont un des exemples consiste à posséder une femme pendant que le sang coule à flots des incisions larges et profondes pratiquées sur ses seins.

Il ne s’agit point ici de spéculation pure, mais de faits réellement accomplis.
Le marquis de Sade attirait chez lui des femmes, auxquelles il faisait subir les mutilations décrites dans son livre.
Il fut enfin traduit en cour d’assises avec son domestique qui lui servait de complice.
Ce dernier fut exécuté.
Quant au marquis, la volonté toute-puissante de l’empereur le fit transférer à Charenton.
Napoléon avait jugé avec raison qu’il s’agissait, non d’un criminel mais d’un aliéné.

Pendant longtemps on vit cet aimable vieillard, au visage souriant, s’entretenir dans des conversations pleines de bienveillance avec ses co-détenus et s’efforcer (sans beaucoup de succès) de les convertir à ses doctrines.

Le marquis de Sade a été souvent dépassé,
car les tendances meurtrières dont je viens de parler peuvent aller jusqu’à l’anthropophagie.

J'ai personnellement donné des soins à un homme qui, pendant le coït, avait eu la poitrine dévorée par une femme lascive.

Nous avons eu à la clinique de Sainte Anne, un épileptique d’une vigueur extraordinaire, qui, dans des conditions semblables, avait mangé le nez de sa maîtresse, déchirant les cartilages et brisant même à coups de dents les os propres du nez.

Mais ce sont là, direz-vous, de simples accidents, des explosions de fureur érotique.



Il n’en était pas ainsi dans le cas d’André B.
Que j'ai eut pour patient il y a quelques mois.

Cet homme, après avoir violé des jeunes filles, les assassinait et les coupait en morceaux.
Il raconta lui-même devant le tribunal qui le jugeait le démembrement d’une de ses victimes,
Carmen.

« Je lui ouvris la poitrine,
et avec un couteau je fendis les parties molles ;
puis j’ai débité le corps comme un boucher ferait d’un veau.
Je l’ai fendu en deux avec une hache,
pour le faire entrer dans le trou que j’avais creusé d’avance sur la berge. Pendant toute cette opération,
j’éprouvais un violent désir d’arracher un lambeau du cadavre et de le manger. »



Ce désir, un véritable anthropophage, Léger, l’a satisfait.

Un vigneron de 24 ans quitte la maison de ses parents pour aller chercher une place. Au lieu d’accomplir raisonnablement son projet, il erre dans le bois, pendant huit jours, pris d’un désir insensé de manger de la chair humaine.
Il rencontre enfin une petite fille de douze ans, il la viole,
puis il lui déchire les organes génitaux,
lui arrache le cœur, le mange et boit son sang ;
puis il enterre le cadavre.
Arrêté peu de temps après il fait tranquillement l’aveu de son crime.

L’autopsie révéla des adhérences entre la pie-mère et les couches corticales du cerveau.
S’agissait-il d’un début de paralysie générale ?

Il y a peu d’années, un crime analogue fut commis par M. sur une petite fille de six ans. On sait qu’à l’autopsie de ce criminel, le professeur Ch. R. trouva les lésions d’une méningite chronique.

Il serait facile de multiplier les exemples de ces aberrations qui relèvent évidemment de l’aliénation mentale ; mais il nous semble inutile de dresser ici une liste qui ne saurait être complète.

Qu’il nous suffise de noter trois points fondamentaux qui nous paraissent caractériser les actes de cette nature.

1° L’instinct sexuel n’est point satisfait par le coït c’est une particularité que nous avons déjà notée chez les nymphomanes. Le désir se transforme aussitôt en fureur et conduit à la férocité, au meurtre et à l’anthropophagie.

2° Les criminels de cette espèce aiment à mutiler 1es organes génitaux de la victime. Il y aurait là une sorte d’instinct sexuel dépravé.

3° Presque toujours les sujets de cette espèce sont des héréditaires. Ils sont quelquefois des imbéciles ou des demi-imbéciles ; et souvent on trouve à l’autopsie des lésions anatomiques de l’encéphale, ce qui achève de démontrer que ces prétendus criminels sont de véritables malades, de vrais aliénés.




.....................................................







Tandis que ses bras s'enfoncent dans les épaisseurs de vêtements et qu'il lutte contre la vision déformée de Carmen, un filet de salive borde sa lèvre inférieure, un léger tremblement agite ses mains.
Perte de controle.

Il ne se retourne pas, cherchant désespérément un manteau,
une camisole,
quelque chose de fermé pour l'ensevelir, la cacher, l'éloigner de ses pulsions, effacer la vision d'elle qu'il vient d'avoir.
Qui n'est qu'une projection de lui.
Un miroir.
Elle est comme lui, de toute évidence son inconscient le sait mieux que quiconque.

Il se mord pour contrôler le délire qu'a provoqué le contact du taffetas sur ses doigts, comme une sensation brulante et tenace.

Ne trouvant pas ce qu'il cherche il se met à grogner et à lacérer le paquet de vêtements qu'il vient de coller contre ses genoux et en arrache un morceau.




"C'est rien de tout ça! de tout ça que tu racontes, mais tu ne dis presque rien, je t'ai vu tout à l'heure, je t'ai vu dans ce salon, je t'ai vu!
Tu danses hein tu danses pour séduire tes victimes !"



Une sensation de vide.
Quelque chose l'aspire et l'entraine au fond d'un abime.
Il se tait un instant, tachant de retrouver son calme.
Il respire douloureusement, en proie à ses démons.
A sa vision d'elle sanguinaire et cruelle.
Lui il ne maitrise pas sa folie.
Chaque parcelle trop ouverte s'offre à Carmen, et la voit, l'absorbe, la modèle à l'image de ce qu'il croit.
Silence, il pose une main sur son bas ventre et se retourne, le visage fièvreux.






