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 Rose [Validée]

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Rose
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MessageSujet: Rose [Validée]   Ven 26 Juin - 22:38

Nyx, Eris, Chang’e



Nom: Lene
Prénom: Rosalyn
Surnom: Simplement Rose ; bien qu’autrefois, beaucoup l’appelaient ‘la fille du bar, tu sais…elle, là !’
Rang souhaité: Nyx
Age du coma: 32
Temps passé à Hollow Dream: 27 ans
- en tant qu'humain: six jours
- en tant qu'Ombre: 27 ans
Ancienne profession: Pianiste de bar

Description physique

Humaine déjà, Rose avait pour compagnon les recoins sombres du port ; au bar, elle était le pôle d’ombre qui attirait l’attention de la pègre, des damnés, des meurtriers et des pauvres, de ceux qui arpentaient les rues sans crainte et qui venaient en silence descendre leur whiskey au Blue Lady. Peut-être est-ce l’âge, l’expérience, ou bien l’alcool et la précarité, mais ce lieu intemporel a déteint sur son habitante solitaire, assombrissant son visage pâle, sculptant ses traits racés, flouant sa silhouette longiligne et élégante.

De même que les êtres étranges et solitaires qui ont inspiré Rose, sa démarche éthérée est caractéristique de ceux qui ont tout perdu et n’ont plus grand-chose à craindre des mondes qu’ils arpentent. Son empathie particulière avec la cruauté et les terrains mal famés qu’elle aimait tant sillonner était si aigu, qu’elle semblait disparaître et se fondre dans les nappes de fumées ; intégrant le décor et l’ambiance comme seul un pianiste de bar expérimenté sait le faire : il s’agit de ne jamais jouer plus fort que la rumeur des verres, et de s’apparenter au mobilier au point où votre visage est oublié. Autant dire que la condition d’Ombre était ironiquement adaptée à l’élusive et discrète pianiste.

Son visage a peu changé, tout au plus ses défauts et qualités se sont intensifiées ; ses pommettes racées se sont affinées, ses joues amaigries se sont creusés, les cernes profondes assombries, les lèvres pleines plissées en une expression alanguie. Les marques causées prématurément par l’alcool se sont effacées sous la pâleur maladive de son teint, tandis qu’a contrario les anciennes brûlures qu’elle porte sur sa poitrine et son flanc droit sont d’autant plus visibles que sa peau est exsangue.

Ses prunelles, fiévreuses et avides, obscurcies par de longs cils et des cernes maladives, ont regagné l’acuité que l’alcoolisme et la dépression leur avait ravi. Leur anormale lucidité est tangible et douloureuse.

Rose attache souvent ses longues boucles ébène en arrière au moyen d’un ruban incarnat. Naturellement élégante, elle aimait se vêtir de couleurs sombres, d’un style travaillé et intemporel ; sa garde-robe aura dû quelque peu évoluer selon celle de ses victimes. Du reste, Rose n’est pas de nature séductrice ; ses goûts vont aux masculines chemises blanches, pantalons cintrés et courts manteaux de velours – de préférence, propres. Sa couleur préféré est le pourpre. Elle a aussi conservé ses manies de pianiste, gardant ses longues mains délicates protégées de blessures et d’éclaboussures indésirables par des gants de velours. Peu fétichiste, Rose s’est débarrassée de ses possessions humaines : photos conservées dans une poche intérieure, broche, montre, bague de fiançailles …et ne possède rien de valeur sentimentale ou qui puisse attirer l’attention.

La pianiste a hérité de sa vie passée une voix rare et envoûtante, formée par des années à boire, fumer, et à accompagner son piano au Blue Lady. Le caractère laconique et énigmatique de Rose ayant carrément explosé depuis son arrivée à Hollow Dream, elle n’a jamais rechanté en public et n’a évoqué son ancienne carrière qu’en des termes très allusifs et à de très rares occasions, bien que les textes et partitions qu’elle continue à rédiger malgré l’absence d’instruments trahissent sa nostalgie.

Toute velléité de charisme s’opposant au physique caméléon-décoratif de Rose, il n’était pas rare qu’on oublie son visage et sa présence. Curieusement, on se souvenait très bien de sa voix rauque et de l’odeur fruitée du tabac qu’elle fumait.

Description morale:

Petite Rose était ce genre de gamine rêveuse et rusée qui ne manquait jamais de répartie et d’inventivité. Pour compenser sa vie médiocre et son manque d’éducation, elle prenait plaisir à inventer des histoires et des mensonges qu’elle racontait à son père et à ses mères ; des histoires qui présentaient les prémices d’une imagination vaste et tortueuse.

