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 [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris

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~Echo~
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MessageSujet: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Ven 24 Avr - 20:49

Septième îlot
Chahîd, Mark (ou le club des psychopathes...), Kàxo (... +1...) et Souris (...)



    Ca brule, tout ce sable, toute cette flotte, qui s'est infiltrée sous vos
    vêtements, ce maigre rempart contre l'assaut des éléments. Vous
    vous attendiez à vous réveiller bien au chaud dans votre repaire, mais
    c'est sur une plage que vous ouvrez les yeux. Et avec à perte de vue,
    de l'eau, bleue fadasse, qui dégouline encore de vos chaussures. Froide, mais
    heureusement pas salée. Un rapide tour d'horizon vous fait rapidement
    comprendre que vous êtes dans une merde noire. Et que les corps allongés
    à coté du vôtre le sont aussi.





A quelques mètres de vous est échoué sur la plage...


Le canot sans rames : Ah oui il est splendide ce petit bateau. Avec une autre atmosphère, vous vous penseriez presque dans Pierre et Jean de Maupassant, forçant vigoureusement sur les rames pour rejoindre le Havre. Manque de bol, c'est surtout sur votre destin que vous allez vous échiner... car de rames, il n'y en a point. Vous savez ce que disent tous les designers actuels, les rames, c'est plus à la mode, c'est très surfait... c'est comme le filtre dans une cafetière. Maintenant vous avez des marcs de café (dans lesquelles vous auriez pu lire votre foutu avenir) et pas de rames.
Ah oui, l'autre ambiance ? C'est époque espagnole, vous savez, genre Christophe Colomb. C'est bien décoré oui, mais c'est plus troué que la passoire de ma grande tante.



Vous vous éveillez tous en même temps, à quelques minutes près. Au vu des circonstances, il est préférable de ne pas égorger votre camarade de malchance dans son sommeil, ni durant tout le séjour sur cette île paradisiaque. Qui sait, il pourrait vous sauver la vie plus tard .. ou au mieux ramer à votre place.
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Chahîd
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Sam 25 Avr - 17:56

"Je suis curieuse de voir...

Curieuse de voir…

Ce qui va se passer

se passer

si tu t'y perds.

Tu t’y perds
Tu t’y perds


Alors viens!

Viens
Viens


Je veille

Veille


sentir

le danger

danger

l'instinct.
Instinct"


*Carmen ?*

Crépuscule.

Les yeux ne sont pas encore ouverts, et ce qu'il sent n'est pas ce que l'on sent d'un voyage hypnotique.

Je suis peut être mourant.

Non.
Sous ses mains du sable.

Des formes sinistres entourent mon lit : moniteur cardiaque, bouteille d’oxygènes, flacon de goutte-à-goutte, boucles de tuyaux en plastique, les entrailles de la mort.


Il cherche la main dont il se souvient, l'étreinte, passive, la torpeur envahissante dans le salon du manoir, le feu doucement crépitant, les yeux noirs.

Je ferme les paupières

Verts.

Je glisse dans l’obscurité.


Fouine, à tâtons, l’instinct creuse.

Soudain je saute du lit, je file de ma chambre d’hôpital.

Un drap.

Je sors en pleine lumière, au soleil du parc d’attractions où j’ai passé tant de dimanches d’été, il y a des siècles.


Douleur aiguë dans le crâne. Il s’agite, ses doigts cherchent.

J’entends la musique des manèges.


Il rêve, oui il doit rêver, circuler, pas possible autrement.

J’inspire le parfum humide, caramélisé des pommes d’amour et du pop-corn poisseux.


Il doit être en train de rêver


Je marche droit devant moi, sans hésiter ni devant le stand de l’Ours polaire, ni devant les montagnes russes à double plongeon ni devant la grande roue, tout ça pour aller faire la queue devant la Maison de l’Horreur.


Cherche.


Mon ticket acheté, j’attends que la prochaine voiture passe le tournant et s’arrête à grand bruit devant moi.
Une fois assis, la barre de sécurité baissée pour que je ne coure aucun risque, je jette un dernier coup d’œil autour de moi, et là je la vois....


Ma route dans le dédale du manoir.
Sans elle, qui le connait si bien.
J'arrive au niveau des combles.
Mort et mélancolie...
Visiblement reconverties en dortoir collectif, les combles offrent un panorama d'une tristesse morbide, sans intimité.
Pompes funèbres, chambre mortuaire, mausolée.
Il ne m'en faut pas plus pour deviner qui s'y réfugie.
Des lits de fortune s'alignent sur toute la longueur de la pièce, séparés par des draps tendus.
Les meilleures couches se trouvent près de la cheminée, un lit un peu écarté des autres se trouve à l'autre bout de la pièce, là où je suis.
Des tables de nuit encadrent chaque lit, on y a prit grand soin.
Avant qu'on ne les dévaste.

Ces lieux étaient habités il y a peu encore.
Souvenirs ?
Reliquaire?
Musée de la mort.

Je reste sur le pas de la porte, m'imprégnant de cette atmosphère vide.
Saccagée.
Dénouant le vivant du mort sans difficulté.

Le silence y est plus épais qu'ailleurs, plus dérangeant parce que plus intime.

Je suis dans le sacro-saint.
Et je ne suis pas le seul à avoir violé le sanctuaire.
Des pas sur le sol.
Des draps défaits, des tiroirs ouverts.
Risques stupides!
La marque des humains.

J'avance vers le premier lit.
Le tiroir ouvert m'offre ses entrailles pillées comme une femme lubrique.
Les traces de poussières ont épousées des doigts fureteurs, impudiques qui ont presque tout dérobés, reste.
Un foulard blanc chiffonné.
Deux gants noirs dont j'écarte les doigts. Montants.
Pour un bras droit.
Des gants de femme. Pour dissimuler.
Quelques plaies ? Quelque brulure,

Une tare ignominieuse ?
Un membre factice?

Un homme fin et distingué.
Une diva.
L'exploration du tiroir me fait penser que j'ai affaire à un homme, car la majorité des babioles qui trainent ici appartiennent à la gente masculine. Des accessoires pour homme d'affaire chic, une chaîne de montre à gousset, des boutons de manchette en or, quelques épingles à cravate.

Un homme distingué.
Ce même homme qui a laissé sa griffe partout.

Je m'arrête pour contempler ce petit coin.
Puis entreprend de ranger ce qui a été défait.
Je ne pourrais pas remplacer ce qui a été volé, mais le dissimuler, sans aucun doute.
Je souffle sur la poussière, retend le drap.
Ainsi que je le ferais pour chaque lit, après mon passage.

Un autre, au hasard de mes pérégrinations.

Mais, y- a t-il des hasards dans l'existence ?

Un peigne en argent, un morceau de cuir enroulé protégeant une aiguille courbe, du fil et un flacon de désinfectant dont il manque déjà un quart.

Sourire vague, je ramasse le contenu.
Plongeant la main vers le fond.

Une paire de chausson de danse très fins, presque neufs, dont on a prit grand soin.
Dont elle a prit grand soin.

Je m'allonge sur son lit, recourbant la pointe, faisant craquer le renfort entre mes doigts comme je ferais craquer ses petits os.

Reprend, fureteur, l'exploration de son intimité.
Aucun bijou.
Aucune autre trace.

Je referme le précieux édifice qui m'a livré ses secrets, emportant son contenu dans sa totalité.

Souffle sur la poussière.
refais son lit, laissant juste une trace de morsure dans son oreiller.

J'observe encore la pièce me laissant guider.
Étrangement jusqu'à présent j'ai évité le lit situé entre les deux premiers que j'ai visité.

Je regarde cette chambre ouverte, en tapinois, protégée, elle m'évoque une sorte de grotte, avec des piliers.

