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 [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly

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~Echo~
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MessageSujet: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Ven 30 Jan - 23:07

Huitième îlot
Khiel, Orillion et Butterfly



    Ca brule, tout ce sable, toute cette flotte, qui s'est infiltrée sous vos
    vêtements, ce maigre rempart contre l'assaut des éléments. Vous
    vous attendiez à vous réveiller bien au chaud dans votre repaire, mais
    c'est sur une plage que vous ouvrez les yeux. Et avec à perte de vue,
    de l'eau, bleue fadasse, qui dégouline encore de vos chaussures. Froide, mais
    heureusement pas salée. Un rapide tour d'horizon vous fait rapidement
    comprendre que vous êtes dans une merde noire. Et que les corps allongés
    à coté du vôtre le sont aussi.





A quelques mètres de vous est échouée sur le sable...


L'éponge naturelle: Si si, vous avez bien lu. Une énorme, gigantesque éponge naturelle, genre trois mètres de diamètre, qui trône bien au milieu de l'île. Elle n'est pas jaune comme celle que vous aviez dans votre cuisine, il y a bien longtemps, mais plutôt orange et verte - les nuances d'un animal qui vit sur une barrière de corail. Car l'éponge est un être vivant, vous l'ignoriez? Oh bien sûr, aussi grosse qu'elle soit, celle-là n'est plus très en forme, elle ne mangera rien ni personne. Au contraire, elle pourrait même vous servir à quitter ce fichu îlot. Si vous trouvez de quoi ramer.

Et si vous n'oubliez pas qu'elle se gorgera d'eau au fur et à mesure.



Vous vous éveillez tous en même temps, à quelques minutes près. Au vu des circonstances, il est préférable de ne pas égorger votre camarade de malchance dans son sommeil, ni durant tout le séjour sur cette île paradisiaque. Qui sait, il pourrait vous sauver la vie plus tard .. ou au mieux ramer à votre place.
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Khiel
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Sam 31 Jan - 20:19

Le pluie ne cessait de s’abattre sur la mystérieuse vallée des comateux. Des rivières naissaient dans les hauteurs, elles confluaient pour former de vastes étangs. De toute sa vie Khiel n’avait jamais vu le ciel aussi déchiré. Les nuages semblaient inépuisables, toujours aussi sombres et vastes malgré les litres et les litres qu’ils larguaient sur le sol. Bientôt Hollow Dream fut recouvert d’une nappe aqueuse, obligeant les êtres qui la peuplaient de se réfugier sur les hauteurs.

« Le ciel est en colère. »

La faim avait poussée la chimère à sortir de son refuge pour aller braver les éléments à la recherche d’un repas, chose qui s’annonçait difficile : la pluie diluvienne dissuadait une bonne partie des humains de sortir.
Khiel traversa la cité péniblement. Par moment l’eau lui arrivait aux genoux. Son ouïe de félin couplée à son odorat sur-dévelopée cherchait une présence humaine, mais ses sens étaient parasités par l’odeur de la boue et le martèlement des gouttes sur le sol. C’est alors que la bête perçue un vrombissement lointain. Dans un premier temps il l’ignora, le prenant pour un grondement d’un orage.
Il poursuivit son escapade et atteignit les portes de la cité. La bête n’avait toujours pas repéré le moindre signe de vie, sa chasse ne serait pas fructueuse ce soir.
Soudainement Khiel s’immobilisa, ce bruit qu’il percevait depuis quelques temps le dérangeait. Pourquoi le grondement du tonnerre émettait il en continu ? Cela n’était pas logique.
Le bruit croissait exponentiellement d’intensité, et par delà les bâtiments de la cité l’origine de ce vrombissement lui apparut : une vague gigantesque.
Un intense frisson survola la peau de la chimère, ses pupilles se dilatèrent : Khiel avait peur. Il fit un tour rapide sur lui-même, cherchant un abris ou une hauteur pour se protéger, mais sa petite promenade l’avait mener loin de tout bâtiment, suffisamment loin pour qu’il ne puisse en atteindre un avant d’être submergé par la déferlante. Il n’y avait aucune issue.
La bête fixa la vague. Elle était couronnée d‘une bande blanchâtre écumeuse, et dans sa course effrénée destructrice elle rugissait et balayait tout sur son passage. Rien ne pouvait s’opposer à une telle force. Khiel était parfaitement conscient que toute fuite était futile. Il se contenta de rester là, immobile, attendant l’inévitable fin tragique.
Plus que 20 mètres, 10 mètres 5 mètres, Khiel hurla tel l’animal agonisant, la vague le balaya et poursuivit son chemin…



