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 [Forêt] Tic, tac, tic, tac...

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Kàxo
La Goulue - j'ai des tas de choses dans ma culotte...
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MessageSujet: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Ven 22 Aoû - 17:47

[Open space]

Il y avait le froid.
Il y avait la pureté.
Cet homme.
Ces bêtes.
Il y avait toi.
Il y avait moi.
La peur.
La confusion.
Il y eu l'horreur.
Il y eu l'incompréhension.
Puis le néant.
Suivit l'éveil.
La tiédeur.
Les verts.
Reste le vide.


Assise au pied d'un arbre, sans doute centenaire, il y a cette fille. Les jambes ramenées contre son corps qu'enserrent ses bras fins, le menton posé sur ses genoux. Les yeux dans le vague elle fixe le sol. D'innombrables choses transparaissent dans ses yeux clairs, mais ce qui frape en premier, est la détresse que ses pupilles hurlent.

Alice courrait dans la neige à la poursuite de l'homme à la peau de bête. Tic, tac, tic, tac.

Paumée, totalement paumée. Je sens toujours la morsure de la neige glacée sur ma chair. Mon souffle encore court de cette cavalcade. Stigmates.

Ses pieds nus, à cette fille, crasseux, grattent, creusent la terre imbibée d'eau. Ces pieds délicats, à l'aspect de ceux d'une souillon, Cendrillon, désireraient s'enfoncer dans les entrailles de la terre. Ne serait-il pas merveilleux que ce sang rougeoyant deviennent sève, et que chaque ridicule orteil s'étende en puissante racine?


Elle a trébuché, chuté, et lorsqu'elle c'est relevée, l'homme aux yeux clairs avait disparu.

La chaleur de son corps, à cet homme dont je me souviens sans pouvoir y rattacher quoi que ce soit de tangible, est encore présente dans mon cœur. Absence.

La robe qu'elle porte, cette fille dont on ne saurait dire si elle est jolie ou laide. Cette robe qui par le passé avait du être d'un blanc immaculé, est à présent souillée,entre autre ça et là par quelques taches de sang séché. Cette toilette autrefois, sans aucun doute d'une grande élégance, ce trouve déchirée à plusieurs endroits.


Tic, tac, tic, tac. Il laissa place aux bêtes, hideuses, affamées, envieuses.

Je vois encore leurs mines affreuses, à ces êtres, ni hommes ni bêtes. Je ne sais toujours pas s'ils sont issus de mon imaginaire, protagonistes d'un affreux cauchemar, ou bien si la réalité elle-même c'était emparée des atours d'un épouvantable songe. Mascarade.

Les boucles blondes, qui consciencieusement coiffées, orneraient harmonieusement le visage, de cette fille, perdue. Ces spirales sont anarchiques, désordonnée, donnant à la fille un air de sauvageonne. Cette jeune femme, qui on le voit, on ne peu en douter, pourrait, aurait pu, être belle, mais qui là, ici, en cet instant, à l'aspect d'un animal misérable et désorienté.

Tic, tac, tic, tac. Ils laissaient place à un abîme épais. Puis vint la lumière. Serait-ce le pays imaginaire?

Tous ces souvenirs à peine palpables, aussi fugaces que la vie d'adulte d'un heptageniidé, n'ont dès lors plus aucune consistance. Je n'arrive a reconstituer le puzzle avec les pièces dépareillées que je possède. Amnésie.

Tic, tac, tic, tac.

Il y a le calme.
Il y a l'humidité.
Cette odeur de bois mouillé.
Ces fleurs nouvellement écloses.
Il n'y a que moi.
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Violante
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Ven 22 Aoû - 21:03

Il y a ces yeux qui hurlent.
Et qui appellent, un chant désordonné, un chant sans musique que la femme bête entend. Une détresse envahissante, qui pénètre dans le cœur de Violante. Violante qui l’entend, de loin, si loin.
Ses pas nus déjà s’approche de la femme, la boue les enrobe et la pluie les lavent mais à chaque pas revient le sale, le propre. Tout se mélange et se harcèle.
Il y a une femme qui a mal, une femme qui souffre, Violante s’approche pas par curiosité juste parce qu’elle a entendu l’appel. L’appel du vide.
Un appel semblable au sien. A ce vide qui trône là où vivait Léa. Violante regrette la courbe de son corps blanc, écailleux, sa beauté froide et sa fragilité de glace illusoire.


Il y a ces yeux qui hurlent.
Un peu comme les siens, un peu comme son corps. Comme sa voix qui s’est tue. Comme ses pensées vides. Il y a un monde à repeupler. Un monde. Ses yeux marron, avec de si petites pupilles, une absence presque totale de colère. Juste un vide à rompre.

Les pieds grattent le sol, un bruit désagréable, insupportable, détestable, la chimère l’entend de loin et s’agace. Mais le hurlement la laisse tranquille, comme si dans la douleur de l’autre, sa solitude, elle voyait l’écho de les siennes.

Elle avance, pas à pas, sans bruit. Le moindre bruit lui est douloureux. Elle avance sans beauté, sans haine. Elle avance avec la finesse d’une bête tout en restant humaine.

Ses yeux voient les boucles désordonnées et sourient. Ils voient la beauté de la femme démunie de tout, une mendiante, une gueuse sur le chemin. Comme elle. Elle voit l’absolue liberté qu’elle possède. Elle pourrait détruire cet être comme les autres, elle pourrait le donner aux bestioles immenses. Elle pourrait la saisir dans ses bras et l’emmener chez les hommes.
Ce serait si simple. Mais sans défi, sans haine, sans cause, ni conséquence.

Comme un insecte attirée par la lumière, elle s’approche du vide, du néant pour voir si le gouffre à une fin, si le trou se ferme en un endroit. Ou s’il reste béant.