Jeune, l’expérience durement gagnée et une attitude tranchante et désillusionnée ont tari l’éloquence de la petite Rose, la rendant taciturne et secrète. La jeune femme abandonnait toutes relations…et toutes attaches. Depuis, Rose ne s’est jamais illustré par sa capacité à entretenir des relations sur le long terme, préférant par-dessus tout son indépendance et prenant la désagréable habitude de disparaître sans prévenir.

Plus dramaturge et metteuse en scène, peu actrice, un peu costumière, la pianiste est ouverte d’esprit et n’a pas de philosophies ou d’idées propres. Attirée par le changement et la nouveauté, elle aimait découvrir, mais n’a jamais été douée pour entreprendre des actions complexes et planifiées. Peu tenace, plutôt passive, Rose n’allait jamais jusqu’au bout de ce qu’elle commençait, se privant elle-même d’épanouissement par faute de but à poursuivre.

Fascinée par le caractère humain et les histoires tordues de ses pairs, Rose transformait en poésie un peu barrée tout ce qu’elle touchait, travaillant des heures sur ses écrits, parfois s’enfermant des jours sans donner signe de vie. Elle en ressortait la plupart du temps insatisfaite, mais sa passion reprenant le dessus, elle pouvait sortir de ce fatras de feuilles et d’écriture saccadée les mots et les sons qui faisaient chialer le barman et surtout le serveur lorsqu’il l’accompagnait au violoncelle.

Elle avait un goût prononcé pour les chansons d’amours dérangées. Ses personnages connaissaient tous l’enfer pour y être promis. La mort n’était pas une limite, et le désordre se mêlait au génie. Hollow Dream n’était-il pas, au final, un enfer ironiquement adapté à la sensibilité macabre de Rose ?...

Bien que peu morale, Rose était loin, humaine, de se présenter comme une femme cruelle et une meurtrière. Cynique et captivée par la douleur, peut-être ; Loin aussi de se laisser impressionner ; son état d’Ombre aura transformé ses habitudes. Fascinée par la dépravation humaine et sa jalousie perverse, Rose n’a pas gagné en agressivité…mais beaucoup en patience et en cajoleries sensuelles et malveillantes ; le genre qui pavent l'enfer de très vilaines intentions.

Malgré le passage des années, la pianiste a conservé sa conscience, résistant placidement aux frôlements de la folie, et se complaisant dans l’amertume douloureuse qui est le lot des siens. Impossible de savoir réellement ce qui se passe derrière ce visage assombri par une maladie inexistante ; il n’est de toute façon certainement pas souhaitable de s’aventurer trop loin dans l’esprit d’un résident de la Vallée.



Histoire:


« Et alors est surgi de la mer…un bateau pirate ! »

Mexique, sable, terre, bâtiments délabrés. Je me rappelle du visage de mon père. C’était un jeune Américain lors de la seconde guerre mondiale. Il caresse encore le souvenir palpable de cette amante implacable qu’est la misère humaine ; une joue droite purulente, brûlée à vive. Sa paupière est ravagée, il n’a pas de cil ni de sourcils, sa mâchoire est déformée. C’était dommage, il était beau garçon sur les photos que j’ai vu. Mais à ce qui paraît je tiens tout de ma mère, une Européenne. Peut-être. J’en ai beaucoup, des mères. Papa en achète à la pelle. Parfois deux par soir. Dernièrement il s’est épris d’une nouvelle maman, avec de longues jambes et la peau claire. Elle a l’air belle, mais j’ai vu, elle porte plein de marques bizarres sur les bras et les jambes. Quelque part c’est elle qui me ressemble le plus. Je ne me rappelle pas de son nom. Ni de celui de papa d’ailleurs. Juste de son gros œil tout brillant et tout mouillé, un soir d’octobre

« Où pars-tu ? »

« En voyage. »

« Jusqu’où ? »

Oui, il avait cet œil encore intact, si jeune, si pur, si naïf, si sombre. On l’aurait dit parcouru de petites araignées rouges. L’alcool. Les tâches rouges sur son corps ? La syphilis.

« Jusqu’où ? »

Ça, c’est le visage de maman-bis : La sœur de la première maman longue-durée. Plus jeune, mais elle a le visage d’une vieille pomme ridée. Pas beau à voir hein ? Dysenterie. Je m’en rappelle, à cause de l’odeur. Un corps liquéfié, qui ne pèse pas plus lourd qu’une plume mais qui ne se relèvera jamais. Et cette honte inscrite sur chaque ride. Désolée, toutes mes condoléances. De toute façon, Maman est morte plusieurs fois.

