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 Période post-Soledanienne...

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Anthea Glen'finnen
Innocente égarée - syndrome du moustique en pleine nuit
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MessageSujet: Période post-Soledanienne...   Sam 28 Mar - 14:51

Trois semaines… Cela faisait désormais trois longues et douloureuses semaines, que Sol avait abandonné Anthéa. Car pour la fillette, il ne pouvait s’agir d’autre chose en voyant celle à qui elle s’était tant attaché, fuir sans même un regard pour elle. La tristesse de Anthéa était grande, mais en même temps elle ressentait un profond sentiment de culpabilité… Culpabilité de ne pas avoir su être à la hauteur de sa petite maman, de ne pas avoir su répondre à ses attentes, de ne pas avoir su les anticiper même… La fillette en était intimement persuadée… Si Sol l’avait abandonnée, c’était entièrement de sa faute… Et cela ne faisait qu’amplifier et sa peine, et sa culpabilité qui ne trouvait nul réconfort parmi les humains qui l’entouraient. Bien au contraire, ceux-ci la regardait au mieux avec pitié, et au pire avec un dédain des plus complet. Dans son désarroi et sa peine incommensurable, Anthéa était un fardeau pour les survivants et une grande majorité d’entres eux ne se privaient pas de le lui rappeler régulièrement en la voyant terriblement apathique et perpétuellement recroquevillé sur elle-même avec Griffin comme seul compagnie. C’est pourquoi, afin de ne pas déranger plus encore les survivants qui ne montraient pour la plupart aucune compassion à son égard, Anthéa avait fini par descendre au sous-sol de la vieille bibliothèque afin de s’isoler… Là au moins, elle ne gênerait plus personne. D’ailleurs, ses régulières disparitions ne semblèrent nullement inquiéter qui que ce soit. C’était un peu comme si la fillette était devenue une ombre, un fantôme que l’on voyait parfois dans les couloirs du bâtiment délabré, et qui disparaissait sans que jamais personne ne s’en inquiète vraiment. De quelques heures, ces séjours au sous-sol étaient rapidement passé à des journées entières, et parfois même Anthéa y passait ses nuits, solitaire, avec comme seul compagnon Griffin et sa peur de cette avenir sans Soledad. Seul, les livres regroupé au sous-sol la tirait parfois de son état misérable. La lecture était un moyen d’évasion paraît-il… C’était vrai, mais paradoxalement il s’agissait d’une évasion bien cruelle lorsqu’il fallait revenir implacablement à la triste réalité qui était la sienne. Chaque retour paraissait creuser encore un peu plus profondément le trou dans lequel Anthéa s’enfonçait chaque jour, sombrant lentement mais sûrement dans une forme de dépression qui ne disait pas son nom.

Parfois, lorsque Anthéa se postait avec appréhension aux fenêtre de la vieille bibliothèque durant de longues heures avec l’espoir secret de voir revenir Sol comme si de rien n’était, elle pensait l’apercevoir furtivement… Un mouvement qui attirait son attention, un bruissement du au vent… Une lumière jouant avec les ombres, le bruit de la pluie tombant de manière incessante, qui parfois semblait avoir une intonation quelque peu différente… Anthéa ne sortait pas, Mary le lui avait formellement interdit. En effet, les ombres et les chimères avaient fait leur réapparition depuis quelque temps, et l’extérieur n’était malheureusement plus aussi sur qu’au début de la saison des pluies. Pourtant, à chaque signe que la fillette croyait voir, elle n’avait qu’une seule et unique envie… Celle de foncer en dehors du refuge humain, afin de vérifier si elle avait bien vu Sol. Mais elle avait promis à Mary de ne pas quitter la bibliothèque, et Anthéa tenait malheureusement toujours ses promesses. Son isolement par rapport aux autres survivants tenait, en outre, aussi au fait que ces dernier disaient du mal de Sol… Il prétendaient qu’elle était devenue un de ces monstres, une de ces choses qui leur voulait du mal… En entendant cela, Anthéa avait ressenti une grande colère en elle, car elle savait que Sol n’était pas un monstre en dépit des accusations mensongères des survivants. Même si la fillette devait bien admettre que la jeune femme avait changé, comme en témoignait les souvenirs qu’elle en avait gardé lors de sa fuite, cela n’en faisait pas un monstre pour autant. Les monstres s’en prenait aux gens, mais Sol, elle, ne lui avait pas fait de mal. D’ailleurs, elle ne s’était même pas senti en danger lorsque son regard sombre avait croisé celui plus écarlate de sa petite maman. Elle le savait, les gens se trompaient, il lui mentait… Sol n’était pas un monstre, elle était juste devenue… Différente, voilà tout.

Depuis le départ de la jeune femme, Anthéa avait donc commencé à sombrer dans une solitude malsaine facilité par le manque d’attention chronique que lui portaient les survivants. Ceux-ci ne pensait qu’à eux, ne remarquant même pas le fait que, peu à peu, la fillette avait cessé de se nourrir de manière convenable. Rapidement, ses repas, ou plutôt devrais-je dire son repas, unique et plus que frugal, se limita à peu de chose, bien trop peu pour que Anthéa puisse rester dans une forme digne de ce nom. Parfois même, ne mangeait-elle pas… De toute façon, qui cela inquiétait il.. ? Visiblement personne, vu le manque d’intérêt que suscita ses traits devenu très rapidement émacié. Son joli petit visage légèrement joufflu se creusa rapidement, salissant ainsi sa beauté particulière d’enfant femme pour ne plus en faire qu’une pathétique image de la petite fille que Anthéa était lorsque Sol ne l’avait pas encore abandonné. Certains dirons que trois semaines c’est bien trop court pour en arriver à un telle stade de délabrement physique et émotionnel, mais le désespoir avait bien souvent une terrible force d’impact qui, associé à une peine sans fond et un manque de nourriture, pouvait se révéler terriblement destructeur en un très court laps de temps.

Finalement, Anthéa, devenue quasiment l’ombre d’elle-même, ne vivait pratiquement plus que dans le sous-sol de la vieille bibliothèque avec pour seule compagnie Griffin et les nombreux livres que jamais personne ne venait lire. C’était en quelque sorte un exil volontaire, mais dicté par un impérieux et paradoxal sentiment de manque. Quoi qu’il en soit, plus les jours passaient et plus Anthéa s’affaiblissait aussi bien physiquement que moralement. Elle ne prenait même plus soin de se vêtir convenablement, délaissant son agréable apparence au profit d’une autre plus débraillé. C’est sans doute pourquoi, elle se mit à tousser de plus en plus régulièrement. Il ne faisait pas vraiment froid, mais le fond de l’air était très humides et le sous-sol était tout particulièrement propice au coup de froid et autres problèmes de santé. Mais Anthéa s’en moquait, puisque Sol l’avait abandonnée… Elle n’avait plus personne à qui plaire, à qui donner satisfaction… Finalement, l’avenir était devenu un mot vide de sens pour la fillette, surtout dans cet endroit ou son seul repère émotionnel l’avait fui sans l’ombre d’une hésitation. Ce jour là, comme chaque jour, Anthéa se trouvait donc au sous-sol du refuge des humains. La mine pâle et le regard éteint, elle s’était installé à même le sol contre une rangée de livres reposant sur son étagère. Grelotant sans même en avoir conscience, elle lisait un livre, un de plus… Lequel était-ce.. ? Ma foi, quelle importance cela pouvait-il avoir… Quel qu’il soit, il lui permettait d’oublier sa triste situation l’espace de quelques heures…

Seul Griffin paraissait demeurer fidèle à lui-même en dépit des conditions de vie difficile qui étaient les siennes… Finalement, peut-être que les peluches avaient la plus parfaite des vies dont on puissent rêver…
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Rage
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 30 Mar - 4:28

Trois semaines... C'était long, même pour une chimère. Trois semaines à errer dans la forêt, en quête d'un abri contre la pluie. Trois semaines à se terrer dans cet abri, à ne sortir que pour se nourrir, pour se guérir. Trois semaines où la douleur et la haine étaient devenues des sensations presque banales tant elles étaient habituelles à présent. Mais pendant ces trois semaines, Soledad ne s'était pas contentée de se terrer comme un animal blessé.
Cette période a suffit à lui donner un nom quand, poussée par la faim et la rage, elle se jetait sur l'humain qui avait eu le malheur de passer non loin de sa tanière. Elle avait besoin de chaire, de sang, de la vie d'un autre pour soigner ses blessures. Entre deux agressions, recroquevillée contre un arbre, elle geignait, grognait. Où était Anthea? Là où elle l'avait laissé, avec ceux qui désormais l'appelaient Rage, ceux pour qui elle était devenue un monstre.

Mais qui était réellement le monstre dans l'histoire? Combien de fois elle s'était approchée de la bibliothèque, hantant les limites entre le découvert et les ombres? Combien de fois elle avait aperçu, non loin d'une fenêtre, la silhouette frêle d'une fillette qui, seule, contemplait le dehors? Elle avait croisé son regard et, malgré la distance, sentait sa solitude. Qui étaient ces humains pour la dire monstre alors qu'eux-même étaient incapable de veiller sur une simple fillette? Rage ne s'éloignait plus vraiment. Les corps de ceux qui s'étaient autrefois prétendus ses amis lui avaient permis de récupérer de la force, de se guérir. Les fils de suture de l'ombre n'étaient plus. La cicatrice encore boursoufflée n'était pas visible sous les frusques qu'elle avait récupéré sur ces cadavres qu'elle avait elle-même déchiquetés. Elle était mieux, mais il lui manquait quelque chose, il lui manquait sa promesse.

Elle l'avait abandonnée. Pourquoi? Elle n'était plus trop sûre elle-même. A cause de son état? Un monstre blessé était incapable de protéger qui que ce soit. A cause des humains? Un monstre blessé se faisait vite achevés. L'auraient-ils achevée? Le souvenir des hommes armés la braquant sans même faire attention à Anthea qui était sur le chemin attisait sa colère. Sous la pluie, invisible dans le noir, Rage poussa un grondement sombre, grave. Ils ne seraient à rien, sauf à la nourrir. Ils ne savaient même pas veiller sur une enfant. Et elle? Elle se dégoûtait, sous la pluie, à hanter les environs dans l'espoir d'apercevoir à une fenêtre sa petite Anthea rongée par l'incompétence de toute cette panoplie d'humains de pacotille.

Elle n'avait même pas cherché à rejoindre ses semblables. Les chimères, comme les ombres, renaissaient peu à peu. Mais ils l'indifféraient. Tous, sauf celui qu'elle s'obstinait à garder en mémoire, celui qui lui avait dit de fuir, le seul qui a eut la présence d'esprit d'essayer de protéger Anthea, même d'elle. Celui qui a eu du bon sens. Vincent n'avait pas sa place parmi les humains. Les meilleurs étaient donc voués à rejoindre le clan des défunts. Rage commença à se déplacer, ses prunelles luisantes dans l'obscurité. Elle longea les restes du théâtre, et s'approcha de la bibliothèque, avec prudence, avec soin, loin de l'entrée principale, là où des prétentieux armés osaient croire qu'ils montaient la garde.

Mais Soledad connaissait la bibliothèque. Elle passa par un autre accès, là où une petite fenêtre fermait mal, à raz du sol boueux, donnant sur une réserve de vêtement. Elle se coula à plat ventre sur le sol, glissa dans un silence rendu parfait par le martèlement de la pluie, et bascula dans la pièce, avec un rictus de douleur. La cicatrice était encore pénible. Les mains grippée au rebord, elle pivota lentement, en suspens, chacun de ses muscles œuvrant pour qu'elle puisse atterrir à croupi sur le sol humide. COuverte de boue, Soledad ne bougea plus, guettant. Pas de bruit, pour le moment. Elle ôta ses vêtements couverts de saletés, s'essuya avec une chemise qui avait connu des jours meilleurs, et se servit sans la moindre gêne. Un pantalon sec, couleur kaki, une paire de grosses bottes d'une taille de trop, comblée par d'épais chaussons, un son ancien soutient-gorge sportif, celui qu'elle portait quand elle était arrivlée. Disparue depuis trois semaines et ses affaires avaient déjà rejoint les stock des héritages abandonnés. Ce fut le tour ensuite d'un t-shirt aux manches déchirées, puis d'un pull qu'elle attrappa. A peine sa tête avait émergé du col qu'elle se figea. Elle entendait des pas.

En silence, elle se rapprocha de la porte, guettant le son. Des pas petits, légers, des pas d'enfant. Anthea. Avait-elle le droit de se faire remarquer? Rage se laissa glisser au sol, dos contre la porte, un bras replié contre sa cicatrice. Elle écouta. Du bruit de papier, des livres sans doute. Et une toux, qui n'existait pas quand elle était partie. Personne ne songeait même à soigner Anthea? La chimère serra les dents, sans oser bouger. Que fera la fillette si elle venait à l'apercevoir? Hurlerait-elle? Partirait-elle en courant? Essaierait-elle de la frapper avec ses maigres forces? Peu importe, elle devait la voir, vérifier son état, lui trouver des médicaments et... L'emporter loin d'ici? Personne ne savait veiller sur elle. depuis combien de temps Anthea était descendue à présent? Une heure? Plus encore? Soledad n'avait pas bouger, écoutant la respiration de la fillette. Personne ne descendait pour s'enquérir de la fillette. Elle ne devait pas rester ici. Mais écoutera-t-elle sa maman interim devenue monstre sanguinaire?

Rage se leva, lentement, ouvrit la porte, toujours sans un bruit, s'extirpa dans cet étroit couloir qui donnait sur la réserve de livres. Elle s'avança, murmurant à peine, d'une voix devenue rauque et brisée par les jours de silence et de grognements.

"Anthea..."

L'entendrait-elle?
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Anthea Glen'finnen
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 30 Mar - 13:18

La critique de la raison pure… C’était là tout un programme, même si Anthéa ne comprenait pas vraiment l’idée même de ce livre qu’elle parcourait de son regard toujours aussi curieux en dépit d’une certaine difficulté à se concentrer comme elle le faisait d’habitude en lisant un livre. Certes, le sujet était plutôt ardu pour une petite fille de douze ans, mais après tout elle allait bientôt en avoir treize… Enfin, peut-être… Il était en effet, assez malaisé de juger du temps passé sur Hollow Dream… Les jours, cela pouvait encore aller, mais cela se compliquait lorsque l’on parlait de semaine, et que dire lorsque l’on commençait à évoquer les mois. Pourtant, Anthéa en était certaine, Il y avait eu plusieurs mois de passé depuis son arrivé dans cette vallée, même si la nature quelque peu étrange et capricieuse de la météo locale faussait sans l’ombre d’un doute les tentative de calcul temporel. Pourtant, cela ne lui paraissait pas avoir été si long en réalité. Il était vrai que tant que Soledad était à ses côté, le temps lui importait peu. Il n’y avait rien de plus important que la jeune femme à ses yeux à ce moment là… A ce moment là… Mais ce moment là, précisément, était mort et enterré depuis qu’elle avait choisi de l’abandonner au refuge. Ce qui minait le plus la fillette, c’était sans doute l’absence de raison. Bien entendu, elle avait du faire quelque chose de mal, ou bien encore Soledad attendait-elle quelque de sa part une chose que malheureusement elle n’avait pas su comprendre à temps. Quoi qu’il en soit, la jeune femme l’avait rejeté et sans doute déjà oubliée, même si de son côté elle ne pouvait se résoudre à faire de même en dépit de la souffrance qui était devenue la sienne aujourd’hui.