Léa s’éloigne déjà, ne laissant qu’une écaille : sa mémoire, sa promesse. La mort ne semble qu’une lointaine amie, qu’un désir même. En attendant elle va vivre, vivre. Il y a cette femme là : qui ne semble plus vivre comme si son cœur n’était qu’une faible lumière. Un peu comme Acacia, même si ce n’est pas Acacia. Son visage lui rappelle quelque chose vaguement, elle ne sait pas encore qui, quoi.

Il y a cette femme là.
L’humidité, le froid.
Qui tremble, il fait si froid.
Il y a cette chimère là.
Qui instinctivement choisi de passer ses bras dans les siens, d’enrober la femme dans sa propre chaleur. Dans son feu brûlant mais doux.

Si elle arrivait à se rappeler, elle saurait pourquoi son instinct dicte de réchauffer la femme.
Car cette chimère, elle la vu, différente, transformée, morte.
Elle la vu marcher comme une zombie avant de tout perdre. Pour l’une la mémoire et l’autre l’espoir.
Tout perdre …
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Kàxo
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Dim 24 Aoû - 21:50


On vient.

Elle l'a vue arriver, ou bien sentie. Oui, cette fille pitoyable, assise au pied d'un arbre, cette enfant abandonnée, a perçue qu'on venait à elle, bien avant qu'on ne soit à sa portée. Pourtant la jeune femme blonde n'a pas bougé de son siège boueux.

Des bruissement de feuilles, des pas pénétrant la boue. J'attendais un signe, une présence, avec appréhension et espoir. Mais alors qu'arrive ce que je n'attendais plus avec autant de ferveur, je ne peu me mouvoir. L'inquiétude peut être, ou bien la peur. Même si je ne sais pas si j'ai des raisons de redouter quelque chose, quelqu'un. Le tissu de mon esprit est élimé...


Tue la si tu le désire.
Elle le souhaite plus qu'elle ne veut l'avouer.
Tue la, oui, mais vite.
Violemment.
Avec grace.
Avec passion.

Les yeux clairs de la fille se ferment. Son cœur ce serre, palpite, bas fort dans sa frêle poitrine. Elle attend, désire la lame, en ressent déjà la froideur qui précède la brûlure.

Aimez-moi une dernière fois.

Une chaleur toute autre surprend la femme déçue. Une chaleur épaisse et apaisante. Une peau douce entre en contact avec la sienne. Elle ne fuie pas, au contraire, elle s'engouffre dans cette étreinte inattendue, passe ses minces bras autour du corps de l'autre, et serre fort. Sa tête va s'enfouir, ce cacher contre cet autre, et malgré elle, de grosses larmes coulent, coulent, ne voulant plus s'arrêter.

J'ai beau ne pas savoir qui je suis, ni d'où je viens, une chose est sure, me donner en spectacle comme en cet instant n'est pas dans mes habitudes. Certes ça fait un bien fou, je me sens délesté d'un poids, mais ce n'est pas une raison pour continuer à m'abandonner de la sorte. J'ouvre grand mes yeux couleur ciel. Sans hâte, je recule mon buste, j'ôte mes mains du corps de l'autre, qui, je le découvre maintenant, est une femme. Un sourire vient se figer sur mon visage humide. Un sourire comme un remerciement à cette inconnue.

Le face à face entre les deux femmes s'éternise. La blondinette chagrinée, trop perdue, n'arrive pas à ordonner son esprit, ordonner ses pensées.


«Salut vous! Je me suis égarée, je sais maintenant que je ne suis pas en train de rêver, mais putain, je crois bien que j'ai perdu le fil de ma vie.»

Je me lève d'un bon. Des fourmis dans les jambes, des cafards dans mon cœur. Lorsque je bouge, ça fait ploc, ça fait splach. Je grimace à cause de l'humidité que je sens au niveau de mes fesses. La pluie, qui s'insinue jusque dans le moindre recoin de ma carcasse. Je passe une main sur mon derrière.

«Voilà, je suis bien maintenant, les gens vont croire que je me suis pissée dessus. Vraiment, j'ai l'air d'une SDF. J'aimerais bien qu'on me dise ce qui m'est arrivé! Merde!»

Les derniers mots elle les à laissé sortir de sa bouche comme un cri de rage. La colère est apparue en un instant, comme une habituée, en terrain conquis.
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Violante
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Mer 26 Nov - 17:51

Violante aime la blonde. Comme jamais sans doute elle n’a été aimé. Comme jamais sans doute elle ne le sera. Avec cette force brute qui n’appartiens qu’à elle. Avec cette force brûlante qui la lie à l’enfant perdue dans ses bras. Restera-t-il de cet amour des braises ou des cendres pour les rechauffer ? Sans doute pas. Un amour parfait, iréel qui ne tiens que l’instant d’une étreinte, l’instant d’une froideur contre son corps, l’instant d’un rêve glacé, d’une mémoire, d’un passé si loin où elle s’appelait Jasmin.
Violante l’aime comme elle aimerai son cœur d’humaine, de chimère, avec toutes ses perfections et tous ses défauts. Sans se soucier de rien d’autre que de cet amour, quelques secondes en dehors de tout esprit scientifique, en dehors de toute loie humaine.
Puis la femme l’écarte et lui sourie, d’un sourire merci, d’un sourire sans vie sans couleur. Parce que sans doute c’est ce qu’il faut faire, car dans les yeux de la femme il y a une tristesse bleue. Une tristesse sans limite, parce qu’il n’y a rien pour tout retenir, ni une barrière douce, ni même le refuge d’une identité précise. Perdue, sans amarre, dans une galère faisant route vers l’esquif.