Une grande armoire sombre plaquée contre le mur, comme un gardien impassible.
Que je n'ouvre pas.

Pas maintenant.

Je me détourne de ce champ magnétique qui brouille ma boussole interne.
Je vais vers le plus étrange.
le plus laid.
Le plus étranger.

Une chambre maniaque, impeccablement rangée à laquelle les humains, peut être par superstition n'ont pas touché.
Rien ne dépasse.
Rien n'est plus mort.
Plus muséal, ni plus froid.
Sale, poussiéreux.

Sur la table de nuit, un tas d'objets bien alignés ou empilés :
une lampe,
une montre,
des lunettes cassée,
des tas de bracelets,
chaînes,
pendentifs divers,
restes de portefeuilles.

Une collectionneuse.
Avare, possessive, cruelle ? Frustrée.
Violente.

Dans le tiroir ma main se glisse comme dans la gueule d'un crocodile:
une peluche.
J'en ris.
Contraste avec le dessus.
La violence et la douleur.
L'enfant, petit enfant ignoble.
C'est un lapin à la physionomie triste, ses grandes oreilles tombent, de la mousse sort de son ventre, misérable petite chose, inutile si ce n'est pour soigner les chagrins, les colères.
Pauvre petite victime, la chose, le support sadique.

Je m'allonge sur ce lit.
Auscultant le lapin.
Cherchant l'odeur de salive.
Puis entreprend la fouille systématique.

Sous l'oreiller un médaillon accroché à une chaîne en or.
Je l'ouvre comme ce ventre qui dégueule ses pauvres chiffons.
Une photo passée, où je distingue encore les traits d'un visage.

Jeune femme.
La propriétaire du médaillon peut-être.
Serait elle aussi narcissique pour posséder son fétiche miniature?
Son petit totem.
Poupée Vaudou
Peur d'oublier qui l'on est.
Peur de vieillir.
Remords et nostalgie.
Je pense au portrait de Dorian Gray.
A-t-elle encore aujourd'hui le visage, ce visage qui s'est estompé?

Le regard fixe l'objectif sans pudeur.
Avec affront.
De ces affronts presque invisibles.
Qui vous mord la gueule comme un chien enragé.
Meurtrier.

Je retire la photo.
La glisse dans ma poche.
Replace le médaillon là où je l'ai trouvé.

Mon corps bascule comme un plongeur.

Des vêtements de femmes déchirés en paquet.
Le fouillis que cache ce lit n'a rien à voir avec la table de chevet.
Jetés.
Souillés.
Débarrassés.
honteux.
Sales.
Mais empilés dans un coin une pile de vêtements de petite fille pliés.
Soignés.
Maniaque.
La chemise du dessus est couverte de sang.
Je renifle l'ignominie de son possesseur.
Me réjouissant de notre inévitable rencontre.

Souffle sur la poussière.
Refait le lit, en prenant soin de découdre la couture latérale de l'oreiller pour en laisser sortir les entrailles.
A la manière de ce lapin que je viens de glisser dans ma chemise.
Elle, je la pille.
Et je lui fais savoir.

Je récupère mon butin.
L'unique butin que j'ai prit, par pure utilité cette fois.

Les affaires de Carmen.
En plus de ce misérable compagnon dont je crèverais un jour le mystère comme on lui a arraché les yeux.

Je n'ai toujours pas trouvé ce que je cherche.


Dernier lit, celui que j'ai évité tout à l'heure.
Les autres ont trop été retournés pour que je m'y attarde.
Mais je les refais tous.
avec soin.
Comme s'ils étaient mes enfants morts.
Je range et referme leur tiroirs, jusqu'au dernier.

J'approche enfin de la grande armoire. Pose mon paquet sur le lit.
Et l'ouvres.

La porte grince et j'ai froid.
Quelques tenues anodines.

Une cape noire...deux.....
Une cape comme celle que portait la grise.....

C'est donc là que tu vivais.....
Ma main tremble.
Des pépites, comme des jouets d'enfant, de petits bijoux d’argent abandonnés.
Une robe noire en boule. Une mèche de cheveux.
Rouge comme le sang.
Je pense à l'humaine...
Un miroir.

Et enfin, des armes : des dagues en argent, comme celle que je lui avais volé.
De la corde.


Ma main tremble.
Je ramasse les lames, et la corde, que j'enroule autour de ma taille sous ma chemise.
Referme l'armoire.

Je ne m'allonge pas sur son lit.
je me contente de le refaire, avec plus d'attention.

Je ne veux pas me laisser submerger.
Ma main tremble;
Le petit tiroir est déjà ouvert.
La rage me fait trembler tout le bras.
Des plantes, au parfum passé, aigre.

Je le referme, avec cette sensation d'étouffer.
je dois sortir.

je récupère mon butin et quitte la pièce après un avoir jeté un dernier coup d'œil.
d'ici, on pourrait croire que personne n'a pénétré les lieux.
S'il n'y avait cet oreiller qui vomi et qui semble crier dans le noir.


A milieu des curieux, c'est elle que je vois.
Je lui fais signe des deux bras, je l'appelle, si fort que tout le monde entend,

"Kalia, Kalia!"



Dans le drap gorgé d’eau.


A cet instant, la voiture bondit en avant et heurte la double porte, qui s'ouvre et me précipite dans l'énorme gueule noire.


Des lames,

Je recule aussi loin que je peux et,


un lapin,

avant d'être avalé par l'obscurité,

une photo décollée,

je crie de nouveau


un peigne en argent,

"Kalia! Comment j'étais, Kalia?


un morceau de cuir, une aiguille courbe, du fil, un flacon, un … chausson….

"Je suis curieuse de voir...

Curieuse de voir…

Ce qui va se passer

se passer

si tu t'y perds.

Tu t’y perds
Tu t’y perds


Alors viens!

Viens
Viens


Je veille

Veille


sentir

le danger

danger

l'instinct.
Instinct"


*Carmen ?*


des chiffons, non un semblant de pantalon et une chemise.

Alors même que je soulève la tête de l'oreiller pour tenter d'évacuer le rêve, les mots restent coincés dans ma gorge:
"Comment j'étais Kalia ? Kalia, comment j'étais?"


Autour de son corps nu, une brulure laissée par une corde, la peau cisaillée, brulée par le soleil.

Mais Kalia est six pieds sous terre.
Froide comme la pierre depuis des siècles, dans un simple cercueil en pin surement.


Il ne veut pas,

Que reste-t-il d'elle?
Juste des os.
Les microbes ont surement nettoyé chaque lambeau de chair.
Quelques mèches de fins cheveux blonds peut-être, et des bouts de cartilage encore accrochés aux extrémités des plus gros os


ne peut pas comprendre.

le fémur et le tibia.

Qu'il ne rêve pas....

Oui, c'est fini depuis longtemps. Crevée et décomposée. plus rien que des cheveux, du cartilage, des os.
Et son image qui hante mes souvenirs et mes rêves.
J'ai consacré ma vie dans ce lit d'hôpital à conquérir l'approbation de cette pute morte.


"Je suis curieuse de voir...

Curieuse de voir…

Ce qui va se passer

se passer

si tu t'y perds.

Tu t’y perds
Tu t’y perds


Alors viens!

Viens
Viens


Je veille

Veille


sentir

le danger

danger

l'instinct.
Instinct"


"Carmen !"

C'est le premier mot. Le premier son, un chuchotement, la première pensée distincte sous ce soleil de plomb.

Crépuscule.


Il n'ouvre pas les yeux les bras enfoncés dans le sable et le corps brulant, il entend des corps autour de lui, mais il ne veut pas les ouvrir ses yeux.