Dans sa solitude, la notion de temps lui apparut alors comme un monstre des plus angoissant. De jour comme de nuit, il ne lui laissait aucun répit. Il la hantait durant ses longues heures de sommeil qui ne voulaient pas venir à elle, durant lesquelles Anthéa se perdait dans la contemplation du plafond délabré de la vieille bibliothèque. Dans un coin du sous-sol, elle avait patiemment entassé des tas de livres en trop mauvais état pour être lu, soit brûlé, soit gravement touché par l’humidité. Telle une Anthéa Croft débrouillarde et astucieuse, elle les avait étalé de manière à former une petite estrade d’une vingtaine de centimètres plus ou moins de sa taille, qu’elle avait recouvert d’une large toile trouvé par hasard dans la réserve de vêtements. Elle s’était d’ailleurs demandé à qui avait bien pu appartenir ce genre de choses, mais en l’absence de réponse Anthéa abandonna très vite cette interrogation. Cette toile, elle l’avait déposé tel un drap sur la pile de livre, et en avait glissé les bords sous le poids des ouvrages de papier afin qu’elle se maintienne en place. La fillette avait ensuite pris quelques chiffons inutilisable en tant que vêtements qu’elle fourra dans un vieux blouson d’été en tissu fin et assez doux, dont elle obstrua le col et la taille à l’aide de deux ceintures, elles aussi trouvé dans la réserve de vêtements. Il y avait bien eu des regards curieux et interrogateurs lors de ses allées et venues dans la réserve, comme si elle faisait quelque chose de mal… Craignaient-ils que Anthéa ne s’amuse avec les vêtements.. ? Mais elle vivait ici elle aussi, alors elle avait parfaitement le droit de se servir comme tous le monde. Une fois son oreiller de fortune fait, Anthéa l’avait déposé sur la pile de livre recouverte de la toile, et ainsi se fit-elle un lit afin de dormir quelques fois au sous-sol lorsque l’envie de remonter parmi les autres lui manquait… En très peu de temps, ce quelques fois devint définitif, et le sous-sol empli de livre devint le décor familier des nuits difficiles de la fillette.

La critique de la raison pure… Anthéa ne comprenait absolument rien à ce livre, même si parfois elle entrevoyait une lueur de compréhension qui se voyait malheureusement balayé des la page suivante. Dans un soupir las, elle se demanda si Sol comprendrait ce livre elle… La fillette en était persuadée, car Sol était très intelligente. Elle était secouriste après tout, et pour faire ce métier il fallait apprendre des tas de choses difficile afin de sauver des gens. La pensée de sa maman chocolat attrista quelque peu Anthéa, qui clôt brièvement ses yeux sombres à l’éclat devenues terne. Elle sentit une fois de plus les larmes lui venir, mais pourtant elle résista courageusement en attrapant Griffin et en le serrant très fort contre sa poitrine. C’est alors qu’un bruit lui parvint aux oreilles… Un bruit.. ? Pas vraiment, plutôt une voix… Une voix grave, presque guttural, qui semblait avoir prononcé son prénom. Pourtant, elle n’en était pas certaine. Cela n’avait pas durée plus d’une seconde, et le mal de tête qui lui était apparu depuis qu’elle avait commencé à tousser, lui faisait parfois entendre des choses qui finalement n’était pas ce qu’elle pensait. Peut-être qu’elle était fatigué… Encore… Elle ne cessait d’être fatigué depuis quelques jours à vrai dire, c’était aussi une des raisons qui l’avait décidé à ne plus vraiment quitter le sous-sol pour autre chose que sa maigre pitance à peine cuisiné. Anthéa songea alors à aller s’allonger un peu, comme elle le faisait de plus en plus régulièrement durant la journée. Elle s’endormait bien souvent avec un livre à la main, ce dernier finissant généralement au sol très rapidement après qu’elle se soit allongée.

Pourtant, elle ne fit pas cela… Tout au moins, pas dans l’immédiat. Se relevant doucement, pour ne pas dire lascivement, Anthéa referma l’œuvre de Kant et la déposa sur une table toute proche avant de se diriger en direction de l’endroit ou il lui semblait avoir entendu son prénom. Il fallait qu’elle vérifie si elle n’avait pas imaginé tout cela, et si jamais il s’agissait d’un survivant la fillette ne voulait pas qu’il entre ici… C’était son coin à elle, elle ne voulait y voir personne plus que de raison. Lorsque Anthéa arriva près de l’entrée de la pièce, elle aperçu alors une forme indistincte dans le couloir qui paraissait vouloir se dissimuler dans l’ombre. Intrigué et un peu craintif, elle demanda :

‘’qui est là.. ?’’

Tout en forçant son étreinte sur Griffin afin de se donner du courage, comme à son habitude. Elle attendit une réponse qui tarda à venir, en dépit du fait qu’elle vit de manière fugace la forme inconnue se mouvoir dans l’obscurité. Anthéa commença alors à ressentir un curieux sentiment… Même si les survivants ne s’intéressaient pas à elle, au moins lui répondaient-ils lorsqu’elle leur parlait… Et puis cette voix étrange… Elle ne la connaissait pas, et elle était vraiment étrange… On aurait presque dit que… Les yeux de Anthéa s’écarquillèrent alors vivement, et sans même réfléchir elle fit volte face et couru vers l’intérieur de la pièce. Elle s’imagina le pire des scénarios… Un monstre était parvenu à entrer dans la bibliothèque, et il était tombé sur elle… Elle ne savait pas vraiment quoi faire, car c’était la première fois depuis son arrivée qu’elle voyait vraiment un monstre… Et en plus, il n’y avait personne pour la protéger… Sol… Pourquoi l’avait-elle abandonnée…

Cependant, la fillette entendait bien montrer à ce monstre qu’elle n’allait pas se laisser faire. Elle chercha du regard quelque chose pouvant lui servir à se défendre, et elle tomba finalement sur une énorme encyclopédie de plusieurs centaines de pages qui paraissait avoir vécue une vie bien trépidante pour un ouvrage aussi solennel. Se précipitant dans sa direction, Anthéa déposa rapidement Griffin sur l’étagère, et arracha l’encyclopédie de celle-ci, juste avant que le poids de l’ouvrage ne l’attire désespérément vers le bas. On parlait souvent du poids des mots, mais en l’occurrence c’était surtout la constatation de la grande faiblesse physique qui était devenue celle de la fillette, depuis qu’elle s’était laissé aller à ne plus vraiment faire d’effort pour, finalement, survivre. Pourtant, elle ne comptait pas se laisser manger comme ça, ce monstre allait voir ce qu’il allait voir… Avec effort, Anthéa fit remonter l’encyclopédie contre sa poitrine et se retourna afin de faire face à la pièce vide…

‘’Je suis armée…’’ s’écria-t-elle alors de sa petite vois douce mais fatigué ‘’tu ferais mieux de partir avant de ne plus pouvoir le faire.’’

Vaine menace sans doute, face à un monstre… Mais Anthéa ne manquait pas de courage, c’était un fait certain… Et puis avec un peu de chance, le monstre n’aurait pas envie de prendre le risque de s’approcher, de peur de se prendre un violent coup… D’encyclopédie en pleine figure.. ?
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Rage
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 30 Mar - 21:50

Que lisait-elle exactement? Ce n'était pas important. Tout ce qu'elle voyait, c'était ce teint cireux, ces traits tirés. Elle devrait être emitoufflée dans une couverture à se reposer paisiblement près d'un feu au lieu de se retrouver seule dans cette cave humide. Dieu seul pouvait savoir tout ce qu'on pouvait trouver comme infection, virus et autres maladies dans cette ambiance proche du moisi. Pourquoi personne ne venait la chercher? Rage n'entendait pas le moindre pas. Aucune présence proche de l'escalier.
En avançant, elle découvrit l'étrange montage de la fillette. Ce lit improvisé, cet oreiller de fortune. Se pouvait-elle qu'elle dorme ici? Elle ne devait pas, c'était malsain, sinistre, inadapté à une fillette de douze ans, quand bien même elle approchait les treize. Elle ne devait pas dormir ici. Quelle personne censée laisserait une enfant vivre dans ce genre d'endroit? Pourtant, le montage avait l'air d'avoir été utilisé. Serait-ce l'explication au fait que Rage peinait de plus en plus à apercevoir Anthea aux fenêtres de la bibliothèque?

Elle l'avait entendue. Rage se figea, observant les gestes de la fillette comme un médecin l'aurait fait avec un patient. Quelle misère. Tant de lassitude dans le corps d'une enfant si jeune. Elle lui semblait tout à coup chétive, au bord de la rupture. Même pas de sursaut, à croire que la cave humide était finalement devenu son lieu de prédilection, à croire que rien ne pourrait vraiment la surprendre dans un endroit qui pourtant effrayait la plupart des enfants. Elle la vit s'approcher dans l'obscurité. Rage recula d'un pas, hésitante, se fondant d'autant mieux dans l'ombre. Elle n'avait pas reconnu sa voix, ce qui au final n'avait rien de surprenant.

Elle sentit quelque chose proche de la peur. Le geste de la fillette sur sa peluche qu'elle serra d'autant plus ne lui cachait rien de l'effet que sa présence pouvait évoquer à Anthea. Non, pas sa présence, mais celle d'un monstre, C'était ce qu'elle était, dans cette obscurité qui la dissimulait en bonne partie. Soledad ne pu que faire un pas en avant, compensant son recul précédent, alors que la fillette filait à toute jambe pour abandonner sa peluche et... Elle prenait quoi au juste? C'était lourd. Trop pour elle. Mais ça n'avait l'air que d'un livre pourtant. Elle vit Anthea attirée vers le bas par le poids de l'ouvrage. Avait-elle perdue tant de forces que ça?
Sa menace l'aurait probablement fait rire en d'autres circonstances. Quelle idée de se battre avec une chose si difficile à manipuler? Mais elle n'avait pas perdu sa combattivité, ce qui en un sens rassura Soledad.

"Anthea..."

Un nouvel appel franchit ses lèvres. La voix toujours brisée. Elle ne pouvait pas rester dans l'ombre. Alors elle s'avança, doucement. Elle ne voulait pas effrayer la fillette, surtout pas. Pourquoi d'ailleurs n'appelait-elle pas à l'aide? Avait-elle si bien retenue ces paroles qu'elle avait prononcée autrefois sur la confiance à accorder aux autres? La chimère quitta l'ombre. Dans la semi-lumière, elle n'avait pas grand chose de rassurant. Mais malgré le rouge de ses iris, chacun de ses traits ne trahissait que son inquiétude. Inquiétude vis-à-vis de l'état d'Anthea, de sa réaction face à elle. Inquiétude de la voir se faire du mal par la peur qu'elle devait lui inspirer.

"Je ne veux pas te faire du mal. Surtout pas."

Un pas de plus en avant, et elle se baisse, lentement, s'accroupit, un main se déposant contre le sol humide de la cave. Elle ne veut pas lui faire du mal. Elle a déjà l'air si mal. Mais elle lui laissait toutes les cartes. Elle pouvait se faire frapper, elle ne cherchait même pas à s'interposer entre la fillette et les escaliers menant à l'étage. Tout était, comme l'encyclopédie, entre les mains de la fillette.
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Anthea Glen'finnen
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mar 31 Mar - 13:10

Replié auprès d’une table recouverte de livres en tous genres qui lui ferait office de munitions pour le cas ou le monstre s’enhardirait après avoir reçu la lourde encyclopédie en pleine figure, Anthéa attendait bravement ce dernier en dépit du fait que sa seule et unique envie était de partir d’ici le plus rapidement possible. Mais le monstre lui barrait la route de l’escalier menant à l’étage, l’empêchant ainsi de fuir. A un moment, la fillette songea à appeler à l’aide. Le problème, était que le fait de voir quelqu’un venir à son secours n’était pas certain. Après tout, personne ne se souciait d’elle plus que ce que la politesse exigeait, et sans doute la plupart oubliaient-ils sa présence dans la bibliothèque tant qu’il ne l’avait pas directement sous les yeux. Finalement, Soledad avait raison concernant les survivants… Chacun ne pensait que à eux-mêmes… Alors, elle avait décidé de se débrouiller toute seule et de faire face courageusement à ce monstre qui avait réussi à pénétrer dans la bibliothèque, soulignant ainsi l’inutilité des gardes posté à l’entrée de cette dernière. Anthéa ne pensait pas au fait qu’elle allait le vaincre, ou bien encore se faire tuer ? Non, tout ce qu’elle savait c’était qu’elle allait faire de son mieux, comme Sol… Même si cette dernière n’était plus là pour le voir… Malheureusement…

Alors, il paru… Calme, se déplaçant lentement, sans doute conscient qu’elle ne pouvait fuir hors de ce sous-sol éclairé par la lueur de quelques bougies disséminées ici et là. Tout en reculant quelque peu de manière instinctive, Anthéa eu un curieux ressenti en le voyant. Elle avait le sentiment de l’avoir déjà vu, mais sans vraiment pouvoir se rappeler ou exactement. Puis, son prénom résonna une fois de plus dans la demi pénombre glaciale de la pièce. La fillette fut intrigué par ce fait… Comment un monstre pouvait-il la connaître.. ? Elle n’en avait encore jamais vu, et elle n’était jamais sortie de la bibliothèque sans Soledad… Peut-être, avait-il entendu son prénom en les espionnant… Oui, Anthéa avait déjà vu des documentaire animaliers, ou certains animaux observaient longuement leurs proies avant de leur fondre dessus tels des faucheurs armés de griffes et de crocs. Il s’agissait sûrement de ça, il ne pouvait pas y avoir d’autre solution. Son attention fut ensuite attiré par le regard écarlate qui la fixait sans sourciller… Ce regard étrange mais non dénué d’une certaine beauté… Elle l’avait déjà vu… Et ce monstre avait l’air tellement triste, que Anthéa en eu presque de la peine… De nouveau, il lui adressa la parole. Ce ne furent pourtant pas des mots menaçants du genre ‘’tu vas mourir’’ ou bien encore ‘’je vais te manger’’, mais simplement un avertissement, celui de ne pas avoir peur… De lui.. ?

Quelque peu perdu par ce comportement peu orthodoxe pour un monstre, Anthéa s’interrogea sur le pourquoi de ce comportement. Il s’agissait peut-être d’une ruse, peut-être voulait-il la rassurer afin qu’elle ne soit plus sur ses garde, pour pouvoir l’attaquer sans qu’elle ne puisse crier et ainsi alerter les autres humains dans les étages… Le monstre fit un pas de plus en direction de la fillette qui tenta avec difficulté de soulever sa volumineuse encyclopédie pour lui envoyer en pleine figure, et il commença lentement à s’affaisser pour finir accroupi sur le sol avec une main à plat tendu en avant afin de garder un certain équilibre. Il resta là, immobile devant Anthéa, qui ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait. Il y eu un long moment de silence, ou chacun jaugea l’autre du regard… Le prédateur et sa proie… Un moment d’éternité, dans l’éphémère de l’instant présent… Intriguée, Anthéa plongea profondément son regard dans celui de la créature prostrée devant elle en une attitude de soumission étonnante, et soudain un nom lui échappa…

‘’Sol.. ?’’

La fillette ne pouvait le croire… Elle ne voulait y croire…

‘’Sol.. ? C’est bien toi.. ? ’’

Son petit cœur triste et détruit pas l’abandon dont elle avait fait l’objet se mit à battre de plus en plus rapidement, tandis que son cerveau tournait à plein régime sans vraiment pouvoir contrôler ses pensées actuelles. D’ailleurs, elle ne savait même plus quoi penser… Et puis, après de longues secondes d’incertitude, des larmes commencèrent à couler de ses yeux sombres et légèrement vitreux, tandis que ses bras se délièrent lentement, laissant ainsi la lourde encyclopédie chuter sue le sol dans un bruit fracassant. Anthéa demeura interdite, ne sachant trop comment réagir… Sol l’avait abandonnée, et pourtant elle était là, juste devant elle, même si elle avait assurément changé… La fillette se sentit presque partir, les jambes flageolantes et les lèvres crispés tandis que son cœur battait de plus en plus fort à chaque instant.