Violante détourne les yeux regarde le monde et sa pluie, sens l’odeur de la boue, surveille Hollow Dream, se concentrant un instant sur l’ailleurs pour que rien ne trouble la petite fille et celle plus vieille qui sommeille. Celle-ci se reconstruit, doucement et ses yeux changent vieillissent durcissent. Les mots sortent en vague de couleurs, sans qu’elle ne puissse définir encore, si la nuance est belle ou si elle se grise déjà. La blonde se relève, d’un jet, grince des dents et attaque des mots. Déjà la colère monte. Violante y réagit comme une bête, ses traits se durcissent, son corps s’embélit, ses instinct l’emportent sur tout. Des ombres sur son corps l’éloigne de la réalité. Elle n’est plus humaine, elle n’est plus de ce monde. Un peu de vapeur se dégage de son corps, l’auréolant d’un brouillard léger, à peine sensible.

Pourtant Violante se calmera, parce que les mots viennent après à sa raison. Son visage redeviens plus humain, sans que sans doute l’humaine ne puissse comprendre pourquoi ses traits semblent en mouvement continu alors que la rousse est immobile, laissant coulée l’eau sur son corps en vague de douceur froide.



« Une maladie, pire que la mort, c’est abatu sur la vallée. De nombreuses personnes on perdu quelques instants de leur mémoire. »


Une vérité, un mensonge, un peu des deux. Elle oublie de dire beaucoup, elle s’empresse de dire un peu. Violante fait la part des choses, coupe en deux le poid, laisse à quelqu’un d’autre la colère et la haine de la chimère. Parce que la blonde n’est pas Léa, parce que personne ne sera Léa parce que seule Léa pouvait rester auprès d’elle, parfaite opposée, dame de beauté froide, gelée, cristallisée. Violante a vu la chimère mais le taira à l’humaine. Quitte plus tard à jouer de sa colère, à s’amuser de sa haine si celle-ci la retourne contre elle qui la mentie.

La blonde est bien plus laide, tachée de son humanité, tachée de ces mots qu’elle arrache à sa gorge comme rempart. Violante ne l’aime plus autant. Il ne reste que des lambeaux de l’instant, suffisament pour qu’elle ne lui arrache pas son cœur, ne lui déchire par le corps. Pourtant elle imagine quelque instant. Ce qu’elle pourrait faire. Comme avant. Ce que ferais Léa. Elles deux sur cette femme, sourdes à ses cris, brûlante/gelée devant s amort.
Le tableau est magnifique. Mais ce n’est qu’un tableau.
Il y a eu la seconde, il y a eu l’instant. Et maintenant il y a le chemin. Devant, qui s’étire à l’infini.



« Les SDF n’ont pas d’aussi jolis yeux. »

La suite est une évidence. Les enfants de la rue deviennent des catins ou des junkies. Comme elle aurais dut l’être.
Mais cela n’a pas d’importance. Non pas d’importance, parce que là, lointaine, une odeur. Une odeur de sang, une odeur bestiale. Pas une chimère, non, pas de sa. Plus grand, plus fort. De cette espèce qui s’est repu du corps de Léa. De cette espèce dont elle ne peux, encore, avoir le dessus.



« Si tu veux vivre, il te faut courir. Courir vite et me suivre. »

As-tu entendu jolie humaine ? La chimère qui veille en toi la saisie peut-être. La bête est si loin tu ne peux comprendre. Mais la bête dans quelques instants peut être là.
A toi de suivre la chimère ou de changer de route.
Mais si elle peut de montrer le chemin, violante ne te portera pas. Elle te laissera parce que seul les forts ont le droit de vivre. Parce que seuls ceux qui ont du géant dans le cœur et dans le courage méritent son amour.
Si elle s’est trompée, tant pis, l’humaine sera perdue, ou non … Cela dépend de la bête et de son appétit.
Si elle a eu raison, alors Violante sera fière.
Fière de ses yeux qui hurlent et qu’elle ne connait pas.
Fière d’une étrangère.

D'un pas presque doux elle s'élance, déjà rapide. A peine suivible par l'humaine.
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Kàxo
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Mer 26 Nov - 23:58

En prenant place dans chaque parcelle de son corps, la colère tend les muscles de la jeune femme à l'allure chétive. Frêle même, c'est ce dont elle a l'air, mais cette apparente fragilité est trompeuse, fatale sans doute à qui pourrait s'y laisser prendre. Avant elle n'était pas si fragile, elle en porte encore les stigmates. Du temps où sa mémoire ne lui avait pas été volée, du temps où les choses appartenait à une réalité à laquelle elle n'arrive plus à accéder.

Les picotements et la chaleur accompagnant cette rage dont je ne soupçonnait pas l'existence me procurent du plaisir. Comme si cet état faisait partit de ma nature la plus profonde. Comme un nourrisson je souris à chaque nouveauté, découverte. Il me semble naître en cet instant et la sensation que cela me procure me fais oublier le chagrin ressentit plus tôt.

Sortant de sa contemplation narcissique la jeune femme observe cette autre, qui venu à elle, a tentée de l'apaiser alors qu'elles ne se connaissent pas. Mais concernant ce dernier point, la blondinette émet une réserve. Rien n'est moins sur. Sans pudeur elle détalle chaque détail de l'inconnue, comme on admire une toile de maître.


Tant de beauté dans se visage harmonieux.
Pourtant...
Tant de chaleur dans cette chevelure où vit un incendie.
Pourtant...
Tant d'aplomb et de calme dans ses yeux.
Pourtant...
Tant de sensualité émanant de ce corps.
Pourtant...

Je la trouve belle. Ses mouvements paraissent fendre l'espace sans le déchirer. Pourtant, imperceptible, une impression que je ne sais définir me laisse mal à l'aise. Il y a un je ne sais quoi chez cette femme qui fait froid dans le dos. Comme un message subliminal sonnant l'alarme.

Ce malaise renvoi la blonde à ses peurs, venu de son passé dont elle n'a plus le souvenir, mais qui est encré dans sa chair. Alors elle met ses mains derrière son dos, comme une petite fille bien sache, et regarde la rousse d'un air de chien battu.

