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 Renaissance

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Mary Malone
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MessageSujet: Renaissance   Mar 3 Mar - 15:26

Cours, aveugle à ce qui t'entoure.

Que fuis-tu ainsi Mary
?

Je ne sais pas. Je ne sais plus. A vrai dire, tout est maintenant confus. Je ne sais plus ce qu'il convient de faire, ni ce que je désire. Ma volonté s'étiole et lentement les griffes de la mort enserrent mon coeur et menacent de se refermer définitivement sur moi.

Ce matin, j'en suis arrivée à un triste constat... Cela fait 4 ans que je suis ici. Ma fille a grandit sans moi, ma fille, mon adorée, ma Sara n'a jamais connu sa mère que comme une chose inerte sur un lit d'hôpital, une sorte de monstre relié à des tuyaux qui n'en finissent plus. Pour elle, je n'existe sans doute pas. Son père ne lui a peut-être jamais montré mon corps. Peut-être ne vient-il même plus me voir...

Au début, je pensais l'entendre, le sentir, quand il me susurrerait des mots d'amour et d'encouragement pour revenir, quand il s'emparerait de ma main pour l'embrasser tendrement. Mais jamais je ne l'ai senti. La Vallée ne m'a pas laissée ce réconfort.. Pourquoi faire après tout? Ce qu'elle veut, c'est ma mort, que je rejoigne ses hordes hideuses de monstres.

Jamais... Jamais je ne serai Ombre ou Chimère. Rien que pour cela, l'espoir est toujours là. Mais il s'amenuise. Déjà Julien n'est plus réellement dans mon coeur. Il est un amour tendre, une figure lointaine, impalpable. J'ai trop vécu de choses ici, loin de lui. Loin de ceux que j'aime. J'ai changé, terriblement changé. La dureté de la vie ici m'a forçée à devenir quelqu'un à l'opposé de mes convictions. Moi qui sauvais des vies, j'en ai tué. Moi qui me battait pour la vie, j'ai abandonné. Dans mon esprit défilent des visages de ces enfants que je n'ai pas su sauver... Yelana, Sara-Lou... Et tant d'autres encore. Des amis devenus ennemis...

La résistance va mal, mais mes opposants ne sont guère plus qu'une bande de râleurs bon à rien qui perdent de leur crédibilité. Quel avenir pour les humains qui se disloquent et s'étiolent? Que dois-je faire?

Mes pas m'amènent jusqu'à l'arbre et doucement, ma main se pose sur son écorce rugueuse. Lentement, je m'adosse contre lui et me laisse tomber à terre, enfouissant mon visage entre mes bras, ramenant mes genoux vers ma poitrine. La fière Mary Malone n'est plus qu'une loque pleurnicharde. Les larmes s'écoulent de mes yeux. Mais la proxilité de l'arbre empêche le désespoir de m'étreindre. Je ne reviendrai sans doute jamais... Mais je ne veux pas devenir un monstre.

Alors que faire? Quels choix s'offrent à moi? Depuis que je suis ici, je n'ai jamais rien trouvé qui pourrait nous ramener... Il y a bien eu l'amulette et le livre, mais j'ai causé une catastrophe qui a été le début de notre déclin. Mais est-ce vraiment ma faute? je ne le saurais sans doute jamais. La Vallée n'est pas prête de livrer ses secrets.

- "Aide-moi..."

Juste un murmure, étranglé par un sanglot. Qui pourrait bien m'aider?

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~L'Arbre~
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MessageSujet: Re: Renaissance   Dim 22 Mar - 2:20

    Lui.


    Lui, il veut bien l'aider. Il n'attend que ça. L'aider. Tous les aider.

    Mais comment faire? Il est beau, il le sait. Même dans cette contrée maudite, son tronc est devenu fort, ses branches sont vastes et nombreuses. Il est puissant, également. Cette herbe tendre qui drape ses racines, tous ces oiseaux qui colorent sa parure, en sont autant de preuves. Son corps s'étend depuis la terre pour frôler les cieux maudits de cette vallée, sa bonté rayonne dans toute la clairière comme le ferait un soleil. Mais à quoi tout cela lui sert-il, quand il est désespéremment immobile?