‘’Sol…’’

Répéta-t-elle encore une fois, avant de fondre véritablement en larme et de se précipiter, sans l’ombre d’une hésitation au cou de Soledad qu’elle fit chanceler de son équilibre précaire, sous la violence de son assaut affectif. Enserrant cette dernière comme un trésor duquel on ne souhaitait plus être séparer, Anthéa continua de pleurer à chaude larmes tout en disant :

‘’Pourquoi tu es partie Sol, pourquoi tu m’as laissée toute seule ici… Je te déteste, je te déteste, je te déteste…’’

Lui cria-t-elle entre deux reniflements larvés, sans réelle conviction dans la voix étranglé par les sanglots dont on ne pouvait deviner s’ils étaient de peine ou bien de joie. Anthéa serra encore un peu plus ses bras autour du cou de Sol, et lui dit encore d’une petite voix timide encore sanglotante :

‘’Ne me laisse plus Sol s’il te plait, ne me laisse plus… Je m’excuse si j’ai fait quelque chose de mal, si je t’ai déçue… Je ferais tout ce que tu voudras, tout… Mais ne m’abandonne plus s’il te plait Sol…’’

Puis Anthéa se tut, laissant finalement son émotion prendre le pas sur sa raison, tandis que son étreinte , à la fois tendre et dévorante, augmentait de seconde en seconde…
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Rage
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Jeu 2 Avr - 22:33

Soledad allait-elle avoir l'insigne honneur d'admirer de très près cette version de l'encyclopédie? Elle aurait pu. Pourtant elle n'avait pas vraiment peur de ce genre de scénario. Si être reconnue lui valait un pavé dans les gencives, ce n'était pas trop cher payé après son départ précipité de la bibliothèque. Dire qu'elle avait longtemps hésité avant de revenir. La crainte de se laisser submerger par la haine, d'agir en monstre assoiffé de sang, de mettre en pièce tout ce qui pourrait passer à portée de crocs ou de griffes lui semblait tellement envahissante que pendant un instant, très bref, elle hésita à faire demi-tour et fuir à nouveau. Et si elle devenait incontrôlable? Pourtant rien ne changeait.

Peut-être était-ce la présence de la fillette? La seule chose qu'elle ressentait était du regret et une inquiétude sans nom pour l'état physique d'Anthea. Elle lui faisait peur, elle en avait parfaitement conscience. Anthea reculait. quelle autre réaction pourrait avoir une personne normalement constituée devant ce qu'était devenu Soledad? Sans doute aurait-elle dû crier. Mais le pouvait-elle? Elle l'avait entendue tousser, dans quelle mesure avait-elle pu attraper une saleté dans l'humidité de cette cave? La chimère n'osa rien prononcer de plus. Tout allait se jouer dans les instants qui allaient suivre. Soit Anthea appelait à l'aide et elle s'en irait, ne voulant en aucun cas nuire à la fillette, soit... Soit quoi? Que pouvait-elle espérer au juste?

Simplement un nom. Elle releva un peu plus la tête à l'appellation de son nom, celui que plus personne ne devait probablement prononcer dans la bibliothèque. Celui de celle qu'elle avait été autrefois. Un nom humain, tellement éloigné de ce qu'elle était aujourd'hui, et tellement proche de ce qu'elle voudrait rester pour Anthea. Et elle répéta son prénom. Sans encore savoir ce que son apparition pouvait susciter comme ressenti, elle ne pu que hocher la tête en réponse. Si elle restait Sol, ce n'était que pour Anthea et personne d'autre. Pourquoi commençait-elle à pleurer? Ce n'était surement pas la réaction qu'elle voulait provoquer. Elle ne voulait pas faire pleurer la fillette, surtout pas. Pourtant...

Elle la laissa se précipiter sur elle, manquant de basculer, alors que ses bras se resserraient avec force et paradoxalement avec douceur autour du corps de la fillette. Une de ses mains remonta dans le dos de la fillette, glissant dans ses cheveux, inclinant sa propre tête sur celle de la fillette. Ses reproches étaient criants de vérités, et faisaient l'effet d'un coup de poignard en plein coeur. Oui, elle l'avait abandonnée, elle avait de quoi la détester. Mais elle sentait sous ces paroles plus de souffrance que de colère. Soledad ne pourrait qu'imaginer à quel point son départ avait fait du mal à Anthea. La voix brisée murmura à peine, contre l'oreille d'Anthea.

"Je suis tellement désolée... Je ne savais pas quoi faire d'autre pour te protéger."

L'emmener alors qu'elle était blessée? Elle n'aurait pas pu protéger la fillette, ni la nourrir convenablement. Rester? Elle se serait faite tuer par les humains. Elle morte, qui tiendrait la promesse qu'elle avait faite à Anthea? revenir plus tôt? Rien que l'étreinte de la fillette lui rappelait douloureusement la cicatrice qui lui parcourait une bonne partie du torse sous son pull et son t-shirt. Instinctivement, elle maintint son étreinte, se laissant glisser assise sur le sol pour mieux tenir la fillette contre elle, comme pour la bercer.

"Tu n'as rien fait de mal. Jamais. Je ne voulais pas t'abandonner. Je ne t'abandonnerai plus, promis."

C'était devenu comme une prière qu'elle marmonnait, sans même être certaine de prononcer convenablement ses syllabes. Mais elle fut bien forcée de faire cesser cette étreinte. Non pas pour se séparer de la fillette, mais pour voir son visage qu'elle prit entre ses mains, essuyant du bout des doigts quelques larmes pour ensuite écarter quelques mèches de cheveux.

"Pourquoi n'ont-ils pas veillé sur toi? Tu tousse, j'ai entendu. Comment tu te sens? Su as mal quelque part?"

Sol, maman par interim, de retour à son poste.


Dernière édition par Rage le Lun 6 Avr - 0:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Ven 3 Avr - 13:13

Rapidement, la colère sourde de Anthéa à l’égard de Soledad se mua en un besoin pressant et impérieux de la ressentir au plus profond de son être. Que ce soit les bras de la jeune femme devenue plus fort, plus solide, qui lui entourèrent le torse avec une tendresse égale à celle de ses souvenirs… Cette main curieusement plus chaude que à l’accoutumée qui lui parcourait ses long cheveux sombre, visiblement peu soigné depuis le départ de Sol… Ces mots rassurants, en dépit d’une voix déformé, avaient pour la fillette un parfum de bonheur dont nul ne pouvait douter… Tout cela, envahit les sens de Anthéa tel le flux dévastateur d’un raz-de-marée. Elle ne pouvait plus dire un seul mot, tant son émotion était grandissante au fur et à mesure qu’elle réalisait ce qui était en train de se passer… Sol… Sa Sol à elle, était revenue.. Pour elle…

Les survivants n’avaient cesser de lui dire que la jeune femme était devenue un monstre, que désormais elle était leur ennemi et que si jamais elle la croisait à nouveau, alors Anthéa serait tué des mains même de celle qui avait pris soin d’elle avec tant d’amour. Mais pas un seul instant, la fillette n’avait cru à ce qu’elle considérait comme des absurdités, ce que d’ailleurs elle avait bien fait comprendre à ces sales menteurs d’adultes. Elle connaissait Sol elle, elle savait que jamais elle ne lui ferait de mal… C’était d’ailleurs en grande partie un sujet qui était la cause de son isolement et de son désintérêt de la part des survivants, ceux-ci considérant sans doute que Anthéa était irrécupérable, et qu’il valait mieux la laisser dans son coin se bercer de ses illusions. Ceci étant dit, la fillette le leur rendait bien en se moquant totalement de ce qu’il disait de mal sur Sol, et n’hésitant jamais à défendre celle-ci lorsque des propos médisants était prononcé sur son compte… Pour Anthéa, les monstres c’était eux, pas la jeune femme. De toute manière, personne ne connaissait Sol à part elle, c’était certain.

Mais ce qui rendit la fillette plus heureuse encore que la présence de celle à qui elle s’était tant attaché, ce fut cette nouvelle promesse qui la combla plus que tout autre chose au monde. Elle ne l’abandonnerait plus… Jamais plus, elle venait de lui promettre, et Sol avait toujours tenu ses promesses. Cela suffit à Anthéa pour sentir renaître en elle cette envie indestructible de continuer en dépit des difficultés, en dépit des dangers… Des monstres, de la vallée… Se confortant encore un peu plus contre cette présence plus forte encore que dans ses souvenirs, Anthéa se laissa, pour la première fois depuis trois longues semaines, s’abandonner à ne plus penser à rien. Elle était à nouveau dans les bras de sa petite maman, et peu importe ce quelle était aux yeux des autres… Pour elle, elle restait encore et toujours la Sol aimante et attentionnée à son égard, qu’elle avait été avant tout cela.

A regret, Anthéa finit cependant par se voir séparer de Sol par la décision de celle-ci. Une séparation regrettée, mais très vite oubliée lorsque la jeune femme lui caressa délicatement le regard de ses doigts tendres afin d’essuyer ses larmes tièdes Ce fut ensuite au tour de quelques-unes de ses longues mèches devenues rebelles de se voir écarter afin que son visage apparaisse sans voile aux yeux de la chimère attentionnée, et, consciente du délabrement de son apparence physique, la fillette dit, afin de s’excuser plus ou moins de ce qu’elle n’aurait jamais négliger si Sol était resté avec elle au lieu de fuir…

‘’Si j’avais su que tu reviendrais, je me serais fait belle Sol… Rien que pour toi…’’

Son regard croisa celui de sa protectrice, et un sourire timide et quelque peu gêné illumina alors son visage pourtant bien terne. Un éclat fugace réapparut dans son regard, mais qui disparut assez rapidement. L’esprit était là et bien là, mais le corps, lui, ne pouvait malheureusement pas suivre en l’état actuel des choses. Machinalement, Anthéa réajusta son pull légèrement décentré, et tira son pantalon lui tombant sur les hanches, vers le haut. Elle tenta ensuite de rentrer son maillot dans le dit pantalon, alors que celui-ci flottait littéralement au vent et laissait passer le moindre souffle d’air froid et humide. La chaleur des mains de Soledad était rassurante… Bienveillante…

‘’Tu es très jolie Sol…’’

Lui dit-elle encore, sans l’ombre d’un mensonge dans la voix. L’apparence de Soledad pouvait sans doute effrayer quiconque ne la connaissait pas, mais pour la fillette c’était tout autre chose. Loin du monstre sanguinaire, elle voyait Sol… Son regard rougeoyant ne parvenait pas à dissimuler cette tendresse à son égard, et Anthéa soutenait ce dernier sans sourciller, sans la moindre crainte dans son propre regard. A travers ces traits devenus plus féroces, plus sauvages, elle voyait… Sol, tout simplement… Déposant ses petites mains fragiles et glacé, et encore tremblotante d’émotion sur celle de la jeune femme qui lui enserrait le visage, elle répondit alors à ses interrogations d’une petite voix…

‘’Je vais bien Sol, ne t’en fais pas… Je suis forte, tu sais…’’

dit-elle, avant qu’une quinte de toux ne vienne démentir son propos qu’elle s’empressa de justifier de manière maladroite.

‘’J’ai du prendre froid, ce n’est pas bien grave tu sais… Cela va guérir tout seul, ne t’en fais pas.’’

Un mensonge éhonté s’il en était, tant la fillette ressentait chaque jour la fatigue et la lassitude s’appesantir sur ses frêles épaules. Son mal de tête récurrent l’obligeant à dormir durant la journée ne cessait de gagner en puissance, et la chaleur qui habitait son front ne pouvait en rien dissimuler l’aspect néfaste de sa santé. Ne souhaitant cependant pas s’alanguir sur le sujet, Anthéa enchaîna rapidement sur la suite :

‘’Les autres et moi on s’est fâché Sol… Ils disent du mal de toi, ils disent que tu es un monstre, et que tu veux nous tuer maintenant. Alors je leur ai dit que c’était faux, que même si tu avais changé, tu n’étais pas un monstre et que jamais tu ne me ferais de mal. Mais ce sont tous des idiots, ils ne m’ont pas cru… Alors, on s’est fâché… De toute façon, je n’ai pas besoin d’eux tu sais… Et même s’ils ne le disent pas, je suis sur qu’ils sont content de ne pas avoir à s’occuper de moi, c’est sur… Mais tu vas prendre froid à rester assise par terre Sol, viens plutôt t’asseoir sur mon lit, tu seras mieux…’’

Conclu Anthéa, en tentant d’entraîner Sol en direction de son lit de fortune qui portait les stigmates d’une utilisation malheureusement plus que régulière…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 6 Avr - 0:36

Personne même n'avait veillé au besoins primaires d'une enfant. Les cheveux en bataille, le teint pâle, peut-être même qu'Anthea ne mangeait que parce qu'elle allait prendre sa part de nourriture. Il y avait assez de survivants pourtant! Assez pour que l'une de ces larves traînant confortablement dans la bibliothèque se décide à prendre un minimum de responsabilités. Mais non. Elle aurait dû revenir plus tôt. Anthea n'était pas en sécurité ici. Pas du tout. Et ils croyaient encre avec certitude que Soledad était la seule vraie menace d'Anthea. Quelle naïveté! Maintenant elle comprenait enfin la haine de ceux qu'elle considérait elle aussi comme des monstres. Elle ne devait plus l'abandonner. Plus jamais. Plus jusqu'à-ce qu'elle trouve un moyen de ramener la fillette à sa mère légitime. Celle qui, bien qu'elle soit humaine, avait veillé sur sa fillette. Ou avait-elle échoué? Après tout, elle était ici au lieu d'être chez elle. Un accident... Mais au moins, elle était nourrie, logée, aimée, pas comme dans cette maudite bibliothèque où s'entassaient des gens qui, obnubilés par leur propre bien-être ne veillaient même pas sur une enfant. Peut-être que la vallée aimait transformer les gens biens en monstres pour mieux laisser les plus indignes vivre. Et dire que c'était une ombre qui avaient empêcher des humains de l'abattre elle, et qui avait cherché à protéger la fillette. Vincent était-il revenu à sa nature première? Probablement. Il aurait veillé sur Anthea, lui.

La remarque qu'elle lui prononça fit apparaître un sourire mélancolique sur les lèvres de la chimère. Anthea se serait faite belle, mais à quoi bon? Elle était magnifique comme ça. Malgré son état, malgré sa fatigue, elle restait la plus belle chose qui puisse exister au sein de la vallée. Même malgré la durée limitée de cet éclat qu'elle avait eu dans le regard. Dire que si elle n'avait pas été blessée, Anthea n'aurait jamais eu à vivre ça. Mais en même temps, Soledad était devenue plus forte, plus résistante, plus efficace pour veiller sur elle. Maintenant, elle pourrait l'emmener loin de tout ça, loin de ces humains incompétents. C'était un mal pour un bien. Le mort ne lui allait pas si mal que ça finalement.
Anthea aussi était forte, à sa manière. Mais en l'état actuel des choses, ses paroles parurent bien erronées. Elle pensait vraiment lui faire croire à un simple coup de froid? Elle la sentait brûler sous ses doigts.

Alors c'était pour ça qu'ils ne s'occupaient pas d'elle? parce que Sol était devenue un monstre? et pourquoi ils devaient essayer priver Anthea d'espoir? N'auraient-ils pas dû au contraire la soutenir malgré tout? La laisser croire? En plus ils avaient eu tort. Leurs propos n'avaient fait que causer du tort à la fillette. Pourtant, chacun d'entre eux savaient qu'ici, le désespoir pouvait tuer. Des assassins, voilà ce qu'ils étaient. Mais Soledad ne se laissa pas entraîner. Au contraire, elle était maintenant agenouillée au sol, retenant la fillette par le bras.

"Anthea... Ils ont raison. Je suis un monstre, pour eux. Parce que tu as raison, ce sont des idiots. Ils auraient dû s'occuper de toi. Au lieu de ça, tu es malade. J'aurais dû t'emmener avec moi quand je suis partie. Je suis tellement désolée."