.....







....






"Donne moi ces vêtements...
Et arrêtes de m'éviter, arrêtes de me provoquer!!

Je t'ai vu !"
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Jeu 19 Juin - 21:50

Elle devrait sursauter. Elle devrait être affolée par ce changement de comportement, pas le haussement de ton, par les gestes tremblants. Mais pourtant, elle reste de marbre. Elle a peur, toujours à moitié. C'est énervant les moitiés de quelque chose, c'est comme si rien ne pouvait plus être vécu pleinement.
Elle devrait s'échapper. Il est effrayant, déviant. Que peut-il bien voir pour ne plus vouloir d'une robe, pour subitement tout vouloir cacher au point d'en oublier sa propre nudité? A-t-il oublié sa situation? Elle reste silencieuse, les lèvres pincées, opposée à cette emportement. Pourtant elle n'est pas réfléchie, elle est juste perdue. Comment s'adapter? Elle est suffisemment éloignée de lui pour voir venir un accès de fureur, mais pas assez pour ne pas être atteinte. Elle redoute cette folie. La folie, c'est contagieux?

Elle le fixe toujours, puis baisse les yeux, se perd dans les plis des vêtements, loin, trop loin pour être consciente. Trop loin pour réaliser le mouvement de ses propres lèvres, le changement de ton, la fuite malgré elle pour ne pas l'écouter, et l'écoute attentive de celle qui pourtant somnole dans sa prison en attendant l'heure de son réveil complet.


"Les miroirs sont effrayants."

Son bras se détend, les tissus glissent le long de la peau, sut le poignet, la main, retombent sur le sol pour rejoindre le tas de frusques balancé à tout va. Seul un tissu ocre aux lignes de citrouille préservée reste coincé entre les doigts repliés, comme des serres prêtes à saisir et à détruire ce qui pourrait par mégarde passer à sa portée à l'instant et...

... Et le tissu tombe à son tour, Carmen secoue la tête, remonte sa main vers sa tempe. Elle s'est égarée, elle a la migraine. Maudite fièvre. Elle plisse les yeux, les ferme, puis les relève en les ouvrant sur Yoshe. Elle ne comprend pas, les secondes précédentes n'ont jamais existé, elle poursuit comme si elle donnait la réplique pour la première fois depuis sa dernière phrase à lui. Elle ne comprends pas, la peur revient, plus complète cette fois. Elle lutte si bien, Carmen. L'autre elle ne l'entend plus cette fois.


"C'est... C'est faux. Je danse pour... Pour..."

Pour elle, pour les autres, pour faire plaisir et voir de l'émerveillement dans le regard des autres. Alors pourquoi l'émerveillement à un curieux arrière-goût d'horreur? Il l'accuse. Ce n'est pas une simple remarque, il l'accuse de quelque chose qui lui échappe. Elle n'aime pas ce genre d'accusation, elle qui ne ferait pas de mal à une mouche.

"Je n'ai rien fait de mal."

Elle refuse l'accusation, la dénigre, l'ignore maintenant. Elle n'a rien fait, rien de mauvais. Elle a juste voulu aidé, juste voulu être utile, être gentille. Jamais elle n'a fait le moindre mal, ou alors jamais volontairement. Elle s'accroupi à nouveau, réuni les vêtements qu'elle avait laissé tombé, oublie la robe comme elle a oublié la voix. Elle serre le manteau, le châle les pantalons et les chemisiers. Puis docile, elle les tend puisqu'il les a demandé

"Je n'ai rien fait!"

Rien du tout. Elle n'est pas responsable du délire de l'autre. Elle est juste une petite bête effrayée et lui un grand méchant loup. Le rôle du petit chaperon ne lui va-t-il pas à merveille maintenant? Elle est plus convaincue, ses mots mêmes avaient été prononcés avec plus de force, plus de détermination. Elle accuse en retour, de fausses preuves, plisse les yeux comme rejetant la culpabilité sur l'autre, sur lui. Il doit être pire, tellement pire qu'elle. peut-être même pire que la voix, qui sait!

*Hahaha...*


Elle n'entend pas. Elle ne tend plus les vêtements mais les lance doucement, les laisse retomber contre Yoshe, à portée de main, portée de ses délires qu'elle préfère éviter. Mais la sensation d'ironie perverse demeure et s'étend. Quelqu'un rit quelque part, mais elle ne sait pas qui. Elle relève les yeux vers le plafond. Peut-être une autre personne était entrée dans le manoir? Elle l'entend à peine, diffus, endormi, perdu entre les murs de l'édifice, à moins que ce ne soit plutôt ceux de sa conscience? Elle n'écoute plus, de toute manière c'est bien trop loin pour l'atteindre elle, et lui. Alors elle revient sur lui, lui qui a dit l'avoir vu. Qu'a-t-il vu? Une image détournée de la réalité. Quelque chose qu'elle n'est pas, quelque chose qui n'a ni influence ni tangibilité. Juste une illusion.


"Il n'y a rien à voir."

Et elle-même ne verra rien non plus. Pas ces quelques instants d'égarement, et encore moins ces trente années de plaisirs malsains. Parce qu'il n'y a rien à voir, elle n'est pas coupable, sauf d'avoir toujours voulu vivre. Ses bras se replient, se posent sur ses genoux, enserrent son propre ventre. Accroupie, recroquevillée, elle attend la fin de l'orage, et le commencement d'autre chose.
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Ven 20 Juin - 15:16

Du bruit à nouveau, des parasites, dans ce qu'elle dit. Yoshe ne bouge plus, il tient sont paquet de fripes comme un nourrisson emmailloté contre sa hanche.
Elle nie.
Elle nie tout en bloc.
Et lui sait qu'elle ment, et qu'elle continuera de mentir aussi longtemps que possible.



