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 La croisière s'amuse, ou pas...

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Kàxo
La Goulue - j'ai des tas de choses dans ma culotte...
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MessageSujet: La croisière s'amuse, ou pas...   Ven 12 Juin - 22:41

Rien n'aurait su troubler ce face à face, détisser la toile qui enserrait la psyché de ces deux êtres. Minces fils s'emmêlant tout en formant un complexe enchevêtrement désordonné. C'est ce que croyait la fille, mais n'était pas forcément la réalité, ni celle du passé qu'elle avait oublié, ni celle de ce présent qui lui échappait. Personne ne lui avait énoncé les règles du jeu, elles les inventait donc, les modelaient selon son désir. Alors comme elle avait décidé que rien d'autre ne comptait, rien n'existait hormis eux deux. A le croire si fort elle était convaincu que c'était la seule vérité qui comptait.

Rien?
En est-tu sure?
A en croire ce picotement qui te titille,
Il n'en ait rien ma chère.
Non, petite fille,
Papa n'est que le centre de ton univers,
Mais autour gravite,
Une infinité de rougeoiement,
Qui t'attirent,
T'intriguent.


Papa!?
PAPA!?


Ça s'agite du côté de la bestiole dont l'odeur m'avait chatouillée les narines un peu plus tôt. J'entends des mots, des sons, mais rien n'y fait. Malgré la curiosité qui m'implore de m'intéresser à ce qui ce passe un peu plus loin, je ne parviens pas à quitter l'emprise du prédateur qui me toise. Sauf qu'a attendre une réaction qui ne vient pas, à espérer des réponses sans les trouver, je m'impatiente. J'aurais souhaité...

Tout.
Immédiatement.
Jouer.
Tuer.
Aimer.
Hurler.

Sans écho a ses désirs anarchiques, elle ce lasse aussi vite qu'un battement de cœur, et elle se sent appelée ailleurs. Un instant l'envie de jouer avec le tas de muscles entraperçu plus tôt lui traverse l'esprit, mais s'enfuie bien vite alors qu'elle croise le regard de la femme agitée. Elle s'attarde sur la physionomie de la chétive créature.

Tu avait cru une bête,
Il n'en ait rien,
Tu t'étonne,
Doute de tes sens.

J'ai bien vu comment elle l'a regardé mon monstre aux yeux de paradis. Son regard la déjà croisé, je le comprend à l'expression de la femme couleur tristesse. Plus je l'observe, plus s'efface son apparente fragilité et je devine le danger qu'elle aussi renferme. En dernier je cherche ses yeux et une fois trouvé m'y perd, comme cela arrivait parfois enfant, lorsque la pénombre de ma chambre était si dense que je ne retrouvais plus la porte.


Enfant!?
ENFANT!?


Soudain,
Son rire,
Éclate,
Te brûle les tympans,
Résonne dans ton crâne.
Tes plaies ne saignent plus,
Les filets de sang ont séchés,
Forment des tatouages organiques.

Elle regarde ébahie l'autre se métamorphoser sous ses yeux. L'émerveillement illumine ses pupilles, et dans son cœur elle ressent de la satisfaction, son instinct ne l'ayant pas trompée tout compte fait. Vers ce regard devenue encore plus sombre elle est encore attirée, un instant d'inattention et elle serait happée comme par un trou noir. Elle quitte cette noirceur addictive, appréhendant la silhouette dans son ensemble, un sourire venant alors étirer ses lèvres affamées.

Tu aimais enfant,
Les rongeurs,
Tous,
Tu voulait câliner.
Plus tard,
Dans ton taudis,
Tu les écrabouillaient,
D'un coup de talon aiguille,
Le parquet en restait décoré,
Et tu trouvait ça magnifique,
Si chaleureux.


Quoi!?
QUOI!?


Troublée, perdue, par ce qui est peut être des souvenirs, ou une création de mon esprit pour combler le vide de mon passé. Je ne m'y attarde pourtant pas car elle rit de nouveau, de ce rire insupportable qui m'obligerais presque à porter mes main à mes oreilles, ou bien la tuer... Mais je les garde bien ancrées dans le sable, mes griffes, et observe le rongeur, tout en restant sur mes gardes vis à vis de l'homme nu.

Tu l'écoute,
Quand elle ne rit plus,
Tu l'observe,
Ce qu'elle dit t'est incompréhensible,
Mais tu reste attentive,
Sur le qui-vive.
D'une folle,
C'est ce dont elle à l'air,
Un rongeur schizophrène,
Alors gare,
Méfiance.

Sans queue ni tête, voilà ce que la blonde ce dit concernant les propos de la surprenante petite créature. Jusqu'au moment où ce qu'elle dit l'interpelle, l'instinct de survie primant sur tout le reste.

L'eau monte effectivement,
Vite,
Bien trop vite,
Ton cœur se serre.
Tu la regarde faire,
S'affairer,
Tu l'écoute,
Crier,
Tes sens,
En alerte,
Excités.
Tu répond à son sourire,
Suis du regard son doigt qu'elle pointe.
De l'élan,
Bondit dans l'embarcation,
Déjà à flot.