    Il ne peut pas les toucher, les rassurer. Leur parler. Il est trop différent de ces pauvres âmes, il vient d'un autre univers, du tréfond de leurs rêves: il ne sait pas parler leur langue, il ne comprend pas leurs mots. Mais il entend le désespoir de leurs prières, il perçoit leurs caresses sur sa peau rugueuse, il sent leur larmes couler sur son socle de terre sombre.

    Et il voudrait tellement les aider...


    Non pas qu'il en souffre, non. Enfin... Il n'est pas censé souffrir. Pas plus qu'Elle n'est censée aimer. Pourtant Elle éprouve tout de même quelque chose pour ses Bêtes, n'est-ce pas?...

    Il est désolé, en fait.
    Pour l'homme de rancoeur dont l'âme rouge et noir est devenue un passereau qui chante toujours dans ses branches.
    Pour la fille de rage qui venait pleurer devant lui avec sa flûte.
    Pour le garçon de culpabilité qui s'est écorché les doigts sur sa prison de glace pendant l'hiver.
    Pour le fantôme sans illusion, et l'illusion d'une petite fille désespérée, et tous les désespérés qu'il avait vu passer, tenir, mourir ou disparaître.

    Si peu étaient repartis.

    Et Mary...

    Mary...



    { Oui. }


    Juste une voix, qui se dessine dans la trille musicale d'un oiseau, nouvelle silhouette apparue entre deux branches qui se laisse soudain tomber à bas de son perchoir pour aller se poser aux pieds de la jeune femme en pleurs.



    Il la regarde. Et à travers ces petits yeux noirs, c'est quelque chose de plus grand qui passe. Lui, bien sûr. Lui, qui triche et contourne l'un de leurs accords avec la Vallée, comme elle a elle-même triché en donnant naissance aux Bêtes. Il ne peut pas parler. Mais les oiseaux peuvent chanter, n'est-ce pas?

    La pie-grièche chante. Et des mots se dessinent sous sa mélodie.


    { Moi je peux t'aider. Je peux t'aider Mary. }
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Mary Malone
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MessageSujet: Re: Renaissance   Dim 22 Mar - 17:27

Oui...

J'essuie mes larmes et je relève la tête. Je regarde autour de moi. Personne... Il n'y a personne pour m'avoir soufflé cette réponse. Oh mon dieu, voilà que je deviens folle et que mon cerveau répond à mes questions. Est-ce le signe avant coureur d'une lente déchéance psychique? Ou bien le besoin insensé d'avoir quelqu'un à qui parler, quelqu'un pour m'aider à sortir de ce cauchemar qui m'enlace et menace de me broyer?

L'arbre est derrière mon dos, il irradie sa douche chaleur, souffle d'espérance, mais si dérisoire par rapport au désespoir environnant. Je suis comme dans une bulle fragile, qui menaca d'éclater sous les piques des malfaisants. La Vallée me veut, elle veut ma tête, elle veut me broyer parce que je lui ai résisté trop longtemps. Combien ont tenu si longtemps d'ailleurs avant de sombrer? je n'en ai aucun idée...

Mn regard se porte alors sur un petit oiseau dont le chant me réchauffe le coeur. Mais ce n'est pas un simple chant... Il y a un message dans ce chant, un message qu'il me semble comprendre. je deviens définitivement folle, les oiseaux ne communiquent pas avec nous, pas ainsi...

Et pourtant. Pourtant ici, rien n'est logique, rien n'est normal. Les Chimères, les Ombres, cela ne devrait pas exister, alors en quoi un petit oiseau réconfortant serait-il si stupide?