" tu n'as rien fais! Tu n'as rien fais!
Voyez vous ça!

Tu auras beau faire pour me cacher ce que j'entends, ce que je vois, ça n'y changera rien. Je te la montrerais ta Défigure, hein, c'est comme ça que je l'appelle ta Défigure et tu verras qu'il y a à voir, je vais aller te la chercher.
Et je vais vous recoudre."



Tasse, taque, essuie ses paumes moites quand elle laisse échapper les vêtements qu'il lui a trouvé, elle le rejette.

Les vêtements s'évasent doucement sur le sol avec un petit bruit léger. Dans la lumière vacillante le taffetas orangé chatoie, soyeux, comme une pêche, acide comme un agrume, dans sa main délicate et sure d'elle l'image suspendue de cette robe vide qui pend dans les airs comme un cadavre désossé.

La salive de nouveau lui envahit la bouche, un frisson lui parcourt le dos à regarder sa main immobile, statufiée comme une Madonne qui ouvre son manteau.



"Ne me.. provoque pas... Je t'avais dis de ne pas la prendre cette robe et tu l'as prise quand même !"


D'un geste gracieux elle la laisse s'échapper, libère son offrande, celle qui devait l'honorer à ses yeux, celle qui lui irait à merveille s'il ne craignait pas qu'elle réveille une ancienne folie
elle lui irait si bien... oui bien trop bien cette robe à l'organza évanescent et aux plicatures lourdes.
Lester son corps pour qu'elle ne s'envole pas.
Brider son corps pour qu'elle ne l'ensorcèle pas.

Son visage vire au rouge, quand il la voit tomber sur le sol au ralenti, un appât gâché. Dernière image avant la sortie de route

"Ne me cherche pas..."

Sa madonne se laisse glisser au sol, elle l'ignore, ses mots elle ne les saisit pas, elle l'abandonne, indifférente, précise, cruelle, dédaigneuse et cet air faussement affecté
tout ce qu'elle fait elle le fait avec calcul, mais un calcul intérieur, celui de la victime qui obéit à son bourreau,
cette partie qu'elle étouffe.
La Belle de jour se referme, recroquevillée, les mains encerclant son ventre.

Pas question qu'il la laisse faire, et qu'elle disparaisse, non, ce qui doit émerger émergera avec lui, devant lui.
Il sera à ses côtés.
Il se jette en avant, il l'attrape, abandonnant son petit paquet, il la redresse, la secoue, dénoue les bras fermés, attrape la chevelure brutalement, à pleine main, arrache barrette, élastique, ces choses bâtardes,
si délicatement,
tire la tête en arrière , bascule le menton, la plaque contre lui, l'acculant contre le mur.
Il la tient ainsi debout, épousant la surface lépreuse de la cave, saisit le bustier étroit qu'il fait craquer entre ses doigts.

Brutal et délicat, bestial et tendre, venimeux et fragile.



"Tu la voulais cette robe, tu vois que je l'avais bien choisis, mais on ne va pas la mettre maintenant, permets moi de faire ton habilleuse Carmen, tout ira bien, on va se laver, on va sortir de ce trou à rat où nous n'avons plus rien à faire, on va sortir parce qu'on étouffe ici tous les deux, c'est pas un endroit pour nous,
on est bien trop nombreux"



Vivement il déchire le reste, crevant la gangue du fruit savoureux qu'il convoite.
Mais pas de cette manière là.. non pas de cette manière de rustre et elle le sait, malgré elle.


"Oui tu vas la mettre cette robe et me laisser venir et chercher ta compagnie toute entière, je te veux toute entière Carmen, fais moi au moins l'honneur de ne pas me prendre par pour un de ces sales petits cons, de ces dégénérés qui se laissent séduire et dépouiller... si je dois finir comme ça je ne serais pas le seul. Je t'assure que je te rendrais coup pour coup. Et je ne te cache rien, tu vois, rien de tout ce qu'il y a de plus atroce et de plus souffrant en moi. Prends. je sais ce que tu veux. prends. Qu'est ce que tu crains, laisse la aller à sa guise....

Ta laideur, toute ta beauté...

on va sortir tous les deux, comme ça, ça fait des heures que je me balade à poil avec toi et maintenant tu vas l'être aussi, à égalité, pour que tu ne t'enfuies pas et puis pour que tu te montres.

Fais moi regretter ces paroles, j'aimerais tellement être en deçà de la vérité.

Tu vois je ne supporte plus les mensonges, toutes ces choses superflues, ici je n'ai connu qu'un seul être capable de ne pas mentir, et je l'ai abandonné.

Je veux être dans la vie, tu sais ce que je veux dire, le nu de la vie, et tu vas m'aider. Je t'y emmène. C'est là qu'on la trouvera si elle n'est pas morte."



Il ne lui laisse pas d'espace pourtant il ne veut pas lui faire de mal il voudrait sans doute vivre intensément quelque chose avec cette femme. Quand il la sent contre sa peau c'est la grise qui se glisse contre lui. Quelque chose se met à saigner à l'intérieur.



"Ne me prends pas pour... ce que je ne suis pas...
Quelqu'un m'attend.
Quelqu'un qui est comme toi, prisonnière d'un... comme.. un glacier...
Mais je ne suis pas mort.
Reste près de moi. Laisse moi rester.

Il y a des moments où tout dérape.
Mais c'est rien, ce n'est pas grave. pas grave. Qu'est ce qu'on pourrait bien encore perdre...?
Ne penses pas des choses inutiles... on n'a pas le temps pour ça."



Il la serre contre lui, comme s'il pouvait trouver une quelconque chaleur contre elle. S'éloigne. L'observe à la lueur de la lampe qui faiblit.