Ça coute rien d'essayer, peut-être aura-t-elle pitié de moi, comme d'un chiot égaré, et me prendra sous sa coupe. Je serais fidèle, aimante, et docile. Je jouerais si bien la comédie qu'elle n'y verra que du feu.

Absorbée par ses pensées, l'élaboration de son piètre stratagème de survie, la jeune souillon ne voit pas les variations qui meuvent le corps de l'inconnu. Sans doute l'aurait-elle perçu, sa peur aurait grandit et elle se serait surement enfuie.

Enfin elle me parle, je commençait à me demander si elle n'était pas muette. L'entendre s'adresser à moi me rassure un peu, contrairement au contenu de son propos, obscurs, dont je ne comprends un traitre mot.


Tu me parle d'une maladie, mortelle?
Tu évoque une vallée, oui mais laquelle?
Tu parle d'autres, comme moi, amputés de leurs souvenirs.
Tu soulève plus questions que tu n'y répond.

Au travers tu glisse un compliment.
Comme pour faire passer la pilule.
Mais je ne suis pas dupe.
Je ne me laisse pas distraire par tes boniments.

La jeune femme se rend compte que de son regard l'autre la déchiffre, la juge, dessine son passé. Et ça ranime la colère que la frayeur camouflait. L'attise et laisse un goût amer dans la bouche de cette Cendrillon des bois.

J'étais sur le point de répliquer, de lancer une phrase bien incisive, histoire de lui faire ravaler son regard à cette femme. Mais elle ne m'en laisse pas le temps, me plantant là avec des mots, encore énigmatiques, avant de s'élancer avec une rapidité déconcertante.

Sans réfléchir, ayant sentit le danger dans l'intonation de la rousse, la jeune femme aux yeux couleur ciel se met à courir. Dans un premier temps sa course est ralentie par l'engourdissement de ses muscles. Puis rapidement, échauffée, elle cour avec une aisance pour le moins inattendu, et accélère sans pour autant égaler le rythme de l'inconnue.


Serait-elle pressée comme le lapin blanc?
Me mènera-t-elle au pays des merveilles?
Fuit-elle la reine de cœur?

Tic, tac, tic, tac...
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Violante
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Jeu 27 Nov - 19:08

Tic Tac Tic Tac Tic Tac.

Juste une question de distance. Il faut qu’elles soient loin, vite. S’écarter du danger avant qu’il ne soit là. Eviter tout affrontement avec ce qui est infiniment plus fort. Pourtant, pourtant ce n’est pas de cette force dont elle a peur. C’est plutôt un désir de ne pas avoir à combattre contre la Chose. Un désir mêlé de respect. Elle leur a donné le corps de la femme serpent, elle ne veut pas toucher à leurs cuirs, à leurs écailles. Pas encore …

La pluie calme le feu de ses cheveux. Rouges ils tachent la vallée, comme une trace, un chemin. Dame de l’automne dans son habit de princesse, elle fredonne un air tout doucement. Pour rester calme, pour ne pas avancer plus vite encore, pour pouvoir garder ses lames en elle, rester humaine au maximum. Elle n’était pas Alice, elle n’était pas le lapin blanc avec sa montre dans la main. Elle était l’horloge, elle était la peur d’Alice, son angoisse et son courage ; sa joie, sa vie et son étonnement. Ses sentiments démultipliés en un cœur hypertrophié, l’émotionnellement géante. Et la reine de cœur, c’est la bleue, la bleue qui n’est plus là, elle ne la fuis pas, elle aimerait se jeter dans ses bras, se jeter dans ses yeux, dans sa pureté. Sa reine de cœur, sa reine et le dernier amant qu’elle eut, le loup de la grande vallée des rêves, des cauchemars.

Violante est suivie. L’humaine est loin, elle entend ses pas comme s’ils étaient les aiguilles d’une horloge contre son oreille. Elle entend son cœur battre. D’abord si vite, tandis que ses pas sont trainants. Violante doute de l’humaine à cet instant. Elle semble bien faible, bien lente. Mais peu à peu le cœur se calme, les foulées deviennent plus grandes, plus rapides. L’humaine s’est échauffée, tous ses muscles suivent son effort.

Violante souriait, la femme n’était pas si faible qu’elle ne voulait le laisser paraître, elle avait juste voulue une protection, une barrière contre le flou. Un mensonge. Elle préférait l’image de l’humaine courant à perdre haleine, que son pâle reflet de pauvre petite endeuillée. Elle préférait sa force de vivre qu’à sa demande de survie.

Bien sûr elle aurait pu courir jusqu’à ce que peut-être la blonde tombe à terre, sans force. Elle aurait pu l’épuisée, pourtant ce ne fut pas ce qu’elle fit. Elle s’adossa contre un arbre, alors qu’elle avait pris un peu d’avance encore. Légèrement cachée par une branche, elle attendit de voir la belle. L’humaine arrivait déjà, elle l’observa, en silence. Pour saisir son visage avant qu’elle ne saisisse où elle était. Pour voir ce qui changerait dans son expression. Pour voir le sentiment qu’elle tiendrait, là alors qu’elle s’était effacé de sa vue et que ses jambes commençaient peut-être à hurler.

Puis, elle se déplaça, suffisamment pour que la fille puisse la rejoindre. Continuant de la regarder comme la blonde l’avait fait, avec la même impudeur. Fixement, comme le prédateur couve des yeux sa proie.



« Tu es encore là ? »


Elle était d’humeur calme et joueuse. Sa provocation n’en était pas une vraiment, une taquinerie pour tâter ce qui restait de la chimère en l’humaine. Un instant l’idée de la tuer là maintenant, de connaître la chimère cachée sous les traits innocents de la femme. Ses doigts saignent de cette pensée qui troue sa peau pour laisser passer ses lames brûlantes. Mais ce n’est qu’une idée et le sang est lavé par la pluie sitôt coulé, les lames ne sortent pas, elles restent bloqués dans ses mains, inexistantes, magie au creux de ses doigts.

