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 [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow

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~Echo~
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MessageSujet: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Ven 30 Jan - 22:49

Second îlot
Scott, Tabissa, Tom et Willow



    Ca brule, tout ce sable, toute cette flotte, qui s'est infiltrée sous vos
    vêtements, ce maigre rempart contre l'assaut des éléments. Vous
    vous attendiez à vous réveiller bien au chaud dans votre repaire, mais
    c'est sur une plage que vous ouvrez les yeux. Et avec à perte de vue,
    de l'eau, bleue fadasse, qui dégouline encore de vos chaussures. Froide, mais
    heureusement pas salée. Un rapide tour d'horizon vous fait rapidement
    comprendre que vous êtes dans une merde noire. Et que les corps allongés
    à coté du vôtre le sont aussi.





A quelques mètres de vous est échouée sur la plage...



Une baignoire : Quand vous étiez encore actif sur la surface de cette planète (je parle d'une activité autre que de sauver votre liquette au jour le jour), vous aimiez vous prélasser dans un bon bain, bien chaud, qui détendait tous vos muscles après une dure journée de labeur. Vous ressortiez de là frais comme un gardon, le plumeau frétillant et l'œil vif. Normal que lors d'une interminable course poursuite avec un humain - une chimère - une ombre - un minable morceau de savon, vous ayez déjà songé à la perspective de prendre de nouveau un bon bain. Sauf que sur Hollow Dream, les baignoires tombent rarement dans le coma.

Eh bien la Vallée vous a entendu ! Elle vous offre cette superbe baignoire en acrylique.
Sauf que je ne vous conseille pas de vous baigner avec, car celle là, elle sera plutôt du genre... embarcation de fortune.
Le fond est troué, comme toute bonne baignoire, et cette bonde ne se bouche que par un odieux rond de caoutchouc noir perdu quelque part dans l'île. On se croirait revenu au temps du Prisonnier. Si vous voyez une boule blanche .. fuyez !



Vous vous éveillez tous en même temps, à quelques minutes près. Au vu des circonstances, il est préférable de ne pas égorger votre camarade de malchance dans son sommeil, ni durant tout le séjour sur cette île paradisiaque. Qui sait, il pourrait vous sauver la vie plus tard .. ou au mieux ramer à votre place.
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Scott Hawkins
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Sam 31 Jan - 23:16

Avec le temps, j’avais appris à m’habituer à cet endroit, j’avais appris beaucoup de choses même, mais surtout, j’avais appris à ne pas sous-estimer la Vallée, et encore moins à n’avoir, ne serait-ce que l’idée de s’y balader insoucieusement. Mes différentes rencontres m’avaient apprises ce que « flirter avec la mort » voulait dire. J’avais compris plus ou moins ce qu’il y avait d’incroyablement dangereux à rester un Humain dans cet endroit, mais contrairement à beaucoup, je n’avais pas perdu espoir, jamais. Il s’agissait là de ma seule et unique porte de sortie. La vie m’avait appris à ne jamais désespérer, quoiqu’il puisse arriver, je crois que c’était la seule leçon que je pouvais encore appliquer dans cet endroit, et je m’y étais appliqué avec soin. Voila les raisons pour lesquelles j’étais encore ce jeune homme, presque sans défenses, mais sans haine et désespoir, armes de ceux dont j’étais la proie.

Une autre à laquelle je m’étais habitué, c’était cette pluie quasi continuelle… Il ne s’arrêtait pas de pleuvoir. Et je crois que je préférais le moment où la neige s’était invitée au bal… Au moins, on pouvait faire quelques bonshommes de neige, bien qu’il manquait les traditionnelles carottes et que je devais me contenter de cailloux et de bouts de bois. La Vallée était dangereuse, ses habitants également, et du tout émanait déjà une atmosphère sinistre sans que la pluie n’y rajoute son petit grain de sel. Enfin cela ne m’empêchait pas de sortir de temps en temps, malgré le danger, simplement parce que je ne pouvais pas me contenter de rester à un endroit, je devais me dégourdir les pattes, je devais faire quelque chose d’autre que de rester terrer dans un coin en attendant que cela passe. Peut-être aurais-je mieux fait de ne pas sortir… Certes il pleuvait depuis beaucoup de jours maintenant, mais c’était normal… J’aurais peut-être du rentrer quand il a commencé à pleuvoir tel un déluge. Mais non, je me suis contenté d’un abri. Une grossière erreur, car le déluge n’a pas stoppé, loin de là, et après il fut bien trop tard pour pouvoir revenir sur mes pas. L’eau… Si nécessaire pour les vivants… Si mortelle aussi… Il était évident que j’assistais à une reproduction de l’évènement biblique, mais malheureusement pour moi, pas une seule arche en vue.

La suite, je ne m’en souviens pas à vrai dire… La seule chose que je me souvienne, c’est d’avoir essayé malgré tout de trouver un endroit plus sûr, mais que dans ma course, j’ai glissé sur quelque chose que l’eau recouvrait déjà. Dans ma chute, je me souviens avoir douloureusement heurté le sol, et puis plus rien… Plus rien jusqu’à ce que je sois réveillé par les rayons du soleil frappant mon visage de leur chaleur. Une main devant mes yeux pour les protéger de cette agression lumineuse, j’essayais de comprendre où j’étais. Quelques instants plus tard, je compris que j’étais couché sur le sable, les pieds encore à moitié dans l’eau. Impossible de dire où je pouvais bien être, mais une chose était sûre, je ne pouvais avoir quitté la Vallée. Il devait s’agir d’un de ses nouveaux tours, mais malgré tout, je lui étais reconnaissant de nous épargner la pluie pendant un petit moment au moins.

Alors que je me relevais, époussetant ce que je pouvais de sable, je remarquais deux autres corps endormis ou inconscients sur la plage. Au premier regard, je ne les connaissais pas, ce qui n’était pas vraiment bon signe. Mon instinct m’intimait d’être extrêmement prudent et c’est pourquoi je décidais de ne pas aller regarder de plus près, préférant attendre qu’ils se réveillent, s’ils se réveilleraient un jour. Mon regard se porta ensuite sur la baignoire qui gisait non loin d’eux… Surpris et me demandant ce qu’un tel objet pouvait faire là, je préférais éviter de me lancer dans des hypothèses fumeuses. A la place, j’adoptais un style plus adapté à ce nouvel environnement, notamment en enlevant mon blouson et mon T-shirt trempés et en les étalant sur le sable, espérant ainsi qu’ils sècheraient, ne serait-ce qu’un peu. Je me rassis ensuite, à côté de mes affaires, tourné vers l’immensité aquatique mais jetant de temps en temps un regard sur les deux corps gisant non loin…
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Tom
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Lun 2 Fév - 14:21

Tom n'avait rien compris. Tout s'est déroulé tellement vite, ce changement soudain était inexplicable voir insensé. Comment cela pouvait-il être possible ? Tom n'avait aucune idée. Encore allongé sur le sable, les vêtements trempés, l'ombre gisait là. Ils étaient seuls, éloigné de tout, quelque part. Tout a tellement changé à présent, pourquoi ? C'était à l'ombre d'y réfléchir.
Sentant une douce brise sur le visage, Tom ouvrit lentement les yeux. Regardant le ciel, l'ombre put sentir pour la première fois les douces chatouilles d'un rayon de soleil. Étonné, surpris, désemparé, l'ombre se releva brusquement après cette vive constatation. Ses vêtements étaient tout mouillés, la première chose qui lui vint à l'esprit concernait ses deux armes à feu. Regardant dans ses deux poches intérieur, l'ombre put constater qu'elles étaient encore là. Une vague de soulagement s'empara de son esprit, au moins, elles étaient encore là. Par contre, Tom ne disposait pas de chiffon sec pour essuyer ses deux armes. Un juron vînt alors animer brusquement ses lèvres :

" Merde !! "

Replaçant ses deux bijoux dans ses deux poches, Tom se retourna. Au moment, ou il s'arrêta pile poil devant un inconnu, l'ombre pouvait s'apercevoir qu'il n'était pas seul. Le visage de la jeune femme qui était encore allongé lui était familier. L'autre personne allongée ne lui disait rien du tout et pour ce qui concernait le jeune homme, Tom ne le connaissait pas du tout. Le regardant, Tom s'adressa à lui :

" Et ben on est dans un sacrée merdier ! "

Sortant son paquet de cigarette ainsi que son zippo, l'ombre put s'apercevoir que non seulement ses clopes étaient mouillées mais que son zippo ne marchait plus. Jetant le paquet de cigarette à l'eau, Tom se mit encore à jurer son mécontentement :

" On est vraiment dans un sacrée merdier !!! "

Le paquet tomba dans une baignoire flottant à quelques mètres du tertre. Mais qu'est-ce que faisait là une baignoire ? On pouvait dire que c'était le bouquet pour mettre les nerfs à vifs de Tom. Passant sa main sur ses cheveux, l'ombre se tourna une nouvelle fois vers l'individu. Le sourire au lèvres, il lui dit :

" Et ben, je crois qu'on va rester un bon moment ensemble avant de pouvoir sortir de ce satanée merdier !! "

Se tournant vers l'horizon, Tom put apercevoir une couleur bleue s'étendre sur des kilomètres et des kilomètres. La situation s'annonçait enrichissante et divertissante. Ils allaient joués aux apprentis naufragés, et se délecté d'un séjour qui sera long et éprouvant pour les nerfs. Se retournant une nouvelle fois vers l'ile, l'ombre regardait tranquillement cette endroit. Se concentrant, il n'arrivait pas à se rappeler exactement où il se trouvait avant. Ne voulant pas se torturer l'esprit, Tom cessa toute activité de réflexion. De toute manière, il y avait d'autres choses à penser, des choses qui étaient urgente. S'asseyant sur le sable, l'ombre attendait que les deux autres personnes se réveillent pour qu'après le dialogue s'installe.
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Willow Fischer
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Lun 2 Fév - 16:59

Le soleil vient de se lever...
Et je suis un peu mouillé.

Oh nan si j'ai pissé au lit je sens que mon rôle de grand frère modèle auprès d'Heinrich va en prendre un sacré coup... Quoique. Quoique nan en fait parce que c'est pas comme si le rôle que je jouais dans sa vie avait une grande influence sur ses actes hein. Heureusement d'ailleurs parce que je sais pas si ma mère, même si elle possède une grande bonté aussi infinie que celle du seigneur sauf quand elle va chercher un recommandé, supportera un deuxième... moi. C'est qu'on peut rarement me supporter plus de deux minutes. Enfin, je fais rien de mal, j'agis juste comme d'habitude ben bizarrement ce comportement là il plait pas à tout le monde. Je dois être trop mou ou quelque chose dans le genre et... et je suis entrain de me parler à moi-même ou je rêve ? Enfin je pourrais aussi parler à ce mec qui est entrain de jurer comme un charretier et puis... Un mec. Un mec ? Papa ? Nan papa il est aussi poli qu'un fils de bourge. Mon père il jure le doigts en l'air et c'est son chauffeur qui insulte les cons sur la route. Alors qui... Et puis j'ai pas pissé partout quand même alors bon sang pourquoi je suis entièrement trempé ? Nan eh sérieux y'a un truc qui cloche là et puis... et puis oh c'est du sable ou je rêve ? On m'a offert un voyage pour les bahamas ? Nan fait quand même pas si chaud que ça et je dois encore être entrain de dormir... Ou alors c'est le contre coup de l'accident.

Hein quoi ? Quel accident ? Cette broutille là ? Ah ouais je me suis renversé bah rien de très méchant... nan ? Je suis plus sûr de rien. Attendez une seconde... il s'est passé quoi déjà... Je... Je me suis fait heurté par la bagnole des deux zouaves devant le lycée... ou alors... ou alors j'ai raté le bus enfin pas vraiment et... Oh. Oh oh... Oh ben merde. Je suis mort. Alors ça c'est con. Mais alors vraiment trop con... Comment ça se fait ? Je suis pas trop jeune pour mourir ? Attendez 16 ans eh y'a erreur là non ? Et depuis quand y'a une plage au paradis ? Ou en enfer ? Ou au pur... purgo... purga... Enfin le truc là entre. Y'a une plage ? Sérieux ? Et le soleil la mer et tout le reste avec les mouettes comme dans le sud de la France... Euh nan. Ou alors c'est l'hiver parce que bon sang je suis transit de froid... Et c'est bizarre quand même parce que je me suis fais heurter par un bus et... il me semble que je me suis noyé après. Un truc du genre. Ou alors ça devait être un pur délire suite au choc ou un truc comme ça. Ou alors je suis tombé dans une faille spatio temporelle... Ou mieux encore. Y'a pas de paradis ni d'enfer... Ou alors je suis pas mort. Et on m'a fait une blague. Quoique c'est peu probable...

J'imagine que pour en être sûr faudrait que je me relève. Juste histoire de jeter un petit coup d'oeil autour de moi. Et puis mater le type qui vient de jurer et qui a l'air de s'adresser à quelqu'un d'autre aussi... Oh chouette on est plusieurs ? EH EH ça y est je sais ! C'est une expérience gouvernementale comme dans The Cube et on va devoir trouver un moyen de s'échapper de cette plage, et si ça se trouve c'est une ile comme dans Lost, un truc un mixe et y'aura une quête et peut-être qu'on... et... mais en fait... mais en fait tout ça c'est... Le déliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire pour ma vie après ma mort Dieu m'a donné un plateau de jeu de rôle en direct live ! Alors là ça mérite que je me relève et que je matte un peu ce qu'il se passe autour de moi. Je dois certainement diriger cette nouvelle équipe pour passer de niveau en niveau et rapporter dans un quelconque royaume un artefact qui me vaudra les honneurs et peut-être même l'une de ces poulettes couronnées ! Bizarre quand même... J'ai pas d'armure et j'ai pas l'impression d'avoir changé...

Alors. Station: assise. Maladroitement mais assit quand même. Ensuite: moi. Et vu ce que je palpe sous mes doigts nan la pizza aux olives est toujours bien présente sur mon visage, avec option calculette. La casquette est en place et mes fringues pourries aussi, halleluyah. Juste du sable dans les baskets mais on devrait pouvoir y arriver. Rotation latérale: A ma gauche... un mec. Du genre terminal ou alors un étudiant. Oh putain ça serait encore plus ma veine si celui là me traite comme un héros. Eh eh la belle revanche c'est bon c'est okay je crois en dieu. Ensuite... ensuite le charretier. P'tain la dégaine eh il a fait le casting de matrix ou quoi ? Je pensais pas qu'il y avait pire niveau cheveux que moi ben ça y est c'est fait. Et ensuite... Mazette. J'ai déjà la poulette gratis offerte sur un plateau d'argent. Elle commence à peine à ouvrir les yeux en plus, mais déjà elle est jolie. Faudrait la surveiller quand même, ça a toujours la mauvaise habitude de se foutre dans la merde les filles. Bon... La quête d'abord on verra ça plus tard, même si Dieu il a pas vu les choses en grand niveau compagnon de route. Ca aurait été cool un troll quand même. Bon alors... et... une baignoire. TIENS ! LA PREUVE QUE J'AI RAISON ! Pas très original mais ça prouve tout mon raisonnement. Ca doit être un objet gris du quotidien ou alors le niveau au dessus. Vu qu'il y a de l'eau partout on devra certainement s'en servir. Mais d'abord la pause remerciement.

- OUAIIIIIIIIS TROP COOOOOOOOOL ! MERCI MERCI MERCI MERCI MON DIEU ET AMEN ET NOTRE PERE ET LA SAINTE VIERGE AUSSI ET LE PETIT JESUS ! PUTAIN C'EST TROP COOL ! Bon alors les gars on commence par quoi ? C'est quoi comme jeu ici ? Vous avez des indices ? L'un de vous doit il me donner un message ou alors me réciter un chant pour m'expliquer la future mission ?


Bon jusque là, ça devrait aller.
Une baignoire et de l'eau partout, c'est vraiment le niveau 1.
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Tabissa
Pierrot the Clown - hystérique, moua?!
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mar 3 Fév - 0:47

Le déluge...
La fin du monde, la fin des temps, l'apocalypse ! Cette vague n'avait pas conscience de tout l'espoir qu'elle représentait pour Tabissa. La fin... Si la jeune femme avait eu un coeur, il aurait battu la chamade, si une Ombre avait été capable de ressentir autre chose que du désespoir, son coeur aurait explosé de joie. Elle avait regardé, les yeux écarquillés, le monstre grandir, s'élever au dessus du sol, se gorger d'eau à une vitesse phénoménale et se diriger vers elle. Prêt à l'abattre, à l'avaler, elle était restée debout les bras écartés, les yeux mis clos, offrant à l'eau un corps à disloquer, à broyer, des poumons à noyer, une vie à prendre... Un instant elle avait espéré, un instant elle avait oublié qu'elle n'était pas humaine, pas vivante, qu'elle était éternelle.

Puis tout devint noir, et elle goûta au néant. Ses monstres intérieurs se taisaient, ne la tourmentaient plus, elle ne sentait pas son corps, elle ne savait pas qu'elle existait. C'aurait pu être la mort, une esquisse de Paradis... Combien de temps cela dura ? Trop peu... Son bras droit la faisait souffrir, tordu sous elle. Ses habits trempés collés à sa peau lui donnaient froids, le sol était inconfortable, chaque partie de son corps la démangeait affreusement et des voix bourdonnaient autour d'elle. Alors était encore de ce monde... Elle resta ainsi un moment, les yeux fermés, elle n'avait pas envie de se lever, s'apercevoir qu'elle était encore une Ombre dans la même foutue vallée. Elle n'avait pas non plus envie d'affronter les gens autour d'elle. Elle connaissait le timbre d'une des voix sans pour autant parvenir à se souvenir de l'homme à qui elle appartenait. Elle entr'ouvrit les yeux, espérant pouvoir balayer la scène du regard sans que personne ne la voit, et pouvoir replonger dans ses pensées, faire semblant d'être encore inconscientes. Malheureusement, l'adolescent avait le regard braqué sur elle et il ne manqua pas de remarquer qu'elle avait battu des paupières. Et puis il reporta son attention ailleurs. L'Ombre s'accorda encore quelques instants de réflexion et referma les yeux.

Ce fut seulement à cet instant qu'elle nota un détail : il ne pleuvait pas... Son corps n'était pas assailli de trombes d'eau glacée et mieux encore, il faisait bon. Est-ce qu'elle faisait un cauchemar ? Bien sur c'était agréable si l'on oubliait les habits froids, mais à son réveil, cette sensation la hanterait.


* Réveille toi... C'est forcément un rêve, la vallée ne pourrait jamais procurer des sensations agréables ! [...] ou alors il y a un bémol... Ou alors ? C'est certain, dans trois secondes quelque chose va largement tempérer le "bien-être" que je ressens. Un... Deux... L'eau ! Je me souviens...
J'ai cru que la vague allait me tuer, non, je voulais qu'elle me tue ! C'est stupide ! Totalement idiot... Qu'est ce qui m'a pris de penser un truc pareil ?! Bon, donc l'eau qui montait, puis la vague énorme... Et le sable... C'est du sable qui me gratte de la tête au pied ! *


C'est à ce moment que la joie de l'adolescent explosa... Exploser, c'est bien le mot, les tympans de l'Ombre reçurent quelques décibels qui déclenchèrent des vagues de frissons dans tout le corps de Tabissa, et le pire... Oui le pire, c'est qu' il n'y avait aucune raison à ça... Ce qu'il venait de dire était plus qu'insensé... Apparemment il venait tout juste de tomber dans le coma, il se réveillait ici, au milieu de nulle part avec des gens qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam et il était heureux ! C'était bien des signes de bonheur ? La voix qui vibre d'excitation, les " cool, merci, amen, notre père, sainte vierge "... Et il blasphémait en plus ! Comme si un quelconque Dieu pouvait régir cet enfer ! Il aurait dû être troublé, se demander ce qu'il faisait ici, qui les trois autres personnes ici présentes étaient...

* Humain, pas de doute ! Egocentrisme à l'état pur... Alors tu crois qu'on est là pour toi, mon ptit ? Qu'on va te chanter une chanson, te donner des indices, tu t'imagines quoi au juste ?! Que c'est une chasse au trésor ?! Je laisse le soin aux autres de lui expliquer la situation, hum, quoiqu'on lui dise il va sans doute croire qu'on essaie de l'empêcher d'accéder au trésor et qu'on est des méchants. Ce qui au fond n'est pas faux, en tout cas pour ma part. Voyons les deux autres... *

L'Ombre sauta sur ses pieds, complètement lucide à présent. Elle resta stupéfaite devant le paysage qui s'offrait à elle, les bras pendant le long du corps, les lèvres entrouvertes, les yeux écarquillés... Qu'est ce que c'était que ce bordel ? Elle avait vécu 60 ans dans un hiver qu'elle croyait éternel, mais c'était sans compter sur l'automne et sa pluie glacée et maintenant ça... Une île... Une putain d'île de sable fin et de l'eau... Un homme qui jurait comme un charretier, un adolescent boutonneux qui croyait que l'existence des trois autres n'avait de sens que s'ils pouvaient lui être utile en quelque chose et le dernier... il allait surement rapidement leur révéler ce qui clochait chez lui ! Tabissa déglutit, il était là le bémol... Il faisait relativement bon - oui, tout ça l'avait légèrement refroidie -, mais elle était coincée sur une île avec trois hommes et... une baignoire.

Elle vacilla et s'approcha dudit objet. Il était d'un blanc immaculé, c'était vraiment une baignoire... Mais alors... qu'est ce que pouvait bien faire une baignoire dan sun endroit pareil ?! Elle regarda au fond pour s'apercevoir qu'elle était trouée.