Plus tard …

Paupières frémissantes, bouche entrouverte : Khiel revenait à lui. Il ouvrit lentement les yeux et fut pris par une quinte de toux. Il roula sur le coté et recracha une bonne quantité d’eau qu’il avait inhalé. Sa vue était trouble. Il passa sa main dans ses cheveux mouillées puis la posa sur son front. Il lui fallut deux bonnes minutes pour reprendre ses esprits et parvenir à difficilement se redresser .

Khiel n’avait encore jamais vu la mer. Il avait toujours vécu en ville, loin de toute plage. Et là devant lui s’ouvrait une immensité bleue ponctuée de quelques éclats de lumière qui correspondaient aux reflets du soleil sur la surface non plane de l‘eau. Malgré l’état dans lequel il était Khiel fut émerveillé par ce spectacle qui s’offrait à lui.

Khiel était complètement trempé. Ses longs cheveux noirs et désordonnés étaient collés sur sa longue cape noire, il en ruisselait plusieurs gouttes d‘eau qui vinrent se décrocher aux extrémités de ses pointes. Sa chevelure gardait toujours ce reflet bleuté caractéristique de sa personne, cette teinte se retrouvait sur ses paupières, les iris de ses yeux et sur ses lèvres, pouvant être confondue avec une cyanose.
Sa chemise noire imbibée d’eau moulait parfaitement son thorax.

Seul sur le sable, les yeux dans l’eau. Seul ? Non il ne l’était pas. Absorbé par les événements Khiel n’avait d’abord pas remarqué la présence de deux autres personnes sur l’île. La bête peut renifler l’odeur des humains lorsque le vent la porte à ses narines. Mais là Khiel ne sentait rien, ceci était caractéristique du vide qu’aspiraient les ombres.

La chimère se trouvait coincé sur cette île avec deux ennemis. Il resta immobile à les observer d’un regard froid comme à son habitude. Peut être ne l’avaient-ils pas encore vu.


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Orillion
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Jeu 12 Fév - 3:53

Sa conscience n'était plus qu'un immense puits d'obscurité que nulle sensation ne venait troubler. Nulle joie, nulle douleur, simplement le néant. Depuis combien de temps était-il ainsi? Le temps avait-il encore une quelconque importance? Existait-il seulement, dans cet infini de vide, obscur, glacé et silencieux, qui oblitérait inexorablement tout embryon de pensée? Un espace infini, éternel, où il serait si simple de s'enfoncer... et d'y demeurer... à jamais...

...*Réveille-toi*...


Deux yeux s'entrouvrent, et un océan de lumière envahit soudain les ténèbres glacées. Ils se referment instantanément, mais leur office a déjà été accompli. Les ténèbres refluent à présent, se dissipent, jusqu'à laisser transparaître ce qui se trouve au delà de leur infinité. Lentement, il s'extrait de la nasse obscure ou il était immergé. Lentement, il reprend conscience de sa propre existence. Lentement, il s'éveille.

*Où suis-je?*

Il ne tente pas d'ouvrir de nouveau les yeux. Pas encore. Il est encore trop tôt. Tandis que le temps s'écoule, il écoute, ressent, prend conscience de son environnement.