"Prends ce que tu as trouvé et Viens.
On va avoir l'air malins comme ça!
On y va. On court!
J'en ai rien à foutre de ce que renferme ce manoir.
Ce sont les êtres qui m'interressent, pas les choses !"


Un rire franc lui échappe, quelque chose s'est délivré dans ce contact d'elle.
Il sait maintenant, avec certitude, ce qu'elle est.
Il mouche la lampe et dans les ténèbres s'approche et lui saisit la main et souffle


"Viens, tu seras comme tu le souhaites, je ne te crains pas.
Alors, ne te crains pas toi-même."
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Ven 20 Juin - 16:41

Ce n'est pas un mensonge, pas pour elle. Comment se sentir coupable quand il ne reste aucun souvenir? Il ne reste... Pas grand chose, ou alors quelques vagues sensations de choses râtées, de choses qu'elle n'a probablement pas voulues. Est-ce donc un crime de n'être qu'une moitié de quelque chose? Ses mains ne sont pas tâchées de sang, ou alors elle ne peut simplement pas le voir. Elle serait donc l'aveugle dans la pièce? Possible. Mais comment comprendre ce qu'elle ne voit pas? Comment se fier à lui alors qu'il lui paraît si instable, si incertain. Non, il est certainement le plus lucide d'eux deux. C'est peut-être pour ça qu'elle se méfie, qu'elle ne lui fait plus confiance. Lui a-t-elle vraiment fait confiance jusqu'à maintenant? Sans doute même pas. L'ennui, c'est qu'elle ne peut pas avoir confiance en elle-même non plus. De deux maux, ne doit-on pas choisir le moindre? Non, elle n'a rien fait. Et malgré elle, la colère et l'injustice se glisse dans ses yeux. Elle le fixe, lui qui l'accuse, lui qui jusqu'à maintenant a fait le plus de mal. Lui le fou qui se promène nu et cherche la petite bête qui ferait mieux de rester en cage. Tout ce qu'il fait et mal, et peut-être qu'il n'en a même pas conscience. Certaines choses doivent restées endormies pour le bien de tous, et surtout pour son bien à elle.
*Je suis seule apte à choisir ce qui est mieux pour toi.*

Carmen est seule juge, la voix n'a rien à y redire, et lui n'a pas le droit de savoir où se situe le bien ou le mal dans ce qu'elle est. Elle sait juste qu'elle n'est pas ce qu'il dit.


"Il n'y a rien à aller chercher."

Parce qu'il n'existe rien. Elle peut s'en convaincre, ce n'est pas si difficile de se bercer d'illusions quand elles sont rassurantes. Et elle ne le laissera pas lui briser ses illusions protectrices. Elle ne veut pas être violente, elle n'est pas assez forte ni assez brutale. Mais qui sait ce qu'un animal blessé et effrayé peut faire? Elle veut juste la paix, un repos mérité entre ces murs qui l'apaisent. Peut-être même dans cette cave sombre et humide. Ici, c'est un peu comme chez elle, comme son territoire, son champ de bataille où elle gagne toujours. Mais l'armée adverse n'avait pas la violence de Yoshe, et surtout il n'y avait jamais eu de traître dans sa tête. Finalement, elle ne voulait plus de cette robe qui ne lui plaisait qu'à moitié. Mieux vaut ne rien choisir qu'une chose qui nous échappe. Elle est pourtant bien, recroquevillée, réchauffée par ses doutes sans qu'une autre personne ne s'immisce dans ses cas de conscience. Qu'il prenne ce qu'il veut, et qu'il s'en aille. Seulement il ne la laisse pas comme elle le veut tant.

Ce n'est qu'un gémissement plaintif qui lui échappe quand il l'oblige à se relever, elle secoue la tête, recule malgré elle, mais veut plutôt le repousser. Ses cheveux libérés, crasseux par la pluie et la boue s'échappent en tout sens. Contre toute attente, elle ne fait rien, figée, et la peur revient, plus forte, plus qu'à moitié. Elle s'affole, refuse. Le nombre n'importe pas, elle est assez et lui doit donc être de trop avec ses volontés, avec ses décisions auxquelles elle n'a pas vraiment participé. Alors elle essaye de se débattre, de le repousser. Seulement elle n'est pas assez agressive, pas assez hargneuse. Elle ne griffe pas, n'attaque pas, ne veut toujours pas faire de mal. C'est contradictoire, mais c'est comme ça.
*Appelle-moi et je le ferai pour toi.*

Mais elle ne veut pas.


"Non..."
*Appelle-moi...*

"Non!"

Elle ne veut pas de la robe, ni de la pluie, ni de lui. Mais elle ne l'agresse pas, il ne doit pas vraiment penser à mal, il n'a pas l'air de vouloir la détruire. Pourtant il la détruit et elle ne veut pas se laisser faire. Elle se renferme un peu, juste un peu pour ne pas avoir à sangloter, pour rester indifférente quand elle aurait préféré hurler. Mais qui l'entendrait?
*Moi.*

Personne ne l'entendrait. Il n'y a jamais eu personne et jamais qui que ce soit ne viendra. Il n'y a eu que lui et ses gestes qui lui font peur et qui pourtant ne l'effraie pas suffisemment pour qu'elle cherche à se battre. Si elle reste indifférente, peut-être que ça finira par passer. Elle baisse les yeux, détourne la tête, refuse de l'affronter. L'égalité n'est pas toujours une bonne chose. Il y a un ordre dans les valeurs et c'est important. Elle n'aime pas trop l'égalité, avec ça, tout le monde se prend pour Dieu. Et lui, pour qui se prend-il? Le bourreau, la brute qui pourtant joue la délicatesse. Il se prend pour tout, tout ce qui la menace sans vraiment la blesser. Tout ce qui la rend encore plus instable quand elle cherche à rester entière. Il maintient la moitié de quelque chose au lieu de la laisser prendre toute la place dans sa propre tête.
*Et comme les brutes, il ne sait pas que parfois le temps limite les blessures.*