"Les rêves ne sont ni impénétrables ni immuables.
Ils ne sont que des outils.
Des instruments.
Des couloirs.
Le cordon.
Le cordon....


D'autres mots se succèdent, adressés au vent, au soleil.

" Presque toute ma vie j'ai joué avec les rêves.
J'ai appris à les apprivoiser, à les dépecer, à les reconstruire.
Je sais comment extraire des rêves leurs secrets.
Donne moi ta main. S'il te plais."



Il sent bien qu'il n'est pas seul. et que ce n'est pas elle qui s'approche de lui.


"Carmen?"

Ses narines se dilatent et inspirent lentement une longue bouffée d'air chaud.

En laissant ma tête retomber sur l'oreiller, je suis donc parti remonter le fil du rêve jusqu'au moment où je grimpe dans la voiture de la Maison de l'Horreur.


"Ce rêve la non plus, ne m'échappera pas."

La voiture s'arrête brutalement, me projette contre la barre de protection et, l'instant d'après, elle change de direction et recule lentement par-delà les portes battantes pour ressortir dans le soleil de....


* la.... Vallée... je suis encore... dans... la Vallée....*


Je crie en agitant les deux bras:


"Kalia, Kalia! Comment j'étais?"


JE LA VOIS SE FRAYER UN CHEMIN DANS LA FOULE BOUSCULER LES GENS A DROITE ET A GAUCHE ELLE DÉVERROUILLE LA BARRE DE SÉCURITÉ POUR M'EXTRAIRE DE LA VOITURE



"Nous avons l'art, a dit Nietzsche, pour ne pas périr de la vérité"





*Je la regarde.... *

Le soleil l'éblouit.
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Mark Sänger
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Sam 25 Avr - 19:41

Qui survivrait avec du plomb dans la cervelle ?
Personne.
Pourtant, les pensées de Mark ne furent pas soufflées par la balle, lorsque celle ci se logea dans son crâne. Après avoir été engloutit sous les flots de la douleur, notre truand se retrouva immergé au plus profond des abysses. Son esprit, encore englué dans le traumatisme, ne parvenait pas à faire la part des choses. Mai, peu à peu, la brume se dissipait, libérant ses pensées rationnelles : Une telle blessure ne pouvait être que fatale.

Mais Mark ne croyait pas en Dieu, au Paradis ou à la Résurrection. S'il était mort, alors son cerveau ne fonctionnait plus et, par là même, il ne pouvait plus penser. Je pense, donc je suis, comme dirait l'autre... Cet état de fait encré au plus profond de lui même, l'ex chef de gang se tourna vers ses sensations. Sa blessure ne lui faisait pas mal. Les terminaisons nerveuses étaient probablement grillées, sans compter la bonne partie de matière grise qui devait certainement s'être changée en purée infâme. D'ailleurs, la plaie devait beaucoup saigner : Mark se sentait baigner dans son propre sang, sa tête flottant littéralement dedans, pendant que ses épaules étaient trempées de ce liquide froid.
Froid ?
Pourtant, le sang est réputé pour être chaud. Mark avait dû être inconscient pendant un moment, pour que son fluide vital soit déjà aussi glacial. D'ailleurs, vu que seul le tiers supérieur de son corps y baignait, notre bonhomme en conclut que le sol devait être très certainement en pente douce. S'étirant, l'homme eut tout le loisir d'éprouver le moelleux tapis de sable sur lequel il était étendu, attrappant même une poignée de ce sol étrange. La transformation du bitume crasseux en sable ne choqua pourtant pas Mark. Son tueur avait peut être transporté son corps dans un bac à sable. Pourquoi ?

Il n'aurait su le dire.

Lentement, notre monsieur muscles (cachés) ouvrit les paupières. Ce qu'il vit en premier fut le ciel. Un ciel bleu, vide et immense. Il n'était plus dans cette ruelle sordide, c'était une évidence... car le ciel y était à peine visible, semblable à une mince bande grise entre les masses sombres des buildings. Instinctivement, il porta sa main à son front. Aucun impact ne le marquait. Ce coup de feu n'était il qu'un mauvais rêve ? Un cauchemar qui lui était venu, après avoir abusé des substances les plus crades et les plus psychédéliques possibles. Après tout, ça lui était déjà arrivé avant. Pourtant, il y avait quelque chose, ici, qui lui soufflait une cruelle vérité à l'oreille. La balle était vraie. Lui, étendu dans son propre sang, c'était vrai.

Soupirant, l'ex-truand se redressa.
Il se rendit vite compte que le liquide dans lequel il baignait n'était pas du sang, mais tout simplement de l'eau. En vérité, Mark était échoué sur la petite plage d'une minuscule ile sablonneuse, plantée au milieu de l'eau.
Et de l'eau, il n'y avait que ça, à perte de vue...

D'un geste machinal, l'individu rabattit sa chevelure trempée en arrière, avant de gratter sa perpétuelle barbe de quelques jours. Le misérable ilot sur lequel il avait échoué ne pouvait rien cacher de ce qu'il possédait : une barque et deux autres gens. Mark n'eut pas vraiment le temps de se demander comment et pourquoi il était ici, après avoir s'être fait trouer le crâne, tant ses camarades avaient une allure étrange. Ils semblaient humains et, pourtant, avait quelque chose de... bestial. Il fille semblait encore inconsciente, mais l'autre ouvrait déjà les yeux, visiblement éblouit par la lueur agressive de l'astre solaire.

Sur ses gardes, prêt à se défendre, l'humain le laissa reprendre ses esprits, avant de lancer d'une voix brusque :


Vous êtes qui exactement ? Et c'est quoi cet endroit ?

Bah oui hein, quand on a jamais habité Hollow Dream avant, on doit être doublement surprit de se réveiller là.
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Chahîd
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Lun 27 Avr - 15:53

Vous êtes qui exactement ? Et c'est quoi cet endroit ?






"Depuis tout petit je veux tuer le ciel "


à cause de ma mère qui disait souvent:
le ciel, c'est grand Yoshe, pour nous rappeler qu'on n'est pas grand chose dessous.
La vie , ça ressemble en pire à tout ce gris du ciel avec ces saloperies de nuages qui pissent que du malheur.
tous les hommes ont la tête dans les nuages. Qu'ils y restent donc, comme ton abruti de père qui est parti faire le tour du monde avec une poule



"Si je tue le ciel, ça va la calmer"



Un rire affreux et ces phrases énigmatiques en guise de réponse à cette voix rauque qui l'agresse.

Sable, que du sable... qui file entre les doigts.
Et l'odeur désagréable d'un humain.
XY.

Qui parle fort.
Qui ne sait pas où il est.
Qui ne sait pas qui il est.

Quelques mètres les séparent, mais il reste couché.


"Approche, que je vois ta gueule, j'aime pas qu'on me réveille avec un tel manque de tact.
C'est toi qui va décliner ton identité et ce dont tu te souviens.
Après, je te dirais comment je m'appelle, si j'en ai encore envie.
Oui c'est ça, après, peut être qu'on causera."



Quand il étudiait la médecine, il avait apprit l'art de regarder, d'écouter et de toucher. Il regardait les gorges vermillon, les tympans gonflés et les circonvolutions artérielles dans la rétine. Il écoutait le chuintement du murmure mitral, les gargouillis des intestins, la cacophonie du râle des poumons. Il touchait les bords glissant de la rate et du foie, la tension des kystes ovariens, la dureté de marbre du cancer de la prostate.
En apprendre sur le patient, c'était ça l'affaire de l'école de médecine.

Mais apprendre des patients ?
Cet aspect arriva bien plus tard.

Quand il devint un psychiatre manipulateur.