* Une baignoire qui fuit ! *

Elle éclata de rire. Etait-ce possible ? Ses hoquets étaient incontrôlables, des larmes couaient sur ses joues, ses côtes lui faisaient mal, elle-même se sentait atrocement mal ! Elle qui avait cru ne pouvoir jamais tomber plus bas... Visiblement, quelqu'un là haut s'amusait à relever le défi de la surprendre et il ne manquait pas d'imagination ! Enfin elle cessa, respira un grand coup avant de se tourner vers l'adolescent. Finalement, elle allait prendre la peine de lui répondre.

" Désolé mais ça n'a rien d'un jeu ! - désolée ? Non, pas le moins du monde ! - Pas d'indices, pas de chants, pas de trésor, RIEN ! Une île déserte sans palmier ni jolies filles qui se déhanchent, mais par contre... - pause théâtrale - Deux hommes, une femme, un adolescent et une baignoire qui fuit ! "

Elle luttait pour ne pas crier, mais ses sautes d'humeur étaient difficilement contrôlables, et elle commençait à se demander si le garçon se laisserait facilement gagner par le désespoir ou s'il était têtu et alors cela n'en serait que plus drôle. Malheureusement elle n'était pas seule, Tom n'était pas un problème sans doute, mais l'autre était humain et... se mettre à dos quelqu'un avec qui elle allait sans doute passer plus de temps qu'elle ne l'aurait voulu n'était pas l'idée du siècle !
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Scott Hawkins
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mar 3 Fév - 3:09

Il était bien évident que la situation était plus proche d'être un cas désespéré qu'une simple petite partie de plaisir sur un semblant de plage paradisiaque des caraïbes avec son littoral bleu azur. Voilà un petit moment que je réfléchissais en plongeant mon regard vers l'horizon mais malgré tout, je ne parvenais pas à trouver une raison, une seule et unique raison, qui pourrait justifier ce changement soudain de climat pour quelque chose de beaucoup plus agréable, même si je me retrouvais coincé sur un lopin de sable ponctué de quelques arbres éparses et en compagnie de trois autres personnes dont j'ignorais le nom, mais surtout, dont j'ignorais le clan. Il pouvait s'agir d'humains comme il pouvait s'agir d'Ombres ou de Chimères, et dans ces deux derniers cas, il allait falloir jouer serrer pour ne pas finir en casse-croûte, en quatre heures ou en simple petit-déjeuner... Tout le monde le savait, nager avait ce don de creuser l'estomac et je n'avais pas envie de terminer en côtelettes de chair fraiche pour ces trois personnes si elles s'avéraient ne pas être humaines.

Puis, alors que les rayons du soleil réchauffaient lentement ma peau mate et les vêtements que j'avais déposé sur le côté, une voix poussant un juron me sortit de mes vagues pensées. Je pris le temps de jeter un regard derrière moi pour me rendre compte que l'homme qui était avec moi sur l'ile venait de se réveiller à son tour. Je ne m'attardais pas sur lui, juste le temps de pouvoir imprimer son visage et une image globale de lui. La jeune femme et le gosse n'avaient pas l'air d'être encore réveillés, peut-être n'étaient-ils plus en mesure de le faire. Quoiqu'il en soit, je reportais mon regard à nouveau sur l'immensité aqueuse qui recouvrait l'horizon. La présence de la baignoire m'intriguait au plus haut point, était-elle là par hasard ? Vraisemblablement ce n'était pas possible, la vallée ne faisait jamais rien au hasard. Mais alors dans quel but était-elle là ? Devait-on s'en servir pour quelque chose ? Si c'était le cas, il n'y avait pas trente-six mille possibilités, puisque le champ des actions terrestres était fortement réduit par l'étroitesse de la langue de sable sur laquelle nous prenions pieds.

Quoiqu'il en soit, je ne poursuivis pas plus loin mes réflexions, puisque le nouveau réveillé semblait enclin à s'énerver et à répéter, à quelques mots près, la même chose encore et encore. Il ne fallait pas être devin pour comprendre que la situation n'avait rien d'agréable et j'estimais que ce n'était pas la peine d'en faire une histoire, ou du moins, de l'hurler. Il y avait d'autres choses à faire avant cela, et la première était d'attendre que tout le monde se réveille. En effet, dans cette histoire nous étions quatre concernés, et j'avais comme sentiment que nous n'aurions d'autre choix que de nous entraider pour nous sortir de cette galère. Enfin, si les hurlements m'agaçaient un peu, ils eurent le mérite de réveiller le jeunot. Lui, il n'avait pas l'air franchement au courant de ce qui lui arrivait. Enfin, ce n'était pas évident à remarquer, alors, je pouvais tout aussi bien me tromper. A vrai dire, je ne m'intéressais plus vraiment à lui, il semblait aller bien. Celle qui m'inquiétait, c'était la jeune femme, qui ne semblait pas vraiment en état et qui n'avait pas encore montré signe de vie. Pourtant, j'hésitais à faire quelconque geste, des fois que ce soit mal interprété et que tout dégénère. La situation demandait réflexion, calme et logique. Nous avions tous le temps pour réfléchir, ce n'était pas le temps de se précipiter.

Mon regard fut détourné du corps encore inerte lorsque le gamin se mit à hurler des propos pour le moins curieux. Il semblait heureux d'être là et le criait, encore plus fort que le gaillard qui s'était réveillé juste après moi. Mais le plus surprenant, fut lorsqu'il nous parla de jeu, d'indices et de mission. L'espace d'un instant je ne sus dire s'il plaisantait ou non, mais il avait l'air on ne peut plus sérieux... Il me rappela ces jeunes geeks, scotchés à leurs ordinateurs, plongés dans un monde imaginaire remplis d'héros, de quêtes, d'ennemis à trancher, à trucider... Si je ne faisais pas d'erreur, ce gamin pensait être dans un jeu comme ceux qu'il avait du côtoyer dans sa vie, et apparemment trop souvent... Il n'était pas alors absurde de penser qu'il venait à peine de débarquer dans ce qui n'avait rien d'un jeu, mais bel et bien tous les attributs d'un Enfer où même le Diable n'oserait pas mettre les pieds. Cet adolescent ne savait pas encore ce qui l'attendait ici, mais au moins, c'était rassurant... Il y avait au moins un humain parmi mes trois camarades d'infortune. Ce qui faisait une menace potentielle en moins.

A présent debout, toujours torse-nu au soleil, face aux personnes présentes, je me demandais ce que je pouvais bien répondre au gamin encore persuadé de pouvoir devenir le héros incroyable d'une toute nouvelle aventure, lorsque j'aperçus la jeune femme bouger. Ce fut à la fois un soulagement et une crainte supplémentaire, impossible de vraiment dire pourquoi. J'avais conscience qu'il pouvait s'agir d'un ennemi, d'une menace, mais je n'avais jamais vraiment pu souhaiter la mort de quelqu'un, ou plutôt d'une femme, fut-elle ma pire ennemie. Elle se releva après quelques instants, nous étions enfin au complet et allions pouvoir commencer les festivités... Réjouissant. Elle ouvrit d'ailleurs le bal en expliquant au preux chevalier que tout ce qui se déroulait sous nos yeux n'avait rien d'un jeu et sa conclusion était on ne peut plus juste... Le problème restait entier car nous étions quatre, possédions une baignoire, et absolument rien d'autre sur cette langue de sable...

J'adressais un léger sourire à la jeune femme qui tenait plus du remerciement qu'autre chose, pour avoir répondu à l'adolescent. Je me retournais ensuite vers l'étendue d'eau. La suite risquait d'être corsée pour sûr, pourtant, j'étais certain qu'avec un peu de jugeote, surement un peu d'huile de coude, il y avait moyen de sortir de ce pétrin là. Mais comment ? Ca, je l'ignorais, voilà pourquoi je réfléchissais à nouveau, le regard perdu sur l'eau, le dos tourné à mes nouveaux compagnons, du moins, pour le moment.
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Tom
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mer 4 Fév - 15:23

Un sentiment de hargne et de haine nourrissait toutes les veines ainsi que les nerfs de Tom. Assis sur le sable, la tête baissée, la main droite dans les cheveux, Tom n'arrivait pas très bien à se contrôler. Ce n'était évidement pas de la colère mais plutôt une certaine forme de tristesse. Ses sentiments envers la vallée augmentaient de plus en plus pour former une colère noire. L'ombre avait tellement crue en elle, il avait tellement suivit tout ce que " mère " lui avait dictait. Voilà que maintenant, elle l'incluait dans une situation encore plus désespérante qu'auparavant. Essayant de se contrôler, Tom se concentrait pour ne pas craquer. Il avait tellement envie de hurler, de crier et de pleurer. Verser toutes les larmes de son corps sur ce sable déjà mouillé par les larmes de la vallée. De montrer sa désinvolture, son désespoir si immense. Un désespoir qui allait changer Tom, en bien ou en mal, il n'en savait rien. Tremblant de la tête aux pieds, Tom restait toujours dans la même position. De nombreux pincements au cœur agrémentait de plus en plus son envie de crier ses pleurs. Une dégradation s'ensuivait, les émotions étaient de plus en plus forte. Quand le jeune garçon se mit à crier sa joie, Tom n'arrivait plus à se contenir. Sa tristesse vira à la colère, un rouge piquant bouillonnait l'esprit de l'ombre. Se levant lentement, Tom qui serrait les dents regardait le jeune garçon dans les yeux. Quand la jeune femme révéla la réelle situation à ce jeune garçon, Tom se dirigea vers eux tout en marchant lentement. Quand elle eut finit de lui dicter son discours, Tom ajouta tout en regardant le jeune homme dans les yeux :

" Si je t'entends encore gueuler de cette façon, je peux te jurer que tu crieras d'une autre manière quand je me ferais un plaisir de te torturer. Tu n'es rien qu'un petit comateux qui est à présent emprisonner pour toujours dans cette endroit. Je te conseille de surveiller tes arrières à présent et de te méfier de tout le monde. Crois-moi, ça n'a vraiment pas l'air d'un jeu. "

Se retournant, Tom cherchait du regard tout le monde. Ses émotions étaient toujours présente en lui, il contractait tout ses muscles pour ne pas " péter un câble ". Haussant la voix pour s'adresser à tout le monde, Tom lança :

" Écoutez-moi, il serait plutôt bien qu'on se réunisse tous pour parler de la situation. MAINTENANT... à partir de maintenant, nous allons devoir rester tout ensemble. Nous ne savons pas ce qui peut guetter dans les environs, nous ne savons quelle genre de créature, nous ne savons rien du tout sur les dangers qu'on encourent sur cette ile. La vallée nous réserve bien des surprises et cette fois-ci, c'est de trop. Je sais, qu'il est dur de garder son calme. Je sais qu'il est dur de s'imaginer que l'on puisse sortir de cette situation mais si nous faisons le contraire, la vallée serait beaucoup trop satisfaite. Pour l'instant, il faut absolument trouver de quoi faire du feu et d'établir un coin pour se poser. "

Regardant à tour de rôle les trois personnes qui se trouvaient devant-lui, Tom questionna la petite assemblée :

" Si quelqu'un n'est pas d'accord avec ce que j'ai dis, je lui déconseille de se prononcer. "

Rajustant sa cravate de couleur bordeaux, Tom attendait une quelconque réponse ou réflexion. Sa tension était redescendu, ses émotions ne prenaient plus le contrôle de son corps, il se sentait bien.
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Willow Fischer
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mer 4 Fév - 16:03

Sérieux parfois les adultes pétaient les plombs mais d’une manière qui était vraiment ridicule. Et puis c’était vraiment pas le moment de la crise d’hystérie merde, il avait une mission sur le feu ! Il n’empêche qu’il pouvait saluer le réalisme de ce jeu, expérience gouvernementale ou reality show, rayez la mention inutile. Car les sanglots de la bonne femme qui s’était relevée et avait fureté un peu partout avec l’air de ne vraiment rien y comprendre étaient des plus réalistes. Pendant un instant il eut envie, une envie stupide c’est clair, de poser une main sur son épaule et de la rassurer. Mais rassurer quelqu’un c’était pas son fort et puis c’était un truc de fille. Et avec sa chance habituelle il risquait de se prendre une baffe. Il fallait attendre que la future victime des méchants qu’ils devront aller délivrer, enfin surtout lui, se calme avant que le jeu ne débute enfin. Il en profita pour examiner un peu les lieux, toujours ce même sourire aux lèvres. Heureux, oh ça c’est sûr il n’avait jamais été aussi heureux. Et à voix basse il remercia encore deux ou trois fois dieu, lui promettant une partie totalement inoubliable ainsi que le fait d’arriver au niveau 80 disons en moins de deux semaines, avant qu’elle ne se tourne vers lui, comme si il venait soudain de blasphémer, le regard furibond, manquant de le faire sursauter.

" Désolé mais ça n'a rien d'un jeu ! Pas d'indices, pas de chants, pas de trésor, RIEN ! Une île déserte sans palmier ni jolies filles qui se déhanchent, mais par contre... Deux hommes, une femme, un adolescent et une baignoire qui fuit ! "

- … Pour la jolie fille qui se déhanche, tu pourrais faire un effort tu sais…


Le mec qui ressemblait à un terminal se tourna vers eux et adressa à le jeune femme un léger sourire mais Willow ne le voyait pas. Il avait les yeux rivés sur le visage dévasté de la fille qui venait de briser ses rêves… Non. Elle ne l’avait pas fait. Elle avait essayé mais ça devait faire partit du jeu. Un moyen de tester ses résistances, d’essayer de le déstabiliser. Mais il la méritait cette putain de partie finale et après sa petite phrase murmurée sur un ton qui laissait largement la place aux sous entendu, il se contenta d’un simple clin d’œil avant de sourire plus largement. Mais c’était comme si les hostilités venaient d’être déclenchées et il était désormais la cible de tout les regards. Un instant ça lui rappela ces deux foutus terminales qui avaient osé le foutre à poil devant toute sa classe et les yeux médusés de ses camarades avant que le rire ne les emporte, jusqu’à en mourir. Mourir mourir, chantonna-t-il dans sa tête. Il y avait rire dans mourir mais là personne ne riait, au contraire. Et le gars de Matrix ramena soudain sa fraise, essayant d’appuyer les propos de la tarée qui effectivement ferait un parfait pigeon pour les méchants de ce jeu. A bien y regarder, il avait moins l’air d’un mec de Matrix que d’un vampire des temps oubliés. Génial, une créature de la nuit comme compagnon de jeu. Il allait devoir s’en méfier.

" Si je t'entends encore gueuler de cette façon, je peux te jurer que tu crieras d'une autre manière quand je me ferais un plaisir de te torturer. Tu n'es rien qu'un petit comateux qui est à présent emprisonner pour toujours dans cette endroit. Je te conseille de surveiller tes arrières à présent et de te méfier de tout le monde. Crois-moi, ça n'a vraiment pas l'air d'un jeu. "

- Eh mec. Déjà au lycée j’étais habitué aux séances de torture quotidienne. Et j’ai vécu avec ma mère pendant 16 longues années. Tu sais où tu peux te les foutre tes menaces ?


Mais c’était plus un désir de changer de sujet qu’autre chose. Parce que c’était pas la première phrase de ce type qui se prenait pour le bras droit d’Al Capone qui l’avait marqué… Mais bien la suite. Un petit comateux. C’était pas le genre d’insulte auquel il était habitué. Nan c’était plutôt du genre petit merdeux. Ou petit con. Petit comateux c’était nouveau. Ca avait un parfum d’hôpital. Et ça avait le goût des larmes. Comateux. Genre comme coma ? Mais y’a rien dans le coma. Il le savait, il était allé au catéchisme pendant un moment. Il était mort. Y’avait pas d’autres solution. Il s’était prit un bus en pleine gueule et il était mort. Puis il avait attiré dans une espèce de jeu de rôle un peu bizarroïde mais drôlement original. Et là c’était le niveau 1. Et ce gars lui racontait que des conneries parce que c’était un test ou je ne sais quoi. Ou alors il y avait un indice. Ouais c’était sûrement ça. Il fallait qu’il se concentre sur les indices. Surveiller ses arrières et se méfier de tout le monde. Ouais bon d’accord il était pas arrivé au niveau 75 en serrant la main de tout ceux qu’il croisait. Et même dans sa vie quotidienne il avait apprit à se méfier. Mais pas à se battre. Ca allait être un nouveau genre de combattre en direct live. Bof pas plus compliqué que la wii en sommes. Il sentait qu’il allait bien s’éclater. Même si le doute persistait. Même si la bonne femme et ce mec commençait à lui mettre des bâtons dans les roues. C’était son paradis personnel. Et pour une fois il comptait pas se laisser marcher sur les pieds. Même si le premier essais n’avait pas été très concluant. Bah… c’était sa vie d’avant ça. Ca ne comptait déjà plus.

" Écoutez-moi, il serait plutôt bien qu'on se réunisse tous pour parler de la situation. MAINTENANT... à partir de maintenant, nous allons devoir rester tout ensemble. Nous ne savons pas ce qui peut guetter dans les environs, nous ne savons quelle genre de créature, nous ne savons rien du tout sur les dangers qu'on encourent sur cette ile. La vallée nous réserve bien des surprises et cette fois-ci, c'est de trop. Je sais, qu'il est dur de garder son calme. Je sais qu'il est dur de s'imaginer que l'on puisse sortir de cette situation mais si nous faisons le contraire, la vallée serait beaucoup trop satisfaite. Pour l'instant, il faut absolument trouver de quoi faire du feu et d'établir un coin pour se poser. "


Regardant à tour de rôle les trois personnes qui se trouvaient devant-lui, Tom questionna la petite assemblée :

" Si quelqu'un n'est pas d'accord avec ce que j'ai dis, je lui déconseille de se prononcer. "

- Évite de dire ça à un gamin de 16 ans. Et arrête ton numéro de chef de gang. C’est pas encore bien au point.

Ce fut à son tour de se lever et il fixa les deux autres personnes, dont la bonne femme qui avait pété son plomb comme une hystérique avant de se tourner vers le mec en costard. C’était lui qui détenait le maximum d’information. Donc il devait s’adresser à lui en priorité. Il ne pouvait pas commencer le jeu sans posséder deux ou trois indices. Et ce qu’il lui avait dit était malheureusement trop vagues. La vallée devait être le nom de code du Maitre du Jeu. Il possédait à sa disposition des créatures, certainement des trolls et des Elfes noirs, pour leur mettre des bâtons dans les roues pendant leur quête. Jusque là rien de bien compliqué. Mais où se trouvait-il ? Et bordel pourquoi l’avait il appelé petit comateux ? C’était un nom de code ou bien la vérité. Et c’était quoi déjà ce que le prof leur avait dit concernant l’univers ? 90% invisible. Ils faisaient partit d’un truc minimum, un pourcentage à la con qui affirmait qu’il n’y avait rien d’autres à part eux. Et s’il y avait autre chose ? Ou alors c’était seulement un jeu de rôle. Et il fallait qu’il arrête d’être silencieux comme s’il était intimidé ou l’autre allait en profiter. Il se racla la gorge, évita de se triturer les boutons comme lorsqu’il était gêné et lança d’une voix qu’il voulu aussi forte que celle de ce pauvre type:

- C’est pas que je suis pas d’accord mais j’aimerais quand même bien savoir ce que tu as à nous dire. A me dire. Vu que les autres doivent être au courant. C’est quoi la vallée ? C’est quoi le commencement de tout ça ? Y’a une quête ? Quelque chose qui a un lien avec cette baignoire là ? Je voudrais avoir un minimum de renseignement avant de me « poser et de faire du feu » comme une bande de joyeux scouts.

Il reprit son souffle, qu’il n’avait pas conscience d’avoir retenu et eut l’audace de le fixer sans ciller dans le but évident de lui montrer qu’il lui tiendrait tête quand l’occasion se présenterait, si bien évidemment il avait de bonnes raison, avant de se rasseoir. C’était bien la première qu’il osait prononcer un tel discours aussi assuré, et en plus devant un public. Il avait peut-être 16 ans mais côté rébellion malgré ce qu’il venait de dire ce n’était pas vraiment ça. Il préférait de loin s’écraser à défaut d’écouter et se ruer sur son Ipod. Mais là il n’y avait pas de musique, ni de foule pour le dissimuler alors il se contenta de se rasseoir en tailleurs sur le sable avant de tourner son regard vers la baignoire. Elle possédait un trou qui fuyait et n’avait pas l’air d’être en fonte. C’était un mauvais point compensé par un bon point. La baignoire serait plus légère mais il était nul en math et commençait des calculs alors qu’il sentait planer sur ses frêles épaules d’adolescent malingre la menace de trois personnes ne l’aidait pas vraiment à se concentrer. Mais il serait le héros pour une fois et si l’autre le laissait mener son petit plan en paix au lieu de commencer à jouer les chefs de meute, il gravirait les échelons. Si ça se trouve, ce jeu était éternel. Il l’espérait. Et l’idée que sa mère ait pût porter son deuil l’effleura à peine. Ce monde était mieux. Et à 16 ans on est trop égoïste pour penser à autre chose qu’à soi.
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Tabissa
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Dim 8 Fév - 11:42

Tabissa guettait la réaction de l’adolescent, ne sachant trop à quoi s’attendre. Elle ne vit pas le sourire reconnaissant que le jeune homme au bord de l’eau lui adressait, trop concentrée sur l’adolescent. Il la croirait folle et éclaterait de rire, ou il choisirait d’ignorer ses paroles et continuerait à s’imaginer être le héros d’une formidable aventure… Mais rien de tout ça, il focalisa visiblement son attention sur les cinq mots « jolies filles qui se déhanchent » et répondit tout naturellement :

« … pour la jolie fille qui se déhanche tu pourrais faire un effort tu sais… »

L’Ombre se mordit la lèvre inférieure, et sentit sa main partir droit sur le visage de Willow.