Et c'était encore trop faible. Même blessée, elle aurait probablement pu faire mieux qu'eux. Même blessée, Anthea aurait été mieux avec elle qu'isolée. Elle n'avait que sa peluche, ce qui certes est un bon réconfort pour un enfant, mais ne suffisait de loin pas à son bien-être.

"Anthea... Écoutes-moi attentivement. Je sais que ce que je vais te demander c'est difficile. Mais je voudrais que tu remonte dans la bibliothèque, et que tu ailles chercher des médicaments. Il faudrait, si tu trouve, des choses pour guérir les coups de froids, ou pour calmer la toux. Tu pourrais faire ça?"

Il fallait qu'au moins elle essaie de la soigner un peu. Monter elle-même était sa première pensée. Mais si quelqu'un la voyait, ça allait déclencher une crise pas possible. Elle n'arriverait peut-être même pas à prendre quoi que ce soit pour Anthea. Il fallait que la fillette le fasse.
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Anthea Glen'finnen
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 6 Avr - 13:18

‘’Non Sol, je t’assures… Je vais bien…’’

Nia encore Anthéa en secouant la tête de gauche à droite, comme pour ne pas ajouter de soucis à celle qui était finalement revenue vers elle. C’était une chance inespérée à laquelle la fillette ne croyait plus vraiment en dépit du fait qu’elle continuait de penser que la jeune femme n’était pas un monstre, mais maintenant que Sol était de nouveau avec elle il était hors de question de lui donner la moindre raison de repartir. Comme pour appuyer son propos, la fillette lui sourit avec une intensité sans doute trop soutenue pour être véritablement honnête. Ses joues rougies et son front brûlant la trahissait au premier regard, en dépit de toute sa volonté de paraître en pleine forme. D’ailleurs, et en dépit des épreuves, Griffin paraissait sans doute bien plus en forme que sa jeune maîtresse. Lorsque Sol s’excusa de ne pas l’avoir emmener avec elle, Anthéa se pencha légèrement vers la chimère et lui murmura de sa petite voix :

‘’Ce n’est pas grave Sol… Je ne t’en veux pas… Tu es revenue maintenant, c’est tout ce qui compte pour moi…’’


Juste avant de lui faire un tendre bisou sur la joue. Quoi que les survivants en disent… Quoi que Sol elle-même en dise… Anthéa en été persuadée… Sa petite maman avait changée, mais elle n’était pas un monstre… Elle était Sol, encore et toujours, et tant pis si les autres étaient assez idiot pour ne pas s’en rendre compte. Une quinte de toux vint soudain troubler ce paisible moment. Une fois… Deux fois… Anthéa mit rapidement sa main devant sa bouche afin de ne pas postillonner sur le visage de Sol, tout en se détournant brièvement de celle-ci. La fillette se maudissait intérieurement d’être aussi faible devant sa maman chocolat et, dans un effort intense elle retint ses quintes en elle, ce qui lui causa une violente douleur dans la poitrine qu’elle ne pu dissimuler que à moitié au regard devenu aiguisé de Sol. Toutefois, encore peu au courant des réelles capacités physiques et sensorielles des chimères, Anthéa tenta aussitôt de se reprendre et afficha un visage paisible afin de ne rien laisser paraître de cette douleur. Le regard vitreux de la fillette trahissait pourtant son état aussi sûrement que une pancarte sur sa poitrine, avec écrit dessus ‘’malade’’ en lettres rouges. Lorsque Sol lui demanda de remonter dans les étages et de lui ramener des médicaments, Anthéa exprima un regard inquiet…

‘’Tu es malade Sol.. ?’’

Lui demanda-t-elle avec un soupçon de fragilité apeurée dans la voix. C’était normal après tout, cela faisait trois longues semaines que sa petite maman vivait dehors, sous la pluie qui ne cessait de tomber depuis la fin de l’hiver. Oubliant son propre état, la fillette porta une main au front de Soledad et ressentit une grande chaleur l’envahir. C’était sans doute une température inhérente à toute chimère, une chaleur corporelle qui leur était habituelle… Une chose impossible à savoir pour Anthéa, les chimères n’étant pas légion dans le monde d’ou elle venait et n’ayant jamais eu l’occasion, ou la malchance, d’en croiser une dans la vallée. Cette fois-ci, elle força Sol à venir s’installer sur son lit de fortune de tous ses petits muscles fatigués en lui disant :

‘’Repose toi Sol, je vais aller te chercher de quoi te soigner, ne t’en fais pas… Tu reste ici, promis.. ? Tu ne pars pas… Ne t’en fais pas, personne ne viens jamais au sous-sol, tu seras tranquille pendant que je vais te chercher des médicaments.’’

Puis Anthéa s’éloigna de quelques pas en direction de l’escalier menant à l’étage, mais elle stoppa net presque aussitôt et se retourna en direction de Sol vers qui elles se dirigea afin de lui murmurer au creux de l’oreille ‘’Je t’aime Sol…’’ avant de lui faire à nouveau un bisou tendre sur la joue. Ensuite seulement, Anthéa pressa le pas et disparu rapidement dans l’escalier ou résonna ses petits pas empressé, laissant seul Soledad assise sur le lit au matelas gorgé de culture…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 6 Avr - 14:16

Anthea aurait dû suivre quelques leçons de théâtre. Son discours n'avait rien de convaincant, bien au contraire. Elle manquait cruellement de crédibilité. Sans sourciller, Soledad plongea son regard inquiet dans celui vitreux de la fillette. Elle était dans un tel état que pendant un instant, elle cru que, sous les quintes de toux, elle allait tourner de l'oeil. Ses mains s'étaient resserrées sur les bras d'Anthea, toujours sans faire mal, ne serait-ce que pour s'assurer qu'elle ne chute pas. Soledad devrait pourtant se sentir un minimum rassurée d'entendre la fillette lui dire qu'elle ne lui en voulait pas, mais son état était tel qu'elle ne pourrait s'en satisfaire. Tout ça, au final, c'était sa faute. Si elle ne l'avait pas abandonnée, elle ne serait pas tombée malade dans l'indifférence générale. Soledad lui aurait trouvé un abri, loin du froid et de l'humidité. Contrairement à ceux qui ne se posaient même pas la question de la santé d'Anthea alors qu'elle errait depuis assez longtemps dans cette cave pour avoir eu le temps de s'y faire une chambre.

Préférant ne pas fatiguer plus que de raison Anthea, Soledad se décida à se laisser mener jusqu'au lit de fortune. Non, elle n'était pas malade, mais elle ne chercha pas à nier. Elle restait blessée, mais cette évidence ne lui passait même pas par la tête. Pendant un instant, il valait peut-être mieux que la fillette la croit malade pour qu'elle aille sans hésiter faire ce que Soledad lui avait demandé. Elle s'assit, non sans se faire violence pour éviter de retenir une nouvelle fois Anthea entre ses bras. En rien elle ne quittait la fillette des yeux, traquant le moindre symptôme. Au moins elle savait de quel genre de toux il s'agissait. Mais aurait-elle de quoi soigner sa petite Anthea? Elle n'osa rien dire, de peur qu'un mot mal placé puisse retenir la fillette. Il fallait qu'elle fasse ce qu'elle lui avait demandé de faire. Et quand elle s'arrêta près des escaliers, Soledad eut un nouvel élan d'inquiétudes. Mais à défaut d'un malaise, Anthea revint sur ses pas pour lui murmurer sa tendresse au creux de l'oreille. Les mots furent aussi surprenants que troublants. Tant de douceur chez une enfant était digne d'un miracle. Pourquoi personne d'autre ne voyait ça? Soledad n'eut qu'un faible gémissement incertain, murmurant ces mêmes paroles en retour, mais Anthea avait déjà disparu à l'étage.

Ne pouvant tenir en place, Soledad se releva et commença à fouiller sans grand ménagement. Elle devait trouver un truc, n'importe quoi, parlant de médecine. Ou de plantes. Même s'il y avait des médicaments pour traiter la maladie d'Anthea, il n'y en aura peut-être pas pour établir un traitement efficace. Il fallait qu'elle trouve autre chose avec les moyens du bord. Son regard rouge tomba sur une couverture usée affichant le titre "traité pratique d'herboristerie". Si Soledad avait un jour été croyante, elle aurait remercié le ciel en cet instant. Elle ramassa l'ouvrage déjà bien éprouvé par l'humidité et commença à le feuilleté fébrilement. Il faudrait des herbes anti-tussives, et aussi des plantes pouvant servir d'antibiotiques. Les mots cherchés apparurent sous ses yeux, mais il lui faudrait prendre la peine de lire tout ça plus attentivement.

Soledad finit par se figer dans son geste. Son ouïe était devenue nettement plus acérée qu'autrefois et elle entendait des pas d'adultes passer devant la porte de la bibliothèque. Mais non, personne ne descendait. Anthea n'allait plus tarder, normalement. A moins qu'un humain réalise subitement son incompétence et décide de prendre en charge la fillette au passage, ce dont elle doutait fortement. Assise à même le sol, malgré l'humidité, Soledad survola la table des matière et continua à jeter des regards ça et là sur les différents ouvrages à portée de vue, histoire de voir si un autre titre utile lui passait sous les yeux. Mais elle ne remarqua rien de marquant pour le moment. A défaut, elle revint feuilleter son butin. Ce n'est que quand elle entendit à nouveau les pas dans les escaliers qu'elle se releva, refermant le livre, guettant le retour de la fillette.
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Anthea Glen'finnen
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 6 Avr - 21:50

Tout à son excitation dissimulée du retour de Sol, mais mâtinée de l’inquiétude de la savoir malade à cause de tout ce temps passé à l’extérieur de la bibliothèque, Anthéa gravit les marches de l’escalier menant au rez-de-chaussée avec une rapidité mesurée. En effet, elle songea qu’il ne fallait pas, aujourd’hui plus que tout autre jour, attirer l’attention sur ses activités personnelles. Elle savait que si les survivants apprenaient la présence de Sol dans la réserve de livres, ils voudraient lui faire du mal… De cela, il n’était absolument pas question et la fillette se promit d’empêcher quiconque de le faire, même si pour cela elle devait leur faire du mal à eux. Une fois en haut des escaliers, elle regarda aux alentour afin de vérifier si il y avait quelqu’un. A sa grande satisfaction, il n’y avait personne… Comme bien souvent cela dit, sachant pertinemment que jamais quiconque ne venait dans cette partie de la bibliothèque ou il n’y avait rien de bien utile aux humains pour leur survie. Il était dit que la culture survivait aux civilisations, mais il semblait que, à l’inverse, la civilisation se passait assez aisément de la culture… Anthéa aurait sans doute trouvé ce constat bien triste, si cette pensée lui avait traversé l’esprit…

Rassurée, elle commença à se diriger vers les zones de vies que l’on qualifierait de plus vivante. Anthéa pénétra dans la salle commune, ou la plupart des survivants se trouvaient généralement. C’était là ou la flamme de la vie, ou propre comme au figuré, brûlait. La cheminée était toujours encombré de gens, que ce soit pour quelques instants ou bien pour quelques heures… Si la pluie avait remplacée la neige, l’humidité avait aussi pris la place du froid mordant et glacial, ce qui en dépit d’une évidente relativisation du dit froid, ne l’avait cependant nullement fait disparaître en ce bâtiment délabré ou les courants d’air étaient aussi nombreux que le nombre de rame de métro dans une métropole telle que Tokyo. C’est pourquoi, l’âtre continuait de brûler encore et encore, même si son intensité avait cependant bien diminué par rapport à la saison de l’hiver qui venait de s’achever quelques temps plus tôt. Anthéa ne savait pas si elle était la seule, mais la notion de temps sur une longue période lui échappait un peu dans la vallée. Les jours, elle pouvait les compter… Les semaines, aussi… Mais des que l’on en arrivait à compter en mois, cela se compliquait singulièrement pour elle. Dans cette pièce, chacun s’activait à une occupation… Ou pas… Là ou certains passaient le temps avec une certaine intelligence, d’autre en revanche se contentait de rester bêtement à contempler la source de vie qui vacillait régulièrement au gré des déplacements dans la pièce. Anthéa aussi, aimait regarder le feu de la sorte. Sans trop pouvoir l’expliquer elle trouvait quelque chose d’hypnotisant dans ce spectacle ou on pouvait ressentir une forme d’essence vitale primaire. La fillette comprenait pourquoi on le comparait souvent avec la vie d’ailleurs. Tout comme elle, le feu naissait… D’étincelle, il devenait flammèche… De flammèche ils se transformait ensuite en flamme, pour enfin devenir âtre… Il pouvait aussi devenir brasier, illuminer l’obscurité la plus sombre, tout comme Soledad avait illuminée la l’existence de Anthéa dans la vallée… Mais tout comme la vie, le feu finissait toujours par se consumer, après avoir décliné doucement mais sûrement, au même titre que l’âge faisait vaciller peu à peu l’espérance de vie de tous mortels…

Mais pour le moment, la fillette n’avait pas le temps de flâner de la sorte, et après avoir été très brièvement remarquée par quelques-uns, elle se désintéressa de la salle commune qu’elle quitta aussi silencieusement qu’elle y était arrivée. Ses pas la menèrent tout naturellement vers l’étage, ou se trouvait la plupart des choses importantes. Elles avaient été entreposé ici pour plus de sécurité, et aussi afin de réserver le rez-de-chaussée à la vie communautaire. Anthéa monta les marches une à une, accompagnant son avancée d’une succession de petits toussotements. Nettement moins occupé que l’endroit d’ou elle venait, l’étage lui permettait une discrétion plus grande ? Car bien que nul ne s’intéressait à elle habituellement, il en allait toutefois différemment lorsque Anthéa emportait quelque chose avec elle. La fillette avait d’ailleurs toujours le sentiment de devoir se justifier lorsqu’elle prenait quelque chose dans les réserves, un peu comme si le fait d’être une enfant mettait, en quelque sorte, le probe sur la nécessité de son emprunt. Pourtant, jamais elle ne prenait ce qui ne lui était pas utile. Elle savait que les choses ne pouvaient pas être racheté lorsqu’elles manquaient, alors Anthéa faisait attention à ce sujet. Mais comme toujours, les enfants étaient suspect en cas de pénurie, et la fillette trouvait cela absolument injuste. D’autant plus que étant la seule enfant parmi les humains, elle voyait ainsi focalisé sur elle l’attention des adultes dont certains se montraient parfois suspicieux plus que de raison à son égard. Mais Anthéa s’en moquait bien… Après tout, elle aussi vivait ici, alors elle avait les mêmes droits que les adultes puisqu’elle avait aussi les mêmes obligations liées à la survie du groupe.

Arrivée enfin à la réserve contenant tout ce qui se rapportait à la santé, Anthéa commença à farfouiller dans tous les médicaments présent. Ne sachant pas vraiment quoi chercher, elle commença à lire les prescriptions inscrites sur les étiquettes, ou bien encore sur les boites pour les médicaments en ayant encore une. Elle se concentra sur les mots tel que toux, mal de gorge, états grippaux… Anthéa s’était toujours demandé d’ou pouvaient bien venir ces médicaments. Il n’y avait pas de pharmacie dans la vallée à sa connaissance, et elle ne croyait pas vraiment que les gens qui tombaient dans le coma avaient des médicaments aussi divers et éphémère sur eux, que tous ceux que les humains avaient emmagasinés. Qu’importe… Rassemblant aussi bien des sirops que des comprimés ou bien encore des sachets de poudre sélectionnés selon sa méthodologie, la fillette enveloppa son butin dans son pull qu’elle avait ôté afin de pouvoir transporter tous ces médicaments de la manière la plus discrète qui soit. Ce faisant elle se retrouva en tee-shirt à manche courte avec une large aération sur le bas côté, et un frisson s’empara de son petit corps fiévreux en dépit de la grande chaleur qu’elle ressentait de puis quelques jours. Mais c’était pour apporter de quoi soigner Sol, alors cela ne la dérangeait pas d’avoir un peu plus froid encore.