Et ce corps là vibrait de milles choses, toutes plus factices les unes que les autres, mais qui auraient pu intéresser le praticien.
Encore curieux.
Toutes ces choses pour n'en cacher qu'une que la chimère, en revanche, éprouvait d'instinct à la manière dont il s'était redressé, faisant résonner le sol dans ses os.

Petit.
Courbé.
Brutal.
Un nabot qui manquait de cervelle à défaut d'estomac mais, un dissimulateur professionnel de ces petites médiocrités qui forgent les brutes au fer chaud.
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Kàxo
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Dim 3 Mai - 19:18

Ses souvenirs s'égrainent au rythme du grand sablier du temps. Perdus à jamais ou seulement égarés, chaque grain de sable disparaît emportant avec lui un morceau su puzzle de sa vie. Les fragments épars ce diluent dans l'eau, perdus... Définitivement?

Après...
… La pureté glacée.
… Le passage de cet homme et des bêtes.
… Toi.
… Moi.
… La peur.
… Le confusion.
… L'horreur.
… L'incompréhension.
… Le néant.
Après...
… L'éveil.
… La tiédeur.
… Le calme.
… L'odeur de bois mouillé.
… Les fleurs nouvellement écloses.
...La caresse de la pluie.
… La chaleur de cette créature à la chevelure de feu.
… L'instinct.
… Le déluge.
… La vague apocalyptique.
… Le néant.

… L'eau est monté si vite, j'ai eu beau courir, chercher un abri, je n'ai pas pu éviter les quatre cavaliers de l'apocalypse. L'un m'a fait tomber, un autre m'a maintenu la tête sous l'eau alors que les deux autres riaient à en perde la raison.

L'apaisante enveloppe de l'étendue d'eau lui était agréable, à cette jeune femme égarée. Rassurante, comme le liquide amniotique dont elle n'aurait jamais du quitter le réconfort. Elle s'abandonnait, victime d'une vie idéalisée. Les yeux clos, la torpeur doucement la gagnait. Abandon.

Un jour tu avait décidé de prendre les armes.
Un jour tu avait pris le contrôle de ton destin.
Te souvient-tu de la sensation?
Te souvient tu de cette chaude détermination?
A-tu oublié pourquoi?
A-tu oublié qui tu est?

J'avais effectivement perdu jusque moindre souvenir composant mon identité. Envolés les souvenirs du tissage de mon passé. A quoi bon lutter alors que je n'ai rien à quoi me raccrocher? Pourtant une sensation me noue l'estomac, croissante, redoublant de violence, une douleur pleine de force qui dit que je ne fait pas le bon choix.

Tu est capable de mieux...
… De plus...
… Tu n'en a pas encore terminé.

Alors les grands yeux de Cendrillons s'ouvrent dans l'immensité liquide. Ses sens s'aiguisent et la force à s'animer, lui insufflant une faim vorace.

Il ne lui reste que peu d'air dans les poumons... La mort est proche...

...Sa gorge se serre,
Son sang brule comme de lave,
Incendie chaque molécule,
Son visage de poupée se déforme de douleur,
Son esprit est colonisé par des fourmis hystériques,
Des convulsions la violente...

Ses grands yeux, dont l'un est souillé à jamais par la marque sanguine du diable, scrutent le néant.

… Ses anciennes plaies reviennent à la vie,
Béantes et sanguinolentes,
Liquide vital qui se dilue dans l'eau...

Comme la Bête, Cendrillon c'est métamorphosée... Dans le sens inverse. De la logique? De la normalité? La souillon à muté en humanoïde plein d'animalité.

… Deux crocs de carnassier,
Un teint de vampire,
Des griffes de fauve,
Une gueule de requin mal située,
On pourrait penser que c'est halloween...

Aucune logique ne fait loi en ses lieux. Halloween est fêté chaque jour. Et je reste une coquille vide avec des atours de carnaval.

Le manque d'oxygène me compresse. Je balance mes jambes pour trouver la surface, et mon salut. Je ne m'attarde pas sur la douleur, ni sur la fatigue proche de l'épuisement. Ma survie avant tout. Pour ce qui est du reste...

A la limite, sa tête sort de l'eau, à cette erreur de la nature. Elle à frôlée la vie, une fois de plus. Ses poumons, avides se remplissent d'air salvateur. La mort s'en ait allée, déçue, pendant que la jeune femme savoure le simple fait d'être en vie. Peut être pas pour longtemps, pense-t-elle, alors qu'elle constate l'étendue d'eau qui l'entoure à perte de vue. Nul autre choix que de nager, mais combien de temps ses forces lui permettrons d'avancer? A la surface, flottent, un grand nombre de débris qui sont autant d'obstacles dans sa progression.

Peu d'espoir d'en sortir, voilà à quoi je pense, en colère. En colère du ridicule et de l'injustice de la situation, réchapper de justesse à une mort certaine, pour m'y voir confrontée encore peu de temps après. Mes bras commencent à faiblir et devenir douloureux.

Comme un miracle,
Un tronc large et épais,
Bouée de sauvetage,
Tu t'y agrippe,
Tu t'y accroche,
Et tes grands yeux se ferment,
Trouvant un peu de repos,
Le temps file,
Et comme soudée à lui,
Tu étreint le tronc,
Ne voulant pour rien au monde le lâcher,
Mais tes dernières forces te quittent,
Tes bras glissent,
Quittent ton refuge,
L'eau t'emporte,
Te berce,
Jusqu'à te laisser échouée,
Sur le sable.
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Chahîd
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Dim 3 Mai - 21:15


Un autre corps vibre de mille choses,

Tu sens ?


piétiné par des cavaliers, des insectes, des nuées,

...


balayé par la rage, sang, l'odeur du sang c'est noir
c'est si noir tout ce sang....

Tu bande.

ou blanc

avec des taches
des taches de sang
tout est rouge, dans ses yeux partout, le ciel, la pression monte dans ses veines, sa chair, les veines si vides, si mortes, artères comme du verre et les os qui vibrent.



Un autre corps rampe lisse ensablé mouillé imbibé, sang
c'est si noir,
coagulé
un froid brutal, envahissant, un bruit râpeux, la chair qui roule, s'écorche, le corps laiteux
D'une femelle...

Dans les draps
c'est mon drap
sa robe

un drap
un drapé.

Le drapé de sa robe et sa peau.
Des plis de mémoire.
Dans les plis de sa mémoire dans les replis de sa chair si infime si infime la chair vidée de sang,

mon sang, tout mon sang
son sang
tout son sang


....


Drap
Un corps drapé, enveloppé, la charogne enterrée, éventrée, poignardée, l'odeur de son sang qui coule, écoulé, disparu, séché, coagulé.


Elle respire

ça respire.


...


Quoi!


Tu sens?




Déco nne xion i mm i nen te



Un grognement sourd qui part de l'estomac, une gerbe de cris, un geyser de sable.
C'est brutal, atroce, brûlant, des cris, des fourmis dans ses membres et il bande,
un kriss qui vibre et rayonne
affamé
la lame et des vagues de nausée, la lame qui réclame son tribut.




Nourris-moi !





Dans ses veines son cerveau déconnecté, déconnecté, pulsent.


Déconnecte-moi



Il ouvre enfin les yeux, des yeux exorbités. Ses yeux qui cherchent le soleil, une ombre, le corps, l'obstacle qui cache ce grand soleil rouge halluciné. Il hurle. Maintenant accroupi.

"Qu'est ce que tu disais! Qu'est ce que tu demandais! L'homme ! "



Il se sent crocodile, la gazelle qui boit, les petites jambes, la blesser à la gorge, la saigner, saigner son ventre, éviscérer, lécher, laper sa vidange, respirer ses draps.

Une femelle.