* Il a quel âge ? 16 ans ? J’en ai dix de plus que lui, ça fait cinq minutes qu’on se connaît, et il me dit ça ?! Qu’est ce qu’il s’imagine, que je suis là juste pour le plaisir des yeux ?! *

Son geste fut arrêté par la voix de Tom, l’immense colère qui pesait sur chaque mot la surprit. Cependant, à mesure qu’il parlait, le visage de la jeune femme s’assombrissait. Si le jeune garçon n’avait pas idée de l’existence des chimères et des ombres, l’autre homme qui n’avait pas décroché un mot depuis qu’elle s’était réveillée n’était certainement pas ignorant… Et il lui promettait de le torturer s’il ne se la fermait pas, magnifique ! Est-ce qu’il avait pris le temps de réfléchir ne serait-ce que deux secondes avant d’ouvrir la bouche et de lancer ces paroles acides à la figure de l’adolescent ? Il n’était probablement pas humain… Et ce désir de torture… Physique ou psychologique ? Ombre ou Chimère ? Tôt ou tard l’autre jeune homme finirait par découvrir qu’elle était une Ombre, et il allait sûrement se poser des questions quant à la vraie nature du tortionnaire, mais là c’était vraiment lui faciliter la tâche ! Quel homme sain d’esprit promettrait de torturer quelqu’un juste parce qu’il a élevé le ton ?!
Bon, il avait également manifesté beaucoup de joie en découvrant où il avait atterri, et ça avait quelque chose de très agaçant tellement une telle réaction était déplacée…Puis il enchaîna, résumant parfaitement la situation tout en essayant de les apaiser.


* Bien, tu dois te sentir des talents de chef capable d’enflammer les foules ! « je sais que c’est difficile de garder son calme, je sais qu’il est dur de s’imaginer que l’on puisse sortir de cette situation… » Ca on a l’éternité pour la faire, il n’y aucune raison de se presser ! Et je ne pense pas non plus qu’il soit urgent de trouver un abri… On peut très bien se poser sur le sable et discuter calmement, s’exposer nos points de vue… Mais visiblement, tu as l’air de penser que le tien prime sur le notre ! Ah, bien, et tu fais quoi si on émet une objection ?! Tu nous sautes à la gorge ?! Super, un mioche avide d’aventure et un homme qui se sent l’âme d’un chef et espère nous contrôler ! Ca fait soixante ans que je vis à ma guise et lui débarque, et je suis censée me plier à ses ordres et désirs ? Très intéressant comme vision des choses, mais il n’en est pas question ! *

Evidemment, elle n’était pas la seule à penser de cette manière, et ce fut comme on pouvait s’y attendre, la personne la plus vulnérable et la moins apte à s’opposer à Tom qui s’y opposa… Et dans des termes aussi aimables que ceux que l’homme avait utilisé.

* … c’est quoi ton truc ? Tendances suicidaires ? Ou tu es en pleine crise d’adolescence et quand un adulte ouvre la bouche, même si sur le fond tu es d’accord avec lui, c’est plus fort que toi il faut que tu le contredises ?! Quand bien même c’est le cas, tu crois vraiment que ta répartie stupide va te sauver ?! T’utilises ta cervelle ou alors tu es trop obnubilé par ce que tu ressens pour sentir qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez l’homme en face de toi ?! Trop stupide pour te demander si par hasard quelqu’un qui te menace de te torturer alors que tu n’as fait qu’exprimer de la joie n’est pas un peu dérangé ?!

En tout cas, si tu persistes à te comporter de façon totalement irréfléchie tu seras une proie très facile et d’ici un mois tu ne seras plus de ce monde, et je sais d’avance que même si je dois passer un mois avec toi, je ne te regretterai pas le moment venu ! Bon… Il faut bien avouer que je t’approuve, mais il y a la façon de le dire… Et visiblement la diplomatie ce n’est pas ton point fort, ni celui de Tom d’ailleurs ! *

La jeune femme avait les poings serrés, la mâchoire si contractée que ses jointures auraient blanchi si cela avait été possible. Elle s’efforçait de respirer lentement, de ne pas laisser le flot de paroles qui bouillonnait en elle passer ses lèvres. Malheureusement, il y avait au moins deux personnes sur cet îlot qui avaient un don pour faire monter sa colère de façon quasiment instantanée. Elle laissa l’adolescent terminer puis s’adressa à Tom :

« Comme tu l’as dit toi-même, on doit se méfier de tout le monde… Et donc…
Personne ne s’imposera en tant que chef… Ce qui signifie que l’on n’a pas à t’obéir comme cela te convient. Donc, à l’avenir évite d’essayer de nous imposer ton point de vue par des menaces. On cherche tous le moyen de sauver notre peau, et on réussira seulement si on s’y met tous ensemble, personne n’imposera ses idées ! Vu qu’on va certainement passer du temps ensemble, on pourrait peut-être commencer par se comporter comme des gens civilisés ! C'est-à-dire ne pas laisser planer une menace sous chacune de nos paroles, ça permettrait de détendre un peu l’atmosphère…
Mais, je suis d’accord avec toi, on devrait trouver un endroit pour s’abriter et faire le tour de l’ilot, pour avoir une idée précise du pétrin dans lequel on est. »


Puis, elle se tourna vers le gamin et reprit la parole en essayant d’effacer toute trace d’animosité de ses yeux.

« Je vais me répéter. Pas de quête, ceci n’est pas un jeu. Nous sommes dans le monde du coma, et nous tous ici présents sommes des comateux au stade le plus élevé. La vallée c’est le nom qu’on donne à ce monde. »

Les autres se chargeraient de lui expliquer le reste. Enfin, Tabissa pivota vers le dernier « habitant » de l’île, s’il n’avait pas desserré les dents, il ne s’était sans doute pas privé de les écouter.

« Qu’est ce que tu penses de tout ça ? »

La tournure qu’avaient prises les choses lui déplaisait. Il avait déjà une vague idée de qui elle était et qui étaient tous les autres, et elle n’avait pas su se contenir au début, s’était-elle trahie ? En revanche elle ne savait pas à qui elle avait à faire.
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Scott Hawkins
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Dim 8 Fév - 14:52

Après un tel changement de décor, il était normal d’être déconcerté, mais au-delà des caprices d’enfants de la Vallée, qui ne désirait surement qu’une seule et unique chose, s’amuser, il fallait s’accrocher pour éviter de sombrer, comme je l’avais fait jusqu’à maintenant, ne pas arrêter en si bon chemin, car de l’espoir il y en avait toujours, qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il vente, ou même qu’il fasse beau. A vrai dire c’était même plus facile d’espérer quand le soleil nimbait l’horizon de ses rayons que lorsque la pluie cognait à la fenêtre perpétuellement… Mais ces considérations passaient à présent au second plan, ce qui était important, c’était ces personnes échouées, car c’était bien le terme à employer, sur cet îlot de sable dont on pouvait embrasser la totalité d’un simple panoramique. Il n’avait rien de grand, et une dizaine de minutes seraient surement bien plus que suffisante pour en faire le tour, qui plus est, les rares arbres qui se dressaient paresseusement n’offraient qu’une maigre perspective d’avenir, concernant un éventuel abri ou des réserves de bois pour le feu. Et au-delà de ces considérations matérielles, les relations qui nous lieraient entre naufragés joueraient un rôle important, car sans coopération, il était clair que nous étions voués à mourir, à un moment où à un autre.

Alors que je réfléchissais à la situation, les yeux perdus sur le bleu de l’étendue de l’eau, j’écoutais distraitement mes trois camarades discuter… Enfin, si l’on pouvait vraiment utiliser ce terme, car, à bien entendre ce qu’il se disait, je pensais que tout cela tournerait bientôt à la foire d’empoigne. Le jeune humain ne semblait vraiment pas comprendre ce qu’il lui arrivait et malgré l’intervention de la jeune femme, il n’allait pas se raisonner aussi facilement. Peut-être même que ce serait impossible, et peut-être même était-il mieux qu’il ne comprenne pas… Pourquoi ? Je ne sais pas, surement que penser qu’il était un héros avec des quêtes à accomplir était un bon moyen de le motiver pour qu’il ne se laisse pas abattre. Quoiqu’il en fût, l’avenir viendrait déjà lui faire comprendre ou non la réalité sur la situation.

Ce qui me dérangeait un peu plus, ou plutôt ce qui me préoccupait, c’était de savoir quelle était la nature des autres personnes. Mais une chose était certaine, l’homme ne semblait pas être un tendre, bien que je puisse comprendre sa colère, il n’y avait pas de raison de s’emporter comme ça. Ni même de promettre mille tortures à un pauvre gamin dont il était clair qu’il ne comprenait rien à ce qu’il se passait ici. Il semblait évident que cet homme n’était pas humain, du moins ne l’était plus, qui plus est, il semblait connaître la réalité de cet endroit, ce qui signifiait qu’il était là depuis un petit moment, et je ne l’avais jamais vu. Mais quels rangs avait-il gonflé ? Les Chimères ? Les Ombres ? Difficile à dire, même si ces propos brutaux me poussaient à opter pour la première solution, il était fort probable que je me trompe aussi préférais-je ne pas arrêter mon jugement à ces premières allégations. Nous aurions clairement le temps d’en apprendre plus sur les autres durant notre petit séjour sur ce petit banc de sable. Lorsqu’il tenta d’imposer son point de vue sur la matière, je ne réagis pas immédiatement. Il avait raison, mais il y avait bon nombre de manières de parvenir à un consensus avec les autres personnes présentes, aboutissant aux mêmes conclusions, plutôt que de tenter d’imposer tout cela sous la forme « Essayez de pas être d’accord avec moi et je vous casse la figure ».

Le plus surprenant fut sans doute la réaction de l’adolescent, bien que logique, à bien y réfléchir. Moi aussi j’avais eu du mal avec mon Père et j’avais plusieurs fois désobéi, qui plus est, je n’acceptais les ordres de personnes, fussent-ils plein de sens, surtout dans une situation pareille. Dans un tel pétrin, nous étions tous sur le même pied d’égalité, et il n’y avait ni chef, ni petits soldats. Emettre des avis était du droit de chacun, en débattre en groupe était ensuite la meilleure solution. Du moins c’est ce que je pensais. Pourtant, la manière dont le petit avait répondue n’allait pas améliorer l’ambiance… On pouvait accepter de ne pas se laisser marcher sur les pieds, mais on pouvait également répondre avec un peu plus de diplomatie, plutôt que d’utiliser les mêmes armes que son adversaire, surtout lorsqu’on ne savait pas à quel point elles étaient tranchantes… Peut-être allait-il falloir que je lui parle un peu… La question était comment lui faire comprendre tout cela ? Peut-être d’une manière un peu subtile, peut-être comprendrait-il indirectement.

Je fus surpris d’entendre une voix plus cristalline s’élever entre les deux autres occupants de l’île. Une voix qui appartenait bien évidemment à la jeune femme… Celle dont je ne savais rien, et dont j’avais, paradoxalement, le plus peur, et en qui j’avais le plus confiance. Ce n’était pas si surprenant, dans un endroit comme celui-ci, que votre meilleur ennemi potentiel soit votre meilleur allié. Ses paroles reflétaient l’exact reflet de mes pensées, mais si j’avais pu faire des suppositions avec celle de l’homme, les siennes me laissaient dans un flou parfait. Aucune indication, aucun moyen de songer qu’elle fut humaine, une ombre, ou une chimère… Si ce n’est qu’elle semblait elle aussi connaître les rouages de cet endroit, et que je ne la connaissais pas, ce qui me poussait à écarter la première possibilité. Toutefois, rien n’était certain, et il faudrait que j’en apprenne un peu plus…

C’est finalement dans cet état de réflexion pas vraiment avancé qu’elle sembla me demander mon avis. Pourquoi ? Simplement parce qu’elle savait déjà ce que pensais les autres sur la situation et que je n’étais le seul qui n’avait rien dit depuis le début.

*Qu’est-ce que je pense de tout cela…. *

La réponse était simple, puisqu’elle avait déjà dit tout ce que je pensais, ou presque. Une dernière question me venait maintenant à l’esprit… Quel rôle devais-je jouer ? Devais-je être simplement moi-même ? Chez mes homologues, j’étais un peu le clown de service. Je rendais service quand je pouvais, mais j’essayais toujours de faire sourire les gens, malgré la situation. Mais est-ce que cela serait un bon rôle ici ? Difficile à dire… J’aviserai. Je me retournais alors, posant doucement mon regard sur la jeune femme, mon éternel sourire léger sur les lèvres.

« - Je pense que tu as raison. Nous sommes tous dans la même galère, et ni moi, ni l’un de vous, n’est au-dessus de ce qui nous arrive, donc personne n’a à s’imposer comme un chef… »

J’avais rapidement regardé l’homme avant de revenir à la jeune femme et de poursuivre :

« - Prendre des décisions communes reste la meilleure solution, et à ce que j’ai cru comprendre, nous sommes tous d’accord que trouver un abri et faire un feu serait une bonne idée. Quant au reste… Je pense qu’il est temps de prendre un nouveau départ, parce qu’apparemment, nous ne sommes pas partis sur de bonnes bases. »


Je fis un ou deux pas en avant, le temps de regarder un peu tout le monde, puis, reposant mon regard sur elle, je rajoutais :

« - Moi, c’est Scott. »
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Tom
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Sam 14 Fév - 19:47

Le problème de nos jours, c'est que les gens prennent tout au pied de la lettre. C'est ce que pensais Tom en ce moment même et d'ailleurs une mine étonné s'affichait sur son visage. Cette réaction s'était produite à l'entente du mot chef. Il n'était pas question chez Tom de s'imposer en tant que chef, il donnait simplement quelques conseils pour pouvoir mieux réfléchir sur ce qui pouvait arriver en ces lieux. A lui, ou à ces chers compatriotes.
Regardant tour à tour les personnes qui se trouvaient à proximité, Tom ne put réprimer son envie de donner son point de vue sur ce qu'il s'était dit. Secouant la tête de gauche à droite et fixant tout le monde, l'ombre se mit à parler :

" Il n'a jamais été question de menace !! Et encore moins de se donner le statut de chef ! Je voulais tout simplement mettre à profit mes propres idées qui pouvait peut-être se révéler importante. Décrire la situation réelle à ce petit vaurien qui ne s'est même pas demandé comment, il a pu se retrouver ici même. Mais dis moi mon gars, qu'est-ce qui s'est passé avant que tu te retrouves ici ? Un accident quelconque ? Hum ? A ton avis, pourquoi tu t'es retrouvé soudainement, pouf !! D'un coup sur cette misérable petite île ? Tu crois que tu vas te réveiller ? Que maman viendra vers toi et te chanter une berceuse, après ce terrible cauchemar ?? Non, non, comme l'a très bien décrit cette demoiselle, tu es actuellement dans le coma et tu resteras coincé ici pour toujours. C'est brutal ou bien très triste, certes, mais il faudra que tu t'y fasses... "

Regardant bien fixement le jeune garçon dans les yeux, Tom ne pouvait s'empêcher de lui sourire. Détournant les yeux, il ne cessait de chercher un coin tranquille. N'écoutant pas ce que les autres disaient, l'ombre n'arrêtait pas de tourner sur lui même.

*Qu'est-ce que tu cherches à faire ? Qu'est-ce que tu manigances à présent ? Serais-ce un jeu ou bien du simple foutage de gueule ?*

Se tournant vers les autres, Tom entendit le nom Scott. Tournant légèrement la tête pour voir l'individu qui se nommait ainsi, l'ombre s'inclina tout en souriant. Fronçant les sourcils, la bouche fermé, Tom restait immobile. Il n'avait plus rien à ajouter, au bout d'un bref moment de silence, il déduisit qu'il devait lui aussi à son tour indiquer son nom. Prenant la parole, il se prononça :

" Tom, pour vous servir. "

Réajustant sa veste, Tom sortit lentement ses deux armes. Il n'avait pas l'intention de tirer sur chacune de ces personnes, bien évidement, il n'était pas fou. Les regardant attentivement, l'ombre questionnait toute l'assemblée tout en gardant un œil sur ses bijoux :

" Qui sait se servir d'une arme ? Je pense qu'il est important de se protéger car nous ne savons pas ce qui nous attends. Je n'ai que ces deux-là, j'aimerais si possible garder mon Desert Eagle. "

Tendant le magnum, Tom attendait que quelqu'un se prononce pour prendre l'arme. Les rayons du soleil éclairait à moitié son visage qui n'affichait aucune expression. La tête penchée sur le côté, l'ombre ne bougeait plus. Soudainement, tendant un doigt en l'air, l'ombre ajouta bien distinctement :

" Ah ! J'oubliais, pour les munitions du magnum, il n'y en a plus beaucoup dans la roulette. Donc à utiliser en cas d'extrême urgence. Et si vous croyez que je cache d'autres munitions, vous n'avez qu'à me fouiller. Ce serait tout de même dommage de partir sur de mauvaises bases."

Souriant légèrement et montrant bien qu'il n'avait pas charger l'arme, Tom attendait patiemment tout en tenant l'arme à feu par le canon pour montrer une fois de plus qu'il n'avait aucunement l'intention de tirer sur quelqu'un du groupe.
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Willow Fischer
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Sam 14 Fév - 20:52

Ce qui est bien quand on a 16 ans, c’est que tout ce qu’on peut dire comme conneries est aussitôt oublié car les adultes ont toujours tendance à foutre ça dans un grand carton marqué « Crise d’adolescence des petits cons ». Avoir quelques spots, le sourire niais et balancer deux ou trois vannes bien senties peut aussi amener la pitié. Mais il n’avait même pas eut besoin de faire son petit numéro de charme pour que la jeune femme prenne sa défense, se tournant vers Tom avec une colère des plus lisibles sur son beau petit visage renfrogné. Ah la la quelques minutes à peine qu’il était arrivé et elle était déjà folle de lui. Il faudrait qu’il songe à la sauver d’un potentiel danger, comme par exemple de la menace vampirique qui avait l’air de l’écouter avec la plus grande attention, pour la mettre définitivement dans son lit. Il savait quand même comment s'y prendre malgré son pucelage et se sentait à cet instant l’âme d’un chevalier qui va avec toute la gravité nécessaire pour une telle situation savourer les délices de la chair comme récompense à sa bravoure. La vie de héros c’était quand même pas facile mais il y avait vraiment des trucs vachement chouette dans tout ça. Willow eut un petit sourire satisfait tandis qu’il matait une dernière fois la jeune femme avant que cette dernière ne se tourne brusquement vers lui, manquant de le faire sursauter.

Aie, c’était à son tour de trinquer, oyez oyez.

« Je vais me répéter. Pas de quête, ceci n’est pas un jeu. Nous sommes dans le monde du coma, et nous tous ici présents sommes des comateux au stade le plus élevé. La vallée c’est le nom qu’on donne à ce monde. »

- … Hein ? Le monde du coma ? C’est quoi ce scénario pourrit…
demanda Willow d’une voix plus voulu des plus graves pour en rajouter niveau héros d’arcane mais il ne put cacher l’étincelle d’hésitation qui traversa son regard.

Et l’autre costard cravate décida d’en rajouter une couche, ne lui laissant même pas le temps de réfléchir aux paroles de la jeune femme. Pauvre chéri, pauvre âme incomprise, oh la dame avait vraiment été vilaine pour le coup. Un sourire des plus goguenard naquit sur les lèvres gercées du jeune internaute qui fixa Tom les bras croisés, savourant une petite revanche mesquine.

" Il n'a jamais été question de menace !! Et encore moins de se donner le statut de chef ! Je voulais tout simplement mettre à profit mes propres idées qui pouvait peut-être se révéler importante. Décrire la situation réelle à ce petit vaurien qui ne s'est même pas demandé comment, il a pu se retrouver ici même.

- Petit Vaurien. Eh mec je vais t’offrir le dico des dernières insultes à la mode. T’as l’air assez coincé mais pour balancer des vannes aussi pourries ça doit être à cause de l’âge. T’as bien fait attention à amener une perruque de rechange papy ? Ca risque de souffler fort par ici… L’aventure c’est plus de ton âge.


Finalement, attirer l’attention, c’était peut-être pas la meilleure idée qu’il ait eut, surtout vu le sourire qu'arborait en cet instant l'homme à la crinière noire. Willow s'efforça de ne pas ciller, même s'il avait conscience d'être à cet instant le centre d'attention, mais aussi l'oeil du cyclone, ce qu'il n'appréciait pas vraiment. Autant jouer les héros pour recevoir les éloges et les regards admiratifs de ses compagnons de voyage, ça c'était okay, autant devenir la tête de turc de la petite équipe il préférait largement s'en passer. Il le défia du regard, se foutant pas mal de prendre un coup si l'autre décidait de passer à l'étape supérieur. Willow pensait naïvement que la vie qu'il avait mené jusqu'alors l'avait préparé à un max de souffrances et de tortures possibles mais il se trompait peut-être. Même si le gars avait l'air de prendre cela à la légère, comme si la menace précédente n'avait pas été du tout prononcée d'un ton des plus sérieux, Willow lui se méfiait. C'était une seconde nature chez lui, en plus de son optimisme.

- Mais dis moi mon gars, qu'est-ce qui s'est passé avant que tu te retrouves ici ? Un accident quelconque ? Hum ? A ton avis, pourquoi tu t'es retrouvé soudainement, pouf !! D'un coup sur cette misérable petite île ? Tu crois que tu vas te réveiller ? Que maman viendra vers toi et te chanter une berceuse
après ce terrible cauchemar ??

Putain mais pourquoi tu pleures ? T'as encore pissé au lit ? Will ?!