Il se trouve à l'extérieur: l'analyse de la lumière qu'il perçoit au travers de ses paupières closes et du léger courant d'air froid et humide qui souffle autours de lui le démontre amplement. La pluie a cessée, il ne sent plus ses innombrables émissaires marteler constamment son corps. Pourtant, il est trempé: il sent ses vêtements alourdis par l'eau coller à sa peau humide. Vestige de la pluie? Non: même au plus fort du déluge, jamais il n'a été détrempé à ce point. Il tente de faire bouger son bras... La douleur qui se propage dans l'ensemble de son organisme lui fait aussitôt regretter son geste inconsidéré: à croire qu'en plus d'avoir été trempé, il a eu le droit d'être essoré... son corps reprend son immobilité originelle, seulement perturbé par le mouvement cyclique et douloureux de son thorax, vestige absurde d'une existence passée. Le temps s'écoule, incompréhensible. Secondes? Heures? Qui sait... Et quelle importance? Il sent sous lui le contact abrupt et irritant du sable, ce même sable qui semble s'être infiltré par chaque orifice de ces vêtements. Il entend, mêlé au rythme assourdissant de sa propre respiration, le bruit lointain et constant du ressac. Serais-ce... La mer? Le souffle du vent porte bien en lui l'humidité des embruns, mais il est dépourvu de la sensation salée autrefois familière. Et le bruit du mouvement de va-et-vient était si ténu... Un lac? Allez savoir...

Et, quoi que ce fût, il n'y est pas seul. Son ouïe, en premier, parvient à se rendre compte de leur présence: le bruit cyclique et ténu de respiration venant se superposer, à un rythme différent, à la sienne, auquel il fallait ajouter les perturbations ponctuelles et irrégulières dues aux mouvements corporels. Puis progressivement, un sens plus obscur, plus récent, sur lequel il ne parvient pas à mettre un nom, prend le relais. Ils sont deux, allongés à quelques mètres de lui, manifestement inconscients. Le premier semble émettre une pulsation lente et constante, une puissance à peine concevable, contenue et muselée par la profondeur du sommeil. La seconde est plus discrète, plus légères: en fait, il ne s'agit guère plus que d'un infime et superficiel résidus recouvrant à peine la surface de cet indescriptible néant, si insolite et pourtant si... Familier.

La surface limpide et immobile se brise, le tableau se met soudain en mouvement: le premier vient de se réveiller. La pulsation s'emballe et laisse s'écouler un flot d'émotion, à tel point que le sens indicible qui la sondait un instant plus tôt, à la manière d'un œil habitué à la pénombre se retrouvant brutalement exposée à une vive lumière, se replie sur lui-même et cesse brusquement d'agir. L'être se mets en mouvement: frottement du sable, craquement des os... Une quinte de toux explose, engloutissant tout autre son par sa magnitude, frappant tel un marteau l'ouïe hypertrophiée par une éternité d'observation.

Il est temps que ses yeux accomplissent leur office. De nouveau, ses paupières s'ouvrent; de nouveau, l'aveuglante lumière submerge ses rétines. Puis elle reflue, laissant place à l'étendue grise et irrégulière d'un ciel nuageux. Les yeux tournent dans leurs orbites étroites à la recherche d'un autre élément. Peine perdue: l'ensemble de son champs de vision se résume apparemment à ce nouvel infini grisâtre. L'heure est donc venue de passer au stade supérieur. Lentement, méthodiquement, ses muscles ankylosés rentrent en action. Ses bras sont les premiers à s'éveiller, une phalange après l'autre, suivie des articulations plus conséquentes: poignets, coudes, épaules... Puis les jambes, suivant un schéma similaire. Les cervicales, sans difficulté. Enfin, le plus important:dorsaux, abdominaux... rouillés, mais opérationnels. D'un mouvement sec de ses derniers, son corps se redresse et bascule sur ses membres postérieurs; il demeure un instant accroupi en équilibre, tandis que les derniers vestiges de sa douleur refluent définitivement, puis, précautionneusement, se lève.

Il se trouve sur un banc de sable isolé au beau milieu d’une immense masse d’eau s’étendant sans trêve dans toutes les directions, aussi loin que porte le regard, c'est-à-dire bien moins loin qu’on ne pourrait le supposer au premier abord du fait de la masse brumeuse perturbant son champs de vision. Rien d'autre que l'eau, le sable, un élément inerte que sa raison ne parvient pas encore à définir, et les deux êtres. L'un est une jeune femme, au corps mince, à la peau pâle et aux cheveux noirs, allongée sur la plage les yeux fermée, manifestement assoupi. Le second... Le second est debout et l'observe.