En redescendant au rez-de-chaussée, Anthéa eu l’idée de faire un détour par la cuisine avant de rejoindre enfin le sous-sol. Elle se disait que dehors, Sol n’avait pas du toujours manger, et que souvent cela n’avait pas du être très bon. Comble de chance, la cuisine était vide… La fillette déposa son pull sur une table, et commença à rassembler quelques petites choses sur un plateau… Des morceaux de viande froide… Il fallait toujours manger de la viande lorsque l’on était malade, cela donnait des forces… et sans vergogne, la fillette fit main basse sur une soupe qui était en train de refroidir, et ou baignait différents légumes. C’était peu, mais elle savait que avec les médicaments elle ne pouvait pas en porter plus. Mais de toute façon elle remonterait si Sol avait encore faim ; ce n’était pas un problème pour elle… L’important, c’était que sa petite maman guérisse au plus vite. Après avoir adjoint des couverts sur le plateau, Anthéa entreprit ensuite de porter et le plateau de nourriture, et son pull roulé en boule afin de pouvoir contenir tous les médicaments, en une plus que hasardeuse tentative d’équilibre des plus précaire.

Le chemin du retour fut assez long et périlleux. Plusieurs fois, Anthéa avait du stopper sa marche afin de prendre appui sur le mur pour reprendre prise sur son encombrant fardeau. La descente des escaliers du sous-sol fut encore plus lente, sa vision en étant plus ou moins diminuée par sa charge. Mais au final, Anthéa revint dans la réserve de livres sans encombre.

‘’C’est moi Sol, n’ai pas peur…’’

Avertit-elle la jeune femme, pour qu’elle ne s’enfuit pas en s’imaginant avoir affaire à un autre survivant. Anthéa parcourut les derniers mètres la séparant de son lit de fortune un peu plus rapidement, et après avoir mis en sécurité son encombrant bagage elle regarda Sol avec un sourire et lui dit dans un toussotement impromptu :

‘’J’ai essayé de trouver de quoi bien te soigner Sol, et je t’ai aussi amener de quoi manger… Tu a du avoir faim dehors, je suis sur que tu n’a presque pas mangé…’’

Anthéa invita alors Sol à la rejoindre sur son lit, prête à prendre soin d’elle au même titre que elle-même l’avait fait à son arrivée…
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Rage
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mar 7 Avr - 21:49

Oui, c'était Anthea. Les pas étaient lents. Était-elle si chargée que ça? Le livre qu'elle avait refermé pendouillait au bout de son bras. Elle ne s'avança pas vraiment, restant toujours dans l'ombre, des fois que la descente de la fillette attirerait l'attention. Mieux valait qu'on ne les voie pas ensemble, pour Anteha. Du moins tant qu'elle était à la bibliothèque, il valait mieux qu'on ne la voit pas traîner à proximité du monstre qu'était devenu Soledad. Mais elle l'aperçut enfin, apparaissant au bas des escaliers. Soledad resta toujours immobile. Les paroles de la fillette avaient confirmer la sécurité de son retour. Personne. Vérification faîte, Soledad sorti de l'ombre, déposant sur une étagère le livre qu'elle avait prit.

Et non, comme elle l'avait supposé, personne n'avait non plus arrêté la fillette. A l'odeur, elle constata même qu'elle avait pris de la nourriture. Ce constat qui en un sens devait la rassuré la navra encore plus. Peut-être que, malgré tout, elle aurait voulu donné encore une chance aux humains de prouver qu'ils pouvaient être autre chose que du vulgaire bétail. Mais non. Elle faisait bien de s'en nourrir. Dans son estomac, au moins, ils servaient à quelque chose.

Soledad se mit en mouvement pour rejoindre la fillette, posant un regard curieux sur le butin trouvé. Il y avait de la nourriture... Des médicaments... Peut-être de quoi soigner correctement Anthea. Elle s'approcha jusqu'au bord du lit et, machinalement, déroula le pull pour en sortir les médicaments qu'elle redéposa sur la plateau, pour mieux pouvoir ré-enfiler le pull à la fillette. Elle devait être congelée avec juste un t-shirt à manches courtes. Sans même attendre d'opposition de la part de la fillette, dès fois qu'elle n'aurait pas voulu remettre son haut, elle lui passa la tête à travers le col.

"Anthea... Je ne suis pas malade. Et je n'ai pas faim non plus. Tu sais, j'ai pu manger même hors de la bibliothèque."

Il fallait avant tout rassurer Anthea. Après tout, Soledad n'avait plus grand chose à craindre des maladies qui touchaient aux humains à présent.

"Tu sais, maintenant, je suis plus résistante et plus forte qu'un humain. Alors tu n'as pas à t'inquiéter. Mais toi, tu es brûlante de fièvre. Alors je voudrais que tu manges et que tu te repose maintenant. On va pouvoir te soigner. Il faut que tu ailles mieux, c'est le plus important. Parce que si tu ne vas pas bien, je n'irai pas bien non plus. D'accord?"

Il fallait qu'elle comprenne. Mais pour être certaine qu'elle ne s dérobe pas d'une pirouette et d'un sourire, Soledad glissa délicatement un bras sous les jambes d'Anthea pour les poser sur le lit, qu'elle puisse s'installer un minimum confortablement, pour ensuite revenir aux médicaments qu'elle commença à détailler avec plus d'attention, s'attardant aussi sur les dates de péremption quand elles étaient lisibles. C'est-à-dire pas beaucoup. elle prit la boîte de comprimés entre ses doigts, observant ce qui était compréhensible. Pour la fillette, il faudrait la moitié d'un comprimé à la fois. La poudre... Elle aura besoin d'eau chaude pour ça, mais c'était envisageable. Le sirop... Voilà qui pourrait servir. Grâce à ça, Anthea pourra calmer sa toux et mieux se reposer. Elle vérifia tout de même que le produit s'appliquait au type de toux de la fillette puis elle déboucha le flacon, humant un instant le parfum. Elle fronça le nez, ça sentait fort pour son odorat. En faisant attention de ne pas en mettre partout, elle rempli une partie du bouchon qu'elle déposa ensuite sur le plateau. D'abord, manger un peu.
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Anthea Glen'finnen
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mer 8 Avr - 12:56

La fillette se laissa faire sans dire un seul mot, lorsque Sol lui remit son pull. Dans une pensée joyeuse elle se disait que c’était bien que la jeune femme soit de retour, et que de la voir ainsi s’occuper d’elle était très agréable… C’était… Comme avant… Pour lui faciliter la tâche, Anthéa leva les bras afin de les glisser dans les manches du dit pull, et se tortilla légèrement afin de faciliter le glissement du vêtement de laine sur son corps. Un sourire silencieux, mais qui en disait en réalité très long, se dessina alors sur ses lèvres tandis qu’elle regardait Sol la rhabiller. Elle la regarda ensuite s’intéresser aux médicaments qu’elle avait ramené de la réserve, et se dit en son for intérieur qu’elle avait du souffrir, toute seule dehors par ce temps de chien. Mais la réaction de la jeune femme la surpris… Pas malade.. ? Pas faim.. ? Anthéa protesta :

‘’Mais tu as du manger des choses pas bonnes dehors Sol… Et puis il pleut, cela devait être tout mouillé, et puis…’’

La fillette fut soudain plongé dans une grande réflexion, cherchant des arguments pour convaincre Sol de manger. Malheureusement, ces derniers ne voulurent pas apparaître à son esprit, la laissant ainsi sans possibilité de contrer les arguments de sa petite maman. Lorsque celle-ci lui dit qu’elle avait de la fièvre, Anthéa porta une main à son front. C’était vrai, elle avait un peu chaud, mais de la fièvre.. ? Elle était juste fatigué, rien de plus… Mais si Sol trouvait qu’elle était malade, alors elle prendrait soin d’elle… Et elle resterait à ses côtés pour ça…

‘’d’accord Sol… Je ferais tout ce que tu voudras…’’

Lui dit-elle finalement tandis que la jeune femme l’obligea avec délicatesse à s’installer entièrement sur son lit de fortune. La fillette sourit… Après tout, c’était bien d’être malade… Et puis si cela aidait Sol à se sentir bien… Anthea attrapa les couverts, et commença à manger. Elle débuta par la viande froide, ce qui n’était sans doute pas vraiment conseillé dans son état. Elle alterna ensuite avec la soupe et ses légumes, qui contrebalançaient par leur tiédeur cette dernière. Anthéa mangea, de bon cœur bien que l’appétit ne lui venait pas vraiment à cause de son état. Mais elle se força un peu, afin de faire plaisir à Sol qui la regardait de son regard écarlate. C’était un peu déroutant, mais peu à peu Anthéa s’habituait à ce dernier. Elle le trouvait même plutôt joli, puisque c’était celui de Sol et non pas celui d’un monstre. Bien qu’elle n’en dise mot, on pouvait voir son visage s’illuminer doucement mais sûrement, tandis qu’elle continuait de manger. Plus qu’un véritable bonheur, la présence revenue de Sol était un véritable bienfait pour Anthéa. Tout en mâchonnant un morceau de viande un peu trop sec, la fillette dit en s’adressant à Sol :

‘’Il va falloir te faire un lit, mais ne t’inquiète pas, je t’en ferais un avec des livres… C’est un peu dur, mais on s’habitue, ne t’en fais pas… Et puis, ce sera bien mieux que dehors, tu verras. Je t’apporterais des couvertures pour que tu n’ai pas froid… J’ai une meilleure idée tiens… On va plutôt agrandir mon lit et comme ça on pourra dormir toutes les deux ensemble… Ce sera bien, non.. ?’’

Dit Anthéa en avalant une bonne cuillerée de soupe, tandis que son regard se remplissant d’entrain fixait Sol. Car bien évidemment, elle allait rester ici, il était hors de question qu’elle la laisse retourner dehors, dans le froid et sous la pluie. Elle ne le pouvait pas, et surtout, ne le voulait pas…

‘’Ne t’inquiète pas Sol, je ferais en sorte que personne ne vienne au sous-sol, c’est promis… Tu seras en sécurité ici, je te protègerai.’’


Ajouta-t-elle toute joyeuse… Finalement, à quelques changements près tout allait redevenir comme avant pour Sol et elle…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mer 8 Avr - 22:22

Brave petite. Elle était mieux ainsi, du moins Soledad voulait s'en convaincre. Elle savait qu'Anthea serait tout de même mieux dans un vrai lit, dans une vrai maison, avec un bon chauffage, des vêtements en bon état et surtout dans une civilisation où les médecins et les pharmaciens poussaient partout comme de la mauvaise herbe. Ici... C'était un brusque retour à un passé qu'elle n'avait jamais connu de son vivant. Comment diable faisaient les gens de l'époque? A oui, ils pondaient des enfants à tour de bras car seul une poignée atteignait l'âge adulte. Dire qu'elle savait d'avance qu'elle ne retrouverait jamais le confort d'une salle de bain parfaitement équipée, ou encore la climatisation, ou encore... Pourtant, ça ne lui faisait ni chaud ni froid en un sens. Mais à ses yeux, un petit bout d'humaine avait besoin de ses choses pour être en pleine santé. Et ici, dans cette cave où la moisissure rongeait les murs, elle ne voyait qu'un avenir atrocement limités.

Les maigres protestations de la fillette n'eurent comme première réponse qu'un sourire un peu incertain, navré peut-être? Oh si, ce qu'elle a mangé, c'était si bon. Elle y avait prit goût, à ce sang humain, à cette chaire, à tout ce qui pourtant l'aurait révulsée quelques mois plus tôt. Mais à ce stade, l'humain moyen n'était devenu que du bétail. Si elle avait pu dépecer du lapin sans le moindre problème pour se nourrir dans ses débuts à Hollow Dream, à présent, elle faisait du même avec des proies plus conséquentes, ne serait-ce que pour suivre ce que réclamait son corps. Mais il lui en faudrait encore. La cicatrice envahissante sous son haut était encore régulièrement douloureuse. Après tout, la mort n'est pas vraiment quelque chose de très facile à soigner. Contrairement à la toux d'Anthea qui, elle l'espérait, serait traitée à temps.

L'acceptation d'Anthea à faire ce qu'elle lui dirait la rassura, et elle fit un large sourire de satisfaction, le premier depuis un bon moment. Sa main se tendit, effleura la joue de la fillette. Maintenant elle pouvait voir plus loin, par delà la maladie de la petite demoiselle qui mangeait comme elle le lui avait demandé. Anthea paraissait... Mieux. Ou peut-être n'était-ce qu'une impression. Mais elle était certaine que ça ne pourrait que mieux aller à partir de maintenant. Puis le sujet d'un lit vint sur le tapis. Ah ouais, il lui faudrait expliquer encore deux ou trois petites choses à Anthea. Soledad poussa un soupire en détournant les yeux. Vivre ici, dans un sous-sol humide. C'était peut-être mieux que ses abris précaires, mais niveau sécurité, c'était douteux. Et pas uniquement pour elle. Que pourraient bien faire subir ces survivants à Anthea s'ils découvraient qu'elle cachait un monstre dans la bibliothèque?

"J'ai confiance en toi... Mais je ne peux pas rester ici. Si quelqu'un découvre quoi que ce soit, ils te feront du mal, et je ne peux pas le tolérer. Alors il me faudra repartir."

Elle ne pouvait pas rester. C'était une évidence. Même si elle ne pouvait réellement tourner le dos à la bibliothèque pour le précieux trésor qu'elle renfermait à ses yeux, Soledad ne pouvait pas y rester. Elle n'avait pas sa place. Pire encore, sa présence pourrait avoir des conséquences néfastes. Mais il fallait qu'elle soit clair sur un point, avant qu'Anthea ne se fasse du soucis.

"Mais je ne t'abandonnerai pas. Je ne pourrais pas rester ici, mais je resterai toujours tout près. Et je viendrai tous les jours te voir."

