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 Phobie

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~Echo~
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MessageSujet: Phobie   Dim 5 Avr - 22:32

Une détonation dans le réel, quelques gerbes de sang et bouts d'os, et voici un nouvel arrivant à accueillir. Mais il arrive trop tard, ou trop tôt. Au mauvais moment, en tout cas. Alors qu'Elle est d'humeur joueuse. Alors qu'Elle est de nature à appuyer là où ça fait mal.

Bienvenue à Hollow Dream, mon cher ami.

Tu es réveillé? Tu te sens tomber? Ou tu préfères attendre de toucher l'eau pour reprendre conscience? A ta guise, à ta guise. Fais comme tu veux, après tout, ici c'est ton nouveau chez-toi.

Je suis désolée, elle est peut-être un peu froide. Et j'ai vaguement cru comprendre que tu n'étais pas très à l'aise en natation. Mais ne t'inquiète pas, quelqu'un devrait venir t'aider.

Ou t'achever. Après tout, moi pour ce que j'en sais...
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Alcibiades de Costa
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MessageSujet: Re: Phobie   Lun 6 Avr - 3:00

Glace. Et le froid le transperce. Il suffoque. Mais il n’a déjà plus d’air. Et avant ça? Tombé dans le cristal. On vous l’a dit pourtant. Il ne se souvient pas encore. Mais cela va vite le revenir. Et des questions vont être posées. Mais pour l’instant la surface disparaît. Et avec elle son ancienne existence. Son esquisse de vie. Le truc sur lequel il a tiré.


Ou bien on a tiré sur lui, qui sait?



Il s’enfonce. Comme un poids mort. Comme un mort. Un cadavre aux yeux ouverts. Il ne panique pas encore. Les informations tombent au ralentit. Des petites gouttes de pluie. Il y a du noir autour de lui. Et la glace se referme. Et la glace broie ses muscles tendus. Il finit par ouvrir la bouche. Sur un cri silencieux. Un appel. Maman?


J’ai raté un épisode tu crois?



Jambes liées. Bras croisés. Il se plie. Il avale de l’eau. Il ne peut pas tousser. Respirer? Impossible. La pluie se fait tempête. Des images le transpercent. Des aiguilles. La coke? Et les putains. Et tout le reste du monde. Les vers dans son corps. Comme une étape qu’il a manqué. Un coup de feu. Une balle perdue. Il l’a buté ce con de latino.


Ce con de latino putain mais accroche toi.



Il y a encore l’étreinte dans sa main. Et les algues noires. Cheveux? Passent devant ses yeux. Il fait déjà si sombre. Et tout devient ralentit. Une chute en apesanteur. Quelque chose qui le rend soudain si léger. Mais qui le pèse. Un pauvre linceul aquatique. Est-il mort? Est-ce cela le paradis? Mais que se passe-t-il. Il ne comprend pas.


Peut-être qu’il n’est plus temps de comprendre Alejo.



Tu vois que tu aurais dû aller jouer au foot. Et maintenant que dois-je faire? Il ne sait pas nager. Et nage-t-il vraiment? Ou bien ne serait-ce qu’un simple retour aux origines? Je ne redeviens pas cendre. Je reviens en toi. Mais tout est si glacé. C’est mon âme ou mon corps? Perception atténuée. Mon cœur déformé par l’eau. Only time.


Only time…



Il y a des chants dans sa tête. Une voix maternelle qui le berce. Un ronronnement de chat avant la mort. Parce qu’il va mourir. Si ce n’est pas encore fait. Il n’est plus le temps de comprendre. Juste le temps de saluer sa dernière scène. Il se laisse enfoncer dans cette dernière étreinte. Sa seule étreinte. Il ferme les yeux. Il laisse les bulles s’envoler.


Signature. Effacée.



Et maintenant tu vas toucher le fond. Le véritable fond cette fois. Il n’y aura personne autour de toi. Ni flic ni pluie ni vers. Il n’y aura que toi et l’eau. Peu importe où tu te trouves. Tu dois juste te laisser aller. Décroiser les bras. Ne pas essayer de survivre. Car tu ne vis plus. Tu t’es pris une balle Alejo. On ne survit pas à une balle en pleine tête.