Leurs regards se croisent. Un visage fin et d'une pâleur presque irréelle, renforcé par les reflets bleuté de son abondante chevelure noire et de ses paupières, encadre un regard dur, calculateur, d'un bleu glacé, au fond duquel brille l'intensité de ses émotions. Pas de peur, pas d'hésitation, pas de doute: juste un soupçon de méfiance teintée d'une dose d'arrogance et, en guise de toile de fond, un océan intarissable de haine. Le regard d'un prédateur. Instinctivement, un mot remonte du plus profond de son inconscient, un mot ou s'accroche fatalement d'anciens filaments de mépris et de défiance: Chimère.

Enfin, après un long moment, il parvient enfin à se décider de briser le silence.

"Bonjours."
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Butterfly
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Mar 17 Fév - 23:00

Des doigs tendres glissent sur la peau douce de Berenice : La main, le poignet, le bras, l'épaule, la nuque pour finir sa course dans les longs cheveux noirs de la demoiselle. Un sourire. Doux. Tendre. Heureux.

Heureuse. Elle l'est véritablement.

Les voilà tous les deux, dans les draps, en train de profiter de leurs derniers instants ensemble avant de se séparer pour mieux se retrouver. Ils ont décidé de ne pas dormir ensemble la veille du mariage pour donner une dimension un peu plus sacrée et traditionnelle à leur union, même si cette union n'aura rien d'un mariage comme les autres. Ce sera une grande fête. Ca doit être une grande fête. Ils chanteront eux-mêmes avec leur groupe : Ils en profiteront pour annoncer leur prochaine tournée à leurs proches. Tournée qui sera pour eux leur mariage de noces.

La musique. Toujours la musique.

Quand le moment arrive, la séparation n'a pas l'air si difficile en apparence mais pourtant à l'intérieur, un étrange sentiment s'empare de Berenice. Un sentiment de mélancolie, de tristesse, comme si elle n'allait plus jamais revoir Nick. Allons : Ce n'est que de la nervosité à cause du mariage demain. Tu vas le revoir Berenice, et tu vas l'épouser dans cette belle robe blanche.

Blanche. Comme la lumière qui l'entraînera loin de son cher et tendre.

Devant la glace, le grand jour est arrivé et elle porte enfin cette merveilleuse robe pour ce merveilleux jour avec cet homme merveilleux. Mais quelque chose cloche : Elle a froid et ses cheveux progressivement se mouillent. De l'eau ruissèle sur son visage, sur ses bras, sur sa robe qui en un instant paraît bien moins blanche. Pourquoi toute cette eau alors qu'elle est à l'intérieur de la maison? Non, ce n'est pas normal.

C'est un cauchemar.
Je vais me réveiller.
Me réveiller.
Me... Réveiller...

Les paupières frémissent, les longs cils bougent doucement. Elle se réveille enfin : Un sourire. Elle le savait que ce n'était qu'un cauchemar. Le rêve commence maintenant. Il lui suffit d'ouvrir les yeux et elle verra les murs de sa chambre, sa robe de mariée prête à être portée. Les doigts cherchent la douceur des draps mais la sensation est toute autre. C'est étrange...

Comme... Du sable....

Les grains filent entre les doigts et les yeux s'ouvrent enfin. Ce n'est pas sa chambre, non, qu'est-ce-que c'est? Les mains se soulèvent doucement et elle les observe : Jamais elles n'ont été si pâles et voilà qu'elle les plaque contre son coeur.
Son coeur qui ne bat pas.
Qui ne bat plus.
Depuis un long moment déjà.

Doucement elle se redresse. Petit à petit, tout lui revient en tête. L'accident. Le coma. L'arrivée à Hollow Dream. La rencontre de Thomas et la perte de tout espoir de se réveiller un jour. La perte de tout espoir de le retrouver lui un jour. La rencontre avec ses semblables, avec ses ennemis. La pluie et puis cette vague immense. Cette vague qui les a tous emportés.