Elle devant, moi à l'arrière, je fixe l'homme aux yeux clair l'invitant à nous rejoindre. L'autre je ne le regarde pas, car je sais que ça m'ouvrirais l'appétit. Et ce n'est pas vraiment le moment de passer à table... L'envie de jouer a pris la fuite, a cause du danger ou de ce rire insupportable. Je me décide à parler, pour la première fois depuis que j'ai échouée dans ce trou à rat, d'un timbre tranchant comme des lames de rasoir, puis plus neutre a fil des mots.


«Arrête ce rire ça me donne envie de mordre....................................... Sinon, bien joué pour le rafistolage................................. Je sais pas ce que t'en pense, mais à mon avis on a pas assez de place pour quatre, même pour du ravitaillement...»

C'est alors que lui vient en tête une chanson enfantine. Elle ne se souvient pas de l'avoir jamais entendue, ni chantonnée en rentrant de l'école, encore moins apprise. Pourtant les mots sont là, encrés et sortent de la bouche de la blonde dans un murmure inaudible.

«Une souris verte qui courrait dans l'herbe...»

D'herbe il n'y en a pas,
Que de l'eau.
Les souris savent-elles nager?
Je n'en ai pas la moindre idée,
Je pourrais la pousser,
Juste pour voir,
Par jeu,
Par malice,
Par curiosité.
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Chahîd
Chimère Sauvage - livré avec hachoir et psychose
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MessageSujet: Re: La croisière s'amuse, ou pas...   Mar 21 Juil - 18:59

Ne la lache pas des yeux.

Au point de ne pas remarquer tout de suite l'arrivée d'une vieille connaissance qui l'arrache à son obsession.
ça sautille, ça crache, ça boit la tasse et ça sautille encore, ça finit par atteindre la berge, ça râle, ça s'époumone et ça reprend son souffle, bruyamment.
ça l'observe de ses deux yeux noirs. Des yeux qu'il n'avait jamais vu aussi noirs.
ça rit même, aigu, affreux, comme un bruit de craie sur un tableau noir. ça écorche tout ton être.
ça glousse, ça chuinte.
ça te découture. ça se transforme.
Les oreilles s'élargissent. Une queue apparait, longue et noueuse. Les crocs s'allongent, les griffes noircissent.
Les yeux profonds comme des puits, immensément noirs et vide, un ciel sans étoile.
Un trou noir qui engloutirait tout ce qui vit.

Et ce rire strident qu'il n'a jamais entendu.

Elle s'approche, pirouettant et d'une main l'effleure et il ne bouge pas, il observe.
L'écoute.

"Il ne neige plus ! Il océan, et Il mer ! Il flotte et il tangue ! Tangue !"


Impassible, scrutant le noir de ces yeux fous, longeant les canines et les lèvres qui se retroussent sous les salves de rire qui ne s'arrêtent plus
qui deviennent hurlement, hystérie.

"PARCE QUE L EAU MONTE, MES ENFANTS ! ELLE MONTE ! ALORS ON SE BOUGE LE CUL ET ON GRIMPE DANS LE RAFIOT, BORDEL DE SANG A CROCS !"

Familière.
Intrusion.
Puis elle s'écarte comme la queue d'une tornade et s'affaire maintenant dans le rafiot décati.
Il reste immobile à l'observer enfoncer des pans entiers de son manteau dans les fissures, colmatant les trous.
Couturant le bois vermoulu, nouant le tissu avec habilité, rapidité, avec la précision d'un orfèvre. Hurlant toujours, des ordres, cette fois.

"JE NE VEUX PLUS VOIR UN SEUL TROU !! PLUS UN SEUL !! DEGORGE, TORD, NOUE, ENFONCE ! ENFONCE !"

Elle s'assied, à la proue, fière, souriante, pointant son doigt crochu vers un horizon incertain où l'on ne distingue rien que le vide qui ressemble à ses deux yeux.

"Par là... hein ?"

Sa voix est presque humaine, quelques secondes, une voix qu'il reconnait et de nouveau le rire reprend son ouvrage de sape.
Envie de la brutaliser pour qu'elle se taise enfin.
Que le bruit s'arrête.

Quand tu te retournes elle n'est plus là, ta congénère, elle aussi a prit l'embarcation de misère.
Par là bas...
Elle t'observe à son tour semblant t'inviter à rejoindre ce duo improbable du rat et du félin.
Tu réalise alors oui que tes pieds ont disparus dans la flotte.
Que si tu reste ici, spectateur, tu disparaitras.
Ton coeur ralenti, tu l'observe toi aussi, tu questionne.

Que vous soyez si proches, tout à coup, dans un espace si exigu... Errant sur un espace si hostile...
Là où tu ne maitriseras plus rien.


A ton tour tu bondis et te jette au centre de l'embarcation, là où elles t'ont laissé de place.
Tu voudrais avoir deux têtes, deux faces pour faire front des deux côtés.
Tu as la plus mauvaise place, celle du centre, celle que tu as toujours détesté.
Celle où il te faudra gagner le contrôle, avec subtilité.

Tu t'accroupis. Et tes deux mains plongent dans l'eau glaciale.

Tu jette un oeil à ta comparse de derrière, un oeil chargé de méfiance.
Elle fredonne.
Tes crocs se découvrent comme un avertissement, un signe de reconnaissance, puis, tu lui offres ton dos, le poil hérissé sur la colonne vertébrale.

"J'espère que ton intuition est bonne. Souris... "
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