Acide, un filet de salive lui coule de la lèvre, et il se redresse bondissant en avant, chimère, et la bête est dans le rouge, ne voit que du rouge, griffe la jambe, crochète l'obstacle, juste assez, juste un peu, pour le faire tomber, écouler la colère, accroupi et nu il renifle cette odeur si familière si pénible, dans un grognement enfoui son visage dans le sable pour ne plus voir tout ce rouge, ne plus sentir, l'odeur, comme aveugle, ouvre tes yeux, ouvre mes yeux, un fauve qui cherche une proie
il redresse la tête et ses cheveux laisse couler des litres de sable qu'il prend pour du sang.
Lèche sa main, les grains, la lymphe de la plaie de l'autre.


Il était tout en haut de son arbre, perché.
Arbre fruitier
Une pomme
Un fruit
Trop mur, détaché


Détache moi.
Attache moi.
Libère moi
Ne la touche pas


Attendre.
L'attendre.
Déconnecté. Juste laisser, oublier.

Déconnecte-toi.




"Mais ferme là ta grande gueule!!"


Un rugissement puis plus rien, que des traces à quatre pattes, nourrisson, ours, animal, bestial, et le corps envouté qui arrache le reste du corps à la flotte et la robe déchirée gorgée d'eau contre lui la serre à la broyer la mâcher rien de cela il déchire le col la chose le tissu penche la bouche vers le cœur là où ça doit être respire et écoute puis revient son visage ensablé sale visage l'autre main dans ses cheveux et les tire en arrière délivre la bouche et les lèvres sur le coté l'eau file il l'ouvre l'écartant de ses doigts, dévoilant des crocs pose ses lèvres il appuie sa chair ce qui reste et insuffle à la morte

la foi du rêveur.




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Kàxo
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Mar 5 Mai - 12:09

Elle tousse puis crache l'eau ingérée contre son grès. Prise dans un étau elle se sent prisonnière, à la limite de la claustrophobie. Lentement elle ouvre les yeux, et la lumière lui agresse les pupilles jusqu'à ce que sa vue s'adapte. Sa prison n'est autre qu'un homme, dont elle sens l'odeur bestiale, si fort qu'elle en à presque la tête qui tourne. Hébétée elle n'ose bouger, observe, rassemble ses esprits.

Rien que le vide de tes pensées...
Des souvenirs neufs...
Rien de vieux...
La bande de la vidéo à été effacée...
Le disque dur formaté.

Je l'étudie, et mes yeux rencontrent les siens clairs comme l'eau, et s'y perdent, hypnotisée. Cette scène ne m'est pas étrangère, comme si ce rejouait un vieux film déjà visionné. Je détaille ma prison, et le peu que je parviens à apercevoir, compte tenu de la posture dans laquelle je me trouve, m'indique que l'homme est apparemment nu. Ai-je atterri dans un camp de nudiste, ai-je affaire à un descendant de Robinson Crusoé? Un fou excentrique peut être? La pression qu'il inflige à mon corps est forte, violente. Mes plaies fraîchement réouvertes me font souffrir, elle se meuvent voulant quelque chose. Téter, sucer, mordre? Je grimace, fronce les sourcils de mécontentement. Certes cet homme à l'air de m'avoir sauvé, mais s'il l'a fait pour ensuite me briser les os je n'en voit pas l'utilité.

Cette chair contre la tienne te brûle,
Tel un acide,
Ronge,
Ton rythme cardiaque s'accélère,
Ton sang bouillonne,
Entre tes jambes il y a cette chose qui palpite,
Avide,
Tu a faim,
D'un appétit primaire,
Insatiable.

Elle ne peut pas rester ainsi, la Bête. Ça aurait été la Belle qui l'enserrait si fort, son cœur se serait gorgé d'amour et elle aurait partagé cette étreinte. Mais c'est un étranger, a l'animalité aussi présente que la sienne, qui ose disposer de son corps sans pudeur. Aucune appartenance ne peu apaiser cette hargne qui monte.

Les crocs plantés,
Dans son biceps,
Un mouvement,
Pour se libérer,
Un bond en arrière,
Pour s'éloigner,
A quatre pattes,
observe.

Le souffle court, je me demande comment je suis parvenu à quitter les bras de cet homme, dont j'ai sentis la force sur ma peau. Ma carcasse est lourde, d'épuisement. Je reste postée, accroupie comme une grenouille, les griffes plantées dans le sable. Je ne quitte pas l'homme dénudé du regard. Il a le visage souillé de sable, on dirait un sauvage, un homme des bois, un fou. Sur son bras, je peu distinguer le mince filet de sang s'écoulant de la blessure que j'y ai laissé. J'halete comme un animal qui à trop chaud, a la fois intriguée, perdue et excitée.

Dans ton cerveau,
De la lave,
Dans ton cœur,
Un fauve.

Du coin de l'œil elle à bien vu qu'ils n'étaient pas seuls ici. Mais elle ne balaye pas les lieux du regard, ne voulant pas lâcher celui qui pourrait être à la fois proie et prédateur. Ses sens sont trop enflammés, à la blonde, pour pourvoir analyser et prendre des décisions rationnelles. Elle se sent comme un nouveau né qu'on à arraché au ventre de sa mère, voulant y retourner pour goûter encore à sa chaleur réconfortante. Ses plaies comme autant de gueules hurlent en silence un cri de guerre.

Dans un lointain recoin de mon esprit,
Il y a une petit voix qui me dit «Gare!».
Enfouis dans les décombres de ma mémoire,
Il y a quelqu'un qui me souffle «Méfiance!».
Dans mon cœur,
Il un écho qui clame «Prudence!».
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Chahîd
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Mar 5 Mai - 18:54




Se repaitre de son sang,
son souffle,
sa peau blanche,
ses vaisseaux
si fins,
respirer

l'air qu'elle expulse et l'eau tiède du sang sa toux fluide
éclaboussure,
du sang et des larmes anciennes,
avaler son dernier souffle,
son premier cri.


Mais elle ne crie pas.

Restez calme


Elle mord.


Brûlure.


Elle bondit hors de ses bras, détachée de son corps recroquevillé, araignée.
Comme un souffle qui passe.
Légère.
Ne laisse qu'une sensation de froid.
En toi.
Et la trace de ses crocs sur ton bras, dans l'air brulant.


Vous allez subir




Il lèche
lape
goute
dévore

Son sang.
Mon sang.


La plaie se referme lentement, fabrique de l'araignée, qui fait sa petite couture organique, chimérique,
une bouche lui pince la lèvre
ses tentacules,

t'étouffent
m'excitent






un choc électrique





Elle est à quatre patte, le dos courbé, essoufflée,

si peu,
pas assez,
ses yeux...


pic,
tranchant,
poignards
rasoirs

ses pupilles dilatées le défient, l'appellent, ses yeux ,

bleus
rouges


pairs

bleus
rouges


de femelle.



Sourire mauvais...


Il se redresse rassemble, ouvre la trappe, sa trappe, à quatre pattes.
Fixe
Pointe
Pique
Plante
ses yeux dans la béance claire et rouge
observe la peau immaculée
grogne et salive
gronde
pas un mot qui ne sorte de sa gueule aux abois
exhibant juste son désir et son tourment
la folie qui avance
comme l'araignée
et fait vibrer sa toile
d'animal
violonne ses nerfs
archet qui griffe ses neurones
tout est corde
arc


Vous allez subir


électrique
électrifié
béant
déchiré
à l'intérieur
tout crie
famine

j'ai
faim
mal


tout casse




un choc électrique



éloignez vous du corps de la victime


Il la toise, la dévore, loin, de loin.