Derrière le voile de la pluie luit au loin, un refuge, le refuge des hommes. Celui qui n’a jamais été le sien. Tout près du sien et de celui de son Accacia. L’humaine ne peut saisir la lueur encore, mais elle existe, là faible. Une chandelle, un feu au loin, à l’abri du vent froid qui fais trembler les branches, à l’abri de la pluie …

Serais-ce cela l’espoir ?
Pour Jasmin ce n’est que sombre et misère, poussière et fracas.
Son espoir à elle, il s’est enfui quand est morte sa protégée …
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Jeu 27 Nov - 21:34

Elle la poursuit. Pas comme l'on suit un guide, ni de la manière dont on piste sa proie. Mais il y a de ça dans cette cavalcade dont chaque muscle de la jeune femme c'est emparée. Son instinct c'est éveillé, laissant pour quelques instants son esprit tortueux en paix. Son esprit vide de tout, trop plein de ce vide.

Il court, il court, le furet
...
Il court, il court, le furet
...
Il est passé par ici
...
Il est passé par ici
...

Une curieux sentiment de bien être m'envahit alors que j'accélère encore. Je me retourne rapidement scrutant nos traces, et la présence du prédateur que nous essayons de distancer. Rien. Je m'étonne et m'interroge sur les intentions de la belle inconnu. Me demande si elle ne cherche pas à épuiser mes forces afin de...?

Il court, il court, le furet
...
Il court, il court, le furet
...
Il repassera par là
...
Devinez s'il est ici
...

La souillon regarde à présent droit devant, observe, la rousse qui se déplace avec une aisance anormale. La pluie finis de la tremper, mais au lieu de l'indisposer, la caresse des goutes sur sa peau lui procure du plaisir, tempérant le brasier de son corps.

Il court, il court, le furet
...
Il court, il court, le furet
...
Le furet est bien caché
...
Pourras-tu le retrouver?
...

Alors que cette autre, irréelle, s'immobilise, s'adossant à un arbre, je stoppe ma course à regret. La taquine se cache à demi derrière un feuillage, pensant que je ne la verrais pas, espérant peut être que je panique. Amusée, je reste immobile, à distance, le visage en feu je reprend mon souffle. Mon corps si vivant me fait mal, et c'est si bon, que je ne peu m'empêcher de sourire alors que l'inconnue me détaille.

La femme sort de sa cachette et la blonde hésite à la rejoindre. Elle se décide finalement lorsque la rousse s'adresse à elle, la défiant. La jeune femme aux yeux clair ne s'en chagrine pas, au contraire, la course l'a stimulée et son humeur à changé vers l'opposé. Elle la regarde avec malice, les mains sur ses hanches, confiante, l'écervelé.


"Non, non c'est mon hombre, elle t'a suivie, moi je suis là bas à planter des bégonias!!! Tu m'a pris pour Barbie ou quoi? Avoue que t'espérais que je ne tienne pas la distance et me vautre dans la boue!"

Je lui lance ça au visage, étonné par la facilité avec laquelle les mots ont quitté ma bouche. Je ne sais pas qui je suis, je ne suis personne, je suis tout le monde. Sans repère chaque chose est une découverte, et moi naïve, mais pas trop, je les accueille comme un présent.

"Il court, il court, le furet..."

Elle la toise du regard la coquine. Sourit toujours, espiègle. Oublie le danger, le trouble, la peur, la pluie. Elle oublie tout, enfantine, veux jouer, souhaite lâcher prise.

Tu n'a pourtant rien à quoi t'accrocher petite fille.
Non il ne te reste rien vielle femme sénile.
Tout est à découvrir, nourrisson.
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Violante
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Dim 30 Nov - 21:39

« Il est passé par ici, il repassera par là… »


Une voix qui chante, la sienne, comme avant. Elle s’est prise au jeu, dans le jeu de la blonde. Dans ses yeux, maintenant, brille une lueur, un soleil. Le monde en noir et rouge se recouvre d’or, par touche légère, par nuance. Un jaune pur, brillant qui ne se grisaille pas, qui ne se détruit pas. La pluie est un feu, une chute d’étincelles, d’étoiles. Elle a envie de jouer encore, longtemps. Elle ne sait pas comment cela marche comment cela se noue. Ce n’est pas si simple, pas aussi simple que quand on est petite fille et que rien ne nous empêche. Après on oublie, comme on oublie à quoi cela rime de vivre.

La blonde brille, de l’or dans les cheveux, de l’or dans les yeux. Elle irradie de son drôle de jeu avec la chimère. Allant au devant du danger, le cherchant même peut-être. Violante la dévore des yeux, imagine la pureté de son sang, la chaleur de ses murmures. Une chimère, elle n’était qu’une chimère. Une chimère émerveillée devant une humaine.



« Il repassera par là. »


Elle se répète, sa voix est plus grave. Elle s’approche tout doucement.

« Pour Barbie ? Peut-être … Il y a des barbies partout maintenant. Imagine un peu que tu sois, larmoyante, inoffensive, idiote ? T’aurais pu même rester là-bas, à piquer une crise et tu te serais fais manger. »


Sa voix est piquante, taquine elle suit les traces de la blonde.


« Et cela aurais été moins drôle, bien moins drôle, petit furet.»


Ses doigts s’emmêlent dans les cheveux blonds, tandis que sa main tiens le dos de la future chimère. Elle la fixe droit dans les yeux. Plongeant ses yeux devenu presque entierement noir dans le cristal de l'humaine.