Je regarde le petit oiseau qui semble me dévisager. Je n'ai pas rêvé ses paroles... Et quand bien même les aurais-je rêvé, qu'est-ce que cela peut faire? Ma main se porte doucement vers l'oiseau, je ne veut pas qu'il fuit... Mais si vraiment, cet oiseau est si étrange qu'il le parait, alors il montera sur ma main et approchera de moi, n'est-ce pas?

- "Comment?"

Je murmure, comme honteuse de parler à un oiseau. Des images de dessins animés me reviennent en mémoire alors que la princesse perdue dans la forêt trouve du réconfort auprès des animaux. Cette image me fait sourire. Je n'ai rien d'une Blanche-Neige. J'espère être moins niaise qu'elle et pour moi, pas de fin heureuse.

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MessageSujet: Re: Renaissance   Dim 22 Mar - 18:21

    Il perçoit la honte et la timidité, ce qui fait sourire son coeur chaud de sève. Ils doutent tous, au début. Parce qu'ils ont peur, bien sûr, ils ont peur comme des enfants battus qui se recroquevillent sur eux-mêmes dès qu'une main adulte s'approche, fût-elle amicale. Il craignent un nouveau méfait, une nouvelle tromperie. Encore un faux espoir. Un coup supplémentaire qui le rapprochera de leur mort.

    Et c'est si doux quand enfin ils comprennent...


    { N'aie pas peur. }


    Pas de moi. Tu n'as pas à avoir peur de moi.

    { Ici, Elle ne peut pas t'atteindre. }


    Le passereau chante, et il se met à sautiller pour approcher cette main hésitante qui se tend vers lui. Un battement d'aile, et le voilà perché sur l'index de la jeune femme, ses minuscules serres bien arrimées à la peau couverte de terre humide.

    { Cela n'a pas été facile de t'amener jusqu'ici. Tu as raison, Elle te veut du mal. Beaucoup de mal. Mais j'ai réussi à t'arracher à Elle pendant le raz-de-marée, et pour l'instant Elle ne peut rien contre toi. }


    Il aimerait tant lui sourire... Peut-être qu'elle le sent, d'ailleurs.

    { Je peux t'aider, Mary Malone. Je peux t'aider à Lui échapper. }
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Mary Malone
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MessageSujet: Re: Renaissance   Dim 22 Mar - 18:37

- "Je n'ai pas peur..."

Non, je n'avais pas peur. J'étais méfiante, j'étais angoissée alors que je m'interrogeais sur ma santé psychique, mais je n'avait pas peur, pas de ce petit oiseau étrange. Ma peur était de sombrer. Bien sûr, il aurait pu être un piège de la Vallée... j'y songe alors que je le regarde et lui affirme mon absence de peur d'une voix murmurée. Mais la Vallée ne sait pas m'inspirer ce drôle de sentiment s"curisant. La Vallée n'a jamais fait preuve de délicatesse. Elle m'a déjà trompé, mais pas ainsi. Les Bêtes, la pluie, la neige, tout cela n'était pas aussi subtil que ce petit passereau qui me regarde et m'encourage.

- "Je sais..."

Oui, je sais inconsciemment qu'ici je suis à l'abri. Ma petite bulle de protection dans un monde péricilite. Je me sens apaisée, rassurée. Mieux. Je tends ma main et il vient s'y poser, alors que je l'amène près de mon visage, à ma hauteur, mes coudes sur mes genoux repliés. Artifice de la Vallée? Non, je ne veux pas y croire.

Les paroles sont douce à mes oreilles et amènent un sourire sur mes lèvres. Je lève les yeux vers les ramures de l'Arbre, avant de regarder le petit oiseau.

- "Pourquoi me sauver, moi?"

Pourquoi moi en effet? Tant de gens méritaient d'être sauvés. Pourtant, l'espoir palpite au creux de moi alors que l'oiseau chante et m'offre son aide.

- "Comment m'aideras-tu? En m'aidant à rentrer chez moi?"

Espoir fol...

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MessageSujet: Re: Renaissance   Dim 22 Mar - 19:56

    Oui, fol espoir. Bien trop insensé pour être récompensé. Un murmure parcourt ses branches comme le ferait une brise trop froide, et le passereau baisse la tête.