- Non, non, comme l'a très bien décrit cette demoiselle, tu es actuellement dans le coma et tu resteras coincé ici pour toujours. C'est brutal ou bien très triste, certes, mais il faudra que tu t'y fasses... "


Bon cette fois-ci merde ! Ce con allait pas lui gâcher ses vacances et son paradis personnel avec ses remarques à deux balles ! Il comprenait sans peine la trame de ce jeu pas vraiment bien complexe mais assez intéressant il fallait bien l’avouer mais ça servait à rien d’en rajouter niveau méchanceté gratuite. Il avait parlé de sa mère lui ? Il l’avait attaqué sur sa vie personnelle ? Willow se leva, et prit le temps d’épousseter son jean, le regard étincelant d’une fureur mal contenue. Personnage réel ou bien joueur en ligne, ce gars là n’avait pas le droit de lui parler comme ça, de se foutre de lui. Il en avait assez bavé dans l’autre monde pour voir ici se reproduire le même schéma ! C’était pas un terminale qui manquait de le rendre cardiaque à chaque fois qu’il passait les grilles de son lycée, c’était qu’un vieux schnoque cosplayer de Matrix ou du dernier film de Vampires en date qui essayait de fanfaronner devant les autres. Le coma. L’accident. Coincé ici pour toujours. Brutal ou bien très triste. Qu’il s’y fasse. Non mais qu’est-ce qu’il en savait lui ? Hein ? Et si c’était vrai… Et si c’était vrai en quoi ça le regardait ? Peut-être qu’il était heureux ? Peut-être que c’était sa chance ?!

- Dis voir mec tu peux pas te la fermer deux secondes ? Tu crois que je vais me mettre à chialer parce qu’au secours ma vie est tragique ? Si tu veux tout savoir je sais très bien ce qui s’est passé. On a voulu me tuer et manque de bol je me suis prit un bus à la place d’une volvo. Je suis pas mort… Okay, je suis pas mort.

C’est possible ça ?


- Je suis dans le coma.


Mais c’est quoi, "ça" ?


- Je sais pas si c’est pire, je sais pas si c’est réel ou si c’est une immense blague ou quoique ce soit mais en fait je vais te dire un truc: je m’en fous.


Ouais… Ouais totalement.


- Ce monde pour moi c’est mon paradis. C’est un endroit où je vais enfin pouvoir m’éclater comme j’ai envie. Et je me suis réveillé ici pour m’écraser ! J’ai vécu 16 ans comme ça alors crois moi c’est pas la laideur de ta cravate qui va m’impressionner.

Fin de la conversation. Et que l’autre vienne pas en rajouter une couche avec son sourire moqueur ou Willow allait vraiment péter un plomb. Si ça se trouve sa première mission c’était de buter ce monstre là, et non pas de foutre une baignoire à la mer, quoique c’est une mer un océan ou alors un lac ce machin grisâtre. Ca n’avait pas l’air d’être un troll mais à force de se dire qu’il avait la dégaine d’un Lestat croisé avec Saw, ce mec s’approche de ma jambe et je lui fais bouffer le sable de cette île, peut-être que finalement il avait mit le doigt sur quelque chose d’important. Un vampire noir à la solde du méchant, un vulgaire espion dont il fallait se débarrasser. Hum… très intéressant tout ça et le regard de Willow se fit légèrement calculateur tandis qu’il se réinstallait sur le sable, se tournant finalement vers la jeune femme qui prit à nouveau la parole, histoire de changer définitivement de sujet. Le jeune allemand prit le temps de saluer cet essais par un sourire assez gourmand et un coup d’œil appuyé sur les formes que laissaient entrevoir les vêtements un peu vieillots de la donzelle. Bah, le visage était des plus appétissant et elle risquait pas de garder ses frusques bien longtemps, hé hé.

« Qu’est ce que tu penses de tout ça ? »

« - Je pense que tu as raison. Nous sommes tous dans la même galère, et ni moi, ni l’un de vous, n’est au-dessus de ce qui nous arrive, donc personne n’a à s’imposer comme un chef… » répondit alors l’autre étudiant qui lança un petit coup d’œil à Tom.


Côte de popularité de Blade: En baisse.
Willow: 1 pt.

« - Prendre des décisions communes reste la meilleure solution, et à ce que j’ai cru comprendre, nous sommes tous d’accord que trouver un abri et faire un feu serait une bonne idée. Quant au reste… Je pense qu’il est temps de prendre un nouveau départ, parce que apparemment, nous ne sommes pas partis sur de bonnes bases. »

- Tu vas faire un feu avec la baignoire ? Sinon costard-face de pet pourrait nous prêter sa veste de smoking si elle est pas trop trempée, marmonna le blond en s’allongeant sur le dos, fixant le ciel d’où l’on pouvait apercevoir quelques éclaircies.
« - Moi, c’est Scott. »

" Tom, pour vous servir. "


Scott et Tom. Bon, niveau cool attitude on y était pour planche -de-surf-man mais par contre matrix s’en payait une bonne avec un nom des plus… cons. Enfin c’était quand même mieux que Willow et le garçon eut un grognement étouffé quand il comprit que c’était à lui de se présenter. Il releva la tête en direction de ses trois compatriotes infortunés avant de lâcher d’un ton pas vraiment agréable un simple « Will ». Il n’avait pas pût choisir son nom à la naissance, on ne l’y reprendrait pas deux fois. Il eut tout de même une petite chaleur au cœur quand il comprit, un peu tard oui mais on avait jamais dit que ce geek là réfléchissait à la vitesse de son disque dur, que les autres allaient l’interpeller, le saluer, et même le féliciter en l’appelant « Will ». Un rêve de gosse qui se réalisait enfin il eut envie de danser sur place. Ici, un monde diabolique avec des comateux dépressifs et des monstres sanguinaires ? Mais je veux mon neveux je veux ! Il lui fallait juste un autre petit coup de pouce du bon dieu pour qu’il se mette à embrasser le sol de cette Terre Nouvelle. Et tant pis si c’était vrai ce qu’ils avaient sortit les deux autres rigolos. Tant pis s’il était dans le coma ce qui supposait que son corps devait attendre de l’autre côté qu’il réintègre sa petite cervelle. Après son accident de bus de toute façon il devait plus rien rester de potable de lui alors il était pas vraiment pressé de rentrer. Sa mère allait peut-être un peu pleurer pour faire bonne figure auprès des médecins et son petit frère lui jetterait un vague coup d’œil de pitié. Mais fallait pas qu’il y pense car ça comptait plus. Ici, c’était son monde à lui et il ne lui manquait rien, absolument rien pour être heureux.

" Qui sait se servir d'une arme ? Je pense qu'il est important de se protéger car nous ne savons pas ce qui nous attends. Je n'ai que ces deux-là, j'aimerais si possible garder mon Desert Eagle. "

- MOI !

Sauf peut-être une arme.

Finalement le vampire ne devait pas être si mal que ça et sa cravate mochissime était vraiment design. Il lui fit un petit sourire bien sympathique, découvrant des dents heureusement parfaites depuis que le dentiste l’avait autorisé à ne porter que la nuit son appareil dentaire avant que ses yeux ne s’abaissent sur l’arme immense qui pour l’instant était tendu vers une main qui prendrait soin de cette jolie bestiole comme un prêtre avec sa bible. Joli le magnum, très joli et c’était lui ou il brillait à la lumière. Willow était comme un insecte nocturne fasciné par une ampoule de 60 watt. Il reprit son calme, bien conscient que ce mec là ne lui portait pas vraiment une grande estime et tendit la main pour l’effleurer simplement d’un doigt. Le contact l’électrisa au point de le faire frissonner. Il n’avait jamais été un grand fana des armes à feu, sauf dans les jeux où il était forcé de les utiliser mais c’était surtout de la crainte mêlée à de la fascination qu’un simple dégoût. Les armes à feu étaient belles, dangereuses et surtout il pouvait les contrôler pour vaincre, pour gagner. Il n’était pas un meurtrier et ne rêvait pas de bain de sang mais juste de James Bond qui l’arme au poing sauvait toutes ses copines avec un sourire colgate. Le pied… une arme dans ce monde et gratuite en plus. Enfin si l’autre voulait bien la lui passer.

- Je sais m’en servir. J’ai appris sur internet. Et je ferais pas le con sérieux. Au contraire.


Le pire peut-être étant qu’il était conscient du danger que cela représentait mais qu’il était prêt à courir le risque de prendre dans sa main un tel potentiel de meurtre additionnée de poudre et de cliquetis rassurant d’une sécurité qu’on enlève. Il la voulait, et malgré son visage sérieux son regard n’exprimait qu’une profonde famine. Il saurait en prendre grand soin, y faire très attention et il ne tirerait pas comme un gros débile à chaque ombre qui le ferait sursauter. Ce magnum était la preuve que même dans un jeu, il se donnait à 200%. On lui donnait une mission, il l’exécutait et ne faisait pas le con car ceux qui faisaient les cons sur AEternam ne vivaient jamais très longtemps. Il entendit à peine la voix de Tom qui les rassurait quant au fait que l’arme était peu chargée et qu’il ne disposait pas d’autres munitions, ce qui le forcerait, si toutefois l’arme entrait en sa possession, à un usage des plus restrictifs. Une mesure de sécurité pour l’utiliser à bon escient, ça il l’avait capté dès qu’il l’avait vu et il eut un simple sourire. C’était beaucoup mieux qu’une fille à dépuceler après la victoire ça. C’était comme la prolongation de sa main et il tendit simplement cette dernière, regardant enfin Tom droit dans les yeux, non pas suppliant mais désireux.

...

Euh minute papillon, après le grand bain elle marche toujours au moins ??
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Tabissa
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mar 17 Fév - 1:10

Tabissa décida d’ignorer la remarque de l’adolescent : « scénario pourri ». Il n’allait pas être facile à convaincre…
Lorsque Scott eut achevé sa tirade, elle fut forcée d’admettre qu’elle était autant avancée qu’avant qu’il ait ouvert la bouche. Il avait approuvé ses paroles, les avait reformulées, mais c’était tout. C’est ce qu’on appelle de la communication : parler pour ne rien dire, tout en donnant l’impression d’avoir dit quelque chose... Enfin si, il avait émis l’idée de prendre un nouveau départ… L'idée était séduisante, s'ils continuaient de progresser sur la pente qu'ils avaient empruntée, l'histoire risquait fort de tourner au mélodrame. Cependant un rapide coup d’œil jeté au môme lui fit comprendre que nourrir l’espoir de reprendre tout à zéro aurait été inutile. Il était avide d’obtenir des réponses à ses questions, et comme tout garçon de 16 ans un peu curieux qui un beau jour s’est réveillé sur une île déserte entouré d’inconnus et d’une baignoire… Il s’avèrerait sans doute insatiable ! L’ennui étant que Tabissa aurait à cet instant eut plus que tout besoin d’être seule, au calme pour réfléchir posément à la situation. Cependant elle devinait qu’il valait mieux pour elle faire une croix sur ce moment de solitude si elle ne voulait pas se trouver frustrée.


« - Moi, c’est Scott. »

* C’est étrange, ce besoin qu’éprouvent les humains de se définir par un prénom. Je veux dire, c’est normal, l’un des premiers mots que l’on apprend à prononcer est notre prénom… Mais dans la manière que les gens ont de se présenter, on pourrait croire que ce simple prénom reflète la personnalité de celui à qui il appartient, que dans ce mot, il y a un passé, un caractère, des espoirs… Et il faut avouer que ce serait bien pratique, parce qu’en réalité quand quelqu’un se présente, l’interlocuteur voit des mystères brumeux sous les lettres et il se demande quel genre de personne peut porter un prénom pareil. Est-ce que les deux ‘t’ à la fin du mot, qui vous laissent presque sur votre faim et vous laissent surpris comme si vous émergiez de la brume pour vous rendre compte que vous êtes à quelques centimètres d’un précipice immense… Est-ce que cela signifie une propension à la manipulation chez son possesseur, peut-être un prestidigitateur… Normalement on assouvit sa curiosité en faisant connaissance. C’est ainsi que les choses se passent sur Terre. Mais ici...*

" Il n'a jamais été question de menace !!..."



La voix de Tom la sortit brutalement de ses rêveries. Perdue dans ses pensées, elle était restée quelques secondes les yeux plongés dans ceux de Scott, y cherchant en vain quelques réponses. Elle leva un sourcil interrogateur au milieu de sa troisième phrase. Il se moquait d’eux ?! « mettre à profit ses idées ». Il n’avait pas l’air de trouver étrange, voir grave d’avoir menacé un garçon de torture juste parce qu’il avait parlé un peu fort ; pas plus qu’il ne lui semblait trouver menaçant de dire « si quelqu’un n’est pas d’accord, je lui déconseille de se prononcer ». Le moins qu’on puisse dire, c’est que le temps qu’il avait passé ici lui avait fait perdre tout sens des réalités et toute mesure de ses paroles. A moins que ces deux choses ne lui aient toujours été totalement étrangères. Il recommença à vitupérer le garçon. Ce qui eut le don d’exaspérer Tabissa. C’était tentant… terriblement tentant sans doute. Mais ça n’arrangeait pas les choses, et tant qu’à devoir se supporter pendant des semaines, si on ne peut pas envisager de relations amicales, on peut au moins envisager du respect. C’est ce que se disait l’Ombre, en oubliant qu’elle était la première à se laisser dominer par ses humeurs.

* Triste, brutal, faudra qu’il s’y fasse… *

Elle lui aurait bien enfoncé son poing dans la bouche histoire qu’il la ferme cinq petites minutes. Mais c’était tout à fait le genre de comportement susceptible de faire dégénérer la situation. De donner naissance à des Chimères peut-être… Un frisson lui parcourut l’échine, elle fusilla Tom du regard. Evidemment, l’autre répliqua… Et Tabissa resta stupéfaite lorsqu’il eut fini de parler. Comment pouvait-il ne pas s’inquiéter ? Ne pas avoir peur ? Ca ne lui faisait rien de savoir qu’il ne reverrait plus jamais ni amis, ni famille ? Et il semblait prendre la situation à la légère… Pas mort, dans le coma… Parfait ! Lui, il devait sérieusement dérailler pour tenir de tels propos, aucune personne saine d’esprit n’aurait réagi de cette manière. Même Tabissa qui n’avait pourtant pas perdu grand-chose en tombant dans le coma avait été angoissé par le monde qu’elle avait découvert.

* Le Paradis… T’éclater ?! C’est… débile ! Je ne vois pas ce que cet endroit a de paradisiaque ! Une île déserte pour l’éternité… On peut pas dire que tu sois très exigeant. Sincèrement, pas une seule fois je ne me suis demandée si cet endroit était le Paradis, l’Enfer oui et pas qu’une fois, mais le Paradis… On est censé se sentir bien, retrouver les gens que l’on a perdus et à qui on tenait – dans le cas où il y en a -. Se retrouver aves des inconnus dont un menace de te tuer et t’insultes pour toi c’est paradisiaque ? *

Elle était trop choquée pour pouvoir répliquer quoi que ce soit. Et les évènements s’enchaînèrent sans qu’elle intervienne. A son tour il se présenta, toujours renfrognée, elle ne put s’empêcher de se dire qu’il aurait dû omettre le « pour vous servir ». Et le garçon en pleine crise d’adolescence se prénommait Will. Son visage s’assombrit lorsqu’elle vit Tom sortir des armes de sa veste. Cet homme leur réservait décidément bien des surprises ! Evidemment, elle ne savait pas se servir d’une arme à feu. Elle n’était donc pas un acquéreur potentiel de l’arme. La seule chose utile qu’elle avait appris pendant la guerre, c’était la fuite et cela ne lui avait même pas sauvé la vie puisqu’elle était tombée dans le coma. Ici elle avait d’autres atouts… inoffensifs contre la poudre et les balles bien entendu. A son grand dam, le désespoir n’était pas un bouclier contre les balles. Elle aurait préféré voir les armes au fond de l’eau plutôt que dans les mains de deux de ses compagnons. Si l’un d’eux était pris d’un coup de folie, elle ne donnait pas cher de sa peau.

L’Ombre manqua s’étrangler quand Will hurla « MOI », avant d’ajouter qu’il avait appris à s’en servir sur Internet.


« Hors de question. »

Sa voix était tranchante, Will commençait à sérieusement lui taper sur les nerfs. Et sans trop avoir besoin d’y réfléchir, elle savait qu’elle préférait que Tom reste en possession de ses deux armes, plutôt que le mioche en ait une.

« C’est quoi ce putain de truc, ‘internet’ ?! Qu’est ce qui tourne pas rond chez toi ?! Ca, le Paradis ? Jusqu’à aujourd’hui aucun comateux n’avait gardé de lésions de l’accident qui l’avait envoyé ici, mais toi t’as l’air d’avoir pris un sacré coup sur la tête ! Et ça commence à m’énerver de devoir me répéter à tout bout de champ ! ON N’EST PAS DANS UN JEU ? C’est clair ? Tu sais même pas contre quoi tu te bats ! Ce serait stupide de te confier une arme alors que tu ne sais rien de ce qui t’entoure !
Et merde, il y a quand même des choses plus urgentes que de se répartir des armes ! Tu débarques ici, on te dit que tu es tombé dans le coma, mais toi il y a qu’une chose qui t’intéresses c’est t’éclater ! Et si j’ai bien interprété l’excitation dans ta voix, ce qui t’éclate c’est de tuer ! Alors, pour commencer enfonces toi bien dans le crâne qu’ici tu es une proie ! »


Elle se retint d’ajouter : « Ma proie »

« Et vu ton comportement, j’ajouterai même que tu es une proie de choix et que tu risques rapidement d’y passer ! »

Elle se détourna et son attention se reporta sur Tom lorsqu’il « proposa » d’être fouillé, elle le scruta plus attentivement. Il avait tendu une arme, canon tourné vers lui. Mais il paraissait franchement instable, et le fouiller ne serait sans doute pas du luxe… D’un autre côté, c’était encore un moyen sur de faire monter la tension qui régnait entre eux tous.

* Non, ça n’en vaut pas la peine. Il ne tentera sûrement rien dans l’immédiat. D’ailleurs personne ne tentera rien de nuisible dans les heures, voir jour à venir. S’attirer la confiance des autres est la première chose à faire. Présentement nous sommes au moins trois à être conscient de cela… La première phase quand un groupe se forme c’est que chacun montre ses meilleurs côtés, on est gentil pour s’attirer la confiance des autres. La deuxième phase, les personnalités s’affirment, les gens se dévoilent tels qu’ils sont, font savoir ce qu’ils attendent et pourquoi… Ensuite, c’est la lutte pour le pouvoir… Celle là, on vient de la proscrire dans la théorie… ‘Personne ne prendra le rôle de chef ‘, tout le monde « semble » s’entendre sur ce point. Et enfin, l’intimité… Nous sommes loin de ce stade. Mais on n’est pas non plus dans la première phase, il semblerait que celle-là, nous l’ayons gaiement omise pour passer directement à la phase deux…
Et pourtant, ça n’aurait sans doute pas été un mal de passer par là… Mais dans les situations extrêmes, ce schéma n’est peut-être pas valable. Quand les gens sont face au danger, ils sont eux-mêmes… Dans ce cas, j’ai peut-être du souci à me faire quant à l’utilisation qu’ils feront des armes… Surtout s’ils en laissent une à Will *

« Moi, c’est Tabissa. »
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Scott Hawkins
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mer 18 Fév - 18:09

Décidément... Il allait falloir jouer serrer pour qu'on ne finisse pas par s'entretuer sur cette petite île... Je n'avais pas vraiment de chance pour lutter contre une Ombre ou une Chimère et l'île était malheureusement trop petite pour espérer fuir quelque part. Je n'avais aucune idée de ce qui pouvait motiver le gamin à réagir comme ça, mais une chose était certaine, ça n'allait pas être le grand amour entre le grand brun costard-cravate et lui. Une relation d'animosité qu'il allait falloir surveiller de près car cela pouvait très bien finir par dégénérer, et si cela arrivait, ça n'allait pas être beau à voir. Pour l'instant je m'étais contenté d'une relative neutralité, pas par crainte, pas par lâcheté, mais simplement parce qu'il fallait se rendre à l'évidence, intervenir d'un côté plutôt que de l'autre aurait été suicidaire, et surtout inutile à ce stade. Il n'y avait pas encore de grands dangers, même s'il pouvait venir à tout instant, et mieux valait éviter de rajouter des tensions inutiles. Voilà pourquoi j'avais tenté de détendre l'atmosphère en commençant par me présenter, histoire que tout le monde souffle et reprenne par là où tous auraient du commencer. Mais apparemment, ce n'était pas encore tout à fait cela.

Quant à la remarque du petit... Inutile d'y répondre avec emphase, il était exaltée par son tête à tête avec son premier « ennemi »... Il faudrait peut-être que j'ai une discussion avec lui, pour essayer de le comprendre, de lui expliquer deux ou trois trucs qui pourraient lui sauver la vie... Dans ce monde, il y avait certaines choses qu'on pouvait faire et d'autres qu'on ne pouvait pas. C'était comme ça, c'était ça survivre. Oui, petit Will, il allait falloir t'apprendre que dans le jeu où tu venais d'atterrir, il n'y avait pas de vainqueur, pas de héros, simplement des survivants, des proies et des prédateurs dotés d'une faim éternellement insatiable.