Réalité pessimiste pragmatique euh humaine?



Suis-je humain? Qu’est-ce que l’humanité? Mais ai-je seulement conscience? Qu’est-ce que la conscience? Concentre toi sur ces images. Toutes ces dernières images. Des souvenirs. Juste des foutages de gueule. Des trucs qui lui passent par la tête. Il y a de la lumière en haut. Il renverse la tête en arrière. Comme un envol à l’envers. Une descente aux enfers.


Ah mais oui, suis-je bête, c’est le styx.




Il aurait dû y penser plus tôt. Dans la mort les croyances se mélangent. Il n’y a plus que moi. Moi et ce en quoi j’ai confiance. J’ignore l’éternité. Je ne verrais pas le visage de Dieu. On me conduit au Royaume des morts. C’est ainsi. Peut-être une hallucination. Une balle chargée de coke? Après tout on vit à New-York. Tout est possible.

En fait tu vas rire mais c'est exactement ça. Tout est possible. Tout est affreusement possible. C'est peut-être pas le royaume des morts. Tu ne devrais pas perdre espoir. Quel espoir? Ca commence par un H. Haschisch? H8? Ha Ha Ha? T'y es presque. Mais soit et je dois faire quoi? Si ce n'est vivre. Commence à survivre. Ca serait bien.


Dieu que j'ai mal...



Douleur aux poumons. Il pourrait crever la surface. La déchirer de ses ongles. Se débattre. S'arracher à ce ciel liquide. Retomber sur terre. Oui mais il ne sait pas nager. Et quand la secousse le fait vivre il n'y a déjà plus d'air. Appel silencieux dans ce monde de ténèbres. Juste un corps qui se noie ce n'est pas si grave. Son corps qui se noie oublié de tous. Même s'il veut vivre vivre vivre VIVRE! Encore et jusqu'à un toujours limité.
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MessageSujet: Re: Phobie   Mer 8 Avr - 19:55

Perçois l'onde, ces vibrations éternelles qui te berce depuis ta renaissance. Elle vrombit, ronronne, gémit et chante doucement. Sens ses doigts affectueux caresser ta peau devenue si douce sous son effleurement ondoyant. Ecoute. Ecoute le chant qui s'élève, elle gémit de douleur. Mal ? Souffrance ? Extase ? Penche la tête, tapis au creux de son ventre, âme oubliée, oublieuse de ce que tu étais. Toi qui dors enlacé par ses courants. Entends la berceuse souffrante.

J'ouvre les yeux, il n'y a que les ténèbres. Mais elles sont mes soeurs depuis si longtemps, elles me laissent parfois entrevoir leur éclats ombrageux, ouvre juste, pour leur frère, leur ventre abyssale.Je vois les ténèbres qui se tordent, s'enroulent comme si un magicien invisible jouait sur les cordes de leur désirs, de leur peurs. Mes cheveux volent autour de moi, longue algue d'un bleu presque trop clair. Quelque chose. Quelque chose a percer le coeur de ta mère. Traversé son âme en lacérant ses limbes. Quelque chose meurt. L'appel est fort, si fort. Le hurlement maternel me vrille les oreilles, romps mon esprit et le précipite dans le néant. Est ce Elle ? La bête de glace, la bête qui sommeille doucement au sein de mon monde. Je le sais, elle est là, tapie dans l'ombre, son oeil avide flamboyant de faims voraces.

J'approche. Fine silhouette qui ne fait qu'un avec l'eau, elle est moi, je suis elle. Difficile union, immuable mariage, enfant improbable.

Je louvoie doucement, glissant sans heurts, voguant, dansant peut être. L'air ne me manque pas, il ne me manquera jamais tant que je valserais au coeur de ma mère. Je ferme les yeux, cachant a l'improbable l'éclat étrange de mes prunelles. Je n'ai pas besoin de voir, je sais, je connais. Les moindres recoins, les moindres soupirs, le plus petit gémissement. Elle est moi.

Homme.