Analyse en cours




elle le toise, contamine, fixe
enroule
ses tentacules


je répète, éloignez vous du corps de la victime


resserre autour
ses muscles
os
crocs

Scène
300
400
1000
1 million de personnes qui ne se connaissent pas s'assemblent 2 par 2
en réalité ils ne sont que 2
rien que 2

elle et lui
lui et elle

et se posent mutuellement et sans relâche une seule et même question


"Que désire-tu?"



CHOC


Une question innocente et sa réponse l'est encore plus.
Pourtant chaque fois qu'elle se pose cette question si simple.
En quelques secondes l'émotion submerge l'un des deux protagonistes.

L'Homme?
La Femme?

La Chimère?

Ils ne sont pourtant ni démunis ni désespérés....

Je suis...
Ta gueule!
Elle est...
Là!


Appel à celui ou à celle qu'ils ont à jamais perdu.
Dans un grognement.
Par morsure

Morte.
Absent.


"Je veux te revoir"
"Je veux ton amour"
"Je veux que tu saches que je t'aime"
"Je regrette de ne l'avoir jamais dit"
"Je veux que tu reviennes"
"Je me sens seul"

Je veux que tu te souviennes de moi
Je veux te faire payer d'être encore plus vivante aujourd'hui qu'hier


Désirs.
attente.
Peine
Proches de la surface
Prêts à jaillir.
Impossible à dire ça quand on n'est plus un humain.


Analyse en cours



Mais une bête.


Reprenez le massage cardiaque




Plus un mouvement, des sons extérieurs lui parviennent, des voix assourdies, des bruits, des feulements, des dents, queue, poings, sable, que du sable.


Une souffrance toujours présente, frémissante, juste sous l'épiderme. Trop facilement accessible.
Un prêche
Un exercice
Une peinture vivante
Une œuvre d'art
Une crise
Une disparition
Une scarification
Un baiser
Une guerre
Un coup de couteau

Dans ses yeux le passé
Bleu
et rouge
comme des ecchymoses.

Je veux!
Je veux!

C'est le cri qui résonne dans chacune de ses cellules, de ses fibres, de ses terminaisons nerveuses.





"Je veux que tu revienne"

"Je veux baiser toutes les femmes qui te ressemblent"
"Je n'ai jamais pu baiser une femme qui te ressemble"

"Je veux que ton cancer me ronge jusqu'à la moelle"



Et il attend, bourreau ou victime qu'elle efface l'écart qu'elle a mit entre elle et lui par un simple bond.
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Kàxo
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Mar 19 Mai - 12:46

Prématurée,
Tu n'a pas demandée à naître,
Pourtant te voilà,
A devoir affronter,
Un monde,
Des êtres,
Toi même,
Dont tu ne sais rien.

Dans son regard elle cache sa peur de femme. Elle sent du danger, une menace qu'elle n'a pas encore réussie à évaluer. Tout autant que l'odeur d'un autre animal non loin, et celle aussi, fade et répugnante, d'un homme. Ils sont quatre, et elle ne sait pas ce qu'ils sont ni où ils se trouvent. Elle ne sait rien et cela la rend folle de rage.

Il te reste,
Encore,
Ton instinct,
Ton intuition,
Ta faim...

Il lèche les traces de sang, et sa plaie se referme, comme par enchantement. L'étonnement, ainsi que de la curiosité doivent être lisible sur mon visage, qui s'incline de trente degrés sur la gauche, les yeux ronds je regarde l'homme, si intensément que mes pupilles pourraient le happer d'un instant à l'autre. L'homme? Il y à de ça chez lui, mais il n'en ai pas un.

… Il te reste à découvrir,
Encore,
Ce qu'il est,
Ce que tu est,
Ce qu'est l'autre non loin,
Où vous êtes,
Pourquoi.

Ses doigts éteignent le sable, au petit animal, celui qu'on trouvait si mignon dans la vitrine, mais qui une fois arrivé dans l'appartement saccagea tout. L'univers ondule dans ses pupilles, à la bête qui n'est pas faite pour être captive. Dans sa bouche un goût de sang, celui de cet autre, dans les yeux duquel elle est sur le point de se noyer.

Il y a un désir,
Incontrôlable.
Il y a une frustration,
Intolérable.
Il y à une appétence,
A nourrir.
Il y a un manque,
A combler.

Ma langue caresse mes lèvres, à la rencontre d'un reste de son sang. Le goût est exquis et j'en veux encore. Mon corps me le dit, le manifeste. Mes plaies fébriles trépignent d'impatience. Comme sous l'effet d'une drogue dont on n'est jamais rassasié. Et sur son visage à lui un sourire venu de l'enfer ce dessine, alors qu'il bouge sans me quitter du regard. Comme s'il me gardait captive seulement en me regardant. Je lis en lui l'écho de ce qui m'anime.

Tu devine,
Un lien,
Une similitude.
Tu sens,
Une odeur,
Familière.

Sa tête reviens en position droite, et de grenouille elle devient panthère. A quatre pattes elle avance doucement, avec méfiance, juste de quelques centimètres. Elle réduit la distance qui les sépare tout en gardant un espace de sécurité. Sur ses gardes, prête à bondir, elle le dévisage, cherchant des réponses à des questions inconnues. De minces filets bavent des entailles qui couvrent son corps, alors qu'elle émet un sont, mélange entre grognement et ronronnement.

Ton sexe veux mordre,
Tes griffes entailler,
Ta langue lécher,
Laper,
Ta peau te brûle,
A hurler.
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~Echo~
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Lun 1 Juin - 23:39

Eh bien eh bien mes agneaux, on fait la sieste sur le sable chaud? On se dit que si on reste sans bouger, le tyrannosaure ne nous verra pas? Oh allons, depuis tout ce temps, vous m'avez habitué à moins de naïveté...

L'eau monte, jeunes gens. Elle monte vite. A vue d'oeil. Elle est froide. Et je serais vous, je ne ferais pas confiance à ce qu'elle cache.

Alors il est temps d'assumer, il est temps de se décider. Certains d'entre vous ne peuvent pas s'exprimer? Pour une fois, je vous autorise à leur griller la priorité: c'est la panique, l'eau monte, et il faut décider.

Vers où voulez-vous mener votre embarcation. Au Nord? L'Est? L'Ouest? Le Sud?

Choissisez mes chers amis, choisissez. Il me faut au moins une décision par groupe. La première, la majoritaire, que sais-je? Tant pis si vous n'avez pas le temps de discuter, tout le monde n'aura pas le temps de donner son avis. Je n'exige qu'un message. Au moins une voix, un choix.

Sachant que la suite de vos aventures en dépend.


Choisissez. Peut-être que vous aurez de la chance.

Ou pas.


Vous avez jusqu'au samedi 6 juin à minuit.
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Souris
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Dim 7 Juin - 0:39

Il n'y avait rien.
Mais pas de ces riens blancs et légers, qui vous transportent agréablement jusqu'à la fin des temps.
Non, c'était un rien noir, froid et compact.
Massif.
Brutal.
Un rien qui avait englouti Souris, à l'instant ou elle avait baissé ses paupières.
Mais...mais juste avant, Souris ? Elle ne savait plus... juste le noir et c'est tout.. c'est bien le noir, c'est confortable et tranquille un rien tout noir, ca fait juste un peu froid en dedans, mais après tout, on y est bien, y a du silence, personne pour vous pousser ou vous traiter d'incapable, pas de corvées en chaine, pas de serpents devant le feu, pas de pelisse à recoudre, pas de gris ou de blanc, pas de...

Rien.
Juste Rien.
Et à Colombine, ca lui convenait bien.

Mais pas à Souris.
..Et l'étincelle qui revient la tarabuster. Encore, et encore. pixel par pixel. lumiere par lumiere. La harcèle de questions. veut savoir. Insiste. Mais.. mais juste avant Souris ? Tu faisais quoi ? Tu voulais quoi ?
Allez, rouvre les yeux...là..encore.. juste un peu... hein ? Tu faisais quoi ? Tu voulais quoi ?