Humains.
Chimères.
Ombres.
Elle, l'Ombre.
Butterfly.

Son regard se pose sur sa robe de mariée abimée, déchirée par endroits. Cette robe dont elle ne peut se séparer. La tête de l'Ombre se baisse, le désespoir l'envahit à nouveau. Pourquoi ce rêve pendant son sommeil? Pourquoi repenser à ces moments? Pourquoi les revoir? Ils ne sont qu'une torture pour elle. Une horrible et insupportable torture. Il faut les oublier.

Vite.
Penser à autre chose.
Difficile, pas impossible.

A présent, l'Ombre se reprend et redresse son visage pour observer l'endroit où elle se trouve. Du sable, de l'eau, une petite île et deux êtres à ses côtés. Quelques instants passent pendant lesquels elle les observe, eux, chacun leur tour. Ami et ennemi, alors méfiance. A présent, elle se relève complètement et fait un pas tout en observant les alentours.


-Nous ne pouvons pas être les derniers...

Son regard sans vie glisse à nouveau sur ses compagnons d'infortune.

-N'est-ce-pas?
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Khiel
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Jeu 26 Fév - 2:15

Khiel observait les deux ombres reprendre connaissance. L’idée d’essayer de les assassiner pendant leur « sommeil » lui avait traversée l’esprit : ils étaient deux face à lui, deux de la même race, deux ennemis. Si la situation venait à dégénérer les ombres auraient l’avantage du nombre ; alors que là, Khiel avait une possible opportunité de ramener l’équilibre dans les effectifs. Finalement Khiel renonça à ces idée de meurtre sournois pour le moment. L’étrangeté de la situation dans laquelle il se retrouvait avait pris le dessus sur son penchant belliqueux. Il renonça à l’idée d’un affrontement, du moins pour l‘instant, au profit d’un éventuel dialogue avec ses compagnons d’infortune. Qui sait ? Ils savaient peut-être où ils étaient et comment s’en échapper.

L’ombre mâle fut le premier à se réveiller. Leur regard s’accrochèrent quelques secondes avant que l’ombre ne décide de rompre le silence et de le saluer. Khiel continua de scruter sans ciller. Son regard perçant semblait vouloir lire l’âme de son interlocuteur. Après quelques secondes, où l’ombre pouvait commencer à se demander si Khiel allait enfin répondre, la chimère le salua enfin. Mais ce fut un bonjour vide, et prononcé très lentement. La communication n’était pas son fort, surtout avec les races ennemies.


« Bonjour »


Il le dévisageait toujours inlassablement, jusqu’au moment où le troisième rescapé, une femme, attira son attention en manifestant des signes de vie. Khiel lui répondit toujours très lentement.


« Sur ce petit morceau de sable où nous avons échoués, il ne semble y avoir que nous. Peut être y a-t-il d’autres survivants ailleurs …» Il se retourna et contempla la vaste étendue d’eau. Il n’y avait pas d’autre parcelle de terre visible depuis leur île, mais ce que l’on ne voit pas n’est pas forcément inexistant.

Khiel se tourna vers l’énorme masse qui reposait au milieu de l’île. Elle n’était pas parfaitement immobile, s’élevant et s’abaissant très lentement de quelques dizaines de centimètres, difficilement visible de là où il était. Cette chose respirerait-elle ? La chimère voulut s’en approcher, mais dès lors qu’il posa un pied devant l’autre pour avancer son genou ploya et il se retrouva accroupi au sol. Son petit voyage à l’intérieur de la vague lui avait laissé quelques douleurs. Avait il percuté un objet balayé lui aussi par l’eau, ou s’était il tout simplement tordue une jambe en tournoyant dans les courants ? Il ne se rappelait de rien. Khiel resta une dizaine de secondes à genou avant de se releva lentement, la douleur s’était en partie estompée.

Il jeta un coup d’œil au deux ombres et les interpella.