Comme je le pensais, le fait de me présenter avait poussé les autres à faire de même, par simple politesse ou je ne sais quoi d'autres, cela avait eu le mérite de faire retomber les choses, ne serait-ce qu'une seconde... Une seconde pendant laquelle je fis la connaissance de Tom et Will, mais une seconde de calme qui précéda une tempête, une de plus... D'un côté, je pouvais parfaitement comprendre celle-ci. En effet, si Tom possédait sur lui deux armes à feu, surement plus très utilisables depuis leur séjour dans l'eau, l'idée de les partager était tout à son honneur, mais l'idée que Will s'en fasse porteur et garant d'une d'entre elles ne me rassura pas au plus haut point. Aussi, la réaction de celle qui se présenterait comme Tabissa fut, pour moi, des plus justifiée. Qui plus est, elle venait de résumer la situation en quelques mots clairs et intelligibles, même si je n'étais pas certain que Will percute immédiatement le sens de tout cela. Lorsqu'elle eut fini, je me risquais à rajouter.


« - Je ne pense pas qu'il soit raisonnable non plus de te laisser en possession d'une telle arme Will. Tom... C'est appréciable de ta part de partager ton arsenal, mais l'îlot est petit, et il n'y a aucune raison pour que nous nous séparions pour l'instant. Aussi, si tu gardais les deux armes pour le moment ? Nous verrions pour les répartir, si le besoin s'en fait sentir. »

Je fis une petite pause. J'allais surement être catalogué, si ce n'était pas déjà fait. Mais quoiqu'il en soit, je préférais calmer les ardeurs plutôt que de ne rien faire et éventuellement être embarqués dans une échauffourée qui risquait de mal finir.

« - Si nous allions nous occuper l'esprit à chercher du bois sec pour le feu, histoire de nous réchauffer et nous sêcher ? Comme l'a suggéré Will, ce n'est pas avec une baignoire que nous allons y arriver. Nous en profiterons pour trouver tout ce que nous pourrons juger utile. »

Et voilà, c'était lancé. Il n'y avait plus qu'à espérer, que tout le monde saurait mettre de côté les petites échanges animées du début pour commencer à vraiment tenter de ce sortir de ce bourbier...

[ Désolé post de merde ^^" ]
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Tom
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mar 24 Fév - 23:51

La tête penchée sur le côté, sourire aux lèvres, regard froid et inexpressif, Tom essayait de comprendre le vocabulaire du jeune Will. L'ombre ne saisissait pas tout à fait les répliques du jeune garçon, de toute manière, il n'en avait rien à faire.

*C'est fou comme les petits merdeux de son genre croient avoir tout vu, tout fait. Il ne tiendrait même pas deux minutes face à une chimère. Et en plus de tout ça, il se porte volontaire pour prendre mon magnum*

Pouffant de rire face à cette pensée, imaginant la scène, Tom fixait en même temps Will. Il tourna sur lui même histoire d'apercevoir les horizons, même s'il n'y avait rien à voir puis il revînt face à Will. Le dos courbé, il se stoppa net devant le jeune homme tenant toujours l'arme dans la main. Les sourcils froncés, il le fixait dans les yeux. Levant le doigt en l'air, Tom s'adressait à Will tout en le regardant de travers :

" Mmm, tu vois, en te regardant, le problème de nos jours enfin je pense, c'est que les gamins de ton genre n'ont que trop de fierté. Bla bla bla blaaa. Tu n'aurais pas autre chose à dire ?? Hum ?...J'essaie quand même un peu de me questionner en te regardant, de te comprendre. Mais j'avoue, que je n'y arrive vraiment pas.Petit raclement de gorge. Regarde, je vais te montrer un petit truc. "

Tom laissa une balle dans la roulette du magnum, effectuant un mouvement brusque sur le côté pour refermer le barillet, l'ombre chargea l'arme. Il la posa doucement dans la main du jeune garçon puis il revînt à sa place. Réajustant sa cravate, Tom baissa une paupière puis il s'adressa une nouvelle fois à Tom :

" Pour commencer, tu peux apercevoir que cette arme est assez lourde, mmm, ça n'a rien à voir avec la souris de ton ordinateur. Ensuite, tu t'apercevras qu'il faut commettre une grande pression sur la gâchette pour que la balle puisse partir, surtout sur un magnum. Internet comme tu dis et toute ces subtilités n'ont rien à voir avec la réalité, nooon, non, rien du tout... Tu sais sans doute très bien viser mais une fois que la balle sera partie, est-ce que tu sauras maintenir ta main pour pouvoir toucher correctement ta cible ? Admettons, que tu t'es déjà entrainer sur des bouteilles comme tout bon débutant. Admettons, admettons, admettons, une seule petite seconde... Les bouteilles elles, elles sont toute geeentilleuh, elles ne bougent pas, elle ne vivent pas. Et cette situation se rapproche de tout ce qui touche à "l'essai". "L'essai" ce n'est pas la réalité mais le truc qui te permet simplement de t'amuser comme un petit fou. "

Au dernier mot prononcé, Tom agita follement ses deux mains. Faisant les gros yeux tout en ayant la bouche fermé, Tom n'attendait pas de réponse. Laissant encore l'arme dans la main du jeune garçon, il continua son discours :

" Je ne cherche pas à te rabaisser... J'essaie simplement de t'expliquer. Hum, tu vois, tenir une arme à feu engage une responsabilité. Ce n'est pas un simple boum, mais plutôt un genre d'engagement. Cette responsabilité doit être fiable à cent pour cent, en aucun cas, tu dois hésiter... Tu vois, si je te dis de tirer sur moi, est-ce que tu le ferais ? Vu ton âge, vu ta façon de parler et vu ton comportement, j'en doute fort. Alors quand tu me dis que toi, tu sais tirer parce que tu as appris sur internet, je me dois de refuser. Ne vois pas ça comme un avertissement mais plutôt comme un conseil.  "

Reprenant l'arme, Tom tira dans le vide pour que le révolver soit déchargé. Un simple clic retentit et le barillet tourna légèrement. Se tournant vers le dénommé Scott, il lui dit :

" Je crois bien qu'il serait mieux que je les garde, tu as effectivement raison. "

Rangeant son magnum dans sa poche intérieur, l'ombre se demandait ce qu'allait répondre Will. Une fois terminé, l'ombre ajusta sa veste tout en regardant les autres avec un grand sourire. Reniflant fortement, l'ombre aborda le sujet principal :

" Bon ben moi, je vais aller chercher du bois sec. Si quelqu'un veut se joindre à moi, je n'y vois pas d'inconvénient. "

Tournant le dos aux autres, l'ombre commença à marcher. Arrivé vers un rocher, Tom enleva sa veste pour la déposer histoire de la laisser sécher au soleil. Il prit son desert eagle pour le mettre dans le bas de son dos, maintenu par sa ceinture. Il reprit sa marche puis il murmura :

" Tidadidadidadoum... Je sens qu'on va s'éclater. "
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Willow Fischer
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mer 25 Fév - 0:51

Étrangement, vu la tête des deux touristes qui semblaient tout droit sortit du dernier épisode de la petite maison dans la prairie, Tom ne venait pas d’avoir la meilleure idée du siècle. Évidemment, Willow les aurait simplement ignoré, se moquant simplement de leur tête dans un petit coin de sa tête… Évidemment… Enfin si madame blancheur éclatante du printemps avait pas décidé de reprendre dans l’au-delà le rôle vaquant de la mère poule. Son hors de question résonna comme une gifle sec et il se tourna vivement vers elle, les yeux exorbités et le teint si blême que ses boutons d’acnés ne se voyaient que plus encore. Il resta là, la bouche entrouverte, prêt à s’exclamer de toute sa belle fougue d’adolescent à quel point c’était insensé que cette bonne femme inconnue se mêle de ce qui ne la regardait absolument pas mais cette dernière le devança. Il n’eut qu’un son de gorge étranglé, quelque chose vaguement à « Mais… » avant qu’il ne se laisse dépasser par l’instinct protecteur d’une coincée en manque de gosses. Putain mais elle pouvait pas se carrer ses hormones à un autre endroit et lui foutre la paix une bonne fois pour toutes ???? Il n’avait décidément pas de chance mais il s’empêcha de s’effondrer sur le sable en bougonnant en attendant que la tempête passe, comme il l’avait toujours fait. Non bordel il allait ouvrir sa gueule pour une fois ! Même si ça avait vraiment l’air de ne pas lui réussir, oh ça non. Enfin, il l’ouvrirait après son petit discours à l’autre là.

« C’est quoi ce putain de truc, ‘internet’ ?! »


NON !
Tu as rêvé elle n’a pas dit CA


« Qu’est ce qui tourne pas rond chez toi ?! Ca, le Paradis ? Jusqu’à aujourd’hui aucun comateux n’avait gardé de lésions de l’accident qui l’avait envoyé ici, mais toi t’as l’air d’avoir pris un sacré coup sur la tête ! Et ça commence à m’énerver de devoir me répéter à tout bout de champ ! ON N’EST PAS DANS UN JEU ? C’est clair ? Tu sais même pas contre quoi tu te bats ! Ce serait stupide de te confier une arme alors que tu ne sais rien de ce qui t’entoure ! Et merde, il y a quand même des choses plus urgentes que de se répartir des armes ! Tu débarques ici, on te dit que tu es tombé dans le coma, mais toi il y a qu’une chose qui t’intéresses c’est t’éclater ! Et si j’ai bien interprété l’excitation dans ta voix, ce qui t’éclate c’est de tuer ! Alors, pour commencer enfonces toi bien dans le crâne qu’ici tu es une proie ! »
- OH ! Tu te calmes « maman » ! Je t’ai pas demandé une leçon de morale alors t’es gentille mais tu te la boucles !


Il en tremblait presque de rage et ses yeux lancèrent des éclairs de mauvais augure. De quoi se mêlait-elle bon sang ? Et de quoi se permettait-elle de le juger sans même le connaître ? Il aurait aimé lui dire ses 4 vérités en face ! Mais après cette simple phrase, cette petite phrase idiote plus vulgaire que franche, il n’arrivait pas à réorganiser ses pensées pour se défendre enfin. Non bon sang il n’était pas dingue ! Il avait juste assez vécu pour ne pas détester ce nouveau monde qui lui offrait la possibilité d’être enfin qui il était ! Mais ça, l’autre là elle le comprendrait en temps et en heure. C’était son jeu à lui, son monde à lui, son paradis personnel et il ne la laisserait pas lui voler ça. C’était son espoir, son rêve et il ne lui échapperait pas. Il avait laissé sa vie le quitter sans avoir rien fait pour grimper les niveaux, pour être Will, et non pas ce bouseux de Willow au visage de calculette qui tapait la discute à E.T en se masturbant devant WOW parce qu’une elfe était vraiment trop… Bref. Il n’était pas un perdant et même s’il ne le criait pas, son corps entier se chargeait de traduire cela pour lui. Il n’était pas un tueur, il savait… enfin il devinait ce que c’était de tirer sur quelqu’un. Bordel ! C’était les méchants qu’il viserait c’est bon ! Pas la peine d’en faire tout un plat non plus ! Mais alors qu’il commençait à se calmer, la respiration presque sifflante, elle en rajouta une petite couche, histoire de.

« Et vu ton comportement, j’ajouterai même que tu es une proie de choix et que tu risques rapidement d’y passer ! »

- C’est à cet instant que je dois éclater en sanglots dans tes bras ? NON MAIS T’AS RÊVÉ ! JE VEUX CETTE ARME MERDE ! ARRÊTEZ DE ME SOUS ESTIMER !


Vous ! Vous tous ! Vous mes parents, ma mère qui s’en fout de moi, qui me prend pour un autiste ou quelque chose d’approchant, mon père qui n’en a rien à foutre de moi, qui n’est que la signature en bas du chèque de pension. Vous mon frère qui ne me respecte pas, qui essaye vaguement de s’intéresser à moi mais qui sait déjà que je ne suis qu’un bon rien ! Vous mes camarades d’école, soyons heureux et serrons nous les coudes mon cul ! Vous qui aviez besoin d’une tête de tuc pour vous sentir plus fort pour avoir du pouvoir ou une autre connerie du genre ! Vous les deux crétins qui avez mit des vidéos en ligne de moi histoire que tout le monde sache que Willow n’est qu’un raté. Vous qui m’avez foncé dessus avec une bagnole parce que c’était le délire du siècle. Vous qui avez dût vous sentir bien cons en voyant que je continuais de traverser la route ! Vous Dieu qui avez quand même fait en sortes que je me prenne un bus en pleine gueule pour boucler cette maudite boucle de malchance, comme si j’étais vraiment maudit, un vilain canard. Vous tous qui n’avez rien fait alors que vous saviez depuis le début ! Vous, moi, moi qui avance mais sur un tapis qui roule à l’envers. Moi qui fait du place. Moi moi bordel c’est MOI QUI DÉCIDE ! Et Beach Boy qui se prend pour mon psy, amen !


- Je ne pense pas qu'il soit raisonnable non plus de te laisser en possession d'une telle arme Will.

- OUAIS ET C’EST QUOI QUI EST RAISONNABLE ICI ? FAIRE CHAUFFER DES MARSHMALLOWS AUTOUR D’UN FEU DE CAMP ????


Mais bon, parler dans le vent aurait eut le même effet…

« Tom... C'est appréciable de ta part de partager ton arsenal, mais l'îlot est petit, et il n'y a aucune raison pour que nous nous séparions pour l'instant. Aussi, si tu gardais les deux armes pour le moment ? Nous verrions pour les répartir, si le besoin s'en fait sentir. »


Si le besoin s’en fait sentir. Oh lui si c’était pas un Elfe des contrées du Nord, il voulait bien être pendu. Un foutu pacifiste, du genre à tendre l’autre joue en souriant et paix aux hommes de bonne volonté ! La volonté de Willow le poussait à arracher l’arme des mains de Tom histoire de lui montrer, de leur montrer, de se prouver qu’il était capable de faire quelque chose de bien, à savoir les défendre. Il n’était pas un meurtrier, ça ne le faisait /presque pas/ bander de tenir un magnum dans les mains. Ils le prenaient pour quoi ? Oh ! Il était Will ! Pas un foutu gamin de 16 ans accroc aux jeux vidéos ! Il était Will, le grand Will, un super héros en armure adulé de tous ! La fille serait dans ses bras en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et les deux autres se tourneraient vers lui pour prendre les décisions. Il serait le chef, il serait le meilleur ! Pas besoin de regretter une vie de merde, les sourires de sa mère, les soirées pizzas avec son frère, les bonnes notes en techno, les soupirs des filles qu’il attrapait parfois au détour d’un couloir, les petits rien de la vie, le nouveau jeu qui va bientôt sortir, l’air frais dans ces ruelles si grises avec des arc en ciel dans les tâches d’huile et quelque chose qui lui souffle que peut-être il vaut mieux que ça. Il avait trouvé sa place et il était entrain d’avoir les larmes aux yeux… Pourquoi bon sang pourquoi maintenant ?

" Mmm, tu vois, en te regardant, le problème de nos jours enfin je pense, c'est que les gamins de ton genre n'ont que trop de fierté. Bla bla bla blaaa. Tu n'aurais pas autre chose à dire ?? Hum ?...J'essaie quand même un peu de me questionner en te regardant, de te comprendre. Mais j'avoue, que je n'y arrive vraiment pas. Petit raclement de gorge. Regarde, je vais te montrer un petit truc. "


Il comprit à peine que Tom était entrain de lui parler et ce qui le fit clairement réagir fut le claquement sec de la balle qu’il venait de charger, manquant de le faire sursauter. Il se tourna vers lui et dans sa tête, même s’il n’avait devant lui que cet espèce de fantôme à la Matrix et à la drôle de cravate, il voyait surtout un mec au sourire bizarre, un peu narquois, une espèce de drôle d’assurance, une arme dans chaque main et dans le regard une lueur qui affirmait qu’il savait parfaitement les utiliser, qu’elles étaient ses maîtresses ou un truc approchant. Il vit un mec avec une grosse voix, une espèce de grand frère ou ce qu’on appelle dans le jargon un modèle. Il essaya de ravaler ses larmes sans porter ses mains à son visage, déjà parce que les grains de sable allaient lui faire mal mais aussi, et surtout, parce que ça n’avait absolument rien d’héroïque. La seconde d’après il tenait l’arme dans ses mains et il eut une brusque inspiration. Il n’avait pas vu le geste venir et soudain c’était comme sa vie et sa mort qu’il tenait dans ses mains. Un drôle de poids, l’éclat de métal d’une balle désormais invisible et une odeur de poudre même si personne n’avait tiré. Il déglutit, hésita et serra doucement l’arme de ses deux mains, pour la tester, pour se tester, pour l’éprouver. L’arme était belle, oui vraiment. Mais l’arme n’était pas pour lui, oh ça non.

" Pour commencer, tu peux apercevoir que cette arme est assez lourde, mmm, ça n'a rien à voir avec la souris de ton ordinateur. Ensuite, tu t'apercevras qu'il faut commettre une grande pression sur la gâchette pour que la balle puisse partir, surtout sur un magnum. Internet comme tu dis et toute ces subtilités n'ont rien à voir avec la réalité, nooon, non, rien du tout... Tu sais sans doute très bien viser mais une fois que la balle sera partie, est-ce que tu sauras maintenir ta main pour pouvoir toucher correctement ta cible ? Admettons, que tu t'es déjà entrainer sur des bouteilles comme tout bon débutant. Admettons, admettons, admettons, une seule petite seconde... Les bouteilles elles, elles sont toute geeentilleuh, elles ne bougent pas, elle ne vivent pas. Et cette situation se rapproche de tout ce qui touche à "l'essai". "L'essai" ce n'est pas la réalité mais le truc qui te permet simplement de t'amuser comme un petit fou. "


Il releva les yeux quand Tom agita ses mains et au lieu de lui conseiller gentiment mais fermement de ne pas se foutre de lui, Willow n’eut qu’un vague regard noir, un peu incrédule parce que ça éveillait quelque chose en lui, comme la leçon de morale d’une mère qu’on essaye d’ignorer en pensant à autre chose, un vague malaise. Les deux autres autour d’eux avaient disparu parce que ce qui se passait là, c’était entre Tom et lui. Plus la peine de fanfaronner, de soupirer, de faire ton insolent comme disait le prof d’histoire, un mec un peu pète sec qu’on soupçonnait d’être gay pour cette drôle de manie de papillonner des yeux quand c’était un gars de la classe qui répondait à l’une de ses questions. Il baissa les yeux vers l’arme, un peu mortifié de n’être finalement qu’un petit con de 16 ans à l’image de ceux qui avaient crâné en l’écrasant de leur sourire assuré. Il ne voulait absolument pas leur ressembler même s’il savait qu’il valait mieux qu’eux, qu’eux tous, qu’il avait l’âme d’un chef mais qu’il fallait seulement lui laisser sa chance. Mais Willow n’avait pas comprit qu’il fallait qu’il la saisisse lui-même sa foutue chance, qu’il saute dans le train au lieu d’attendre dans un rivage qu’un con tire le frein d’urgence pour le laisser grimper. Ca n’arrivait jamais dans la vraie vie ça de toute façon. Ca tombait bien, il ne l’était plus, dans la /vraie/ vie.

" Je ne cherche pas à te rabaisser... J'essaie simplement de t'expliquer. Hum, tu vois, tenir une arme à feu engage une responsabilité. Ce n'est pas un simple boum, mais plutôt un genre d'engagement. Cette responsabilité doit être fiable à cent pour cent, en aucun cas, tu dois hésiter... Tu vois, si je te dis de tirer sur moi, est-ce que tu le ferais ? Vu ton âge, vu ta façon de parler et vu ton comportement, j'en doute fort. Alors quand tu me dis que toi, tu sais tirer parce que tu as appris sur internet, je me dois de refuser. Ne vois pas ça comme un avertissement mais plutôt comme un conseil. "

- … J’ai pas besoin de conseil…


Mais il ne croyait même plus à ce qu’il disait. L’arme quitta ses mains et étrangement il en ressentit un vague soulagement. Elle n’était plus là dans ses mains et c’était comme une espèce de responsabilité qui disparaissait. Il entendit le cliquetis d’une arme que l’on décharge et rentra la tête dans ses épaules, fermant les yeux. Ca impliquait trop de choses de toute façon d’appuyer sur une gâchette, même si on butait les vilains, bien évidemment. Quelque chose qui avait un rapport avec du sang qui coule, et un choc émotionnel comme un bus qui nous heurte avec violence alors qu’on croit avoir bien agit. Un espèce d’accident involontaire. Accident involontaire, ce mariage de mots lui plaisait assez et il savoura les yeux fermés ces deux mots avant que le sujet ne change, comme le vent tourne, comme on meurt. Trop brusquement. Il vacilla sur ses deux jambes d’adolescent, bateau qui tangue youhou ah non merde on a qu’une baignoire c’est vrai, et s’assit à nouveau sur le sable, plus doucement qu’auparavant, la tête lui tournant juste un peu. Il essaya de suivre les voix, l’espèce de discussion surréaliste qui avait lieu à deux pas de lui mais il était déjà ailleurs. Peut-être sur le rivage qu’ils devaient tous atteindre avec l’aide d’une pauvre baignoire sans boucher. Sa gorge se serra, atteignant la taille d’une tête d’épingle et il manqua d’étouffer, râlant comme un homme qui perd son souffle, mais à voix basse, s’il vous plait, histoire de pas jouer les victimes devant les autres.