C'est vrai ca... je faisais quoi ? ... je voulais qu...
...Les paupières tressaillent, se rouvrent lentement, hésitent, se referment à nouveau, plissent et tremblent...

Non... j'veux pas.. j'étais pas bien... ca n'allait pas... il ne faut pas... j'veux pas... je suis bien là..j'étais bien...je vais..je veux...

Tu ne veux pas savoir ? Tu ne veux pas le voir ? ....

non..................... si..... peut être.... j'en sais rien... laisse-moi...
"Qu'est ce que tu disais! Qu'est ce que tu demandais! L'homme ! "

L'homme. Il...il y en a... un... deux ?... un...il parle...sa voix...je la reconnais... mais il était déja là...derriere moi...et devant... devant, il ya quelque chose qui..ssSss...quelque chose qui SSSssss... qui cloche. qui rampe. qui sourit.

Colombine gémit. Souris piaffe.

Et les paupières qui battent à nouveau, faiblement, avant de se hisser douloureusement, laissant entrer d'abord les bruits... et les odeurs.
ssSss ?
Les couleurs sont floues, l'image est brouillée. C'est fou ce qu'on capte mal.
Mais tu t'en fousSss ! ouvre les, allez !
Tu vois ? On est bien là ... Il faut chaud..il fait bon... il fait plus froid... encore un effort...
Et ca continue. Plus fort. CHUT ! écoute... ECOUTE.


sSs....
SsSsSss..... encore....
ssSssSssSss..... et encore... je..laisse-moi...non..

dis-moi.

ssSssSssSss..... et toujours... ssSssSssSss..... Un son. Pire que des ongles pointus sur un tableau noir. Pire que la fraise du dentiste. Un crissement à peine strident, mais répétitif, qui avance, roule, ondule et s'approche... ssSssSssSss..... toujours plus près... un son qui la met en panique et déclenche un autre bruit, plus proche, plus fort.
Boom... Boom Boom.... Boom Boom...Boom Boom...ce deuxieme bruit sourd la martèle. Un bruit répétitif... Un bruit lié à elle... qui se mèle au premier, l'entoure, le repousse, l'attire.... le bruit d'un coeur en chamade... Et toujours en sourdine..l'autre son.. lancinant... chuintant... effrayant... vicieux...il se rapproche, il est là, il s'accouple au deuxieme, il l'enlace tendrement, il berce et transperce, il grimpe encore et encore, il va t'enserrer. Il va te tuer. non... je...je veux pas...j'ai peur... crie le coeur à tout rompre...

Non.non. NON, ne ferme pas les yeux ! Tu dois fuir, Colombine. Tu dois courir petite Souris ! Cours ! Magne ! Lui sussure l'étincelle. Lui hurle le coeur. Et les images commencent à se préciser, le flou s'efface peu à peu, tandis que le souffle lui, tente de suivre le pauvre coeur, qui tente de suivre les pauvres pieds, qui eux tentent de suivre .... le plancher.

Boom. BoomBoom. Boom. BoomBoomBoom. BoomBoom. BoomBoomBoom Boom...

Une porte en bois ... close... une poignée... Un tonnerre qui résonne... dans cette pièce calfeutrée... si près, si loin..c'est..mon coeur ?..je..je cours..je le vois..c'est lui que je fuis..c'est ca...il ne doit pas..me toucher...il ne doit pas..ah, ce sifflement!
Les pieds courent au ralenti... et une phrase, obsédante, qui se mêle au siffle-chuintement, s'imbrique dans le tambour de son coeur, et tourne en boucle dans son crâne sans qu'elle puisse s'en rappeler pourquoi...

Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève.Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève.Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève!Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève!Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève!!Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève!!
Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève!!!Si t'es fermée, j'te jure que j'te crève!!!Si t'es fermée, j'te jure que !
Mais ferme là ta grande gueule!!


Hein ?

Colombine cligne des yeux, et se retrouve à nouveau dans son riennoir.
"Hein qu' tu vas la fermer ta grande gueule ?"
Reprend Oncle Constant, qui pour le coup, porte une affreuse pelisse déplumée. C'est d'ailleurs pas son gen...

"JE T AI DIT DE LA FERMER, ESPECE DE BONNE A RIEN ! MINABLE !"

B.b.b.b.b.b.bien...bien sûr oncle Constant...tout ce que vous voudrez oncle Constant, je, tout de suite, d'ailleurs, j'allais m'en aller, j'ai même fait ma valise, voyez, ne vous en faites pas, je, hein, j'ai fait comme on a dit et ...

Et chut, tais-Toi Colombine, tais-toi ma douce, contente toi d'hôcher la tête surtout, chut, plus un mot, tu sais bien qu'il ne t'écoutera pas de toute facon il ne t'écoute jamais, chut, tais-toi vite avant que...

"ASSEZ !"

Une main griffue s'empare de son menton et approche son minois du visage grimaçant d'Oncle Constant. Plus près, encore plus près. Jusqu'à discerner le morceau de salade fanée entre deux chicots, souvenir de son dernier repas.

"Parce que tu pensais vraiment t'en aller, en plus, hein misérable ? Tu crois vraiment qu'une bonne à rien comme toi, on a envie de la revoir dans sa famille ? Tu le vois bien, pourtant, qu'ils sont plus heureux sans toi tes parents ! Hein, tu le vois bien non ? Un miracle d'ailleurs, qu'ils aient eu envie de refaire des enfants, après toutes les déceptions dont tu les as affligé ! Tu es vraiment pathétique... misérable...minable...un rebut, voilà ce que tu es...un immonde rebut !
Mais je vais protéger ta famille, comme je l'ai toujours fait.. et tu vas rester ici...toute ta vie...avec moi."


avec moi. avec moi. avec moi.

Et le rire sardonique vient remplir le vide de Colombine. Et quelque chose, tout en dedans, se cristallise lentement, jusqu'a se briser, en mille fêlures de gèle. Elle..n'est...rien...?

n...n....NON !!! NON !!! NOOOOON!! ils me l'avaient promis, VOUS me l'aviez promis !! Ils m'aiment !! ils m'aiment, vous m'entendez !!! maman m'aime !! elle ne m'a pas oubliée !! elle ne ..

"Et te l'ont ils dit, pauvre débile ? T'ont ils seulement regardée ? Tu n'es rien ! Tu n'existes pas ! "

Une main la repousse, tandis que les mots jaillissent comme un éclair, brutaux, agressifs, aveuglant de leur haine la pauvre fillette et lui mordent la joue de leur douloureux mépris, jusqu'au sang. Jusqu'à l'os.
En une balafre écorchée qui vient de réduire son univers à l'atroce réalité de cette sanglante zébrure.
Elle n'est rien.

Rien d'autre que cette plaie.

Rien d'autre que ce rebut gênant qui s'est trouvé une fois de plus dans le chemin de quelqu'un.

Et la cravache retombe lentement.
Et le bras fatigué de l'Oncle Constant retombe avec elle.

Mais la colère ne retombe pas, elle. Elle n'en a pas fini.
Elle vient juste de commencer.

"Tu n'es rien. Et tu ne me parleras plus jamais sur ce ton. Tu peux en être certaine..."
La main libre revient, et empoigne sauvagement la criniere grise. Puis L'Oncle traine le corps suppliant et trainant de la petite en direction d'une petite porte éloignée, moisie et entrouverte. Zebrant et fouettant lorsque la mutine tente de se raccrocher à un meu...

ASSEZ ! assez !! ... assez, tu m'entends ! je ne veux pas voir ca ! je ne veux pas le revivre !! ne le laisse pas m'emmener , tu m'entends!! ne le laisse pas.. oh non non non, pas la petite chambre ! pas la petite , noooooon !...