Un homme.

Je ne me rappelle plus, je ne sais plus. Le souffle de la vie le quitte. Je suis cette ombre qui décidera peut être de le laisser mourir. Mais qu'est ce que la vie ou la mort ici ? Ce qu'Elle décide ? Je l'ai toujours défié, petit pantin amusé, goguenard qui se moque des puissants. Elle m'a...Tué ? Pris ? Je ne sais pas. Je suis un nouveau né, quelque chose d'étrange, d'oublié peut être.

Un homme.

Dois je ? Il me suffit de tendre la main...De toucher cette peau qui me semble si bizarre. Comme un relent oublié dans le temps. Dois je ?

Un homme.

Le laisserais je a Elle ? Sera-t-il cette offrande innocente d'un monde qu'il ne connait pas ? J'ai mal. La douleur m'étreint la poitrine. Qu'est ce que ? Je ne sais pas. J'ai juste...Mal.

Alors je tends le bras.

Il vivra. Si le temps le lui ai donné. Si le temps nous ai offert. Bête immonde, sentiras-tu la chair ? Peur ? Non, j'ai oublié ce que c'était. Ais je déjà su ? Parfois un parfum remonte de ma mémoire. Comme un arôme immortel. Je suis...Je ne sais plus.

Je serre le corps contre moi et lève la tête. Là. Là où se joue la musique du ciel. Il faut que je...le sauve ?

Mes jambes dansent, l'eau m'offre le bonheur d'ouvrir son manteau avec un sourire. Là où l'homme se noie, je vis. A jamais.

Ensemble, nous crevons la surface. Ensemble. Peut être est il trop tard ?

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MessageSujet: Re: Phobie   Mer 8 Avr - 23:49

Ce n’est qu’un éclat. Une ombre parmi les ombres. Elle se glisse dans l’eau comme si elle dansait. C’est juste une silhouette, un homme étrange qui s’approche. Mais déjà Alcibiades sombre, plus profond encore. Dans une étreinte mortelle. Pas de sel entre ses lèvres. Peut-être du sel au fond de ses yeux. Mais déjà sa main se lasse d’espérer la surface.


C’est bien le Styx alors qui appelle l’enchanteresse sirène.



Il y a une chevelure ondoyante. Les algues d’une mère trop aimante. L’étrange forme de ses oreilles pointues. Il le voit si mal dans le noir. Un Elfe d’eau douce? Ce sont tout ces mythes, juste quelques lectures du passé. Rien qui n’appartiennent pourtant à ses croyances. Mais il croit en ses silhouettes le pragmatique justicier. Lui qui ne croyait qu’en l’homme.


Et tout à coup tu danses.



Dans les eaux glacées il danse. Contre un corps étranger. Un corps de légende. Il le voit entre deux courants qui le bercent. Jusqu’à un lit, son tout dernier repos. De l’air, il aimerait tant en recevoir. C’est la chose la plus précieuse au monde. Juste un peu d’air il soupire les dernières bulles. Comme l’enfant s’amuse avec le savon tout en faisant la vaisselle.


S’amuser et jouer tu ne sais conjuguer ces verbes.



Il a sombré dans un cristal qui ne ressemble à rien de connu. Un monde qui n’appartient à rien de ce qu’il connaît. Les sirènes n’existent pas mais lui existe-t-il vraiment? Que peut-il en déduire? Est-la mort qui l’emporte? La mort n’a pourtant pas le visage d’un homme. Il s’élève et c’est bientôt la fin. Les étoiles meurent dans l’eau tu sais.


Non je ne sais plus je suis perdu au cœur des abysses.



Il s’élève mais c’est son âme qui sombre. Plus d’air. La douleur lancinante de ses poumons maltraités disparaît. Pour un autre mal. Un mal de velours. Une étrange torpeur. Et il s’y glisse comme dans un lit accueillant. Une couverture pourtant glacée sous laquelle il se cache. Il n’est plus le temps de jouer. Ni même de vivre. Il y a une balle.


Tu aurais dû jouer au foot c’est moins dangereux Alejo.