Elle tremble quand il s'écarte, resserre ses bras sur sa nudité honteuse. Elle n'aime pas vraiment la nudité, pas plus qu'elle n'aime cette robe, et encore moins lui. Il est dérangeant, bien trop dérangeant pour être honnête.
*Je serai toujours là pour toi.*

Elle tremble un peu trop, elle ne veut plus bouger. Elle se sent sale pourtant, pire que la boue, pire que tout ce qui traîne dans la vallée. Elle ne veut pas vraiment bouger, pourtant elle glisse contre la pierre abimée, se griffe en partie le dos, se réfugie au sol pour tirer contre elle les frusques qu'elle avait choisi. Elle ne veut pas le suivre, pas vraiment. Mais elle a besoin de la pluie, cette pluie qu'elle n'aime pas non plus. Parce que seule la pluie peut la laver et l'apaiser. La fièvre vaut toujours mieux que la folie. Son rire lui semble affreusement décalé, presque faux. Alors elle se redresse, tenant serré contre sa poitrine les pantalons et les chemises, cachant le peu qu'il y a à cacher. Enfin les ténèbres la rassurent. Sans la lumière, elle peut relever les yeux, relever ses yeux qui ont perdu la peur et l'innocence. Un peu comme si le beau vert brillant avait terni, prenait une nuance plus sombre. Il lui prend la main, elle n'est plus qu'un automate qui suit. Et si lui ne la craint pas, il ne reste plus qu'elle.
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Lun 23 Juin - 14:48

La tenant toujours fermement il saisit l'énorme ballot de linges sous un bras, ramasse au sol deux paires de chaussures, qu'importe si elles sont de bonnes tailles ou pas, il veut sortir de là, avec elle, il rit encore seul doucement, heureux de quitter ce lieu sordide qui ne lui rappelle que trop les geôles de son passé, les salles où l'on passe à la question les récalcitrants ou ceux qu'on croient tels.
Dans l'obscurité ses sens s'aiguisent encore, il sent mieux le corps de Carmen se détendre, il la tire par la main, l'entraine dans le couloir, refermant la porte derrière lui, son corps pale et musclé rayonne dans le noir, elle marche machinalement quand il voudrait la sentir enthousiaste, heureuse d'être en sa compagnie.
Mais c'est impossible.
Elle le hait.
Mais qu'importe la haine.
Oublie ta haine
La gifle
Oublie qu'elle est indifférente.
Oublie.
Il se rapproche d'elle par moment, interrompant sa course, l'enlace doucement, comme un gamin, pour vérifier qu'elle est toujours là, s'écarte et court jusqu'à la porte.

Il n'a plus envie de parler. il a décidé de laisser faire.
Passe la porte qui donne sur le couloir douce sensation du sol, plus sec, la lumière éclabousse la nudité de leurs corps, mais c'est comme s'ils étaient invisibles, après quelques pas dans le grand hall la grande porte s'ouvre.


La pluie tombe drue, et froide dehors, il fait nuit, une nuit noire sans étoile, mais qu'importe pour ces deux là, il jette le paquet de linge au sol et l'entraine sous la pluie dessous le perron, quelques dalles marquent un chemin cabossé, là où ils n'auront plus les pieds dans la boue;

Elle ne dit rien mais lui non plus, il se contente de la mettre face à lui et lui frictionne le corps avec soin, ses geste sont précis, chaque parcelle de son corps lui est désormais connu, enfin la surface de son corps, il frotte la nuque et lui penche le visage en arrière laissant les ruisselets de boue s'échapper de sa longue chevelure vers le sol, libérant sa blondeur parsemée de mèches blanches.

Il sourit, tendre et affable à ses yeux noirs et de lui laisser prodiguer des gestes aussi simples qu'ils n'avait pas fait depuis si longtemps.

Son dos immense se cambre sous la pluie, chaque tache disparait, elle retrouve cette peau laiteuse et douce, terriblement froide.
Ses mains se posent sur son visage passe sur ses yeux, son front ses joues.
Il s'applique, et espère, pauvre reste d'homme, qu'elle le laissera achever.


Dernière édition par Chahîd le Lun 23 Juin - 18:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Lun 23 Juin - 16:34

L'enthousiasme n'est plus là. Il fuit, disparait quand la lumière prend le pas sur les ténèbres. Elle qui aimait tellement le noir. Dans le noir, on cache ce qu'on veut, on montre que ce qui doit être montrer. Dans le noir, on choisi de tout révéler ou de tout dissimuler. Dans la lumière, ce choix n'existe plus. Et malgré le départ de ces odeurs de morts, elle regrette la cave humide et sombre. Sa cave, sa scène. Dehors, ce n'est plus vraiment pareil. Pourquoi se sentait-elle si bien dans un environnement confiné, enfermée dans le noir, isolée du reste du monde? Elle devrait être enthousiaste à présent. Mais ses yeux se plissent, veulent se fermer quand la lumière extérieur lui frappe le visage. Ses mains sont prises, elle ne peut pas se protéger le visage, alors elle baisse la tête, ferme les yeux. Il la guide, et finalement elle n'a que lui pour lui montrer le chemin. C'est horrible et pourtant un petit peu rassurant. Il ne l'abandonne pas, c'est déjà ça. Même quand elle pense qu'il va s'éloigner, il revient, l'enlace, l'empêche de penser à revenir en arrière. C'est mesquin, c'est pour son bien. Pour leur bien peut-être.