Il y eut des bruits de pas étouffés par le sable qui s’éloignent, un prénom qui fuse et puis soudain il se sentit tout simplement seul. Il n’y avait plus Tom, ce mec détestablement fascinant qui était partit chercher du bois, le surfeur, non pardon Scott, le suivant très certainement. Peut-être que l’elfe des contrées du Nord était du même genre que son prof d’histoire mais la question ne lui arracha même pas un sourire. La mère de substitution était quelque part dans le coin mais pas dans son champ de vision. En même temps il avait la tête baissée et il remarqua à peine qu’il s’était assez détendu pour pouvoir respirer normalement, enfin un peu plus rapidement quand même. Un halètement comme un jappement, quelque chose de ridicule et de pas très masculin. De toute façon vu sa carrure il n’avait rien d’un homme et il eut bien envie de flancher juste un peu. Mais voilà, il LA sentait, tout près de lui, non pas la surexcitée délavée mais la baignoire, cette espèce de présence qu’ils avaient volontairement ou pas ignoré depuis le début de leur conversation, le 5ème membre et non des moindres du groupe. Il releva la tête pour la regarder et eut un grimace pouvant s’apparenter à un rictus plutôt qu’un sourire. Désormais, ça se jouerait entre elle et lui, s’il devait se passer quelque chose. Jusqu’à ce que les autres le prennent enfin au sérieux et ça se ferait rapidement.

> Le jeu continue
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Tabissa
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Jeu 5 Mar - 16:13

« maman »

Le mot déplacé à ne pas prononcer. Le visage angélique de Marie lui sauta à la figure, rapidement remplacé par les traits haïssables d’une chimère. Un goût acide se répandit dans la bouche de l’Ombre, le goût de la bile acide mélangé à l’amertume de la colère.

« c’est à cet instant que je dois éclater en sanglots dans tes bras ? »

Elle n’avait pas su l’aider… Non, s’il croyait qu’elle le maternait il se trompait lourdement, jamais elle ne reprendrait le risque de perdre quelqu’un d’autre. De souffrir encore. Ce gamin n’éveillait aucunement d’instinct protecteur en elle.

Encore une fois Will trouva tout le monde contre lui. Non, pas d’armes pour les mioches, trop dangereux. Pas d’armes tout court… C’est ce qu’elle aurait aimé entendre, mais l’idée n’aurait surement pas fait l’unanimité si elle l’avait émise. C’étaient des hommes après tout, l’un des premiers jeux qu’on leur avait appris était de faire la guerre, tuer pour défendre ses idées, tuer pour protéger sa patrie, tuer pour maintenir en vie ceux que l’on aime et tuer pour se garder en vie soi même. Parallèlement vous suivez une éducation religieuse et on vous apprend que tuer son prochain est mal et passible de peine de mort… Sauf en temps de guerre où c’est ne pas tuer quelqu’un qui vous envoie six pieds sous terre où refuser de tuer est passible de peine de mort. La vie est faite de paradoxes ! Ils doivent se sentir bien à l’abri derrière leurs armes, c’est vrai même quand le chargeur est vide, quand on vous braque le canon entre les deux yeux vous cessez de respirer. Celui qui détient l’arme appuie sur la détente et prie pour que l’objectif soit atteint, parce que s’il ne l’est pas il aura gâché une munition, il aura amenuisé ses chances de survie, si l’ennemi est réactif, si l’ennemi est une bête, il sera sur vous avant que vous vous soyez rendu compte que vous ne l’avez pas atteint…


* En fin de compte ce n’est qu’un petit bout de ferraille qui vous confère une vraie importance seulement si votre ennemi est humain. Tom, tu n’es pourtant pas humain mais tu as l’air d’accorder une confiance sans bornes à tes jouets… « si le besoin s’en fait sentir ». C’est amusant, je n’aurais pas utilisé le conditionnel. Il est pour ainsi dire bien superflu ! Est-ce que tu cherches à rassurer Will ou cela t’est-il uniquement destiné. C’est affligeant cette capacité qu’ont les humains à se mentir à eux-mêmes ! Mais ça te permet de rester humain n’est-ce pas ? L’optimisme… Je ne sais même plus ce que ça fait… d’espérer.

Tôt ou tard le danger surviendra, il viendra quand notre garde sera légèrement abaissé et sa provenance nous surprendra sans doute. Tom n’aura surement pas le temps de nous donner une arme, nos vies seront entre ses mains. Et comme tout homme qui se respecte, il sauvera tout d’abord sa peau… Et j’en ferais de même. Ensuite la vie de la jeune femme en détresse peut-être… Je suppose que je ne devrais pas trop me faire d’illusions, mais l’idée est assez séduisante. De toute façon, il y a deux boucliers de chair et d’os à portée de main. Will est sans doute un met appétissant pour des bêtes affamées… *

L’Ombre jeta un regard furtif à l’adolescent. Finalement, son jeune âge et sa chair tendre se révèleraient peut-être utiles… Elle tenta de feindre l’indifférence lorsque Tom plaça son magnum entre les mains dudit met de choix. L’homme à l’allure vampirique semblait se divertir à en juger par le léger sourire sadique qui planait sur ses lèvres. Tabissa étudia l’expression de son visage avec beaucoup d’attention, s’attardant sur l’étrange mélange moquerie-mépris-compassion hypocrite qui suintait de ses yeux noirs. Il aurait tout aussi bien pu expliquer à un gamin de trois ans comment se servir d’un hochet, son ton et son regard n’auraient pas été très différents. Cependant, sous le léger agacement que l’Ombre affichait, il y avait de l’intérêt. L’arme n’avait pas l’air très difficile à manier, si jamais la situation s’y prêtait elle saurait sans doute reproduire les gestes de Tom. Ensuite il faudrait viser, mais à la limite, si dommages collatéraux il devait y avoir, elle avait l’avantage d’être parfaitement étrangère au remord depuis plus de soixante ans.

C’était amusant de l’entendre parler de fierté excessive, la joute entre Will et Tom n’était sans doute pas achevée. Tabissa guettait le moment où les traits de Will s’affaisseraient, car cela viendrait bien un jour n’est-ce pas ? Elle espérait être là pour pouvoir apprécier les différents sentiments qui traverseraient ses pupilles. D’abord le doute… mais ensuite ? La peur ? Le désespoir ? Ou la détermination ? Scott serait sans doute là pour l’inciter à ne pas se laisser dépasser par ce qu’il ressent. Les sentiments négatifs sont si puissants comparés aux sentiments positifs qui sont éphémères et qui paraissent tellement naturels que les humains oublient de les inscrire dans leur mémoire… C’est cela qui l’a transformé en Ombre, elle a oublié la saveur du plaisir, du bonheur, ils sont devenus lointains et elle a fini par se demander s’ils avaient réellement existé. Ont-ils réellement existés ? Jusqu’à disparaître totalement sans laisser de traces, les bonnes choses ne laissent pas de cicatrices, juste un souvenir que le temps efface.


* Et si tu lui tirais dessus pour rire ? Il te met au défi… Prouve-lui qu’il à tort, que j’ai tort ! Montre-nous qu’il ne s’agissait pas seulement de mots qui se perdent dans l’air. Attention, tu es sur le point de perdre tout crédibilité, si tu en as jamais eu aux yeux d’une seule des personnes ici présentes. *

Etrangement il se tut, comme si Tom avait réussi à toucher une zone sensible… Etait-ce possible ? Brusquement les choses devinrent intéressantes. Oh oui, sa voix se taisait, mais le silence est parfois plus expressif que les mots, le sien l’était. Ses yeux lancèrent brièvement des éclairs et il plongea dans ses pensées…

* A quoi tu penses dis-moi ? Il a raison… Oh, tu le savais avant d’ouvrir la bouche, mais le fait que lui l’exprime… Tu ne peux pas te dissimuler plus longtemps derrière des mots qui sortent de ta bouche d’eux-mêmes, sans que tu te sois préalablement demandé s’ils n’étaient pas un peu puéril. Bien, tu as pris conscience de ta stupidité, mais ensuite ?
Tu n’as pas besoin de conseils… Bien sur, bien sur ! A 15 ans on n’a jamais besoin de conseils, on croit tout savoir. Même quand on a tort, on a raison, parce que notre ego souffrirait trop si l’on devait admettre notre erreur, si l’on devait admettre que les adultes soient plus sages… *

Ses sourcils se joignirent, ses yeux étaient rivés sur le sable.

* Sont-ils si fascinants les grains de sable ? *

Elle suivit son regard sur la baignoire. Elle l’avait oublié un instant. Tabissa accueillit avec satisfaction la grimace sur le visage de Will puis elle ne lui accorda plus aucune attention. Il s’était calmé, elle pouvait espérer qu’il se montrerait plus réfléchi par la suite. Mais après tout elle en attendait peut-être trop… Elle regarda les alentours de l’île : de l’eau à perte de vue… Pas une d’autre îlot en vue. Est-ce qu’ils avaient tous été emporté par les eaux ? Et ils étaient les quatre seuls survivants ? Peu probable… Pourquoi les épargner eux ?
Ils devraient quitter cette île tôt ou tard, à la nage ? Ce n’était pas du tout envisageable ! Avec la baignoire ? Elle s’approcha à nouveau et ses yeux se posèrent sur le trou. Pas de bonde. Est-ce qu’ils rentreraient à quatre dedans, ou bien ils devraient se débarrasser d’une personne…


« On est censé mettre ça à la mer et s’en servir comme radeau de fortune ? »

Elle s’assit dans le sable et se perdit dans l’horizon, oubliant totalement la présence de Will.
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Scott Hawkins
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mar 10 Mar - 18:41

J'étais certain que mes propos ne plairaient pas vraiment, mais au moins j'avais essayé. La réponse de Will ne me fit même pas réagir. Ce gamin était apparemment dans un autre monde que celui où nous étions tous les trois, il semblait aveuglé par une autre réalité dans laquelle il se plaisait. J'étais du genre cordial, mais même si j'avais un peu de patience, celle-ci était vite usée. Nous étions coincés ici avec deux personnes qui n'étaient pas des humains et par ce principe, il fallait redoubler de prudence. Je n'avais pas peur, mais simplement prudent. Je ne connaissais pas Tabissa, ni Tom, mais je n'avais pas passé autant de temps ici sans savoir que les Ombres et les Chimères ne faisaient pas bon ménage avec les Humains. La situation avait mis en place un statu quo fragile et rien ne laissait présager que ce dernier maintiendrait éternellement l'équilibre. Nous avions besoin chacun des autres, pour l'instant, mais que ce se passerait-il quand ce ne serait plus le cas ?

Pourtant la suite ne me laissa pas le temps de réfléchir à cette éventualité. Lorsque je vis Tom mettre une arme dans les mains de Will, pour le tester, je me retins un instant de respirer. Qu'espérait-il faire en agissant de la sorte ? Peut-être le remettre en place en lui montrant que les mots ne faisaient pas tout, et que les actes devaient suivre également pour ne pas ôter toute crédibilité aux mots de celui qui les prononçaient. C'est avec un léger soulagement que je le vis renoncer, alors que Tom lui reprenait l'arme des mains, la déchargeant d'un coup dans le vide. Mais cela ne s'arrêterait pas là, c'était évident. Will ne semblait pas du genre à abandonner pour si peu. C'était un coup dur, certes, mais j'étais certain qu'il continuerait, jusqu'à ce qu'il nous prouve à tous sa valeur. Mais peut-être devait-il comprendre qu'une telle preuve n'était pas forcément nécessaire, du moins pas en effectuant des actes éclatants de gloire, mais simplement en s'adaptant à la situation et en essayant de réagir un peu moins comme un véritable gamin.

Lorsque Tom s'éloigna pour aller chercher du bois sec, je me retournais vers mes affaires que j'avais laissée au sol, pour saisir le T-shirt qui était déjà passablement sec. Le secouant du sable qui était resté accroché, je le passe avant de me retourner vers mes compagnons. Tom est déjà loin, je pense qu'il se débrouillera bien seul, Will est installé sur le sable et fixe la baignoire quant à Tabissa, elle aussi semble la regarder. Du moins c'est ce que suggère sa question avant qu'elle ne s'assoit et se replonge dans le silence. J'avoue que je suis pour ma part un peu perdu, il est évident que la baignoire reste notre seule chance de pouvoir quitter cet îlot mais il est également certain que la vallée ne nous l'aurait pas laissé comme cela, sans un petit challenge...

Depuis que j'étais arrivé ici, depuis mon accident, j'avais appris, souvent à mes dépends, que la vallée ne faisait rien sans une excellente raison. Mais là, en cet instant, je ne comprenais pas celle qui se cachait derrière notre situation. Essayait-elle de nous rapprocher ? Surement pas... Alors qu'avait-elle derrière la tête ? Des fois je n'aspirais qu'à rentrer chez moi, revoir mon Père, ma Mère, Marie... Oui elle me manquait, énormément... C'était pour elle, pour eux, que je me battais tous les jours. Parce que je savais que si j'abandonnais, si je perdais tout espoir de les revoir, alors je ne les reverrais plus jamais. Mon regard se posa sur un galet non loin. Je me baissais pour le récupérer et l'observer silencieusement un instant... Pourquoi fallait-il donc tout ceci ? Cette mascarade sans aucun sens... Alors que je sentais mes sentiments s'emballer, j'envoyais valser le galet le plus loin possible vers l'étendue d'eau, en y mettant tout mon ressentiment et ma colère, pour me calmer.

Je n'avais pas le droit de me laisser aller, pour tous les souvenirs que j'avais, je n'avais pas le droit d'abandonner. Certains l'avaient fait, et nous savions ce qu'ils étaient devenus... Chimères ou Ombres, colère ou désespoir... Je ne voulais être ni l'un ni l'autre, je voulais être simplement moi. Et c'est ce que je fis, me retournant vers Will, je me dis qu'il était peut-être temps d'essayer de lui parler calmement... Pour autant qu'il accepterait une discussion d'adulte à adulte. M'approchant de lui, je m'installais dans le sable en tailleur. Les yeux posés sur l'horizon, je lui demandais :


« - Est-ce qu'on peut parler un moment, Will ? »
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Tom
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mer 11 Mar - 19:51

Tom se trimbalait tranquillement parmi les quelques arbres qui ornaient le sol sableux de l'île. Par malheur, l'ombre n'avait pas trouver de brindilles ou de petits branchages, rien que des branches épaisses, des foutues branches épaisses. En clair, ils allaient se peler cette nuit avec des vêtements en plus de ça à moitié mouillé et tout ça sans aucune nourriture. Tom ne voulait en aucun cas gaspiller ses balles pour enlever ces quelques branches trônant sur chaque arbres et se vantant devant son nez d'être accrocher solidement. L'air méprisable, Tom ravala sa salive pour laisser passer sa colère. L'ombre avait bien envie de dégommer quelque chose pour passer ses nerfs mais il ne fit rien de cela. C'était ce qu'elle voulait, le mettre à bout, lui faire décliner tout courage. Mais bizarrement, Tom s'en fichait complètement. Il ne cherchait plus à survivre, mais plutôt à jouer. Pour lui, tout ça n'était rien qu'un amusement. Il recherchait surtout un plaisir particulier, il n'en avait rien à faire de mourir. Il voulait voir tout brûler, il voulait tout détruire. Son avis s'était transformé depuis que la vallée s'était moquer de lui. A présent, il n'avait qu'un seul but...

Se penchant pour ramasser un quelconque caillou, Tom se mit à le lancer le plus loin possible. Chose inutile mais agréablement importante pour les nerfs. Revenant tranquillement vers ses " petits camarades ", le visage calme et la bouche fermée, il fit part de son observation tout en ignorant la conversation entreprit par Will et Scott :

" Pas de branchage, rien pour faire du feu, et cette baignoire qui est toujours là. D'ailleurs nous ne tiendrons même pas à quatre dedans sans que celle-ci coule. Hum, je pense qu'une jolie petite traversée s'impose. Il faudrait la personne la plus légère pour qu'elle puisse se charger de cette mission périlleuse. La personne qui semble la plus légère mais la plus jeune malheureusement est : notre très cher Will. Donc, si je te propose les clés de la baignoire, et que tu pars en mission d'exploration, tu le ferais ? Oui mais tu ne connais pas le terrain. Aucun élément familier ne viendrait te percuter l'esprit puisque bien évidement tu n'y a jamais mis les pieds. La personne qui pourrait se mouiller le tee shirt pour cette mission serait Tabissa. Je fais juste part de cette observation et je n'impose rien du tout. Après si vous finissez votre réunion de joyeux négociateur en exposant votre avis, ce serait super mais alors super bien ! "

Cherchant dans son dos son desert eagle, Tom marchait en direction de la pierre pour récupérer sa veste. Remettant à sa place ses deux armes dans ses deux poches intérieur, Tom enleva sa cravate et la tendit à Tabissa avec le sourire au lèvres tout en ajoutant :

" Le bordeaux n'est peut-être pas à ton goût mais si tu fais un nœud et que tu bloque le trou avec, cela pourrait faire un peu obstacle à l'eau pour t'éviter un éventuel.... Huuum naufrage. "

Faisant un pas de côté tout en émettant un petit claquement de langue avec le sourire aux lèvres et le doigt pointé en direction de Tabissa, l'ombre reprit la parole. Fronçant les sourcils et réajustant sa cravate même s'il n'y en avait plus, Tom enchaînait tout en montrant ses dents jaunes :

" Si nous ne faisons rien, vous pouvez être certains que cette vaurienne vous fera couinez comme des porcs."  Au mot couiner, Tom fit une voie aiguë puis un mime avec ses mains tout en les agitant furieusement et en arborant un visage expressif. " Hum vous voyez, la vallée à décidée de jouer avec nous, de nous mettre les nerfs à vifs et de les écorcher petit à petit pour satisfaire son réel petit désir de supériorité. Le temps du jeu de l'oie est révolu, certes mais il ne fait que commencer en ce moment même. Si nous ne trouvons pas une solution, il est certain qu'elle se fera une joie d'en trouver une à notre place. "

Retournant avec ses mains la baignoire, Tom effectua une pression avec son pied dessus, il s'aperçut que celle-ci ne coulait pas vraiment. Une seule personne suffisait, enfin c'est-ce qu'il croyait. La baignoire pouvait très bien couler ou même s'enfoncer dès que Tabissa se posera dessus.(sans vouloir parler de son poids^^)

" Excusez-moi mais je vous emprunte ceci. "

Ne laissant pas le choix à Tabissa, Tom prit sa cravate et effectua un nœud suffisamment gros pour que celui-ci puisse un minimum tenir et boucher le maximum de vide. Certes, il pouvait passer pour un Mag Gyver ridicule mais au moins, il essayait de trouver quelque chose. Se retournant avec une épaule plus basse que l'autre, Tom questionna l'assemblée :

" A l'eau, A l'eau, tout coule... Hum satisfait ou remboursé ? "
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Willow Fischer
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mer 11 Mar - 20:41

Assit sur le sable, le visage baissé et la pointe de sa basket jouant la pelleteuse dans le sable, Willow offrait le parfait tableau du déprimé de base. Mais dans sa petite tête d’adolescent de 16 ans paumé qui vient de se prendre la raclée verbale de sa vie, il n’y avait pas de place pour une quelconque dépression, ni même un semblant de colère. Il se sentait juste vide, pas sans espoir mais juste affalé sur lui-même, comme lorsqu’il perdait un combat sur AEternam et qu’il prenait le temps de lancer deux ou trois jurons à voix basse avant de s’enfoncer dans son fauteuil en Skaï. La leçon avait tout de même portée ses fruits mais il regrettait simplement de s’être montré si con devant ses compagnons d’aventure. Il avait désiré cette arme au point d’en perdre la tête et même lui tendait à reconnaître que son comportement avait été des plus stupides. Internet Internet… Ouais sa vie tournait largement autour de ça mais il se rappelait encore de la voix de sa mère disant que c’était pas tout dans la vie. Sa mère, avec les poings sur les hanches et son air de poissonnière contrariée.


« Et même si tu trouves du boulot via Internet,
ce qui est tout ce que je te souhaite mon garçon,
tu crois vraiment que c’est ça qui va t’apporter ce qui te manquera dans la vie,
c’est-à-dire une certaine sociabilité.
Des amis quoi merde des rencontres en vrai…
Willow… arrête de fuir le monde bon sang ! »



Mais c’était pas lui qui fuyait le monde merde ! Il avait rien demandé à personne et on lui en avait foutu plein la gueule tout ça parce qu’il avait son monde à lui, un monde électronique, où les maths se contentent de O et 1, ou les sciences de la vie sont exposées via des sites porno et où l’adrénaline se télécharge. Lui il avait juste voulu faire partager ça aux autres avant de comprendre que les autres en question en voulait pas, ni de ses jeux, ni de ses rêves… Rien, rien venant de lui en tout cas. Et après ? Et après ça avait jamais changé et non c’est vrai pardon je suis pas le plus malheureux du monde y’a des ados qui ont pire que ça mais putain… Je suis un être vivant ! Un être qui aspire juste à une chose: Être reconnu en tant que tel ! Personne ne m’écoute, jamais, ou juste quand je dis des conneries pour se foutre encore de moi. Et de toute façon je dis jamais de conneries moi ! Ou si peu… Des trucs un peu stupides, pas forcément compréhensibles ou parfois okay je vous l’accorde mais je dis pas ça bien souvent et puis de toute façon qu’Est-ce que vous vous en foutez de moi…

L’autre gonzesse est à deux mètres de moi et même pas elle me regarde. Elle m’ignore totalement et quand elle parle, je sais bien qu’elle s’adresse pas à moi. Je pourrais la renvoyer dans les buts, essayer de lui faire mal juste par vengeance, ouais ça serait tentant mais j’ai même pas envie. Ouais cette baignoire sera notre radeau de fortune, mon radeau de fortune, celui que j’ai cherché en grandissant. Une baignoire dont le bouchon se trouve dieu sait où, si ça c’est pas un putain de signe. Mais déprimer, ah ça non. C’est juste une pause là, le temps de souffler un peu, de me dire que je suis quand même pas si mal lotit que ça et que l’autre grand con décharné peut pas non plus tout savoir de moi. J’ai rien à leur dire, j’ai pas d’explications à donner parce que je sais très bien ce qu’ils vont me sortir, en adultes responsables: Nan mais ce que tu vis là c’est-ce que tout le monde vit, des efforts blablabla des épreuves blablabla et tu devrais plutôt t’estimer chanceux blablabla et apprendre de tes erreurs blablabla. Mais l’erreur c’est moi en fait. Juste moi.