    { Non. J'en suis désolé, mais je ne peux pas te faire rentrer. Je ne le peux pour aucun d'entre vous. }


    Il s'en veut: il oublie toujours leur manière de fonctionner, si admirable et si tragique: il oublie cette invincible envie qu'ils ont tous de viser au plus haut, même si c'est dans le secret de leur coeur, en espérant accrocher le plus bas. Maintenant Mary a de la peine, et ce n'était pas ce qu'il voulait.

    { Je ne voulais pas te donner de faux espoirs: ceux que je t'offre sont peut-être dérisoires, mais au moins ils sont réels. }


    Il réfléchit, avec son lent rythme de plante onirique.

    { J'ai décidé de te sauver parce que tu es toi. Parce que tu as tenu si longtemps, en pensant aux autres plus qu'à toi-même. Parce qu'à présent tu es sans doute la plus à même d'accepter ma proposition. }


    Pas de fioritures, pas de flatteries. Lui, il va toujours à l'essentiel. Ce qu'il dit, il le pense. Ce qu'il fait, il l'a mûrement réfléchi. Il espère simplement que Mary le comprendra.

    { Lève les yeux, Mary. Regarde-moi. Si peu d'entre vous m'ont trouvé au fil des ans... Il faut dire qu'Elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour me tenir à l'écart. Mais je suis toujours là, parce que sans ma lumière, son ombre à Elle ne peut pas exister. Elle le sait très bien, et je suppose que c'est pour cela qu'elle me hait. Je voudrais vous aider, je voudrais tous vous sauver. Mais je ne suis pas chez moi ici, douce Mary, et mes pouvoirs ne sont pas aussi puissants qu'ils pourraient l'être. Alors non, je ne peux pas te ramener parmis les vivants. Mais si tu es d'accord, je peux t'accorder une place parmi les morts. }


    La pie-grièche s'envole, retourne se percher parmi ses camarades qui lancent de multiples trilles pour l'accueillir. C'est beau, joyeux, un son presque inconvenant dans cette forêt morte.

    { J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider. Quelqu'un avec des jambes, des yeux, une bouche capable de parler. Quelqu'un pour contrer les horreurs qu'elle a lâché sur vous, au début de l'hiver. Mais je ne peux faire mien un être encore en vie, pas plus qu'Elle ne le peut. }


    Soudain, c'est le silence. Les oiseaux se taisent, et seule la pie-grièche s'autorise une nouvelle trille.

    { Je te dirais bien que tu peux repartir si tu le souhaites, que tu peux continuer de survivre en sachant que je t'attendrai ici, toutes les fois où cela deviendra trop dur. Mais je pense qu'au fond de toi, tu as déjà décidé que tu mourrais ici, n'est-ce pas Mary Malone? }
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MessageSujet: Re: Renaissance   Dim 29 Mar - 13:59

J'avais eu tort d'espérer encore... D'oser penser que quelqu'un saurait me donner le chemin du retour dans cette foutue vallée. Même l'oiseau, le bel oiseau chanteur ou l'arbre à l'écorce apaisante ne pouvaient m'aider. Alors si ceux qui étaient du côté du bien ne pouvaient pas, qui le pouvait? Il n'y avait pas de retour possible, c'était aussi simple que cela. Je sentis quelque chose se briser en moi devant cet amer constat, mais la proximité de l'Arbre empêchait la rancoeur de s'emparer de moi et de faire de moi un Monstre.

Mais je continue à écouter. Il m'offre autre chose. Mais quoi? Les larmes ont réapparu alors que j'ai compris que je ne rentrerais jamais. Mais il continue de parler et j'écoute, évitant ainsi de penser à ma propre déception, mon propre désespoir. Il veut me sauver moi, parce que j'ai tenu quatre années. Sans penser à moi. Vraiment? Je ne sais pas, je ne sais plus. Mais j'écoute et je ne dis rien, attendant la suite.