Le son de la pluie lui revient enfin. Cette fois, elle ne la sent plus menaçante et mortelle, elle la sent salvatrice. C'est ça, cette eau qui l'avait réveillée la toute première fois. Peut-être qu'elle en a besoin plus qu'elle ne le pense. Elle n'entrouvre les yeux que pour voir sans vraiment regarder, juste pour savoir où poser ses pieds maintenant nus. Et elle voit, que finalement il ne fait pas si lumineux que ça. Dehors la nuit est tombée. Tout devrait donc être réuni pour qu'elle aille mieux, qu'elle sorte de l'indifférence, qu'elle mette un peu le nez hors de ses protections. Il laisse tomber son butin de frusques, et par réflex, elle resserre le sien contre elle juste une dernière fois, avant de se décider à l'abandonner aussi. L'air humide et froid lui paraissent subitement beaucoup plus présents.

Elle hésite, juste une fraction de secondes. La pluie lui avait fait quelque chose, mais quoi? Elle avait...
*Elle nous avait séparées.*

La pluie étouffe tout, il la tire, l'entraine et un frisson lui prend tout le corps. Ses épaules se haussent, elle libère ses mains pour entourer son propre corps, juste unpeu de temps, celui pour qu'elle s'habitue au froid, même si elle n'est pas certaine de s'y habituer un jour. Les gouttes d'eau laissent leur empreinte en chair de poule sur le corps de la danseuse. Quelle vilain froid, vraiment. Mais il la réveille, avec sauvagerie. Plus que Yoshe qui l'aide, la nettoie le temps qu'elle se reprenne pleinement. C'est difficile, mais ça revient, petit à petit, et ça repart, ça glisse avec la pluie. Ses gestes la réchauffent un peu, juste ce qu'il faut pour que le froid ne l'engourdisse pas. Ses lèvres tremblent, pâlissent à cause de l'eau, mais elle va bien, enfin. Une moitié va bien.

L'autre ne dit plus rien, elle s'endort peut-être. La pluie étouffe tout, et ses mains sur son visage la garde éveillée. Tout part avec l'eau, et c'est mieux ainsi. Elle s'y fait enfin, décroche ses propres bras, remonte à son tour ses mains sur son propre visage, repousse une partie de l'eau et le fixe, lui qui sourit, lui qu'elle voit si décalé. Elle le trouve presque tendre, et pourtant il lui fait du mal. En même temps il lui fait aussi du bien, C'est difficile, très difficile de faire un choix sur ce qu'il doit être à ses yeux. Alors elle les ferme, juste pour savoir. Elle ne veut pas le repousser, parce que maintenant il l'aide. parce qu'il est gentil, parce qu'elle ne voit plus la haine en lui. Elle avance juste un peu, penche la tête en avant, l'appuie contre l'épaule de Yoshe. Elle ferme les yeux très fort, chasse le noir. Seul le chant de la pluie lui parvient, et sa respiration à lui. Le reste parait bien silencieux tout à coup.


"Merci."

Pourtant elle ne devrait pas le remercier, lui qui essaie de la faire changer, lui qui dit voir ce qu'elle ne veut pas voir. Mais sous la pluie, elle va mieux maintenant. L'horreur de la cave s'éloigne aussi, les ténèbres prennent un sens un peu différent, toujours rassurantes, mais plus emprisonnantes. La fièvre lui parait loin, elle ne sent plus que le froid, mais elle frissonne moins, ne tremble presque plus. Elle s'y habitue, enfin. Puis elle recule, lève à son tour sa main, la passe sur son visage à lui, dans ses cheveux. La boue est presque entièrement partie, l'eau fait bien son oeuvre. La pluie fait tout toute seule et elle recule encore, se détache de lui. Elle ne sait pas si elle doit le haïr entièrement: Elle n'arrive pas à l'aimer, mais il l'aide, alors... Alors elle doit l'accepter, parce qu'elle n'a rien d'autre que son égoïsme à présent. Ses yeux pâlissent à nouveau, sont toujours ternis, mais le vert est de retour, faible mais présent. Perdue entre deux monde mais toujours pleinement maîtresse, grâce à la pluie qui lave ses yeux levés vers le ciel noir. Ses cheveux collent à son corps, mais elle n'a plus vraiment froid. Elle est juste froide, elle le sent sous ses propres doigts. Et lui?

Elle se rapproche encore, le touche, chasse un peu de boue de son bras à lui. Elle devrait lui rendre la pareille, mais elle craint de se brûler en l'approchant trop. Elle ne touche que du bout des doigts, jusque sur la joue, là où elle avait frappé plus tôt dans la journée, quand son propre geste l'avait horrifiée. Elle ne pourrait peut-être pas recommencé, elle n'avait pas pu, dans la cave. Et encore moins sous la pluie maintenant. Mais elle finit par pleinement reculer, là où les étoffes avaient été abandonnées. Elle lui tourne le dos, elle ne pense pas qu'il pourrait lui faire du mal sous la pluie. C'est peut-être une erreur, ou peut-être pas. Elle se penche, ramasse le gros châle. Avant de ne plus ressentir le froid, comme elle ne ressentait plus la fièvre, elle s'enroule dedans et s'abrite sous le porche.
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Lun 23 Juin - 19:03

Elle pose sa tête doucement contre son épaule, fragile comme une enfant, maigre témoignage d'une confiance naissante, il se plait à le croire en tout cas, la partie saine de Yoshe accueille Carmen quand Chahîd et la passagère noire qu'elle porte en son sein refluent. Pour le moment.
Eux ne feront confiance à personne.
Eux ils se feront sans doute la guerre et si ce n'est la guerre il se peut que l'un et l'autre renforcent leur désordre mutuel.
Mais qu'importe à Yoshe que Chahîd veille au grain et attende patiemment son tribut.
Carmen apaise Yoshe quand la grise enflamme Chahîd.
Quand elle s'appuie sur son épaule sa main presse doucement sa taille comme s'il allait la bercer, il tremble quand elle le remercie, son doigt glisse sur sa lèvre pour qu'elle se taise, mais elle s'est déjà écarté, il ne la retient pas, il écoute la pluie clapoter, ses yeux ont reprit cette couleur d'un vert indéfinissable, presque délavé comme si deux paires d'yeux ce superposaient dans le même regard.
Mais qu'importe.
Cette eau froide lui fait du bien, comme un bain de jouvence, pour la première fois il l'accepte, il renonce à l'hiver avec elle. Cette hiver qu'elle a oublié et qu'il oubliera pour le moment.