La voix de Colombine se brise. Le corps blessé se recroqueville. Et Souris hurle tandis que Colombine sanglote, des larmes de sang dans ses yeux noirs, des larmes de sang sur sa joue grise, des larmes de sang sur son corps nu.

Nu...Nu et Noir. Comme le Rien.
Qu'on y est bien.

[Fin de l'épisode 1, l'épisode 2 arrive. Mea Culpa s'il est posté après minuit.]
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Souris
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MessageSujet: Re: [ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris   Dim 7 Juin - 2:27

Oui, qu'on y est bien....

Tout y est si tranquille. Si noir, si rien. Si froid, si bien....

Si mouillé aussi.... mouillé ? ...comme c'est agréable.

Souris flotte enfin.

Elle qui n'a jamais vu la mer. Et pour le coup, elle en ouvre les yeux, tandis que Colombine les referme...

"Enfin un jour de repos..."

Le premier. Le seul et unique. Parce que les dimanches, vous pensez bien qu'elle ne les passait pas à rêvasser. Enfin. Enfin les vacances. Enfin le repos... et à la mer en plus... elle sent meme le sable mouillé sous son dos, ses habits pesant autour d'elle et cette eau glacée, qui a bon gout, pas trop salée en plus...
Comme c'est agréable... les voix se sont mêmes tues. Ca fait du bien au crâne, mais elle n'a pas peur.
Elle sait bien qu' il est encore dans les parages.... Il est toujours là pour elle, pour l'entourer, la protéger... Hom'nimal...Chimère Entière....dont elle ne sait meme pas le nom... juste Lui. Puis, Elle est là aussi. Elle.
Elle, c'est une autre piece du puzzle. Un morceau qu'elle n'arrive pas à replacer... mais dont elle sait qu'elle a une place plus importante qu'elle. Qu'importe. En plus, y a même le pique nique à portée de crocs en cas de petite faim. Mais si, l'humain, là. Elle le sent aussi, pensez bien. Aussi mouillé qu'elle, mais il sèchera. Et pas vieux. Viril en plus. Tout ce qu'elle aime. C'est tendre et croquant à la fois...enfin, elle n'a pas faim. Pas encore. Et qu'importe...

...Elle flotte, et c'est le plus important. C'est agréable de se laisser bercer, surtout pour ceux dont l'amour maternel a été spolié à tort. D'ailleurs, le sable a enfin arrêté de la gratter. Comme c'est agréable... Elle flotte et s'éloigne... les yeux noirs se laissent bercer entre les paupières, qui filtrent le soleil trop rude... Elle flotte et s'éloigne, même si bon, l'eau est froide quand meme, z'auraient pu mettre le chauffage.
Allez, encore un peu..juste encore un peu... faudrait pas trop s'éloigner quand meme hein....

Et c'est peut etre ca qui met l'étincelle en alerte. Car elle est là, toute entière. Et le vide s'est fait la malle, après tout, n'est ce pas jour de repos ? Oui, ca l'inquiète, l'étincelle.
Cet écart constant qui l'éloigne du sable, millimetre par millimetre. Ou alors ce soleil trop rude pour être irréel .... Sans compter son odeur qui s'éloigne peu à peu alors que lui ne bouge pas....

Alors, Souris se redresse à regret, pour contempler enfin à quoi ressemble la mer.

Et prend aussitôt la tasse à défaut de prendre pied.

"Putain de ! Blbl?? Blblbl !! MERDE !"

Elle sautille. Recrache. Sautille. Fait meme un demi tour. Et sautille encore.
C'est que ca nage très mal une Souris. Pour ne pas dire, pas du tout.
Mais elle sautille, recrache, boit la tasse et sautille encore et encore, jusqu'à atteindre la berge, à peine distante de deux mètres.

"RAH. rah....ah...."

Et reprend son souffle.

Puis les yeux emplis de noirs se relèvent, les mains toujours sur les genoux, et les pieds dans la flotte. Et confirment son instinct odorant. Il est bien là. Il a changé, mais il est là. Et pour la premiere fois, elle le regarde droit dans les yeux. Elle aussi... et elle est Belle d'ailleurs. Belle comme une Bête. ou comme un Tractopelle, ca dépend des jours.

Bon c'est pas tout ca, mais l'étincelle a fort à faire. Le vide aimerait contempler, mais Souris proteste. L'eau monte... et à vue de nez, une passoire. c'est tout. Sans rame en plus.
On a que ca.. que ca..que ca et ca urge....

Et Colombine de protester... elle aimerait pouvoir caresser le sable ! Toucher les arbres et les éclabousser ! Tourner et Voler ! Crier son nom, chuchoter son prénom, faire rire l'animal et rugir l'homme, chatouiller la belle et démarrer le tractopelle...

Mais l'eau monte. Et Colombine panique.
Et Souris éclate de rire. Un rire aigui, surhumain, une multitude de rires, de gloussements, de chuintements réunissant chacun de leurs aigus en un seul flot ininterrompu d'un rire malsain.

Et les oreilles de s'élargir. La queue apparait, se fait cercles dentelées et ficelle grise et osseuse. Les crocs s'affinent, poussent et poussent encore. Les ongles s'allongent se noircissent. Le museau s'affine tout en s'élargissant. Les yeux n'étaient déja plus gris depuis un moment. Mais noirs. noirs et fixes. Noirs et entiers. Noirs et Rien.

Et Souris rit. Souris sourit. Souris tourne sur la plage, ivre. Joie, Bonheur, Odeurs, Bruits, Repos, Mer, Océan, Ressac, Renaissance, Froid, Soleil, ca brule, ca vit, ca remplit, ca vibre.

Souris rit encore. D'une pirouette, le dos de la main effleure le bras de Chahid.

"Regarde... il ne neige plus."

Ris, Souris. Ris encore. Répand ta folie. Heureuse Folie.

"Il ne neige plus ! Il océan, et Il mer ! Il flotte et il tangue ! Tangue !"

Colérique Folie. Et Souris ne sourit plus. Sourit ne rit plus.

Elle hurle de joie.

"PARCE QUE L EAU MONTE, MES ENFANTS ! ELLE MONTE ! ALORS ON SE BOUGE LE CUL ET ON GRIMPE DANS LE RAFIOT, BORDEL DE SANG A CROCS !"

Et de montrer l'exemple, s'installant d'un bond gracieux dans la passoire. Le vieux manteau rapiécé vole dans les airs, attérit dans le fond, et Souris dégaine ses griffes, qui taillent en bandes le tissu solide et imbibé d'eau. Dégorge, Serre, et noue. Dégorge, Tord et Noue. Enfonce. Enfonce.

"JE NE VEUX PLUS VOIR UN SEUL TROU !! PLUS UN SEUL !! DEGORGE, TORD, NOUE, ENFONCE ! ENFONCE !"

Puis, théatralement, les trous rebouchés par de la pergale nouée en bande de trois noeuds -un au milieu, les deux autres en dessous et au dessus pour bloquer le tissu dans chaque fente-, elle se rassied, les pieds croisés.

Et Sourit.

"Bon, il rame, ou je casse la graine ? ..."

Et de tendre le doigt vers ...l'ouest. Au hasard.

"Par là... hein ?"

La voix s'est faite humaine un instant.
Et les rires rongeurs de revenir scier les nerfs de plus belle.

"Que ceux qui ne savent pas nager lèvent l'ancre !! "

Et Souris de lever les deux mains dans un ultime éclat de scie stridente.

[Je confirme, Souris a fondu un fusible et moi avec XD]
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[ Îlot n°7 ] Chahîd, Mark, Kàxo et Souris
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