« Imagine un peu, ton joli petit corps déchiré par les crocs du croco, du loup ou de l’oiseau ?
Imagine un peu tout ce sang dans tes cheveux.
Peut-être même qu’ils auraient été aussi rouges que les miens. »



Alors Violante se mit à rire, tout doucement. Laissant les cheveux coulés entre ses doigts. Relâchant tout doucement l’humaine. La chimère jouait. Comme elle jouait avant avec Léa. Sauf qu’elle ne pouvait pas jouer avec ses crocs, ni avec ses griffes, comme avant. Quand elle se battait comme de petites bêtes, comme des enfants roulant à terre. Non elle ne pouvait pas, le furet était fragile, elle ne s’était pas encore décidé à attenté à sa vie, Violante restait encore indécise quand au sort qu’elle lui réservait.

Une Chose est sûre, fini les faux semblants, elle ne siat pas mentir, elle n'a jamais vraiment appri.


"Alors petite humaine, à quoi veux-tu jouer maintenant ?"


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Kàxo
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Mar 2 Déc - 18:53

De sa voix qui coule comme une mélodie acidulée, l'autre poursuit le jeu. Alors les environs se teintent de couleurs chaudes, la pluie se fait caresse et la jeune femme aux cheveux clair s'abandonne. Elle ne cherche plus de réponse, oublie ses questionnements. Son regard brille de cette innocence perdue que seule son amnésie lui permet de reconquérir.

Des verts: Véronèse, chartreuse, tilleul...
Des orangés: abricot, melon, saumon...
Des jaunes: impérial, nankin, ocre...

Le regard de cette femme m'enveloppe, comme une étreinte. Son regard, troublant, plein de force. La peur évincée, je plonge mes yeux dans les siens, l'affronte, la provoque alors qu'elle continue de jouer. Je ne peu pourtant m'empêcher de me demander où tout ceci me mènera. Car assurément il viendra le moment où les couleurs criardes deviendrons aquarelle, puis nuances de gris.

Des rouges: sanguine, fraise, vermeil...
Des bleus: aigue-marine, bleuet, Klein...
...

Soudain la voix de l'inconnue change alors quelle avance lentement vers la souillon. De musicaux, les sons sortant de la bouche de la rousse deviennent plus durs, alors la jeune femme aux yeux éblouis par les couleurs que son imagination à posé tout autours d'elle se contracte, se méfie.

Des tons pastels succèdent aux teintes chatoyantes.

*Comme je l'avais prédit...*

Mais le jeu n'est pas terminé, son intonation me l'indique, elle se joue de moi, s'amuse encore ralentissant le retour de la grisaille. Elle me lance des piques, me titille. Attend-elle une réaction en particulier, où expérimente-elle afin que je lui livre ma nature, celle là même dont j'ignore tout? Je continue de lui sourire, ne m'intéresse plus au décors mais la drape à mon tour de mon regard où perce un embryon de rage.

«Tu aurais aimé, sans doute, que je me mette à faire ma fillette, geignant, sanglotant. Cela t'aurais fais marrer, hein, toi dont l'assurance m'éclabousse.»

La jeune femme, pas si fragile, inspire profondément, troublée. Son corps la tiraille, picote, alors que quelque chose essaye d'émerger du plus profond de ses entrailles, du coffin de son esprit. Une chose qui n'est que violence et dévastation, cruelle et animale.

«Leurrée, ouais, c'est ce qu'il t'est arrivé. Ne compte pas profiter de mon amnésie à mes dépends. Jouer, pour l'éternité si tu veux, mais si tu veux ma peau joue carte sur table.»

Le sang dans mes veines brule, quelque chose en moi me trouble et je n'arrive pas à structurer mes propos. Sa voix encore retentit et je ne sais si je dois sourire ou bien mordre face à ses derniers mots. Mais avant que mon corps ne s'anime, guidé par un choix ou l'autre, elle est là tout près de moi. Je peu sentir son souffle chaud sur ma peau. Ses doigts jouent avec mes cheveux alors qu'une main viens rencontrer mon dos. Je frissonne, mon sang se glace et je ne sais si je dois aimer ou haïr se contact. C'est là que je vois ses yeux si sombres dans lesquels je me perd un instant n'en trouvant pas le fond.

Images.
Collages.
Morceau épars.
Flash back?

Son cerveau, à cette égarée, est en un instant assiégé d'images qui apparaissent et disparaissent trop rapidement pour en permettre l'observation et l'analyse. Relent du passé, souvenir confus? La jeune femme n'en à aucune idée mais ses apparitions sont pleines de douleurs. Une larme coule alors sur la joue de Cendrillon, à son insu, contre son gré. L'autre rit, tout bas certes, mais elle rit. La jeune femme blonde elle n'a plus envie de rire, non. Son visage c'est fermé sans qu'elle n'ai quitté les yeux de l'autre.

«Tu m'emmerde avec tes devinettes. Je comprend rien à ce à quoi tu fait allusion. On est dans un parc animalier ou quoi!?»

Elle à quitté mon corps juste avant que le contact devienne insupportable. Mes muscles tendus à se rompre ne pouvaient plus accepter l'intrusion. Dans le chaos de mon esprit et de ma chair émerge une certitude. Je ne suis plus celle que je dois être. Il y a un manque, de la nostalgie.

Du sang, des viscères pour le petit déjeuné.
Ta peau, ta chair, en guise de bustier?

Humaine, c'est le mots que la rousse à employée. Cela sous entendrait-il que...

«L'humaine elle en a sa claque des énigmes et elle veux bien jouer seulement si elle n'est pas le jouet!»