«  Ce truc à l’air vivant »

Il avança vers la chose spongieuse.
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Orillion
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Dim 29 Mar - 21:10

Il détourna son regard au même instant que la chimère taciturne qui lui faisait face, et le reporta sur le troisième locataire improvisé des lieux, qui commençait à se redresser. Il l'examina plus attentivement: à peine moins grande que lui, mince, pâle...

Trop mince. Trop pâle. Et ce qu'il a lu, un bref instant, dans ces yeux d'un bleu sombre, aussi profonds que l'océan qui les encercle: une apparence détachée en surface, qui ne parviennent pas à dissimuler à ses sens les abîmes de tristesse et de désespoirs, ni cette sensation si familière de vide qu'il a déjà ressenti lors de son demi-sommeil.

*Ombre*

Les derniers? Une bien étrange question, en vérité. Étrange, mais pas nécessairement inintéressante. Pour l'heure, ils étaient seuls, mais pour ce qu'il pouvait en savoir, une armée entière de survivants pouvait bien s'être dissimulée dans les replis brumeux de ce brouillard qui formait une barrière infranchissable à leur champ de vision. Dans un premier temps, cela n'avait d'ailleurs que peu d'importance. Sur le long terme, en revanche, une chose était certaine: s'ils étaient effectivement les derniers, ils ne tarderaient sans doute pas à rejoindre les autres, quoi que puisse ressembler l'après vie dans cette Vallée. Non pas que ce genre de préoccupations eut d'avantage d'importance pour son esprit brisé.

Il laissa à la chimère le soin de répondre à voix haute à la question posée. Au fond de lui, il sentait que ce type aurait dû le mettre mal à l'aise. De par sa nature, il représentait la plus grande menace potentielle sur cette île. Il l'observa s'éloigner avec difficulté en direction du centre de l'île. Une menace sérieusement affaiblie, certes, et qui n'avait qui plus est aucun intérêt à s'en prendre à eux. Il savait depuis longtemps que toutes les chimères n'étaient pas des brutes sans cervelles, restait à voir dans quelle catégorie ranger celle-ci. Une chimère stupide ne chercherait pas à savoir où réside son intérêt, il se contenterait d'attaquer; mais une telle chimère l'aurait déjà fait depuis longtemps. Celle-ci devait par conséquent posséder un minimum de réflexion, et ne représentait donc pas de danger immédiat.


« Ce truc à l’air vivant »


"Cela en fait toujours un de plus."
Une plaisanterie, ou quelque chose s'en approchant. Assez déroutant d'ailleurs, prononcée d'une voix égale sans la moindre expression faciale.

Curieux, il s'approche néanmoins de la chimère et de la masse informe qui se dresse à coté de lui. Un autre être vivant? Cela ne lui avait même pas effleuré l'esprit: il était certain qu'ils n'étaient que trois sur cette île. Ce ne fût qu'en s'approchant à moins de trois mètres de la masse informe qu'il comprît. En effet, la chose semblait respirer en un mouvement assez lent de va-et-vient. Comme elle n'émettait néanmoins aucune émotion discernable, le temps d'"observation" qu'il avait passé allongé sur la plage avait pris le pas sur ses yeux encore affaibli. Cependant la chimère, qui ne disposait sans doute pas de sens semblable au sien et dont la vision semblait s'être remis plus rapidement, n'avait pas eu ce genre de problème.

"Vivant? Je ne sait pas exactement ce que c'est, mais ça ne "vit" qu'au niveau le plus basique du terme."

"Et ça ne se mange pas"
Un simple constat concernant son absence d'émotion, tout autant qu'une pique purement gratuite et parfaitement instinctive à l'encontre de Khiel.
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Lun 1 Juin - 23:37

Eh bien eh bien mes agneaux, on fait la sieste sur le sable chaud? On se dit que si on reste sans bouger, le tyrannosaure ne nous verra pas? Oh allons, depuis tout ce temps, vous m'avez habitué à moins de naïveté...

L'eau monte, jeunes gens. Elle monte vite. A vue d'oeil. Elle est froide. Et je serais vous, je ne ferais pas confiance à ce qu'elle cache.