Est-ce que ça suffirait pour rassurer Anthea? Bonne question. DU mois elle l'espérait.
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Jeu 9 Avr - 14:26

Bien que peu désireuse de le faire, Anthéa mangeait avec plus ou moins de cœur sous le regard bienveillant de sol. La fillette était ravie… Ravie de cette situation qui faisait d’elle une petite chose fragile dont il fallait prendre soin, ravie de savoir Sol de nouveau à ses côtés, ravie de pouvoir à nouveau se réfugier dans ses bras, lorsque le froid ou la peur l’envahirait à nouveau… Pourtant, à un moment donné, quelque chose vint briser ce tableau idyllique aux yeux de Anthéa. Sol détourna brièvement le regard, ce qui n’échappa pas à la fillette qui ne pu s’empêcher de s’interroger. Cette attitude, elle la connaissait bien… Très bien même… Tellement bien, que elle-même l’employait souvent lorsqu’elle n’osait pas dire quelque chose. Pourtant, Soledad pouvait lui dire tout ce qu’elle voulait, Anthéa ne lui en voudrait pas. Comment le pourrait-elle d’ailleurs, alors que en dépit du danger elle avait choisi de revenir auprès d’elle…

… Et puis, le couperet tant redouté depuis quelques secondes par Anthéa tomba. Aussi vif et tranchant qu’une guillotine sur le cou d’un condamné, ses paroles, ö combien cruelles au cœur de la fillette, sonnèrent comme une implacable condamnation à son petit cœur qui avait recommencé à battre au rythme d’un bonheur tombé en sommeil depuis trois longues et interminables semaines. Elle voulait repartir… La laisser seule à nouveau… En dépit des arguments de Sol, sans l’ombre d’un doute judicieux, Anthéa ne parvenait pas à les accepter. Elle lui disait que si elle restait et que les survivants le découvraient, alors il lui ferait du mal. Mais si Sol repartait encore, elle aussi ferait du mal à la fillette, qui laissa en suspend sa cuillère rempli de soupe. Elle lui promis de revenir tous les jours, mais Anthéa ne voulait pas ça… Non… Ce qu’elle voulait, sans doute de manière égoïste et typiquement enfantine, c’était que Sol reste avec elle, tout le temps. Elle ne voulait pas qu’elle vienne seulement lui rendre visite, fut-ce tous les jours. Elle la voulait à ses côtés comme avant, s’endormir dans ses bras chaque soir… Se réveiller au creux chaleureux et très rassurant de ces bras au goût si doux, chaque matin… Sa main tremblotante se crispa légèrement sur sa cuillère, qui finit finalement pas reprendre sa route en direction de la bouche de la fillette…

‘’D’accord Sol…’’

Répondit laconiquement Anthéa d’une voix éteinte après avoir avaler sa cuillérée de soupe, tout en fixant d’un air absent son assiette. Elle en avala encore une cuillère… Puis une seconde… Et enfin une troisième, le tout dans un silence glacial. La joie qui avait semblé l’envahir à nouveau s’éteignit doucement mais sûrement, et dans un geste las Anthéa déposa sa cuillère sur le plateau et repoussa ce dernier sur le côté en disant tout simplement :

‘’Je n’ai plus faim…’’

Son regard perdue ne se tourna pourtant pas en direction de Sol, comme il l’aurait fait habituellement. Anthéa commença à jouer machinalement avec ses mains, sans vraiment trop réfléchir à ce qu’elle faisait, dardant son regard pensif sur ces dernières. La fillette se disait qu’elle avait été idiote… Idiote de croire que Sol, qui l’avait abandonnée une fois, reviendrait pour s’occuper d’elle. Certes, certes, elle était en effet bien revenu, mais pas pour elle, tout au moins pas tout à fait… Elle était revenu pour prendre soin d’elle, mais… De loin, et uniquement pour quelques heures par jours… Le regard toujours absent et détourné de sa petite maman, Anthéa lui demanda d’un air faussement détaché :

‘’J’espère que tu as trouvé un bon abri Sol… Et bien protégé de nous, les humains…’’


Nous… Les humains… Anthéa se demanda si le fait que Sol ne veuille pas rester avec elle n’avait, en fin de compte, pas un rapport avec cet état de fait. Elle n’était plus vraiment humaine, mais la fillette si. Peut-être alors, que Sol voulait bien lui accorder un peu de son temps, mais ne pas prendre entièrement en charge une humaine… Anthéa avait entendu parler de quelques monstres qui étaient des enfants. Ils étaient très rare, mais ils existaient paraît-il… Le regard de Anthéa s’assombrit dangereusement, lorsqu’elle songea que sans doute Sol préférait une petite fille monstre au lieu d’une petite fille humaine. Peut-être même, qu’elle s’occupait déjà de l’un de ces rare enfants monstres, et que elle-même n’était devenu rien de plus qu’un substitut lorsque Sol s’ennuyait… De bien néfastes pensées, qui minèrent encore un peu plus le moral abattu de Anthéa qui tentait pourtant de faire bonne figure devant Sol. Car après tout, si la jeune femme ne l’aimait plus vraiment parce qu’elle était humaine, elle en revanche n’avait pas changé de sentiment à son égard.

Anthéa soupira doucement, un soupir las et pesant, puis elle se jeta avec douceur contre le ventre de Sol ou sa tête se lova tendrement tandis que ses bras enlacèrent sa taille en une fragilité certaine.

‘’Tu sais Sol…. Tu n’as pas besoin de venir tous les jours si tu ne te sens pas en sécurité, je comprendrais… Et puis s’il y a vraiment des enfants monstres, je suis sur que eux aussi ont besoin que l’on s’occupe d’eux. Ils ont de la chance de t’avoir…’’


Lui dit-elle dans un chuchotement audible, à mi chemin entre la vérité et le mensonge. Même si ce n’était pas ce qui la rendrait heureuse, après tout… Une moitié de maman, c’était toujours mieux que de ne pas avoir de maman du tout…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mar 14 Avr - 0:26

Le tremblement, aussi infime soit-il, n'échappa pas à Soledad. Ce n'était pas ce que voulait la fillette. Elle le savait pourtant. Mais que pouvait-elle faire d'autre? Bien sûr, l'idée de la prendre avec elle avait été dominante ces derniers jours. L'enlever à ces humains incompétents, la garder avec elle, en sécurité. Mais... Anthéa était une petite fille, il pleuvait à verse dehors, et l'humidité couplé à l'isolement la rendait malade. Elle ne pouvait pas la prendre avec elle, pas maintenant. En l'emmenant, elle ne pourrait que la condamner. Juste la condamner. Et en faisant ça, elle briserait la promesse la plus importante qu'elle ait jamais faite. La seule qu'elle pouvait encore tenir. La seule qui l'obligeait encore à ne pas entièrement céder à cette bestialité si attrayante.
L'absence de faim d'Anthea fut un nouveau coup pour Soledad, la confortant dans son sentiment d'impuissance qui l'enrageait tant. Sans elle, Anthea allait dépérir. Elle le savait, c'était une évidence. Et pourtant... Pourtant l'emmener avec elle en l'état pourrait la tuer. Cette horrible dualité la taraudait horriblement. Son regard se perdit un instant au loin, elle se mordillait la lèvre inférieure, cherchant une alternative à cette situation. Elle ne devait pas en rester là, pour Anthea comme pour elle.

Elle devenait distante, lointaine, perdant ce début de bonheur que Soledad avait aperçu dans son regard un peu plus tôt. C'était le troisième coup, violent, qu'elle reçu de plein fouet. Ses prunelles animales se relevèrent pour croiser celui éloigné de la fillette, mais ses paroles lui paraissaient lointaines, tellement lointaines. Jusqu'à-ce qu'Anthea en vienne à s'assimiler aux humains. Non, elle n'était pas comme eux. Anthea était différente, tellement plus importante, tellement plus prometteuse. Plus que ce semblant de prise de parti, elle ressentait invariablement la tristesse de la fillette se décupler. Elle l'avait blessée, atrocement blessée. Pourquoi devait-elle lui faire du mal? Soledad n'était plus humaine pourtant.

Elle fut quasiment sans réaction alors que la fillette se lovait contre elle, chuchotant des paroles à mille lieues de la vérité. Alors c'était ce qu'elle craignait? Que Soledad avait d'autres intérêts? Qu'elle ne l'aimait plus? C'était vraiment ce dont elle était convaincue? Ses mains glissèrent contre le visage de la fillette pour le relever vers elle, avec une douceur infinie.

"Anthea... Si je fais ça, c'est pour toi. Tu es malade, et il n'y a qu'ici que tu pourras avoir de quoi te soigner. Et moi, je n'ai pas ma place ici. S'ils apprennent que je suis revenue, s'ils nous surprennent ensemble, ils s'en prendront à toi, et je ne pourrai pas le tolérer."

Elle se pencha contre elle, déposant son front contre le sien, un de ses bras venant entourer Anthea pour la soutenir.

"Je n'ai pas d'abri, juste quelques misérables petits endroits où je peux me protéger un temps de la pluie. Je voudrai tant t'emmener avec moi, mais ce n'est pas un endroit où tu pourrais aller mieux."

Elle se tut un moment, caressant d'une main les cheveux de la fillette avant de poursuivre.

"Tu es tout ce que j'ai. Tout. Si je te perds, je n'aurai plus la moindre raison de survivre. S'il te plait, Anthea... Accepte que je partes. Toi, il faut que tu guérisses. Et moi, pendant ce temps, je ferai en sorte de préparer un abri, un vrai, pour toi et moi. Un endroit où les autres humains ne t'embêteront plus, un endroit où je pourrai m'occuper de toi. Mais il faut que tu ailles mieux, tu comprends?"
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Anthea Glen'finnen
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mar 14 Avr - 14:03

Triste mais résignée à cette séparation forcée qu’elle savait lui être des plus douloureuse, Anthéa se laissa docilement envelopper le visage par les mains chaudes et rassurantes de Sol devenue chimère. Bien que griffues et plus forte que celle de la Soledad humaine, ces mains demeuraient cependant toujours empli d’une tendresse, d’une douceur délicate qui effleuraient les sens de la fillette, qui se laissa aller à fermer les yeux l’espace d’un instant. Elle savoura ce moment de plaisir disparu depuis le départ de la jeune femme de la bibliothèque, et s’empressa intérieurement de le désirer éternel. Ce ne fut que lorsque son front toucha celui de Sol, que Anthéa se résolu à ouvrir à nouveau ses yeux. Son regard sombre croisa celui rougeoyant de la chimère attentionnée, et dans le contemplation de cette lueur qui se voulait rassurante, la fillette esquissa un sourire qui illumina quelque peu un regard ou un léger éclat résiduel de bonheur pu à nouveau être perceptible. Sol était peut-être un monstre pour les humains, mais pour Anthéa elle était magique… Elle était un souffle, une caresse, un parfum de bien-être rassurant qui confinait à la paix, au cœur de cette tempête sans fin dans laquelle la vallée les avaient tous entrainé.

Anthéa écouta les paroles de Sol en silence, goûtant cette main qui lui fit frissonner le cœur lorsqu’elle lui troubla avec un amour certain sa longue et ténébreuse chevelure désordonnée. Bien sur, elle comprenait ses paroles… Elle comprenait les raisons et les craintes de sa petite maman… Mais le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore disait le dicton… Et Anthéa ne souhaitait pourtant qu’une seule et unique chose, que Sol et elle soit à nouveau ensemble. Peu lui importait le lieu d’ailleurs… La bibliothèque, une ruine toute vermoulue, une caverne sombre et sinistre… Une cabane faite de branches et de feuillages dans la forêt, comme des naufragées sur une île déserte… Le lieu n’avait aucune importance, tant que Sol ne la laissait plus toute seule. Sans se détacher du front de la chimère, elle hocha lentement la tête afin de lui signifier clairement que elle acceptait. Comprendre était un peu plus difficile, mais au moins l’acceptait-elle. Elle l’acceptait d’autant plus, lorsque Sol lui fit indirectement la promesse de revenir la chercher afin de l’emmener avec elle, lorsqu’elle aurait trouvé un endroit à aménager pour toutes les deux. Cela acheva d’ailleurs de miner la résistance de la fillette, qui fondit alors en larmes. Toutefois, ces larmes furent accompagnée d’un sourire plus lumineux, moins terne… Anthéa éclata même d’un bref rire nerveux,, comme si un soulagement sans fin s’était emparé de sa petite personne. La fillette s’empressa alors de joindre ses deux bras autour du cou de Soledad en un impressionnant étau de tendresse, tandis que son visage humides trouva refuge au creux du cou de la jeune femme. Ainsi attachée avec force à Sol, Anthéa lui dit d’une petite vois plus ou moins rassurée :

‘’Alors je vais vite guérir Sol, comme ça tu n’auras plus à avoir peur pour moi, c’est promis. Je vais prendre tous ces médicaments, et puis je vais faire mes trois repas aussi… Je vais guérir très vite, et comme ça tu pourras m’emmener avec toi… Chez nous…’’

Chez eux… Loin des habitants de la bibliothèque, qui ne voulaient plus de Sol… Alors Anthéa aussi ne voulait pas rester à la bibliothèque. Soledad et elle vivront toutes les deux ensemble, dans leur coin rien que à elles seules. De toutes façon, rien ne lui manquerait ici… Hormis les livres peut-être… Mais elle en emportera lorsqu’elle s’en irait, et puis si jamais elle en voulait d’autre, alors elle reviendrait en chercher. De toute manière, les survivants ne remarqueraient même pas que les livres disparaîtraient., elle en était certaine. Toujours accrochée au cou de Soledad comme un koala à son arbre, Anthéa laissa alors son esprit rassurée reprendre le dessus et elle imagina déjà quel sorte d’endroit serait le plus adéquate pour sa petite maman et elle. Elle réfléchit avec intensité durant de longues secondes ou elle demeura silencieuse, puis elle dit alors :

‘’Je crois que le mieux c’est une grotte, tu sais Sol… Une grotte assez profonde, pour que le froid et la pluie n’y pénètre pas plus loin que l’entrée, et aussi pour que personne ne sache que nous y vivons. Il faudrait une grotte de plusieurs dizaine de mètres de profondeur… avec quelques tunnels peut-être, pour faire des pièces différentes. Il faudra aussi essayer de mettre une porte, afin de bien nous séparer de l’extérieur. Il faudra aussi une sortie de secours, on ne sait jamais… Tu verras Sol, je nous ferais une jolie maison agréable, rien que pour nous. Ce sera comme si nous avions une vraie maison…’’

Conclu Anthéa, en resserrant encore un peu plus son étreinte tendrement possessive autour de la chimère au doux parfum de chocolat. La fillette lui déposa un bisou dans le cou… Elles allaient être bien, elle le savait…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 27 Avr - 21:27

Pouvait-elle comprendre après ces explications? Bien sûr qu'elle pourrait. Soledad l'espérait sincèrement. Anthea ne pourrait que comprendre, c'était une petite fille brillante et surprenante qu'elle ne pouvait tout simplement pas abandonner. Elle hochait la tête, l'écoutait avec attention. Soledad n'en demandait pas plus. Avait-elle pu réellement pensé que la chimère comptait la laisser toute seule? Elle y avait cru, puisqu'elle pleurait à présent, tentant de minimiser sa peur passée par un rire un peu nerveux. Pourtant ne lui avait-elle pas promis de ne pas l'abandonner? Sa main revint vers le visage de la fillette, essuya quelques larmes. Elle souriait, fort heureusement. Anthea se perdait moins dans sa mélancolie, Son sourire en était la preuve. PLus vivant que les autres, plus rassuré sans doute.

Elle ne chercha même pas à l'écarter alors que la fillette s'agrippait à son cou, enfouissant son visage humide contre elle. Au contraire, sa propre étreinte se raffermi autour du petit corps enfantin. Elle glissa une main dans son dos, se voulant d'autant plus rassurante, alors qu'elle inclinait la tête contre celle d'Anthea. Ses paroles lui mirent du baume au coeur. Elle allait être prudente, se reposer, guérir. C'était tout ce qui importait. Et qu'elle se nourrisse bien aussi surtout. Mais même cette bonne résolution faisait parti de celles énumérées par Anthea. Alors pourquoi douter? Mais ce "chez nous" lui arracha un étrange frisson. Non, ce ne devait surtout pas être chez elle, parce qu'Anthea avait déjà un foyer vers lequel Soledad devait la ramener. Le pourrait-elle seulement? Elle l'espérait.

Et malgré le fait que tout ce dont une petite fille pouvait avoir besoin se trouvait à la bibliothèque, Soledad avait la désagréable impression qu'au final, Anthea y était en danger. Personne ne la comprenait, personne ne s'occupait d'elle. Pire encore, si par mégarde Anthea s'égarait dans les songes de quelqu'un d'autre, et que ce pouvoir étrange était révélé, que se passerait-il? Les humains agissaient trop souvent de manière stupide face à l'inconnu. Anthea devait être éloignée d'eux, et des autres chimères, et des ombres. Elle devait la tenir éloignée des premiers dangers. Et pour ça, le meilleur moyen qu'elle trouvait pour l'instant, c'était l'isolement. En espérant que les Bêtes auraient mieux à traquer qu'une enfant et une chimère qui se tenaient à l'écart du monde. Soeldad devait leur trouver un abri sûr.