Elle se rapproche encore et du bout des doigt l'effleure, il sourit toujours à cette image brouillée par la pluie qui le ramène au temps lointain de son enfance. Caresse sur sa joue.
La gifle.
cette gifle.
oublie là pour le moment, oublie là.
Sa joue accompagne son geste.
Puis elle s'écarte encore, le laissant seul sous l'eau salvatrice, il se frotte, presque à s'en arracher la peau pour effacer toute trace de souillure, mais à quoi bon puisqu'il va devoir encore une fois de salir pour chasser. il ne peut la laisser mourir de faim, et lui, combien de temps tiendra-t-il encore à ce régime sans la brutaliser parce qu'il a faim?

Il se retourne pour l'observer, emmitouflée dans le long châle qui lui pend jusqu'aux chevilles, les cheveux répandus comme des algues autour de ses épaules. Les bras levés vers le ciel et le visage ouvert il semble attendre que la foudre l'incendie, secoue ses cheveux noirs de jais maintenant qu'ils sont propre et lui crie, pour qu'elle l'entende par dessus la pluie battante.



"Retourne au salon et attends moi, je vais nous chercher de quoi nous repaitre. Sinon cette bonne douche ne m'aura servit à rien. Tu vas m'attendre ?"
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Lun 23 Juin - 19:40

La chaleur revient aussi. La douche froide avait du bon, maintenant elle peut enfin espérer se réchauffer. Elle serre son châle, se blotti dedans comme un enfant l'aurait fait dans les bras de sa maman. Elle se retourne ensuite, juste pour voir ce qu'il fait, bras levés vers le ciel. L'eau lui fait peut-être aussi du bien. Du moins elle l'espère. Elle relève un bout du châle, s'en recouvre la tête, juste pour garder cette chaleur nouvellement acquise. Pour le reste, elle verra plus tard, à l'intérieur. Se sécher à côté de la pluie ne l'aidera pas. Il faudra un endroit plus confortable, plus sec. Et un feu. Il était sans doute mort, celui du salon. Mais le raviver serait facile.

Et à manger? Elle ne sent toujours plus la faim. En revanche elle sent la fatigue, l'épuisement. C'est aussi un symptôme de la faim, ça, non? Depuis combien de temps n'a-t-elle pas mangé? Avant sa sortie, avait-elle mangé? Peut-être pas depuis un moment. Peut-être même que c'était pour ça qu'elle s'était effondrée près de la rivière. Peut-être que la faim lui avait fait tourné de l'oeil. Oui, mais pourquoi n'a-t-elle plus tourné de l'oeil depuis? Bonne question. Peut-être avait-elle plus de ressources qu'elle ne le pensait. Mieux valait s'en convaincre, au moins elle peut avoir une excuse, quelque chose pour se justifié. Quant au changement de saison, peut-être un mauvais tour de la vallée. C'est plus simple à croire, plus rassurant aussi, maintenant que tout est plus rassurant. C'est mieux, elle est enfin apaisée.

Il lui a dit de rentrer, de retourner dans ce salon, là où ils étaient montés un peu plus tôt, là où se trouvait ce feu qu'elle convoite. Mais lui? Chasser, c'est une bonne idée. Mais seul, sans arme, comment comptait-il s'y prendre? Il pleut, il fait froid, il ne doit pas y avoir grand chose dans les parages. Pas grand chose à part... Une main émerge de son gros châle, remonte jusqu'à sa tempe. Comment faisaient-ils déjà? Ah oui. Carmen ne chassait pas toujours, elle faisait aussi juste le tour des petits pièges disposés dans la forêts, là où les petits animaux se prenaient régulièrement. Lapins, oiseaux, rongeurs... Tout pouvait servir, il suffisait de savoir où étaient les pièges. Mais une saison est passée. Les pièges sont-ils toujours au mêmes endroits? Elle ne sait pas. C'est embêtant. C'est de la nourriture facile à condition de savoir où elle se trouve. Elle fronce les sourcils, cherche le signal qui était prévu pour retrouver les pièges. Il y avait toujours un signe, pour que le suivant les retrouve dans les feuilles d'automne qui recouvraient le sol. Ce signe est-il encore valable au printemps? Encore aurait-il fallu que le même principe soit toujours effectif aujourd'hui. Peut-être même pas.


"Il doit y avoir des pièges dans la forêt, ceux faits pour attraper des petits animaux. Peut-être y en a-t-il toujours. Il faut bien regarder au sol et..."

Et impossible de se rappeler comment ça fonctionnait. Pourtant elle en avait ramené régulièrement ces deux dernières semaines, ou plutôt ces deux semaines qui avaient précédé les trente dernières années. C'est très certainement inutile. Sa main retombe sous son châle, elle ne sera d'aucune utilité alors que lui... Lui il fait tout pour les aider tous les deux. Heureusement le printemps apporte aussi plus de choix. Quelques baies peut-être? Des racines accessibles, des plantes nouvellement nées et comestibles. Mais elle n'y connait rien. Elle ne sert vraiment à rien. Mais au moins il y a une chose qu'elle peut faire.

"J'attendrai."