Le monde est en noir et blanc...
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Violante
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Ven 5 Déc - 20:37


*Tu pleures Chimère, tu pleures toute petite dame.
Où est la femme écarlate, la bête que j’ai croisé un jour ?
Un jour bien sombre, un jour bien grave, un jour de douleur.
Loin, très loin, où juste là, contre mes doigts, tout contre moi, et tu ne le sais même pas.*


Violante si, alors elle s’écarte tout doucement. L’énergie afflue, la vallée semble électrisée. De l’or, jaune pur et beau, il n’y a plus que des flash. Le tonnerre, grondement dans la gorge de l’humaine qui n’arrive pas à s’échapper de ses lèvres. La pluie, violente, dure, lourde, celle qui coule avec lenteur dessinant la joue, étirant les traits. Le ciel n’est plus bleu mais noir et blanc. Les éclairs chutent, déchirent la terre, la dévastent.

Bientôt il ne restera plus rien, plus rien d’autre qu’un champ de ruines. Et entre les femmes un écart si grand, un abîme si profond, que plus rien ne serait intéressant.

Le courant file, empreintant les gouttes d’eau. L’orage du petit furet se propage. L’énergie est maintenant une bulle autour de la blonde, et seule la chimère la sens, la voit. Cette tension qui s’accumule au creux de sa gorge, pèse dans son regard, dans ses gestes si lents, si félins.



« Alors ne le soit pas. »


*Tu as su ne pas l’être. Tu ne faisais pas ses yeux là.
C’est là en toi.
Un monstre tapie.
Une créature si belle, trop de rouge, trop de bleu, trop de jaune. Trop de tout çà.
Trop de couleur et si peu de place, et si peu d’espace.
C’est plus que plus, chimère plus encore, plus intensement, profondément ou plus éloignée encore dans la démence.*



Après un silence, elle murmure.


« A Quelques centaines de mètres, dans la direction de l’arbre là-bas, il y a le village des hommes. »

L'humaine n'est plus le jouet. N'est plus rien, elle a le choix, elle a la porte de sortie.
Elle se retourne, marchant, se détournant de l’humaine. Puis soudain dans son esprit, une couleur, deux, une autre encore. Tout un assemblage de nuances progressives qui se déhanchent devant elle. Une palette entière de couleurs vives, opposés, similaires, complémentaires. Une idée violente, dangereuse, morbide, horrible et pire encore. Du jamais vu, du tabou. Une règle ancestrale, une règle profonde à déchirer d'un coup de griffe. De ce qui ne se fait pas, qui n’existe pas. Une idée brûlante qu’elle ne peux tenir encore entre les mains sans se brûler. Elle se fige, puis d’un bond se rapproche de la blonde.



« Un cache cache ça te dirais ? On choisirais quelqu’un, on le suivrait sans se faire entendre, sans qu’il le sache.
Une petite chasse pour le jeu.
Une petite chasse toute les deux.
Un jouet qui ne serais pas toi.
Mais quelqu’un d’autre.
Quelqu’un qui ne voudrais pas. »



*Quelqu’un que l’on tuerait ensemble, petite humaine.
Le meilleur jeu qui soit dans ce monde.*



Violante ne lui dit pas la suite, pas encore. L'idée elle la tiens maintenant comme une lumière à la place du coeur, à la place de ses mains de tout son corps. SI elle regarderais ses mains sans doute verrais elle des griffes lumières. Electrique, avec un petit bruit de néon qui s'allume. Des griffes électricité avec la petite fée blonde.

Déjà tous ses sens sont des radars qu’elle projette autour d’elle. Le moindre fracas, le moindre pas sur le sol est un feu, un piqure sur son corps. Elle cherche, elle cherche, encore et encore. Un insecte à portée de bras, une grenouille à deux pas, un lièvre dans un terrier à 10 mètres et là-bas, là-bas quelque chose de grand. Quelque chose qui bat comme un tambour, qui respire doucement, tranquille. Trop tranquille, trop calme, trop simplement. Trop parfaitement. Sans peur, encore.



« Veux-tu vraiment jouer, humaine, où préfères-tu rester dans le village vide et froid ? On te dira de t’assoir, de ne pas t’inquiéter. On te diras aussi de ne pas t’attacher, de faire très attention, de ne pas sortir. Alors veux-tu y aller où attendre un petit peu ? »

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Kàxo
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Mar 9 Déc - 17:58

L'autre c'est écartée, alors que alentour dans des nuances de gris, une énergie se met à l'œuvre. Enragée, la nature, comme en écho au désordre qui habite la blonde, gronde, peste. La pluie qui était caresses se fait bourreau, attaquant la chair. Mais au lieu d'effrayer la jeune femme, dont il ne reste plus trace de l'animal égaré, les éléments furieux excitent, stimulent, cette chose tapie au fond d'elle. Un sourire radieux est peint sur son visage qu'elle renverse en arrière fermant les yeux, bouche ouverte, y accueillant la pluie.

Craque, crache, romps.
Gratte, déchire, corromps.

Est ce vraiment la terre qui me répond, déchirant le ciel d'éclairs meurtriers? Ou est-ce moi qui projette mon tumulte et trompe mes sens? Elle à parlé, alors je bascule ma tête et la regarde encore, mais son visage soudain me parait différent, a l'instar de toute chose autour de nous. Son ton est acerbe mais j'y perçoit également du défi. Peut être est-elle partagée entre le désir de me voir devenir son jouet servile et la possibilité d'un jeu tout autre, plus électrisant.

Hurle, grogne, crie.
Chante, blasphème, prie.

Doucement, a peine audibles, ses paroles proposent, offrent un refuge. Un eldorado? Non, juste une direction, un chemin menant vers d'autres, vers un possibilité de confort et de protection? Cendrillon a bazardée citrouille et souliers de verres, fait un bras d'honneur au prince charmant, alors... La proposition de la rousse ne l'interpelle pas, a peine si elle y prête attention. La morne alternative qu'on lui offre la déçoit. Quelques temps plus tôt, a cet instant où la jeune femme se trouvait assise sur le sol humide, apeurée et désorienté, dans cette enclave du temps elle aurait couru vers ce village. Mais maintenant, comme si des années l'avaient changée, elle restait là figée à attendre qu'on lui offre quelque chose de plus consistant.