Déjà Anthea avait son avis sur ce dernier. Une grotte, oui, c'était naturel, protecteur... Un peu froid sans doute, mais pas en fabriquant des sortes de cloisons. Et puis elles pourraient vivre dans les bois, pas trop loin d'un cours d'eau, pas trop loin de la nature où elle pourrait chasser pour Anthea. Dans un endroit où le reste du monde les oubliera. La fillette s'y voyait déjà. Cet enthousiasme faisait plaisir à voir. Avec autant de bonne volonté, elles ne pourraient que réussir à trouver un abri reposant. Le foyer temporaire idéal probablement. Elle haussa brièvement les épaules, chatouillée par le bisou posé dans son cou.

"Je chercherai ce que tu veux. Et pendant que tu te soignera, je préparerai notre grotte. Comme ça, dès que tu iras mieux, tu pourras y venir. D'accord? Mais chaque chose en son temps. D'abord, tu dois guérir."

D'ailleurs, à ces mots, Soledad se tourna vers le lit improvisé, de manière à pouvoir redéposer Anthea confortablement et ensuite la recouvrir. Elle aurait préféré un endroit plus au sec pour la fillette, mais aller la border en haut tenait de l'acte suicidaire. Et peut-être même qu'Anthea n'y serait pas à l'aise, mais...

"Si tu le peux, il faudrait que tu dormes le plus souvent possible ailleurs qu'à la cave. Ici, c'est froid et humide, ce n'est pas bon our ta toux. Il faudrait que tu sois au chaud, comme près du feu, par exemple."
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mar 28 Avr - 15:55

Douceur et tendresse, voilà bien longtemps, trop au goût de anthéa, que cela n’avait pas été offert à la fillette. Sentir Soledad l’enlacer à son tour avec une force rassurante plongea celle-ci dans un curieux état d’absence physique. Un peu comme si son corps n’existait plus, comme si seul son esprit n’avait de réelle consistance dans l’éthéré de ce moment qui lui parut totalement hors du temps. Un instant au parfum d’éternité qui ne dura en réalité que l’espace de quelques minutes, prolongées par le voyage que Anthéa fit, avec un délice non dissimulé, dans les bras protecteurs de sa petite maman qui la ramena délicatement dans son lit de papier et d’encre, avant de la recouvrir de sa couverture. C’était comme si elle était chez elle, avec ses parents… Non, en fait c’était même mieux, car sa mère, sa véritable mère avait cessé depuis longtemps de la border ainsi, jugeant que ce n’était plus de mise pour ce qu’elle appelait une grande fille. Mais Anthéa ne voulait pas être une grande fille, non… Elle voulait que l’on s’occupe d’elle, et tant pis si elle était réellement trop grande pour telle ou telle chose… Elle s’en moquait bien après tout.

Lorsque Sol lui dit qu’elle chercherai une grotte comme elle le lui avait suggéré, Anthéa fit une petite moue guillerette qui illumina son visage aux traits déjà bien trop adulte, d’un masque enfantin comme pouvaient en avoir les jeunes enfants encore habité par l’insouciance de leur juvénile jeunesse. D’un point de vue extérieur, la fillette était vraiment un mystère. A la fois tellement adulte d’un point de vue purement physique, et en même temps terriblement enfantine encore même si son esprit se disputait cette enfance à une maturité déjà bien précoce en dépit de son âge. Malgré un sentiment d’inattention, Anthéa prêtait une oreille fiable aux paroles de Sol. Elle l’écoutait, entendait chacun de ses mots, chacune de ses intentions, chacune de ses promesses… Anthéa n’oubliait rien, jamais… C’était là une de ses plus grande qualité selon sa mère. La fillette ne pensait d’ailleurs pratiquement jamais à ses parents qui étaient là-bas, dans le vrai monde. Ce n’était pas qu’elles les avaient déjà oublié, mais curieusement son esprit paraissait s’être adapté à ce nouveau mode de vie ou ces derniers lui était totalement inaccessible et, sans doute comme une sorte de réflexe d’autodéfense, elle se conduisait comme si ils n’avaient pas de réelle importance. Ce qui était en quelque sorte vrai, puisque Anthéa avait Sol qui prenait soin d’elle avec une très grande attention… Alors, pourquoi s’embarrasserait-elle l’esprit avec des parents qui ne pourrait de toute manière jamais l’atteindre.. ?

Cela pourrait sans doute paraître quelque peu cruel et être le signe d’une profonde insensibilité émotionnelle, mais Anthéa avait aussi un grand sens pratique. Associé à sa maturité précoce, cela pouvait en effet lui donner l’image d’une enfant monstrueuse, mais sans même y songer consciemment la fillette ne faisait simplement que exercer un droit plusieurs fois millénaires… Celui de la survie, uniquement. Après avoir acquiescée aux parole de Sol, Anthéa lui dit :

‘’ C’est promis Sol, je vais vite guérir pour que l’on puisse très rapidement repartir ensemble… Je vais me faire un lit que je pourrais transporter, et chaque soir je le descendrais dans la grande salle pour dormir juste à côté de la cheminée. Si j’ai envie de dormir pendant la journée, alors je monterais à l’étage, dans la chambre ou tu m’as conduite la première fois… J’aime bien cette chambre, c’est la plus chaude et la plus tranquille de toute la bibliothèque. Tu verras Sol, je vais vite guérir et on sera enfin bien toutes les deux dans notre abri rien que à nous seule.’’

Conclu joyeusement Anthéa, visiblement ravie de ce changement qui n’était pourtant pas à son plus grand avantage lorsque l’on y songeait. Mais si la fillette y trouvait son bonheur, n’était-ce pas le plus important en fin de compte.. ? D’autant plus que elle le savait, Sol ferait tout son possible pour qu’elle soit bien et sur ce point Anthéa lui faisait une confiance des plus absolu. Souriant avec malice et des étoiles dans les yeux, Anthéa ajouta encore :

‘’Tu sais Sol… Ma mère m’a toujours dit qu’il valait mieux un petit chez soi, que un grand chez les autres… La bibliothèque c’est bien, c’est grand et il y a des tas de choses utiles à portée de main, mais je sais que je serais mieux dans notre petit chez nous… C’est certain, puisque tu seras avec moi tout le temps.’’

Ajouta-t-elle encore, comme pour convaincre une Soledad déjà vaincue par la désarmante fillette qui lui faisait face. Anthéa se sentait déjà mieux… Bien mieux même…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 4 Mai - 21:44

Les mains de Soeldad remontaient avec soin la couverture improvisée. L'objet lui paraissait si peu efficace pour protéger Anthea. Mais elle n'avait pas mieux sous la main et la fillette devait impérativement rester le plus au chaud possible. Le tissu cessa sa course sous le menton aussi enfantin qu'adulte. Anthea se perdait encore entre deux âges pour le moment. Mais malgré ça, à l'heure actuelle, elle restait l'enfant que Soledad avait juré de protéger. Elle cala la couverture le long du corps de la fillette, en douceur, s'assurant qu'aucun espace ne laisserait passer l'air frai de cette maudite cave. Un faible sourire étira un instant ses lèvres, tant sous la promesse de la petite demoiselle que sous le souvenir évoqué de leur première rencontre. Dire que ce jour-là, Anthea avait failli mourir...

La toute première émergence du petit bout de langue restait un souvenir impérissable. A ce moment-là, Anthea ignorait encore dans quel enfer elle était tombée. A ce même moment, Soledad était humaine. Mais malgré cette toute première rencontre, elle n'avait pas voulu la laisser seule, ni entre les mains de quelqu'un d'autre. Finalement la confiance n'avait jamais été là. Sauf en Anthea. Quel étrange situation décidément. Un bol de reste de soupe, une fillette allongée... Seul le feu de la cheminée manquait pour parfaire la copie du tableau qu'elles avaient formé pendant l'hiver, avant l'averse, avant la mort. Mais les sentiments, eux, étaient identiques si ce n'est encore plus forts qu'à l'époque. Il lui semblait qu'Anthea elle-même avait gagné en force depuis son arrivée désastreuse en jupe et souliers vernis réglementaire en pleine forêt enneigée. Et cette chambre où elle disait se trouver bien...

Cette pièce même où elles avaient échangé plus que des mots. Elles avaient partagé un rêve, le temps d'un sommeil. Un repos étrange où Anthea s'était mêlée aux souvenirs de Soledad. Une chose qui aurait probablement dû choquer la fillette, mais qui a défaut les avait plus rapprochées encore. L'humaine devenue Chimère n'avait finalement plus le moindre secret pour la fillette. D'autres monstres ne pouvaient que haïr ce genre de situation où ils étaient exposés corps et âme face à ce qu'il jugeaient comme un ennemi. Mais pas Sol. Elle restait Soledad, seulement avec Anthea. Elle, elle avait le droit de tout savoir, tant que ça ne nuisait pas à sa vie. Oui, c'était comme ça que ça allait se passer dorénavant. Les choses moches seraient cachées. Comment expliquer à une enfant que pour se nourrir, elle dépeçait des êtres humains? Anthea n'avait probablement pas encore réalisé toute la monstruosité de sa maman d'adoption. Mais pour Sol, tant que c'était pour le bien d'Anthea, il y aurait autant de morts que nécessaire.

Dans un soupire incertain, Soledad d'allongea à son tour, juste pour un petit moment probablement, se blottissant contre Anthea pour lui partager sa chaleur, pour qu'elle n'ait pas froid pour le moment, un bras retombant mollement sur le corps de la fillette. La maman d'Anthea avait raison sur ce point. Mais Soledad savait que la vie qu'elle menait pour le moment n'était de loin pas adaptée aux besoins d'une enfant, aussi mûre qu'elle puisse être sous certains aspects.

"Je prendrai ici tout ce dont tu pourrais avoir besoin. Comme ça, tu ne manqueras de rien. Et ils ne pourront pas te faire de mal. Pas comme ils l'ont fait jusqu'à maintenant."

Mauvais traitements? Par négligence, oui. Tant d'adultes et pas un pour voir qu'une fillette attrapait la mort à force de traîner dans une cave froide et humide. Pas un pour s'assurer qu'une enfant prenait tous ses repas. Pas un pour se demander si c'était normal de voir une fillette aussi mal sans chercher à lui venir en aide. Mais avec elle, ça allait changer. Avec elle, Anthea allait être entre de bonnes mains, elle en avait la certitude.
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mar 5 Mai - 13:54

Dans un sourire ravie, Anthéa se tortilla afin d’aider sa petite maman à glisser la couverture de fortune sous son corps allongée. En peu de temps, la fillette se retrouva blotti telle une momie dans ses bandages, mais… Quelle bien jolie petite momie cependant… Ses cheveux ténébreux désordonnés s’étalèrent sur l’oreiller de fabrication sommaire, auréolant ainsi la fillette d’une bien étrange collerette de fils soyeux dont la netteté laissait cependant à douter vu la luisance qui émaillait parfois ces cheveux qui étaient pourtant si magnifique du temps ou Soledad était encore avec elle à la bibliothèque. Son départ avait réellement fait psychologiquement du mal à Anthéa, mais aussi physiquement. Elle s’était laissé aller sur ces deux plans, depuis la fuite de la jeune femme devenue chimère. Ce qui était somme toute assez logique lorsque l’on y songeait… Sans personne à qui plaire, pourquoi faire des efforts pour demeurer présentable.. ?

Mais désormais, Anthéa se promit intérieurement de se reprendre en main comme elle l’avait promis verbalement à Sol quelques minutes plus tôt. La prochaine fois qu’elle viendrait la voir, elle serait tout jolie… Elle mettrait les plus beaux vêtements qu’elle pourrait trouver dans la réserve, elle se laverait ses magnifiques cheveux, les coifferaient durant des heures et des heures, afin de leur redonner leur beauté habituelle qui ravissait tant Sol lorsqu’elle glissait sa main à l’intérieur de ceux-ci… Oui, elle le ferait…

Lorsque Soledad s’allongea tout contre sa petite personne, Anthéa laissa son visage souriant de satisfaction s’écraser contre la poitrine chaleureuse de la chimère attentionnée. Le poids de sa petite maman ne la dérangea pas, bien au contraire… Elle le trouva rassurant dans sa proximité, et se contorsionna même encore un peu plus afin de combler le vide qui lui semblait exister entres elles. Un soupir s’échappa de ses lèvres… Un soupir généreux, signifiant à qui voulait bien l’entendre son bien-être et sa sérénité enfin retrouvée.

‘’Je t’aime Sol…’’

Lui dit-elle tout simplement dans un souffle murmuré, tandis que le bras de la chimère l’enlaça avec une tendresse qui lui déniait toute notion de monstre comme pouvait le dire les autres survivants.. Désormais, ce serait ainsi chaque jour… Elles s’endormiraient blottit l’une contre l’autre, avec bien évidemment Griffin au milieu, et se réveilleraient de la même façon. Ce sera bien… Très bien même… Elle le savait… Ce serait un peu comme si elles étaient toutes les deux seules au monde, perdues sur une quelconque ile déserte… Lorsque Sol lui promis de la protéger, la fillette frissonna d’un plaisir intérieur puissant et irrépressible, qui la fit se contorsionner encore un peu plus lascivement. Une attitude câline, qui soulignait bien le bonheur de la fillette qui lui répondit :

‘’Je te fais confiance Sol, je sais que tu prendras bien soin de moi et de Griffin, toujours…’’

Une confiance aveugle que certains jugeraient sans doute trop grande, mais pas Anthéa. Elle avait foi en Sol, en sa petite maman même si elle était devenue différente. Sol était sol, voilà tout… Peu importait son apparence en fin de compte.

Tout à son bonheur, Anthéa commença à clore ses yeux sombres et las. Le contact de sa petite maman était une invitation à s’oublier en une tranquillité d’esprit perdue depuis son départ du refuge des humains, et c’est bien volontiers que la fillette se laissa envahir peu à peu par un sommeil dont il ne faisait nul doute qu’il serait plus que réparateur pour elle. Pour la première fois depuis plusieurs jours, Anthéa allait s’endormir sereinement…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Mer 6 Mai - 23:49

Anthea était à présent soigneusemebt blotties sous les draps. Il manquait juste un feu, un doux feu crépitant pour qu'une pleine sensation de bien-être soit possible. Mais Soledad, elle, elle se sentait étrangement bien. Pour la première fois depuis cette maudite attaque sous la neige, elle était bien. Plus de blessure, juste une cicatrice, et surtout le meilleur baume pour le coeur qu'il puisse exister dans la vallée soigneusement allongée contre elle. Son bras était remonté au-dessus du corps de la fillette, se promenant dans les cheveux qui s'étalaient en tout sens sur l'oreiller de fortune, saisissant quelques mèches par-ci par-là, comme si elle aurait pu un instant douter de ce commencement de béatitude. Et avant de retourner dans sa position d'origine,s a main effleura le visage de la fillette pour se reposer en travers de son corps.

Elle la laissa se blottir contre elle, sa main se repliant dès lors dans le dos d'Anthea pour faire en sorte que la couverture reste collée contre son dos. Pas de place pour les courants d'air, c'était une règle, pour le bien d'Anthea. Sa main s'étala ensuite dans le dos de la fillette, pour la maintenir contre elle. Cette proximité faisait du bien, contre toute attente. Pourtant, n'aurait-elle pas dû devenir indifférente à toute relation humaine? Alors pourquoi n'arrivait-elle pas à se détacher d'Anthea? Voulait-elle seulement se détacher d'elle? Pendant quelques heures. Ces heures ou la douleur et la bestialité avait étouffé tout bon sens. Ces heures où elle avait eu la conviction de perdre tout ce qu'elle pouvait faire à la fillette, c'était du mal. Mais elle allait mieux maintenant. Elle n'était plus dangereuse. Plus pour elle. Pour les autres, c'était une histoire bien différente.