Je lève les yeux, je regarde l'Arbre et ses paroles me transperçent. Une place parmi les morts. Je sens de nouveau quelque chose se briser en moi et je retiens un sanglot. Il me fait une proposition... Devenir sien comme les Bêtes sont à la Vallée, être sa Messagère et me protéger ainsi de la dégénérescence. Je ne deviendrai pas un monstre... Mais je ne retournerai jamais chez moi. Cette fois, un sanglot méchappe à sa question, purement théorique. Il a raison, je sais que je vais mourir ici.

Les larmes jaillissent de nouveau, malgré moi. Parce qu'elles trahissent la décision prise inconsciemennt et que je refuse encore de proférer à haute voix. J'enfouis mon visage dans mes mains et ma vie défile dans ma tête... Ma mère, suicidée, pour ne pas devenir quelque chose qu'elle n'aurait pas souhaité être... J'essuie mes larmes. Ma mère a fait bien avant moi son choix. Mourir comme elle le voulait et non comme la maladie le lui imposerait. Elle m'a laissé, avec mon père, mais j'ai compris et lui aussi. Que dieu fasse que les miens le comprennent aussi...

Je suis désolée... Sara, ma petite chérie, que je ne verrais pas grandir, pardonne-moi, mais je ne reviendrai pas. Et si j'espère encore, je m'expose à devenir un monstre. Cela arrivera. Ma volonté s'étiole.

Adieu.

Je relève la tête et je hoche doucement la tête. Je vais mourir ici, mais la Vallée ne m'aura pas, la Vallée ne me brisera pas. Et je me battrais pour les autres, pour ceux que je pourrais encore sauver en gardant mon intégrité.

Choix douloureux, choix impossible.

Mais c'est la seule chose à faire.

- "J'accepte."

Ma voix est ferme, ma décision est prise, malgré les larmes qui maculent mes joues.

Adieu.

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MessageSujet: Re: Renaissance   Lun 13 Avr - 0:43

    Elle pleure et il l'observe en silence, simplement auréolé de son habituel nuage apaisant. Ils pleurent souvent, près de lui. Les humains s'en sentent la possibilité, sans crainte de mourir. Les Chimères s'en sentent la force. Les Ombres s'en sentent le droit. Le plus souvent, cela les apaise. Parfois, comme ce jour-là, cela leur sert simplement à ne pas imploser.

    Parce qu'elle accepte. Bien sûr. Il ne lui aurait pas fait cette proposition s'il n'avait pas été pratiquement certain de recueillir une réponse positive.

    Elle accepte. Il aurait simplement préféré qu'elle en soit heureuse.


    { D'accord. Approche. }


    La pie-grièche s'envole à nouveau, pour se poser sur l'épaule de Mary. Puis tous ses compagnons dévalent les branches de l'arbre, cascade bruyante et colorée dont une partie ricoche sur le sol pour aller environner la jeune femme. Le reste va se poser sur les racines de l'arbre, plus précisément sur deux d'entre elles, qui délimitent une petite zone herbeuse sensiblement plus verte. Une invitation.

    Discrète tâche de rouge, seul l'oiseau cardinal n'est pas descendu avec les autres. Il se contente d'observer.


    { Assieds-toi. Tu n'auras pas mal. }


    Non, elle n'aura pas mal. Il va prendre son temps pour couper le lien entre elle et son corps, il ira lentement, il prendra des jours s'il le faut. Et ainsi, elle n'aura pas mal.

    Sans compter que...


    { J'ai quelque chose pour toi. }


    Oui. Il lui suffit de s'asseoir. De poser la tête contre son tronc. De fermer les yeux. Et alors elle verra. Elle aura l'impression d'y être, de s'y retrouver pour de bon. Chez elle, en pleine nuit, dans le monde réel. Eux ne la verront pas, bien sûr. Il seront en train de dormir - en fait ils seront si bien endormis que lorsque l'appel de l'hôpital les réveillera, demain matin, il auront l'impression d'avoir passé la nuit la plus douce de leur vie.