Suinte, suppure, coule.
Ronge, attaque, envenime.

L'inconnue s'éloigne, offrant son dos, comme prévoyant que je parte rejoindre cet endroit qu'elle m'a désignée. Je ne dit mot ni ne bouge. Mon corps et mes vêtement sont si imprégnés de pluie que je me demande s'il me sera possible de sécher. Cette pensée m'amuse, fait naître un rire qui n'a pas l'occasion de quitter mes lèvres. L'autre en une fraction de seconde est revenue vers moi, me faisant sursauter. Son regard devient effrayant alors qu'elle expose son projet, cette offre que j'attendais. Dans les miens, d'yeux, des comètes tournoient, s'agitent, en résonance à ma chair qui jubile et hurle son assentiment.

Lacère, transperce, troue.
Mord, mâche, joue.

Impatiente. La jeune femme blonde est prête à imploser, les émotions qui la parcourent trop intenses. Une chaleur à la limite du supportable l'inonde et sa chair appelle quelque chose dont la blonde ignore jusqu'à l'existence. Pourtant aucune peur, seulement du désir et de l'envie, des pulsions animales, primaires. Aux derniers mots de l'autre, elle rit, si fort que la terre en tremblerait.

«Merde! Ne me parle plus de captivité, de ce village où je n'irait jamais. Mais parle moi encore de ce jeu, désigne moi notre jouet. Ne perd pas plus de temps a essayer de me tester. Allons! Faisons! Vite!»

Tu t'étonne.
Tu frissonne.
Te questionne.
Puis, laisse le tourment.
Te reprend.
Et seulement, ressent.
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Violante
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MessageSujet: Re: [Forêt] Tic, tac, tic, tac...   Jeu 18 Déc - 15:07

*Tu ris Chimère, et moi je ris humaine, de te voir si peu toi, déjà perdue.
Déjà détruite.
Suffirait-il que je ferme les doigts ?
Que je lèche le creux d’une clavicule ?
Que la victime hurle ?
Que son sang éclabousse ton visage ?
Ou resteras-tu humaine pour mon plus grand plaisir ?
Trembleras-tu ? Pleureras-tu ou alors feras-tu de moi ton éternelle ennemie ?*



L’excitation monte et fais trembler son corps, tout doucement, irrésistiblement. La chimère se retiens à grande peine, elle aimerait se jeter sur l’humaine pour savourer son ivresse jusque dans sa chair. Pour se nourrir de son sang et de celui si chaud, si brûlant de la bête qui l’habite.
L’image est là de nouveau en rouge en rouge et noir.
A sa couleur, à ses envies. A ce plan délicieusement horrible.



« Le jeu, ce jeu est le plus grand jeu de ce monde. Pour jouer il ne faut pas avoir peur, ni du diable, ni de Dieu.
Ce n’est pas un anodin. Ce n’est pas un jeu auquel on peut jouer sans prêter attention.
Libères bien ton esprit, attache toi à toi-même et décroches tes pieds du sol. »



Sa main serre celle de l’humaine, fort, elle ne veut pas montrer ses griffes encore. Alors elle lutte en tenant ses doigts si frêles encore, cette main qu’elle pourrait déchirer, qu’elle pourrait rendre rouge. Violante pourrait encore tout gâcher.

« Viens. »


Elle avance, elle court, déjà elle murmure.


« Ne fais pas de bruit. »


L’humaine suis le rythme, obligée, sans autre choix que suivre celui qu’elle a pris.
La victime se rapproche, sans le savoir, sans s’en douter. La victime s’approche et l’excitation de la chimère la dévore, la brûle. Elle fume un peu de nouveau, ses cheveux semblent incendié, près à enflammer le ciel, les arbres, le monde. Son corps entier est un brasier. Son corps entier se tend vers l’homme qui marche.
Sous ses pieds nus elle sent la moindre branche, la moindre feuille. Ses yeux cherchent et trouvent déjà la silhouette de l’homme. Elle entraine encore son humaine, l’approchant de la scène à venir, la faisant entrer dans le jeu d’un doigt sur ses lèvres, d’un regard plein de désir.

L’homme allait marchant bon pas, dans le froid de la nuit, sous la pluie grisaille. Un instant la chimère put voir un frisson parcourir son corps. Un vent froid lui donna la chair de poule. Croyant au froid, il passa ses mains sur son bras, reflexe typiquement humain, et accéléra son pas –enfin, peut-être croyait-il inconsciemment pouvoir s’en sortir encore-.
Il était trop tard la chimère avait emmené l’humaine au-delà des limites imaginables, jusque derrière lui à moins de 10 pas.

Violante se retourna encore une fois vers la blonde, pris son visage et le tourna vers un arbre, une direction à l’opposé, par rapport à l’homme, de l’humaine. Puis doucement elle s’éloigna de quelque pas, puis retourna son dos et pris sa vitesse de croisière. Faisant un tour de l’état des lieux pour se calmer et se retenir, la chimère se refroidit un instant. Quelques minutes plus tard elle fut assise sur une branche de l’arbre. Adressant un signe à l’humaine, elle souri. Puis, fière d’elle, passa lentement ses mains dans ses cheveux, les agitant ensuite rapidement.

Le fou, le roi, l’aveugle et le rêveur, s’ils étaient là, verraient doucement tomber de ses cheveux, des étincelles.
Ils auraient suivi son chemin avec délice jusqu’à ce que le feu se meure dans l’eau boueuse d’Hollow Dream.
Et quand enfin ils auraient pu s’extraire de sa fascination, ils auraient fait une révérence.
Parce que seul les fous, les aveugles, les rois peuvent voir ce qui n’est pas.
Et ils seraient partis.
Parce que même eux ne peuvent voir, être, subir, ce qu’elle allait demander à l’humaine de faire.
Il ne fallait pas que tout échoue maintenant.
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