Ce n’est pas qu’ils avaient tous raison. Mais à quoi cela sert-il maintenant de regretter? Ne voulais-tu pas survivre? Est-ce vraiment trop tard? La lumière se décline différemment sous l’eau. Mais déjà l’eau se déchire. Libéré des entrailles d’une mère sans sel. D’un lac perdu. Dans un pays dont il ne sait rien. Et qui ne veut peut-être pas de lui.


Au bord de l’inconscience tu nais et tu pleures comme un enfant.



De l’air qui brûle ses poumons. Et il lui semble qu’il n’a jamais autant aimé la vie qu’à cet instant. Ses mains cherchent une prise salvatrice. Et ne peuvent s’accrocher qu’à une étrange chevelure. Il étreint cette sirène avec désespoir. Comme si la vie allait à nouveau le surprendre. S’arracher à lui comme une gifle. Un coup de feu.

Il l’étreint presque à le submerger. Il noie ce visage dans un désir égoïste. Il veut vivre. Il halète dans l’air. Il l’avale et l’embrasse et le dévore. Jamais il n’a manqué de quelque chose à ce point. Le soleil n’est pas vivace mais il l’éblouit tellement. Le monde lui apparaît déserté de toute présence humaine. Et lui? Il s’accroche perdu et se demande où il vient de naître.


Tournoyant dans l’onde à la recherche d’une réponse.



Il fixe hagard cette étendue d’eau. Espère une vision salutaire. Une plage ou bien un rocher? Quelque chose de solide pour qu’il puisse s’y reposer. Il ne sait toujours pas nager. Et il tient compagnie à une sirène. Une sirène bon sang! Mais cela n’existe pas! Et toi tu n’es plus censé exister. Alors où suis-je seigneur? Si tu es encore avec moi.


Supplique balbutiée dans une bouche pâteuse d’enfant martyrisé.



Dieu où es-tu? Où est ce monde que j’ai quitté bien trop vite? Trop vite pour que je ne m’y habitue. Mais s’habitue-t-on à la mort? Et ne serait-ce qu’une autre chance? Un autre départ? Comment dois-je vivre? Qui dois-je embrasser? L’espoir qui fait battre mes jambes même si je ne sais pas nager? Vis Alejo vis. Mais demande toi qui tu es.

Cela te sera peut-être salutaire qui c’est? Et la sirène ne risque-t-elle pas de se noyer? Relâche la prise dans ses cheveux. Observe son visage sous la surface. Un homme? Pose lui des questions, juste un mot. Supplie la de t’aider à nouveau. Tu vas en apprendre d’elle tu peux me croire. Et peut-être que ta dette sera bien vite remboursée. Qui sait… Qui est-ce?
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MessageSujet: Re: Phobie   Mar 12 Mai - 14:57

Parle...Parle ou hurle...Crie ou pleure, qu'importe l'état de la conscience, prouve moi qu'elle existe. Autour de nous s'étend le ventre de ma nourrice, l'horizon flotte comme une ligne sauvage et indécise qui oscille entre rêve et réalité. La réalité qui encore, a cracher l'un des siens dans l'immonde cauchemar. Vivre ? Mourir ? Tu es entre l'un et l'autre, balloté entre leur bras tendus et voraces. Tu virevolte contre l'un, contre l'autre, incapable de choisir le véritable sourire. Moi, moi j'ai oublié le choix qui ai offert, ou alors ais je choisis justement ? Qu'importe en vérité, je ne suis...Plus.

Respire.

Ouvre la bouche, car de moi tu n'aura qu'air libre. L'onde renferme ses trésors et ne les expose qu'aux yeux morts. Moi seul peut errer sur ses rythmes ondoyants sans vomir mon propre sang. Tu es lourd...Mais je suis fort, un reste de cette puissance qui m'animait avant...Avant Elle. Avant que l'eau divine ne recouvre cette terre impure. Ils trainent encore, deci delà, je peux les sentir comme chaque souffle du vent. Ils sont là, grognant et gémissant, suivit d'une plainte désespérée...Offrirais je le repas ou l'absolution ?