Cette simple déclaration suffit à étirer les lèvres de la Chimère. Un demi sourire, pour ne pas afficher ses dents plus proches des crocs. Un petit sourire aussi rassuré que rassurant. Tout allait aller mieux à présent. Même si elles étaient maudites, même si elles étaient condamnées à tout jamais dans cette vallée de l'horreur. Le pire était passé, elle en avait étrangement la certitude en sentant le corps d'Anthea contre elle, et en entendant ses paroles. Le moment était propice à un vague sentiment de sécurité. Même la possibilité qu'une tierce personne ait pu brusquement arriver et hurler à la garde ne lui effleurait pas l'esprit.
Oh oui, elle prendrait soin d'elle. Griffin était compris dans le pack protection plus de Soledad. Pour toute réponse, elle se pencha contre Anthea, déposant un tendre baiser sur son front, avant de simplement répéter ce mot pourtant insignifiant mais plein de promesse.

"Toujours..."

La main de Soledad procurait quelques caresses dans le dos d'Anthea, légères mais présentes, alors qu'elle lui murmurait simplement à l'oreille. De faire de doux rêves alors qu'elle s'en allait au pays des songes. La chimère finit elle aussi par laisser pleinement sa tête reposer sur l'oreiller, observant les traits enfantins et paradoxalement adultes devenus plus apaisés. Et sans qu'elle ne s'en aperçoive vraiment, elle commença à son tour à basculer dans le noir du repos involontaire.
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Jeu 7 Mai - 13:29

Home sweet home… Foyer doux foyer… Le sommeil était-il un foyer.. ? Ma foi, sans l’ombre d’un doute… C’était un foyer certes un peu spécial, mais lorsque nous y étions il nous apparaissait comme étant le plus rassurant et paisible qui puisse exister. Le sommeil était un havre de paix, un endroit unique, ou toutes les mauvaises choses pouvaient disparaître pour peu que notre esprit nous l’y autorisait. Le sommeil était en quelque sortes un Eden, un paradis de l’âme… Malheureusement, peu de personnes peuvent prétendre à ce paradis merveilleux… La plupart des gens n’y font qu’un bref séjour, un peu comme un passage au purgatoire, avant de se voir propulser dans un quelconque rêve plus ou moins agréable selon notre degré de conscience et de responsabilité. La nature de ce rêve dépendait en grande partie de nos actions passées… Parfois bonnes, parfois mauvaises… Tout n’était fonction que du point de vue de tout un chacun en fin de compte.

Pour Rage, le sommeil fut un cheminement vers une petite ruelle grise. Une petite ruelle sans rien de particulier, une petite ruelle comme elle en avait traversé bien des fois lorsqu’elle n’était encore que Soledad. Même si rien ne ressemble plus à un panda que un autre panda, il y avait cependant une légère différence, une infime fluctuation dans le pelage, dans le dessins de la monochromie de l’animal… Il en allait de même de cette petite ruelle déserte, pour laquelle Rage ressentit une différence subtile mais néanmoins importante… Ce n’était pas une de ses ruelles habituelles. En levant le regard vers le ciel, elle ne vit que grisaille et nuages obscurcissant un horizon sans obstacles. Pas de grands immeubles, pas de buildings, pas de tour de verre… Et surtout, un calme bien peu habituel pour la New Yorkaise qu’elle était.

Rage hésita tout d’abord à sortir de cette petite ruelle, au vue de son apparence de chimère conservée. Même si ce n’était qu’un rêve, l’instinct lui demeurait de ne pas se montrer ainsi aux gens. Pourtant, ce n’était qu’un rêve, n’est-ce pas.. ? Elle s’approcha furtivement de la sortie de la petite ruelle, et après avoir jeter un œil au dehors elle constata avec soulagement que les environs étaient désert. La chimère se décida alors à quitter l’étroite petite ruelle se disant que finalement ce ne serait que pure idiotie d’y demeurer sans rien faire en attendant son réveil. C’est la, qu’elle trouva la confirmation de son ressenti… Elle n’était pas chez elle. D’ailleurs, ou était-elle.. ? Cet endroit ne lui disait absolument rien, et les immeubles n’étaient assurément pas ceux qu’elles avait pu voir tout au long de sa vie. Ils lui parurent ancien, presque vieux… Enfin, par rapport à ce que elle-mêrme avait toujours connu.

Déambulant dans les rues de cette ville inconnue, elle chercha sans résultat à trouver un quelconque indice lui indiquant ou son rêve l’avait entraîné… Rien, absolument rien ne lui était familier. Elle croisa soudain la route d’un couple qui la regarda avec une curiosité certaine, et d’instinct chimérique Rage se raidit subitement. Tout comme le couple elle s’arrêta, chacun fixant l’autre… Et puis, le couple se désintéressa de la chimère et reprit son petit bonhomme de chemin. Rage poussa alors un soupir de soulagement. Mais était-ce bien elle que ce couple avait fixé avec autant d’insistance, ou bien… N’était-ce pas plutôt ce panneau d’affichage qui se trouvait juste derrière elle, et qui indiquait la représentation prochaine d’une comédie musicale… L’affiche était rédigé en anglais, une langue bien familière à la chimère…

Après avoir fait quelque pas supplémentaire, Rage déboucha sur une artère bien plus peuplée que l’endroit qu’elle venait de quitter. Une fois de plus son instinct la fit se raidir dans l’attente d’une quelconque réactions des gens à son encontre… Mais rien, absolument rien… C’était comme si elle n’était pas différente d’eux…Ou bien, qu’ils ne la voyait tout simplement pas. Mais après tout, quoi d’étrange dans tous ceci puisque ce n’était qu’un rêve.. ? Le rêves avaient une logique bien à eux, qui bien souvent échappait aux dormeurs. Elle déambula ainsi quelques heures durant, sans éveiller le moindre sentiment aux gens qui demeurèrent indifférent. Bien que Rage ignorait toujours précisément ou elle pouvait bien se trouver, elle réalisa toutefois que elle devait se trouver en Europe… C’était bien trop différent des villes américaines qu’elle avait pu voir, c’était indéniablement flagrant.

Ne sachant trop que faire dans ce rêve sans but, Rage dirigea ses pas en direction d’un parc public alors que la nuit commençait à tomber. Elle trouva que l’obscurité tombait à une vitesse extravagante, sans doute parce qu’elle n’était pas habituée à ce genre de chose dans sa ville d’origine. Sans surprise, le parc était désert car, même si elle n’avait aucune notion de l’heure qu’il pouvait être, il lui parut évident que la soirée était toute proche. Cependant, quelque chose attira son exceptionnelle vision de chimère… Quelques mètres plus loin, assise sur un banc, se trouvait une personne. En aiguisant encore un peu plus son regard, Rage pu constater qu’il s’agissait d’une petite fille qui restait là, assise à ne rien faire, si ce n’était peut-être attendre éventuellement quelque chose. A première vue, elle devait avoir dans les quatre ou cinq ans, guère plus… Ses pieds qui ne touchaient pas le sol se balançaient tristement dans le vide, tandis que elle fixait ses mains croisés d’un air visiblement ennuyé. Rage vit aussi quelque chose dépasser légèrement de son dos… Quelque chose de blanc à première vue… Le fillette avait visiblement un sac à dos, si la chimère en croyait l’écrasement de ses épaules que trahissaient ses vêtements qui lui paraissaient bien trop grand pour elle.

Elle l’observa encore, en se disant en son for intérieur que ce n’était pas prudent qu’une petite fille soit seule dans un parc public à une heure qui lui paraissait de prime abord bien tardive. Elle était à première vue mignonne, mais il était bien connue que tous ce qui était mignon attirait les convoitises de bien des prédateurs…
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Dim 10 Mai - 21:42

Elle ne devrait pas dormir. Elle le sait bien pourtant. Le territoire ennemi n'est pas un endroit reposant. N'importe quel humain avec un minimum de bon sens saisirait l'occasion de trucider une chimère en pleine sieste. Mais ça lui semblait loin, si loin alors que le noir sans fond l'engloutissait toute entière. Elle n'avait même pas peur, pas même une once d'inquiétude. Anthea était là, elle entendait son souffle, la sentait respirer sous son bras. Et tant que cette donnée essentielle et vitale demeurait, le reste était sans importance. Seulement voilà, cette sensation de sérénité fut brusquement interrompue. Où était-elle passée? Où était la fillette? C'était son tout premier soucis alors que, rouvrant les yeux, son corps n'était plus à l'horizontal mais à la verticale. Elle rêvait. Oui, ce devait être ça. Sinon comment aurait-elle pu se trouver subitement dans un endroit aussi insolite? La vallée ne comptait aucune ruelle grise à l'apparence fluette. Mais malgré tout, l'instinct était présent. Ce même instinct qui la fit se coller contre un mur. De l'ombre... Il lui fallait de l'ombre dans laquelle se blottir, se terrer, pour ne pas être observer. Qui n'aurait pas envie de hurler au monstre en tombant sur quelqu'un comme elle dans sa ville? Et était-ce encore une ville? C'était si petit, si calme, si loin de tout ce qu'elle avait connu. toutes les villes qui l'ont vu grandir étaient des mégalopole. C'était généralement ce genre d'environnement qui séduisait autrefois sa mère, et qui l'avait séduite à son tour. Sinon à quoi bon vivre dans la ville qui ne dort jamais?

Mais elle n'était pas à New York. Définitivement pas. Et elle ne pouvait pas rester ici à se demander où elle était. Alors Soledad avança, se demandant où diable elle avait bien pu atterrir. Elle dormait. Plus elle y pensait et plus cette solution lui semblait la plus probable. Mais le sommeil était toujours un reflet du vécu, de peurs refoulées, de sentiments qu'on n'ose jamais exacerber. Ce décor ne s'apparentait à rien de ce qu'elle connaissait. Vraiment rien. Pourtant elle y était définitivement. Alors elle avançait... Jusqu'à croiser des êtres humains. La panique était tellement irrationnelle... Mais elle était présente. Son regard se fixa sur le couple. Un seul geste menaçant, ou effrayer, un seul, et elle les mettrait en pièce avant de partir en courant. Mais rien. Ils passaient leur chemin. Ils n'avaient pas dû la voir. Impossible. Alors quoi donc? Soledad se retourna, observa. De l'anglais... Ce n'était pas les Etats-Unis. L'Angleterre? L'Autralie? L'Ecosse? Il y avait tant de pays potentiellement anglophones qu'elle n'arrivait pas à se situer. Peut-être devrait-elle prendre le temps de trouver une caissette à journaux, un panneau de signalisation plus évocateur, mais non. Elle devait parcourir son rêve, c'était une obligation à présent.

Alors elle continue. Les poussées de stress reviennent avec les têtes qu'elle croise. Mais personne, pas un seul être vivant ne lui prête la moindre attention. Elle n'est même pas humaine à leurs yeux, elle est juste invisible. Puis elle voit plus loin que les bâtiments cédaient leur place à de l'herbe. Un parc. Un joli parc de ville. Certainement pas aussi grand que celui dans lequel elle aimait se perdre les dimanches après-midi en compagnie d'Ingrid. Non, il n'y avait rien de similaire. Rien de transcendant. Jusqu'à-ce banc et ce qui se trouvait assis dessus. Que faisait une enfant seule dans un parc à ce qui semblait à Soledad une heure bien tardive? Ses prunelles se baladèrent dans le reste du parc. Pas de maman, pas de papa. Rien qui ne fasse penser à un quelconque parent. Les humains... Même dans ses rêves ils étaient incompétents. Elle poussa un soupire, lassée probablement de cette évidence qui se manifestaient encore et encore. Mais elle avança. Pas vraiment avec un but, juste parce que la nature était toujours préférable au bitume. Mais elle ne dépassa pas le banc. Pire, elle se figea.
L'Ecosse.
Cette réponse lui parut évidente. Tellement évidente tout à coup. Elle voyait, dans le dos de la fillette, dépassant du sac à dos, Griffin.

"Anthea..."

Tout s'imbriquait dans sa tête à présent. Il ne s'agissait pas d'un rêve, c'était un souvenir. Pas l'un des siens, un de ceux de la fillette. Le transfert fonctionnait donc dans les deux sens? Elle se rappelait sans mal l'intervention d'Anthea dans sa caserne du Bronx, à cette époque où Soledad croyait encore à une vie pleine d'espoir et de rêves. Ses pas reprirent, presque précipités. Elle ne la verra pas. Les souvenirs ne changent pas. Ils peuvent se figer un instant, mais ils ne changent pas. Soledad s'approcha, jusque devant la fillette, cette toute petite fille, Anthea encore plus petite, en modèle miniature, avec des vêtements trop grands pour elle. Elle s'accroupit, passa sa main devant le regard enfantin. La verra-t-elle? Elle en doute. Mais elle observe, curieuse et inquiète, cherche sur ses traits si jeune le moindre écart qu'il peut y avoir avec l'Anthea qu'elle connait à présent.
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Anthea Glen'finnen
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MessageSujet: Re: Période post-Soledanienne...   Lun 11 Mai - 12:07

Rage faisait face à la fillette, de toute son imposante stature de chimère accroupit… Il était assez difficile de dire s’il s’agissait du fruit du hasard, d’une simultanéité cosmique ou bien si la petite fille l’avait vu, mais toujours est-il que presque aussitôt elle cessa de battre le vide de ses jambes et leva son regard droit devant elle, fixe, lorsque Rage caressa l’air de sa main griffue. Ce visage enfantin, réplique en miniature de l’Anthéa que elle connaissait et aimait, était affreusement terne. Nul sourire n’égayait ce joli petit minois attendrissant de poupée chiffon, et ses yeux sombres gardaient une certaine auréole légèrement rougis, qui témoignait d’évidentes larmes versée il y avait encore peu de temps de cela. La fillette avait donc pleurée, et la tristesse l’habitait aussi sûrement que le ciel s’assombrissait de minute en minute.

Son regard croisa celui de rage, et le temps parut soudain comme cessé d’être. Tout comme le premier couple rencontré, L’impression que la fillette voyait la chimère était forte aux yeux de celle-ci. La fillette la fixait… Ou fixait le vide devant elle… Au bout d’interminable secondes, la fillette se décida finalement à bouger. Elle porta le revers de sa minuscule main à son visage, et se frotta alternativement les deux côtés de son visage comme pour effacer quelque chose de dérangeant… Comme un bisou non désiré, une sensation de chatouille des plus désagréable… Puis, laissant ses deux mains retomber sur ses genoux dans un soupir à briser le cœur, elle dit :

‘’Tu as raison Griffin…’’

Aussitôt, elle prit son élan et sauta sur le sol ou elle atterrit maladroitement dans un ‘’hop la !’’ si caractéristique de l’enfance. Ses petites jambes se mirent alors à gambader rapidement, bien que de manière très brève, jusqu’au banc voisin qui se trouvait à quelques mètres sur sa droite. Une fois rendu là, la fillette s’échina à escalader l’objet de façon assez maladroite, avant de réussir enfin à y grimper et à s’y installer de manière identique que sur le banc précédent. De nouveau, un soupir fusa de ces lèvres innocentes. Un soupir long et las, qui se perdit dans la nuit naissant. Elle regarda alors Griffin vers lequel elle tourna du mieux qu’elle le pu la tête, et lui dit encore :

‘’Ne t’en fais pas Griffin, on va s’en sortir… Tu peux compter sur moi’’

Sa tête se déposa tendrement sur celle de la peluche, toujours aussi impassible, puis elle reprit sa position de petite malheureuse battant le vide de ses courtes jambes en reprenant son air triste et quelque peu abattu. Tirant sur ses manches, elle frissonna et se recroquevilla légèrement sur elle-même. Le fond de l’air n’était pourtant pas spécialement frais, sans doute était-ce le début de l’automne ou bien encore le printemps…C’était assez difficile à dire en fait, pour qui n’avait pas l’habitude de ce genre de climat. Pourtant, la fillette frissonna et glissa ses deux adorables petites mains entres ses cuisses comme pour les réchauffer, tout en continuant de les fixer en silence de son air attristé….
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