C’est alors que le Beach Boy s’avance, comme si j’avais regagné soudain un peu d’intérêt. Il s’installe à mes côtés et fixe l’océan. Je le sens gros comme une maison qu’il va me sortir un couplet tiré d’un film quelconque juste pour aller avec la scène tragique hilarante et forcément pathétique. Pose ta main sur mon épaule, vas-y appelle moi mon grand, prend moi pour une vulgaire imitation d’homme et sourit moi avec énormément de pitié. Vas-y, toute façon ce que tu vas dire ça sera juste de la caillasse. Ca va s’entasser dans mon corps trop maigre, histoire de m’alourdir un peu, puis ça se nichera dans un coin de ma tête et les soirs d’angoisse, quand j’essaierais d’imaginer le futur en me rongeant les ongles à m’en pisser dessus, tu reviendras, comme toutes les autres voix. C’est pas de ça dont j’ai besoin putain. C’est pas des paroles en l’air, des trucs que les gens sortent sans même y penser. Moi j’ai besoin d’action, d’actes, de faits concrets. D’un truc qui dira: Ouais je l’ai fait.

« - Est-ce qu'on peut parler un moment, Will ? »

- C’est pas déjà ce qu’on fait ?


Retenir le ducon. Juste une habitude. Retenir les insultes, et même le regard haineux qui lui ressemble pas. Se retenir pour ne pas lui sauter à la gorge, pour ne pas le tuer en frappant sa petite tête de beau gosse américain sur le sol. Ne pas le tuer en pensant à tout les autres là, encore une fois. Nan du calme, du calme mon vieux. Ca va passer, il va se tirer, avec avoir balancé toute sa sauce, après avoir éjaculé sa leçon de choses et il repartira avec son sourire épanouit, un vulgaire orgasme, et il me foutra la paix une bonne fois pour toute. Comme tout les autres, ouais c’est ça, comme tout les autres. Tu m’aimes pas hein ? Je le sais. Personne m’aime, surtout pas moi, pas pour ça que je vais chialer sur mon sort parce que le désespoir bordel il est loin mais si loin dans mon crâne vide. Je l’ai perdu le désespoir, depuis le premier bain dans les chiottes en maternel. Allez vas-y mon gaillard, parle, je t’écoute. Pourquoi j’ai paumé mon mp3 bon sang, il aurait drôlement servit… Quoique je peux me tirer avant la fin… ouais je pourrais si seulement je m’en sentais capable.

Et il est où l’autre dégénéré cadavérique ? Il revient de sa promenade du dimanche et balance des caillasses à la mer, ou au lac, allez savoir, en tout cas ça fait plouf et ça disparaît, ça m’occupe l’esprit une seconde ou deux. Scotty-chou peut bien dire ce qu’il veut, hey sérieux Scott comme le X-men ah ben ça doit être le prénom qui fait ça alors parce que niveau looser décérébré on n’a pas fait mieux depuis… Ouais donc Scotty peut bien balancer ce qu’il veut c’est pas lui que je regarde mais l’autre là, l’espèce d’homme aux dents jaunis, fumer tue pépère enfin j’espère que c’est ça sinon je t’offre une brosse à dent à Noël… Donc ouais, arrête de digresser cervelle de merde, j’pensais quoi déjà ? L’homme aux dents jaunes, ouais, qui balance des cailloux, ouais, qui se tourne vers nous genre il va causer, amen, et ensuite ? Et ensuite il cause, seigneur quel miracle. Ils sont deux à causer et devinez qui j’écoute ? Le premier qui parle de futur modèle viril à suivre patati patata je… Je rien en fait. Et il dit quoi Blade ? Blade il prend encore les devants.

" Pas de branchage, rien pour faire du feu, et cette baignoire qui est toujours là. D'ailleurs nous ne tiendrons même pas à quatre dedans sans que celle-ci coule. Hum, je pense qu'une jolie petite traversée s'impose. Il faudrait la personne la plus légère pour qu'elle puisse se charger de cette mission périlleuse. La personne qui semble la plus légère mais la plus jeune malheureusement qui est notre très cher Will. Donc, si je te propose les clés de la baignoire, et que tu pars en mission d'exploration, tu le ferais ? Oui mais tu ne connais pas le terrain. Aucun élément familier ne viendrait te percuter l'esprit puisque bien évidement tu n'y a jamais mis les pieds. La personne qui pourrait se mouiller le tee shirt pour cette mission serait Tabissa. Je fais juste part de cette observation et je n'impose rien du tout. Après si vous finissez votre réunion de joyeux négociateur en exposant votre avis, ce serait super mais alors super bien ! "

C’est pas que j’ai envie de lui plaire. C’est pas que j’avais envie de planter Scott. C’est ça mais c’est presque ça parce que je me lève, et j’époussette mon cul de jean usé, histoire de me donner contenance, et c’est quand même vachement mieux de se racler la gorge parce qu’au moins de sûr si on m’ignore j’aurais pas vraiment cette impression. En même temps je cherche mes mots, très important ça les mots, si on les organise mal on va encore se foutre de moi et je crois que c’est bon là, on peut passer à autre chose. J’ai une idée, je suis pas en colère, je comprends ce qu’il a dit, et je suis même pas vexé. Si ça c’est pas le plus bel effort comportemental du siècle je sais vraiment pas ce qui leur faut. Mais encore Willow ? Ouais ouais c’est bon ça arrive donc l’idée du siècle ça ressemble vachement à la première phrases qu’il a balancé, comme un tilt ou un truc du genre et déjà Tom s’adresse à Tabissa après avoir rangé ses flingues, dénouant sa cravate avant de la lui tendre, balançant un truc genre bloquer le trou et naufrage. Mais je m’en fous, car j’ai mon idée et je sais qu’elle est bonne.

- Et si…

" Si nous ne faisons rien, vous pouvez être certains que cette vaurienne vous fera couinez comme des porcs »

Le geste de Tom le laissa de marbre, ne lui arrachant même pas un sourire. Il ne savait pas si ce mec avait fait exprès de le couper ou pas mais en tout cas il ne laissait même pas le temps d’en placer une. Willow prit son mal en patience, le visage blême, les yeux scintillant d’une lueur qu’on aurait tout simplement pût qualifier de mauvaise. Car ouais il l’avait mauvaise, mais il s’accrochait à son idée comme à une bouée parce qu’il savait très bien qu’elle était là, sa porte de sortie, le moyen de se faire un peu respecter. Il avait 10 de moyenne dans toutes les matières à l’école mais sur AEternam, il était rusé. Et de toute façon, tout le monde savait qu’avec la passion on devient vite un génie. Remettre à l’eau cette baignoire, c’était un défi et il allait le relever. Tom avait peut-être prit en compte le fait que sa cravate puisse servir de bouchon de secours mais ça ne serait certainement pas tout. Ils avaient un max de problème à régler et le fait de pouvoir se diriger, et où, en étaient deux beaux. Alors qu’il l’écoute ou pas okay tant pis mais que les autres dressent au moins l’oreille.

« Hum vous voyez, la vallée a décidé de jouer avec nous, de nous mettre les nerfs à vifs et de les écorcher petit à petit pour satisfaire son réel petit désir de supériorité. Le temps du jeu de l'oie est révolu, certes mais il ne fait que commencer en ce moment même. Si nous ne trouvons pas une solution, il est certain qu'elle se fera une joie d'en trouver une à notre place. "

- Et si on se servait des grosses branches pour faire des rames ? Avec… Avec quelques bout de tissus on devrait peut-être arriver à quelque chose… Ca aidera Tabissa à se diriger.

Tom ne le regardait pas vraiment, occupé à reprendre finalement sa cravate des mains pour en faire un nœud, s’excusant auprès de la jeune femme d’un air qui donna le frisson à Willow. Putain mais qu’il arrête de sourire ou il allait finir par l’écoeurer. L’adolescent fourra ses mains dans ses poches, essayant de ne pas trahir dans ce geste la rage qui l’habitait mais surveillant tout de même l’homme du coin de l’œil. Allez savoir pourquoi, autant son comportement le gonflait, autant ce gars le fascinait. Même s’il ne l’aurait jamais reconnu de vive voix, ni même mentalement et déjà il chassa ce genre de pensées parasites, décidé à lui tenir tête, ou tout du moins à renchérir quand ce dernier proposerait quelque chose. Il n’était pas butés, pas trop en tout cas mais il était bien décidé à lui montrer que même en jouant sur les mots et sur son attitude, ça serait pas lui le chef. Ni même lui… Il ne s’en sentait plus vraiment capable et pour l’instant il n’avait pas totalement gagné leur respect…

" A l'eau, A l'eau, tout coule... Hum satisfait ou remboursé ? "

- Remboursé ! Si ça se trouve le bouchon est quelque part sur l’île. Et puis de toute façon Tabissa va pas prendre l’eau maintenant. La vallée comme tu dis a peut-être d’autres tours dans son sac mais ça m’étonnerait qu’après s’être échoué sur un îlot on soit capable d’agir comme il faut pour s’en sortir…


Proposer de se reposer provoquerait peut-être quelques éclats de voix de la part de Tom et ce n’était pas vraiment ce qu’il cherchait. Mais la perspective que ce dernier arrive à convaincre les deux autres de se mettre en quête d’un rivage dès ce soir lui arrachait un frisson de terreur. Il ne faisait pas confiance à l’eau, il n’arrivait même pas à imaginer qu’il ait pût passer une seconde là-dedans et son corps se rappela encore plus vivement la morsure du froid qui l’avait assommé pendant quelques instants. La cravate n’aiderait que quelques instants car elle finirait par se gorger d’eau, et puis elle laisserait des fuites et Tabissa ne serait certainement pas en mesure de s’en occuper en plus de se diriger et elle finirait par chavirer et… Le scénario catastrophe lui coupa un peu le souffle mais il se reprit bien vite. Personne n’était capable de cela, ni lui ni Scott, pas même Tom. Ils devaient juste bien y réfléchir avant de se lancer dedans sinon… Sinon ils gâcheraient leur unique porte de sortie. Et Willow ne tenait certainement pas à stagner au niveau 1 à cause d‘eux, merci bien.
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Tabissa
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Lun 30 Mar - 23:42

C’était amusant de les voir tous s’escrimer à parler avec Willow. Car il ne s’agissait même pas de le raisonner, le projet était trop ambitieux… simplement avoir une conversation calme sans qu’il plante ses crocs de jeune chien fou à la plus petite réflexion, ou qu’il exhibe ses muscles comme un môme en mal de reconnaissance. Tabissa regarda donc avec une pointe d’exaspération la tentative de Scott échouer, être brisée par un simple : « c’est pas c’qu’on fait déjà ! » L’Ombre commençait à élaborer des stratagèmes pour se débarrasser de l’enfant à problèmes sans même s’en rendre compte.

* Si seulement j’avais du chloroforme… Une fois endormi il n’y aurait plus qu’à le jeter à l’eau et espérer que le courant ne le ramène pas sur la rive. Il ne serait pas dur de faire avaler aux autres qu’il a voulu aller jouer les héros, et explorer les alentours à la nage, je n’ai pas pu l’en empêcher… Il n’est jamais revenu, quel dommage ! […] *

" Pas de branchage, rien pour faire du feu, et cette baignoire qui est toujours là. D'ailleurs nous ne tiendrons même pas à quatre dedans sans que celle-ci coule. Hum, je pense qu'une jolie petite traversée s'impose. Il faudrait la personne la plus légère pour qu'elle puisse se charger de cette mission périlleuse.

* Oh ! Encore une brillante idée ! Et qui va se mouiller ?
Tu marques un point je dois l’avouer… On ne pourra jamais tenir dedans à quatre, mais bon avant de parler du nombre d’occupants, il faut trouver un moyen de la mettre en flots sans qu’elle envoie son occupant unique par le fond…*

"….La personne qui pourrait se mouiller le tee shirt pour cette mission serait Tabissa. Je fais juste part de cette observation et je n'impose rien du tout. Après si vous finissez votre réunion de joyeux négociateur en exposant votre avis, ce serait super mais alors super bien ! "

Il fallait avouer que cet homme possédait un don assez intéressant… Celui de taper sur les nerfs de Tabissa. Le sujet de son énervement se résumait à quelques mots disséminés dans ses répliques, mais c’était suffisant. Toujours cette ironie mauvaise qui dégouline de chaque mot.

* … T’emballes pas ! Tu ne sais pas que les Ombres sont des lâches ?! Que je suis lâche pour être précise… Je suis censée risquer ma vie pour vous c’est ça ? Boucher le trou avec ta cravate hein ?! Et une fois qu’elle sera bien imbibée d’eau elle ne servira plus à rien, l’eau commencera à s’infiltrer et la baignoire coulera. D’autres suggestions idiotes ? *

La jeune femme observa les yeux légèrement écarquillés le petit numéro de Tom.
* Il nous prend pour des imbéciles ?! Pas besoin d’ajouter une gestuelle ridicule à des mots qui feraient peut-être trembler de peur un gamin de 5 ans, mais qui vont surtout exciter le mioche qui crève d’envie de taper sur des méchants. C’est absurde de craindre un danger qu’on n’est incapable d’identifier. Il pourrait très bien être sous notre nez sans qu’on le sache, et on se jetterait dans la gueule du loup tête en avant. C’est bien joli de jouer les héros… Si le danger c’était la baignoire, de tous nous faire prendre la baignoire. Ce serait terriblement ennuyeux si on se retrouvait à flotter au milieu de nulle part, deux bêtes et deux humains… Terriblement dangereux…*

C’est là que décida d’intervenir Willow, sans doute pour s’opposer à Tom, ne serait-ce que par principe… Non ?!

* Oh, bien sur, bien sur ! Une cravate enroulée pour boucher la bonde, et puis des branches pour ramer ! Bon, ça me permettra de me diriger… Mais pourquoi est-ce qu’on décide tout à coup de m’envoyer à la mer, comme on met une poupée dans un cercueil et qu’on l’enterre au fond du jardin, bien à l’abri des regards. Vivante, avec sa jolie robe et ses deux yeux grands ouverts sur les parois de bois qui l’enferment. Sa détresse muette enfermée dans le coton qui la constitue… Ma détresse, même dans des hurlements passera inaperçue dans l’étendue d’eau immense… Mais je ne peux pas mourir, n’est-ce pas ? C’est sans doute pour cela que je dois y aller… Parce que rien ne peut me détruire… Je serai juste condamnée à errer pour l’éternité dans les eaux claires du coma. Si au moins cette eau devenait pour moi une sorte de liquide amniotique… Si j’étais reliée à la vallée par un cordon ombilical… Mais je serais juste dévorée par la faim sans pouvoir en mourir… Jamais… Comme si la Vallée pouvait devenir une mère pour moi !

Non… c’est mon bourreau… Un bourreau abrègerait mes souffrances. C’est un tortionnaire qui joue avec ma chair sanguinolente, qui se délecte de ma souffrance, avec toujours ce léger sourire sadique qui plane sur ses lèvres diaphanes. Que puis-je contre lui ? On ne donne jamais d’armes à son ennemi pour qu’il se défende, on le prend par surprise et on le frappe par derrière, on le frappe au sol. Il n’existe pas de loyauté, pas d’équité. Dans ces circonstances, pourquoi ne pas foncer droit sur son ennemi, mains nus quand il a un six coups à la main. Ce n’est peut-être pas si fou… C’est peut-être plus censé que de se laisser torturer. Si je réplique le contraire, on pourra toujours m’opposer que je n’ai rien à perdre. Je n’ai plus d’espoir à perdre… Plus personne à perdre… Toujours en vie quand les autres meurent. Toujours en vie comme la poupée survit à l’enfant à qui elle a appartenu.

Sur un tas de cendre humaine une poupée est assise
C'est l'unique reliquat, l'unique trace de vie
Toute seule elle est assise, orpheline de son enfant
Qui l'aima de toute son âme. Elle est assise
Comme autrefois elle l'était parmi ses jouets
Auprès du litde l'enfant sur une petite table.
Elle reste assise ainsi, sa crinoline défaite,
Avec ses grands yeux tous bleus et ses tresses toutes blondes
Avec des yeux comme en ont toutes les poupées du monde
Qui du haut du tas de cendre ont un regard étonné
Et regardent comme font toutes les poupées du monde

Pourtant tout est différent, leur étonnement différe
De celui qu'ont dans les yeux toutes les poupées du monde
Un étrange étonnement qui n'appartient qu'à eux seuls.
Car les yeux de la poupée sont l'unique paire d'yeux
Qui de tant et tant d'yeux subsite encore en ce lieu,
Le seuls qui aient resurgi de ce tas de cendre humaine,
Seuls sont demeurés des yeux les yeux de cette poupée
Qui nous contemple à présent, vue éteinte sous la cendre,
Et jusqu'à ce qu'il nous soit terriblement difficile
De la regarder dans les yeux. *


Ce poème, elle l'avait pris à l'une des premières victimes de son pouvoir. Une pauvre humaine ravagée par la vie, qui avait souffert démesurément, au delà du concevable. Maltraitée pour ce qu'elle était, sujette à des expériences qui la plongèrent dans le coma alors qu'elle méritait de mourir, qu'elle méritait le repos éternel. Il avait été aisé de lui prendre son espoir, il était immense, mais rattachée à la femme par un simple fil. Tabissa l'avait simplement obligé à se rappeler, à revivre ses souvenirs... C'était immoral, l'Ombre méritait mille fois la mort, mille fois son sort d'errante éternelle dans une vallée inhospitalière. Elle avait condamné une victime innocente à un sort qu'aucun homme ne mérite... Il paraît que Dieu pardonne tout, que lors d'une confession nous sommes tous lavés de nos pêchés. Même les tortionnaires de la jeune femme auront leur rédemption. Mais pas elle, non pas elle, car l'Ombre avait rendu son propre jugement. Elle non plus ne l'avait pas mérité, ici ils étaient tous égaux. Du milliardaire pédant au junkee devenu schizophrène à cause de l'abus de cannabis, en passant par les enfants, pauvres âmes innocentes qu'on a arraché au monde des vivants prématurément.

Elle laissa la cravate glisser entre ses doigts, visiblement son avis ne comptait pas. Valait-il vraiment la peine de le donner ? Ses yeux étaient devenus étrangement vides, dénués de sentiment. La poupée sur son tas de cendres humaines.

" A l'eau, A l'eau, tout coule... Hum satisfait ou remboursé ? "


- Remboursé ! Si ça se trouve le bouchon est quelque part sur l’île. Et puis de toute façon Tabissa va pas prendre l’eau maintenant. La vallée comme tu dis a peut-être d’autres tours dans son sac mais ça m’étonnerait qu’après s’être échoué sur un îlot on soit capable d’agir comme il faut pour s’en sortir…


* peut-être… *

« La cravate s’imbibera d’eau et la baignoire commencera à se remplir. Ca prendra peut-être du temps, mais l’eau finira par s’infiltrer. Le bouchon est sans doute sur l’île. Si ce n’est pas le cas, on utilisera ta cravate pour boucher la bonde et je partirai en éclaireur. »

Elle regarda tour à tour les trois hommes avec la plus pure indifférence, pour leur signifier que cela lui était égal de partir dans la baignoire… Même s’il n’en était rien et qu’elle aurait volontiers laissé cette besogne à d’autres. Il était important qu’ils lui fassent confiance… qu’ils fassent semblant de tous se faire confiance. Les choses seraient plus vivables ainsi.

- l'extrait de poème est de Moshe Schulstein -
[ Désolé pour le retard... ]
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Scott Hawkins
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Mer 22 Avr - 2:18

S’il est dit que je suis du genre patient, il est certain que je ne m’accroche pas à défendre désespérément une cause perdue. La réaction de Will indiquait clairement qu’il n’était pas en état, ou simplement qu’il n’avait pas envie de parler, même d’adulte à adulte. Peut-être avait-il à grandir, ou peut-être avait-il simplement besoin de regarder la réalité en face plutôt que de s’imaginer sa propre réalité. Cela ne faisait pas vraiment de doutes qu’il percevait le monde de la manière dont il souhaitait la voir, mais même cela, à présent, je n’en avais cure. S’il ne désirait pas écouter, cela ne me dérangeait pas, ni même le fait de savoir qu’il pouvait y rester, dévoré par une Chimère ou torturé par une Ombre. J’avais assez vécu ici bas pour savoir qu’il était déjà bien difficile de survivre pour soi alors de là à vouloir aider des personnes récalcitrantes… Je n’allais pas foutre en l’air des années d’espoir et de survie pour un pauvre gamin incapable de comprendre qu’on ne le prenait pas de haut.

Alors que sa réponse lui paraissait assez cinglante pour se soustraire, je me relevais, absolument pas résolu à vouloir lui parler à tout prix. Pour ma part, c’était réglé, et à moins qu’il vienne me parler de lui-même, il aurait à apprendre tout seul ce que la Vallée avait vraiment comme tours dans son sac. Je me suis ainsi relevé et dirigé vers l’étendue d’eau, mes pensées tournées vers la baignoire, visiblement au centre de la discussion. Oui, il était certain qu’elle allait leur permettre d’avancer, mais de quelle manière et surtout comment sans ce malheureux bouchon toujours aux abonnés absents ? L’hypothèse qui suggérait que le bouchon se trouvait quelque part sur l’ile n’était pas saugrenue, mais vu la taille du machin, et pour peu qu’il soit enfoui quelque part, il y en aurait au moins pour plusieurs heures de recherches, et avec le temps qui s’écoulait, il était inutile de songer à commencer à le chercher maintenant, la nuit nous surprendrait bien trop vite dans nos recherches. En tout cas, c’était une perspective plus engageante que celle de laisser Tabissa dans une baignoire bouchée par une cravate, et ce, même si je savais qu’elle pouvait à tout moment s’en prendre à moi.