-La terre....La terre est dangereuse. Mais tu n'es pas une créature de l'eau, elle ne t'a pas enfanté...Peut être...Peut être...

Peut être quoi ? Trouvera-t-il le salut devant les crocs sanguinolents des chimères affamées ? Ou alors le vide abyssale des désirs perdus des Ombres...Il n'est ni l'un ni l'autre...Il est comme un souvenir perdu que je me perd a chercher encore et toujours. Etais je comme lui ? Parcourais je, haletant, les terres inconnues ? Possible, je ne sais plus. Pourquoi ma mémoire s'est elle envolée ? Effacée, gommée et réécrite ? Jamais je ne trouverais de réponse a ces questions, j'aurais beau arpenter les sentiers de ma psyché, elle me laissera seul, encore...

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MessageSujet: Re: Phobie   Lun 18 Mai - 15:33

L’étendue irréelle qui s’agite en douceur sous le soleil. Ce monde est si étrange qu’Alcibiades doute de ce qu’il voit. Qu’il doute de ce qu’il croit. Il ne peut regarder que ce visage perdu dans l’onde. Une divinité échoué dans ses rêves. Il ne sait rien de l’Après. Ouvrir les yeux et comprendre. Peut-être apprendre. Mais ne pas mourir.


Pas encore. Parce que j’ai besoin de respirer.


Il halète férocement jusqu’à briser son corps d’humain. Il chavire dans l’onde bouleversé par sa fragilité. Soulevé comme un premier né par un inconnu qui va le faire hurler. De terreur. Car il n’est pas censé exister. Ils ne sont plus censés exister. Dès lors que la balle a déchiré son monde. Dès lors que la balle a signé… Sa mort.


C’est elle qui se cache entre les vagues.
La squelettique sirène faucheuse des algues.


Il l’entend dans un écho. L’être qui chante moins qu’il ne questionne. Perdu dans l’étrange vision que lui offre cet humain s’accrochant à son cou. L’homme qui danse avec lui. La sirène murmure et ces mots explosent à la surface des choses. Des mots qui éveillent en lui des manque d’air insupportables. C’est l’eau la mer le lac l’étang qui menace qui submerge.


Qui renvoie les corps aux femmes éplorées comme une vengeance incomprise.


Alcibiades sait qu’il doit plaider sa survie. Qu’il doit lui faire comprendre qu’ici c’est un linceul qui le guette. Alors que la sirène n’y voit peut-être que la couche reposante d’un lit d’enfant. La terre promise. Cela chuchote dans son crâne. Des échos maternels des contes et des légendes. La terre qu’il embrassera de soulagement.


La terre d’huile et de goudron qui se trouve ailleurs, si loin d’ailleurs.


"J’ai besoin de la terre… je vous en prie…"


Besoin de la terre pour réapprendre à marcher. Il le supplie du regard. Étouffant ses mots sur des toussotements qui manquent de le noyer. Il crache de l’eau comme il rejette la mère de cet enfant aquatique. Cela fait mal. Il ne sait comment le convaincre. Et déjà ses jambes s’agitent sous la survie. Il s’efforce de rester à la surface.

"Pitié…"



Quand le doute laisse place à l’appel de la raison.
Quand parfois la peur se laisse réconforter de simples traits humains.

Mais de la pitié que connaît-il? A quoi doit-il s’attendre? S’il le conduit à la terre alors il n’aura plus qu’elle pour seul guide. La sirène repartira dans son monde aux ténèbres envoûtantes. Il ne le suivra pas sur terre pour lui tendre à nouveau la main. Qui aimerait-il demander. Qui êtes vous? Qui d’autres se trouvent ici? Qui suis-je?

Son esprit lui demande de s’endormir. De s’évanouir. Il y a ici trop de choses qu’il ne comprend pas. Qu’il ne comprendra pas. Juste s’endormir une seconde ou deux. Et peut-être mourir dans le silence. Tu pourrais juste mourir en silence… Mais il s’accroche et respire et sanglote rageusement dans l’onde pour vivre. Rajoutant des gouttes à cette étendue familière.


Et ouvrir la porte.
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