    { Je ne peux te ramener dans ton corps. Mais je peux te permettre de passer. Pour leur dire au revoir. }
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MessageSujet: Re: Renaissance   Mer 29 Juil - 13:34

Non, je n'aurais pas mal, l'Arbre me le promet. Ce n'est pas la douleur qui me fait peur, c'est ce que je vais perdre en acceptant cette proposition. Mais je n'ai pas le choix, je préfère rester celle que je suis, que de devenir un monstre qui tuera pour survivre. Je n'ai jamais tué que pour me défendre... Peut-être était-ce là une faiblesse... j'aurais peut-être du tuer les anciennes chimères et anciennes ombres quand elles étaient redevenues humaines... Mais je n'avais pu m'y résoudre... Pas même concernant Vincent... A bien y réflechir, je me demandais quelle facette de lui je préférais : le médecin compétent mais timide ou l'ombre arrogante et séductrice? C'était difficile de me l'avouer, mais force était de constater que j'avais aimé flirter avec le danger qu'il représentait... Une facette de moi que je ne me connaissais pas.

Je regardais les différents oiseaux qui m'entouraient et réprimais une furieuse envie de rire, un rire qui aurait sans doute été hystérique au vu de mon état de nerf. Un peu plus et je jouais dans un remake de Blanche-Neige tiens... Assise au pied d'un arbre, avec plusieur svolatiles qui m'entourent. Il manquait les nains et les chevreuils, et on y était.

Sauf que moi, jamais un prince charmant ne baiserait mes lèvres pour me réveiller. Cela ne se voyait que dans les contes de fée et mon histoire n'avait rien de féérique. Suspendue entre la vie et la mort pendant quatre interminables années, il était temps pour moi de tirer ma révérence et de prendre ma décision. Puisque je n'avais aucun moyen de me réveiller, il me restait le choix de mourir et de rester celle que j'étais. Peut-être, qu'un jour, j'aurais le droit au repos éternel et au paradis... En restant humaine malgré ma mort, c'était ce que j'espérais.

Je levai un regard intrigué vers l'oiseau quand il me dit qu'il avait quelque chose pour moi. Inconsciemment, je fis ce qu'il m'insufflait, me collant au tronc de l'arbre, sentant son écorce rugueuse dans mon dos. Je levai la tête et fermai les yeux et là, je retrouvai ma vie d'antan. Il faisait noir à la maison et Julien dormait. J'étais un esprit, un fantôme, quelque chose d'immatériel. J'eu un sourire triste. Que cela soit vrai ou pas, peu importe. Je voyais mon mari, endormi, les cheveux en bataille. Mon coeur se serra. Je m'approchai lentement et effleurai du bout des doigts ses cheveux, me penchant pour embrasser sa joue et murmurer dans un souffle :

- "Sois heureux et prends bien soin d'elle... Je suis désolée, je ne reviendrai pas. Je t'aime... si tu savais comme je regrette..."

Une boule se forma dans ma gorge et manqua me fait éclater en sanglot. Julien remua dans son sommeil et murmura quelques paroles inintelligibles. Je me dirigeai alors vers la chambre de Sara et découvris une petite fille endormie. Elle avait mon teint hâlée et mes cheveux noirs et elle était la plus belle enfant que j'ai jamais vu. Une enfant que je ne connaitrais pas et qui avait grandi sans sa mère. Je déposai un baiser sur sa joue veloutée et l'admirai un instant, gravant ses traits dans ma mémoire.

- "Je t'aime Sara, ne m'oublie pas et n'oublie pas cela..."

Je l'embrassai de nouveau, les joues baignée de larmes sans même que je m'en rende compte.

Je rouvris les yeux, de nouveau dans la vallée et murmurai :

- "Merci."

Je pleurais toujours, mais je souriais pourtant. c'était un cadeau inestimable... J'étais prête à mourir.

Et à renaître.

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