« - Laisser partir Tabissa avec une baignoire à peine bouchée d’une cravate est une idée qu’il vaut mieux laisser de côté tant que nous n’aurons pas la certitude que le bouchon ne se trouve pas sur l’île. Il est hors de question de la laisser partir sans être certain qu’elle risque le minimum concernant la baignoire… Après tout, nous ne savons même pas ce qui nous attend au-delà de ce rivage, alors il vaut mieux assurer un maximum de sécurité avec ce dont nous disposons. »

Qui aurait pu croire que je prendrai un jour le parti de protéger une Ombre d’éventuels dangers qui pouvaient la guetter ? Je ne saurai le dire, j’ai toujours été trop gentil, je pense que ça finira par me perdre, mais jusqu’à ce que cela arrive, je ne pense pas que je serai capable de me changer.

« - Toutefois, je doute qu’il nous reste suffisamment de temps pour ratisser l’ilot dans sa totalité, surtout si le bouchon est enfoui quelque part, à défaut d’être posé comme une fleur à un endroit précis de l’île. Pour ma part, il devient nécessaire de se préoccuper de savoir comment nous passerons une éventuelle nuit ici, pour nous remettre, après, à la recherche du fameux bouchon. Pour peu que nous soyons encore vivants. »

Défaitiste, moi ? Absolument pas. Juste conscient des dangers qui pouvaient nous guetter sans que nous en ayons une quelconque mesure. Après tout, rien ne nous assurait que rien ne sortirait de l’eau en plein milieu de la nuit pour nous égorger, nous étriper, ou tout autre action sanguinolente et joyeuse, d’un certain point de vue. Enfin encore une fois, je me contentais de proposer, et de lancer les idées. Les autres décideraient, pour ma part, j’évitais de penser « groupe », car il était évident que nous n’avions rien d’un groupe.
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Tom
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Sam 2 Mai - 1:03

Les bras nonchalants pendant de chaque côtés de son corps, les yeux en l'air avec un air complètement désespéré, Tom en avait vraiment marre. A présent, ils parlaient d'une petite chasse au trésor, un trésor certes très utiles mais trop dur à trouver, oui beaucoup trop. Le temps diminuait au fil des minutes, qui sait ce que la vallée leur a réservé au réveil ? Une chimère échouée, ou bien pire encore ? Une horrible bête noire ne cherchant qu'à satisfaire sa faim ainsi que sa férocité... Et ben on peut dire qu'ils étaient dans de beaux draps, ou plutôt sur un sacré tas de sable. Peu importe, inutile de jouer sur les mots, il fallait absolument trouver autre chose mais l'ombre ne voyait rien, absolument rien à part bien sûr attendre... Mais la patience n'était pas son fort, surtout dans ce genre de situation.

Sortant un révolver de sa veste, Tom se frottait nerveusement la tête avec le canon. Chercher, chercher, chercher et encore chercher une éventuelle solution. Le frottement ne lui faisait aucun effet, il fallait se rendre à l'évidence, la vallée a vraiment obtenue ce qu'elle voulait. Ne supportant pas qu'une seconde de plus se soit écoulée, Tom tapa dans le sable tout en balançant un juron :

" Bordel de merde !!! "

Se tournant vers les autres avec un air furieux, plus particulièrement vers Scott , il se mit à crier avec les yeux grand ouverts :

" Alors c'est ça votre plan ? Chercher un foutue objet à la con qu'on ne trouvera certainement pas ? Attendre bien sagement au coin d'un feu que la nuit passe ? Vous voulez pas non plus qu'on se mettent à chanter tout en tapant dans nos mains ? Non mais franchement !!... De toute manière, on n'a pas de quoi faire du feu, on va se peler les miches et tout ce qu'on va réussir à faire c'est crever de faim et de soif. "

Ayant finit son discours, Tom se mit à rire nerveusement. Fixant tour à tour chacun de ses compagnons, l'ombre ne pouvait pas s'en empêcher. La bouche grande ouverte, Tom avait vraiment du mal à se contenir. Essayant de parler tout en levant la main en l'air, l'ombre poussait par moment quelques petits gémissement ainsi que des petits grognements retenues :

" Alors ? Elle où votre carte au trésor ? Il y a aussi des déguisements de pirates planqués par ici ? Faut vraiment tout me dire parce que franchement, vous me surprenez de plus en plus. Si ça continue comme-ça, je vais pas tarder à me tirer avec la baignoire. Et quand votre petite conscience se sera un minimum allumé, vous pourrez vous dire un bref instant qu'il ne fallait peut-être pas s'éterniser ici. "

Rebroussant chemin tout en riant continuellement, Tom se dirigeait vers le centre de l'ilot histoire de réfléchir encore un petit moment. Assis sur une pierre, l'ombre rechargeait ses deux armes nerveusement. D'abord le desert eagle puis le magnum. Tournant le barillet remplit de balle une fois terminée, l'ombre effectua un mouvement brusque sur le côté droit pour le remettre dans la ligne du canon. Visant dans le vide tout en fermant son œil droit, l'ombre remit après un bref moment ses deux armes à leurs places respectives.

*Dix minutes, dix minutes, dix minutes et je me casse !! *

Se relevant brusquement, Tom marchait tranquillement toujours à l'opposé des autres. Regardant l'horizon qui se présentait à ses yeux, l'ombre restait immobile et silencieux, guettant le moindre petit bruit suspect. Tous ses sens étaient à l'affut de la moindre petite chose, qui sait ce qui se cache ici ou non loin d'ici.
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Willow Fischer
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Sam 2 Mai - 19:40

Padam… Padam… Padam…


Un air dans la tête, comme un écho lointain, une espèce de bestiole qui lui chatouillait l’oreille, Willow fronça les sourcils, glissant le plus profond possible son petit doigt pour faire taire cette désagréable musique. Il n’était plus vraiment concentré sur la discussion, tournant la tête pour essayer de mesurer l’étendue de ce maudit îlot. L’idée même que Tabissa ne puisse pas être d’accord avec le petit plan de Tom ne l’effleura presque pas. Après tout, elle n’était certainement qu’un pion, et puis elle n’avait pas l’air bien forte alors elle n’allait quand même pas se plaindre qui lui offre un rôle assez conséquent dans leur découverte du niveau 2. Willow n’était pas du genre macho pourtant, mais il savait très bien que le nombre de filles dans ce genre de jeu de rôle était assez restreint. Bien entendu, il y en avait qui avait atteint un niveau assez appréciable, mais rien qui n’imposait vraiment le respect, ou alors il ne les avait tout simplement jamais croisé en jeu. Néanmoins, cette dernière hypothèse le laissait assez sceptique. Aussi, quand la jeune femme se déclara prête à partir en éclaireuse sitôt le problème de la bonde résolu, il n’eut qu’un vague sourire appréciateur, ressentant au fond de son cœur ce qu’on pouvait appeler de l’admiration, en faible quantité toutefois qu’on ne s’y trompe pas, mais ne salua pas cet acte de bravoure par un signe de tête, une parole ou un tout autre signe d’encouragement. Une petite case fut cochée au fin fond de son esprit et il se permit l’audace de murmurer:

- Ca, c’est fait.


Beach boy lui ayant foutu la paix, il laissa ses mains glisser au fond de ses poches, histoire qu’elles aussi prennent un peu de repos, avant de gratter du bout de sa basket le sable peuplant l’îlot, écoutant d’une oreille discrète la surenchère du garçon qui avait certainement crû bien faire en essayant de lui parler. Malheureusement pour Scott, Willow… non pardon, WILL en avait assez bavé avec les psychologues scolaires à la con, ainsi qu’avec sa propre mère, pour que ses paroles soient crédibles. Parler parler parler, ils n’avaient que ça à la bouche ces putains d’elfe, car ouais bon sang celui là malgré les oreilles de forme humanoïde en était vraiment un et de la pire espèce, quoique peut-être existait-il une autre espèce d’AEternam un peu plus pacifique… Les elfes combattaient parfois les méchants, d’une manière assez médiocre car il devait sans cesse leur filer un coup de pouce mais eh ils combattaient… Un paysan alors ? Un bref regard au jeune homme lui apprit sans nul doute que ce dernier ne serait pas disposé, en tout cas pas tout de suite, à chanter ses louanges et à l’acclamer. Néanmoins, il avait une bonne tête de loser de base, le genre à se foutre dans la merde pour pas un rond. Bon, l’heure n’était pas à la distribution des races, surtout qu’ils n’étaient pas sur AEternam et qu’il avait sans doute mieux à faire. Comme protester.

Ca faisait longtemps après tout qu’il n’avait ouvert sa sale gueule de boutonneux histoire de « casser les pieds aux adultes ».

« - Toutefois, je doute qu’il nous reste suffisamment de temps pour ratisser l’ilot dans sa totalité, surtout si le bouchon est enfoui quelque part, à défaut d’être posé comme une fleur à un endroit précis de l’île. Pour ma part, il devient nécessaire de se préoccuper de savoir comment nous passerons une éventuelle nuit ici, pour nous remettre, après, à la recherche du fameux bouchon. Pour peu que nous soyons encore vivants. »

- Faut pas non plus déconner. L’îlot est quand même pas si grand que ça et puis on peut commencer ce soir histoire de pas trop perdre de temps non plus. J’ai peut-être un karma pourrit mais je le sens bien le coup du bouchon… faut vraiment nous y mettre !

" Bordel de merde !!! "


Oh gott !


Non, et même sous la torture, jamais il n’avouerait qu’il avait manqué de sursauter. Ca avait faillit, oh juste un poil, après tout ce con l’avait encore une fois coupé, et il avait intérêt à défaut d’avoir une bonne excuse… non en fait il avait intérêt de rien du tout, surtout au vu de ses deux armes. Merde ses armes. Un regard d’envie, une moue bougonne et Willow s’apprêta dans un soupir à recevoir toute la virilité de Tom en pleine face. Si lui il ouvrait sa gueule pour au moins lancer une idée pertinente, en oubliant évidemment le fait qu’il adorait leur casser les noix, Tom par contre avait l’air de trouver ça extrêmement cool de prendre la tête de tout le monde en plus de la place de chef au sein de leur petit quatuor. Willow étant un adolescent de 16 ans soumit de base, il se contenta de rentrer la tête dans les épaules en montrant vaguement les dents, s’engueulant mentalement pour faire face une nouvelle fois à l’homme en noir. Ca lui avait bien plût la première fois, alors après tout, pourquoi ne pas recommencer ? Mais en attendant, il était préférable de laisser l’autre cadavre vider sa propre baignoire personnelle histoire que la soupape ait moins à décharger à la prochaine idée sinon il allait vite se retrouver à l’eau… Et peut-être pas seulement par ses bons soins. Courageux, un poil, mais ce n’était pas de sa faute si le corps ne suivait pas sur ce plan là. Une autre case fut cochée, portant la mention: changer d’avatar. Un poil de pec’ en plus ne lui ferait pas trop de mal.

" Alors c'est ça votre plan ? Chercher un foutue objet à la con qu'on ne trouvera certainement pas ? Attendre bien sagement au coin d'un feu que la nuit passe ? Vous voulez pas non plus qu'on se mettent à chanter tout en tapant dans nos mains ? Non mais franchement !!... De toute manière, on n'a pas de quoi faire du feu, on va se peler les miches et tout ce qu'on va réussir à faire c'est crever de faim et de soif. "


On parie 200 balles qu’il n’en a pas terminé…

" Alors ? Elle où votre carte au trésor ? Il y a aussi des déguisements de pirates planqués par ici ? Faut vraiment tout me dire parce que franchement, vous me surprenez de plus en plus. Si ça continue comme-ça, je vais pas tarder à me tirer avec la baignoire. Et quand votre petite conscience se sera un minimum allumé, vous pourrez vous dire un bref instant qu'il ne fallait peut-être pas s'éterniser ici. "


Gagné.


Laissant le Tom partir en crise d’hystérie tout seul dans son coin - non vraiment, ça ne lui allait pas du tout de rire - Willow préféra lui lancer un regard vaguement perplexe, un brin blasé, mais surtout clairement amusé. Ce gars là, il avait vraiment un problème avec les directives quand c’était pas lui l’administrateur. Il haussa une épaule, essayant de s’imaginer ce que ça pouvait donner un mec fuguant avec une baignoire et partit lui aussi dans un rire plus nerveux que sincère. Un dialogue assez célèbre en tête, il toussota un « C’était notre dernière baignoire » avant de se plier en deux, manquant de tomber sur le sable. Et tant pis si les deux autres ne comprenaient rien à son fou rire. L’idée de Tom, pas celle concernant les costumes et les chansons autour d’un feu scout hein parce que la mention « toujours prêt » ne s’appliquait déjà pas à Will, aurait pût être potentiellement terrifiante si il n'y avait pas eut l’image mentale d’un mec en costard cravate essayant désespérément de ramer avec ses mains, coincé au fond d’une baignoire… Il eut un hoquet, se frotta le ventre avec l’impression d’avoir effectué une vingtaine d’abdos en moins de cinq minutes, et renifla d’une manière fort peu gracieuse avant de se tourner vers ses compagnons de route. Willow ayant 16 ans et autant d’intelligence en pratique qu’un adolescent sans petit déjeuner dans l’estomac sur les bancs d’école à 11h, il se contenta de hausser une épaule et de se démerder pour faire avancer le schmilblick, histoire de pas stagner trop longtemps.

- Bon moi je vote pour qu’on retrouve ce foutu bouchon. Si on ratisse l’île… Ben en fait vous avez jamais vu les Experts ? Ce sont des enquêteurs et sur le terrain ils se placent en ligne, genre une route ou quoi, et puis il se penche pour déposer une espèce de machin avec des nombres pour indiquer la place des indices.


Quand même, c’était pas tout les jours, enfin pas dans tout les jeux de rôle du moins, qu’on pouvait incarner un enquêteur sur le terrain…

- Je pense que vu la taille de cette bande de sable là et à trois, on devrait finir en une heure, deux heures peut-être. Et on aurait plus de chance de la trouver qu’en fouillant chacun dans notre coin…

Il avait élevé la voix histoire que monster man ramène ses miches pour les aider si l’idée était approuvée. Pour la nuit sur l’îlot, il n’avait rien en tête et puis la perspective de dormir autre part que dans son lit douillet, toute quête héroïque derrière, ne l’enthousiasmait pas plus que ça. Par contre il était tout à fait partant pour retrouver le bouchon, embarquer la Tabissa dans sa baignoire et attendre toute la nuit s’il le fallait son retour histoire d’apporter aux autres pionceurs des indications sur le prochain lieu où ils débarqueraient un par un à l’aide du radeau en acrylique. Des nuits blanche, il en avait fait plutôt deux fois qu’une et l’adrénaline aidant, il ne ressentait pour l’instant aucun besoin de respecter les indications des précieux médecins scolaires qui proclamaient que pour nos chères têtes blondes 8h de sommeil au minimum suffisait pour leur donner la forme et l’envie d’étudier. Même avec 12h dans les dents, la tête blonde boutonneuse en question se sentait plus capable d’affronter des dragons au sein de son lit plutôt que sa monstrueuse prof d’histoire géographie. Enfin, le moment n’était pas aux réflexions rebelles portant sur les cours et autres joyeusetés de son ancienne vie mais plus à se démerder pour quitter l’îlot vite fait bien fait. Un sourire charmeur, il avait lu dans un comic que les plus grands chefs charismatiques souriaient beaucoup lors de leur discours pour draguer les foules, enfin un truc du genre, il se frotta les mains, impatient de commencer la véritable quête qui ne tarderait pas à débuter dès le second niveau.

- Au fait... c'est moi ou...



Padam... padam... padam... lalalalalalala....



- ... non... laissez tomber.


Maintenant qu’il y repensait, il ferait sans doute bien de conseiller à Tabissa de changer de trogne.
Pour la seule femelle du groupe, arborer une dégaine pareille lui coupait un peu ses envies héroïques.
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Tabissa
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   Ven 8 Mai - 14:26

Evidemment… Evidemment, tout le monde ne peut pas tomber d’accord. Deux personnes c’est possible, trois passent encore, mais quatre ! Pour peu qu’il y en ait un, un peu borné… Enfin, un peu, quel euphémisme !
Et il est tout désigné le fauteur de troubles, l’ombre égoïste qui par principe semble éprouver le besoin de se mettre en contradiction avec le reste du groupe. Et armée s’il vous plait ! Pour ne jamais être à court d’arguments ! Ce genre d’arguments est tellement efficace pour imposer son point de vue, tellement convaincant…Mourir pour une histoire de baignoire… est-ce que ça vaut réellement le coup ? Et Tom en use sans parcimonie, jouant avec ses revolvers chargés sans y prêter attention, ou « peut-être »en faisant seulement semblant de ne pas y prêter attention, qui sait. En tout cas la menace est claire, « vous voyez ce joli canon, je vous le braque entre les deux yeux et je presse la détente si vous me faites chier ! Et je fais une jolie tâche sur le sol avec votre cervelle » Formidable ce genre de personne, on peut négocier avec elles en toutes circonstances !


* On tourne en rond… On revient au même problème qu’il y a cinq minutes : Tom qui tente de s’imposer comme chef. Deux solutions : ou il nous prend vraiment pour des imbéciles et essaie de nous manipuler sans que l’on s’en aperçoive – et dans ce cas, sa tentative est vouée à l’échec – ou c’est inconscient… Et c’est presque pire ! Parce que cela signifie que l’on va devoir supporter ça tout le temps que l’on restera ensemble. Belliqueux, impatient… Drôle d’ombre, tous ces traits de caractères stupides sont dignes d’une chimère ! Méprisables…
Tu peux pas te maîtriser deux minutes non, éviter de péter les plombs à la moindre étincelle ? Ca commence très sérieusement à m’irriter !

Et le mioche à côté qui le regarde avec des étoiles dans les yeux ! Quelle virilité, quel charisme ! Quel discours brillant ! Impressionné petit, hein ?! Tu l’envies, n’est-ce pas ? Tu baves presque… Quelle pitié ! Il manquerait plus qu’il prenne Tom pour modèle et avec ça je serais servie ! La personne qui paraît la plus censée sur cet îlot c’est Scott.

Sauf que là encore, nous allons avoir un problème ! Messire Tom et Scott n’envisagent pas les choses de la même manière. Il y en a un qui souhaite me foutre dans une baignoire en bouchant la bonde avec sa cravate, good bye my lady ! Peut-être qu’on se reverra, mais ptêt pas ! Aucune importance. C’est le jeu sort ! Et l’autre qui pense juste à trouver un coin où dormir au coin du feu, et pour la bonde on verra demain. Un brin antithétique !
Et il n’y en a pas un pour se remettre en question et faire des concessions, non. Je pense de telle manière, et tout le monde doit penser comme moi ! Ben voyons !

Et blabbla, te tirer avec la baignoire… *


Le visage de Tabissa se crispe de plus en plus au fur et à mesure que ces pensées défilent dans sa tête. Elle serre les poings, s’intime de respirer, mais il semblerait que l’endroit soit saturé d’ondes négatives qui ne l’aident pas à garder son calme.
Elle attrape Tom par le bras et sert très fort sa prise.


« Ah oui, bien sur ! Et nous on reste sur notre lande de sable et on te regarde t’éloigner sur la baignoire en te faisant des grands signes de la main, c’est ça ?! Tu crois qu’on est à ce point idiot pour ne pas avoir compris que notre seule issue c’est cette cuve trouée ?! Et tu crois qu’on va te laisser te tirer, emportant avec toi nos minces espoirs de survie et rester les bras croisés à attendre ?! Et attendre quoi ?! Un signe de Dieu ?! Un putain de signe de Dieu que j’attends depuis soixante que je suis là ?! »

* Non, mais il est devenu dingue ?! – quoiqu’il l’était sans doute déjà avant - *

« Alors ça, je ne crois pas !
Personne ne part dans la baignoire si ce n’est pas décidé d’un commun accord. Commun, ça signifie qu’on va trouver une solution qui convienne à tout le monde !
Et si tu pouvais essayer de conserver ton calme plus de deux minutes ça m’arrangerait. On peut tenir trois mois sans manger alors je ne pense pas qu’il soit nécessaire de commencer à s’inquiéter dès maintenant de ce détail. Parce que oui, dans une situation pareille, je pense que la faim n’est qu’un détail. On va chercher ce putain de bouchon, on va chercher un abri pour la nuit, et demain matin je prendrais le large si nos recherches sont infructueuses, c’est clair ?!

Je pense que j’ai tout de même mon mot à dire étant donné que c’est moi qui vais naviguer toute seule dans cette foutue baignoire !
Donc, t’es gentil, tu mets de côté ton caractère de merde et tu fais comme tout le monde tu cherches ce putain de bouchon. On va faire comme Will a dit, puisque finalement il semblerait qu’il soit capable d’avoir des idées recevables ! On se met tous en ligne et on cherche ! Plus vite on s’y mettra, plus vite nos recherches seront terminées ! »

Sur ces belles paroles, Tabissa lâche Tom, tourne les talons et commence à fouiller le sable des yeux en avançant à petits pas, tout en ruminant sa colère.
Elle élève à nouveau la voix.


« Ah oui, Tom ! Ne tente rien de stupide ! Ne m’oblige pas à te garder à l’œil, ça serait désagréable pour toi, comme pour moi. »
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow   

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[ Îlot n°2 ] Scott, Tabissa, Tom & Willow
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