C'est peu, tellement peu. Mais elle ne saurait rien faire de mieux. Elle se penche, ramasse une partie des vêtements, ceux qu'elle pourra mettre, et pousse un peu plus au sec ceux qui serviront à Yoshe. Puis elle se glisse dans l'ouverture de la porte, lui jette un dernier regard, et disparait finalement à l'intérieur.


[HJ: J'ouvre directement un nouveau sujet dans le salon pour ton retour de chasse?]
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MessageSujet: Re: Fuite ou rédemption?   Mar 24 Juin - 10:34


Il la regarde disparaitre, ombre furtive dans l'entrebâillement de la porte, emmitouflée dans le long châle comme dans un linceul, un vêtement de deuil.
Quand il n'entend plus ses pas, c'est à cet instant que la bête qui sommeille en lui peut enfin donner libre court à ses pulsions, sa violence, libérer ce qu'il contient.

Il disparait à son tour, nu parmi les feuillages, il ne cherchera pas de pièges, ceux-ci lui sont parfaitement inutiles s'il agit sans témoin, non, c'est à l'affût de sa proie prochaine qu'on pourrait le surprendre.
Celle qu'il partagera avec elle.
Qui posait des pièges comme une vulgaire humaine ou quelque chose d'autre qui ne ressemble en rien à une chimère....

L'appel du sang aussi fort que l'appel de la chair ne l'a pas quitté, enfin libre il sait les débordements auxquels elle ne doit pas assister.



Ne dit-on pas qu'il n'est pour l'homme, à certaines époques de rage, de famine et de peur, que deux façons d'échapper à l'ennui :
la poursuite des bêtes et la caresse des femmes.

L'une et l'autre tellement liées au même désir de leurs rites, infiniment complexes, finissent par présenter de fortes ressemblances.
Les grands traités de vènerie côtoient les premiers romans d'amour.

L'homme est au centre de ce cercle.

Son appétit et son appel.
Mais tendu vers l'une et l'autre proies, si défait d'impatience, et lancé à cette coure sur les traces du vent, qu'il finit par disparaitre: enseveli sous des branchages, au cœur de maint taillis, ou étendu dans l'herbe haute comme égaré au labyrinthe de cette homonymique coure qui, défiant sa hâte, le mène peu à peu vers l'amante.

La chasse n'est qu'une longue et complexe métaphore de l'amour.
Quand le meurtre et la cruauté se rapprochent du rapt et du viol chimérique.
Chahîd se laisse éduquer par Yoshe.




On dit du cerf qu'à la saison du rut, sa vie n'est plus qu'un abandon à la fureur:
dans les sous-bois, on le voit qui soudain surgir tout essoufflé au terme de longues courses, puis insatiable saccager de ses bois les troncs des arbrisseaux, se ruer aux halliers, fouir le sol en geste de désespoir.

C'est au même temps que l'homme l'attend, et à la même clairière que, remâchant ses souffrances d'amant, il guette l'instant de sa charge.

Poursuite de l'absente, désirable, fatale, biche ou proie, femme ou victime: ils mènent l'un et l'autre leur chasse; et ainsi se partage le territoire armé, touffu, hérissé des forets où se rejoue le drame.

De l'homme tapi et de la bête en rage.
Et peut-être plus encore de cette illusoire femelle, vaine proie, bondissante entre aperçue dans un rai du couchant, si agile et à céder si rare....


Chahîd a prit le pas sur Yoshe pour chasser pour sa belle, puisque Yoshe aime Carmen, comme Chahîd aime Mirahil.
Mais le premier l'ignore quand le second le cultive.
Scindé.
Partagé.
Affreusement torturé, après avoir quitté Carmen il a fuit, pris par cette rage animale qui engendre chez lui le désir, et la pulsion du meurtre.
une seule chose l'obsède, la revoir, la combler.
Et les deux faces de son être combattent côte à côte dans cette unique perspective.

Chahid contre Yoshe, la bête contre l'humain pourtant réunis momentanément.
De la voir disparaitre sans lui l'a rendu fou. Lui, l'éternelle victime d'un désir qu'il n'aime qu'inassouvi.
Fou, de peur, d'angoisse, de désespoir de la perdre, elle aussi.
C'est la rage qui le fait tuer à nouveau avec cette idée unique.
La revoir.
La posséder.
La retrouver.

Vite!

Le cadavre du cerf sur l'épaule, dégoulinant de sang, il revient vers le manoir.
espérant... soulagé, déjà presque soulagé oui, par ce poids qui pèse sur son torse baigné de liquide vermeil.

Bruit du cadavre qui s'étend dans la boue, il s'agenouille et d'un coup de dent sous la gorge qui vient prolonger celui qui donna la mort par suffocation, il écarte les chairs tuméfiées, il longe le torse, déchire le plus proprement possible, jusqu'aux entrailles qu'il vide sur le sol et cache dans un trou, puis il tourne le mort vers le ciel, que la pluie remplisse son office, le frotte, le soulève et de nouveau le lave à grande eau.

Il faudra une lame tranchante pour le dépecer.

Puis il dépose son butin sur le pas de la porte et retourne sous le flot nourrit de la pluie, frottant ses membres tachés rouges recouverts de sueur.
Bain frais et vivifiant d'après la chasse, avant la coure, toute aussi épuisante.

Il entre sous le porche, saisit un long manteau poussé en tas près du mur, y enroule le présent qu'il réserve.
Le cerf étrangement fagoté semble mendier la pitié de son bourreau ainsi vêtu.
Lui reste nu.
Saisit le reste du linge sec et gravit les escaliers.


Qu'est ce qu'il espère au juste.

Qu'elle comprenne.
La chasse.
et le désir.

Que la chasse n'est pas un meurtre gratuit et le désir la jetée abrupte de son existence sur le temps implacable de la Vallée.
Mais surtout cette chose affreuse qui le fait atrocement souffrir quand elle se tait.


[direction le petit salon]
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