Alors il est temps d'assumer, il est temps de se décider. Certains d'entre vous ne peuvent pas s'exprimer? Pour une fois, je vous autorise à leur griller la priorité: c'est la panique, l'eau monte, et il faut décider.

Vers où voulez-vous mener votre embarcation. Au Nord? L'Est? L'Ouest? Le Sud?

Choissisez mes chers amis, choisissez. Il me faut au moins une décision par groupe. La première, la majoritaire, que sais-je? Tant pis si vous n'avez pas le temps de discuter, tout le monde n'aura pas le temps de donner son avis. Je n'exige qu'un message. Au moins une voix, un choix.

Sachant que la suite de vos aventures en dépend.


Choisissez. Peut-être que vous aurez de la chance.

Ou pas.


Vous avez jusqu'au samedi 6 juin à minuit.
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°8 ] Khiel, Orillion et Butterfly   Ven 5 Juin - 21:44

[J'ai été longtemps absente, et j'en suis navrée. Mais je tente...]

Vivant?
Tiens, un mot que l'Ombre n'a pas entendu depuis longtemps.
Voyant que ses deux compagnons d'infortune s'avancent vers la "chose" se trouvant au milieu, Butterfly décide de les accompagner : Après tout, rester seule dans son coin ne pourra guère améliorer la situation.

Se serrer les coudes.
Se soutenir.

Avec une chimère dans les rangs? Eh bien oui, parfois, il faut faire ce que l'on peut avec ce que l'on a.

C'est donc sans grand enthousiasme, comme à l'accoutumée, que l'Ombre vient à son tour observer l'étrange bizarrerie qui semble "respirer". Pour une fois que quelque chose attire la curiosité du Papillon... La remarque de l'Ombre les accompagnant arrache un demi-sourire à Butterfly : Effectivement, ça n'a pas l'air de se manger et il est clair que ce constat n'est adressé qu'à une seule créature : La Chimère.

Un bref haussement d'épaules.


-C'est tout de même très étrange... Je n'ai jamais vu pareille chose...

Un ton las, morne, sans aucune émotion : Egale à elle-même.

Puis un frisson : L'Ombre baisse son visage pour observer le sable. Elle a senti quelque de froid et d'humide.


-Oh...

L'eau monte. Oui. Et ça n'a pas l'air de la faire paniquer. En même temps, qu'est-ce-qui pourrait faire paniquer Butterfly?

-Nous allons être encore plus mouillés...

Un long soupire.

Butterfly s'accroupit et sa main vient toucher l'étrangeté qui attire l'attention des trois rescapés.


-Il me semble qu'il s'agit de la seule chose sur laquelle nous pouvons grimper pour s'en aller d'ici...

La tête qui se penche doucement sur le côté. L'Ombre observe la chose à la base, là où elle touche le sol.

-Mais ça a l'air de prendre un peu l'eau...

Un peu oui. Beaucoup même.

L'Ombre se redresse alors et se retourne vers le lointain.


-Mais il n'y a que ça à faire...

Les yeux se ferment.

-Par où va-t-on aller?

De toute façon, foutu pour foufu, autant se lancer : Ils seront trempés quoi qu'il advienne. Elle reste silencieuse pendant de nombreuses secondes puis se retourne vers ses compagnons.

-Allons au Nord.

Nouvel haussement d'épaules.

-De toute façon, nous n'avons rien à perdre il me semble et quoi que nous fassions, nous allons finir engloutis.

Elle s'abaisse, aggripe l'immense éponge et jette un coup d'oeil aux deux autres.

-Mais si vous préférez rester ici...

Puis, elle tire sur l'éponge pour l'amener un peu plus loin, là où l'eau est un peu plus profonde. Test : Le truc a l'air de flotter malgré l'eau qui s'y engorge. Ca ne tiendra sans doute pas longtemps. L'Ombre grimpe dessus : L'éponge s'enfonce un peu plus dans l'eau mais parvient à rester au niveau de l'eau, malgré une instabilité certaine. Espérant que ses compagnons suivront pour lui donner un coup de main. Elle ne va pas pouvoir maintenir l'éponge et ramer en même temps...
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