Jusqu’où…ah…

Pourquoi leur répondre ? Ils me posent tous la même question.
J’ai trouvé la réponse mais je ne me rappelle plus ma quête.

Lorsque j’ai rencontré mon frère, bien des années plus tard, j’ai appris que papa s’était suicidé. Vers la fin de sa maladie il croyait revivre le Débarquement, victime de violents accès de démence qui défiguraient son visage déjà laid en hurlement encore plus laids. Lorsque mon frangin a commis l'erreur de faire vrombir sa moto il s’est éclaté la cervelle pour de bon. Personne n'aurait pu savoir que ça lui ferait penser à un shrapnel. Frérot a pleuré en me racontant ça. A ce qui paraît, je leur manque. J’en ai fais une chanson.

Ensuite je me rappelle de mon oncle. Un type bien, un Américain de Las Vegas chez qui j’ai passé quelque temps. Il m’a dit qu’il nous envoyait de l’argent. Je ne l’ai jamais vu son fric. Ou alors sous forme de bouteilles et de longues jambes basanées. Je n’ai rien dit. La charité le rendait heureux.

Je me rappelle de Las Vegas parce que j’y ai été arrêtée plusieurs fois. A cette époque j’étais typée garçonnière, c’était la mode. Un peu trop curieuse je me rappelle. Déjà une bonne bouteille dans le nez. On ne perd pas les mauvaises habitudes. On les change, c’est tout.
En tout cas c’est là que j’ai rencontré Jimmy et Helena. Des amis à moi, je crois. Je ne sais plus. Jimmy c’était mon pilote et parfois mon amant lorsque je le voulais bien, Helena la musicienne qui m’a enseigné et parfois mon amante lorsqu’elle le voulait bien.

« Mon père jouait de l’harmonica le soir. »

On peut dire que j’ai pas mal voyagé. J’ai vu les USA, j’ai visité la France, l’Espagne, je suis retournée au Mexique natal, puis j’ai échouée à Londres. J’aurai bien voulu continuer mon tour du monde. J’allais mourir avant.

Je me demande pourquoi je finis toujours par partir. Il y a longtemps j’avais un but en partant. L’appel de la découverte j’imagine. Ça m’a toujours tenu aux tripes, plus que tout au monde ; je dois être un voilier fou et les vagues en même temps. C’est pour ça que je traîne tellement dans les ports ; pour mieux me jeter à la mer. Une dégénérée, en fait.

Je pensai à tout cela pour la première fois depuis dix ans alors que la cigarette fruitée se consumait entre mes lèvres.

« T’en aller ? Où ça ? »

Il est minuit. Mon moment préféré. Ce soir je ne bosse pas, je suis malade. Je vais toujours fumer sur mon balcon à minuit. Et Erwin le sait très bien. C’est pour ça qu’il est à son balcon lui aussi.
En y pensant, ça fait deux ans qu’il fait ça. Il n’a jamais arrêté. J’ai fini par bien aimer nos petit rendez-vous. Je veux dire, je me sentais bien avec lui.

« Je ne sais pas. Ailleurs. Loin. »
« Et le Blue Lady ? Le patron va pousser une gueulante » objecte mon voisin.

Il a sept ans de moins que moi et ma compagnie n’est pas celle qui a dégradé son innocence juvénile. Je ne lui ai pas posé de question sur sa clandestinité et les armes qu’il gardait dans son appartement ; il ne m’en parlait pas et ne me demandait rien sur mes compagnons d’une nuit. La misère faite humaine par artifice charnel. Un type bien en somme.

Chacun sa pierre à porter.

Nous avons toujours été voisins, mais nous nous sommes vraiment rencontré au bar. A l’époque il faisait quelques trucs de ci de là. Il venait souvent m’écouter avec ses amis. Ils buvaient pas mal, le patron était content. J’aime bien mon boulot. Qu’est-ce que je raconte ? J’adore ça.

Je suis née un piano gravé dans le corps. J’imagine que ça pourrait remplacer le poids de ma stérilité.

« Ce n’est pas très grave. »

« Tu pourrais devenir connue tu sais. La clientèle parle pas mal de toi. »

« Ah ? »

Ce que j’aime bien chez ce type-là, c’est qu’il a très bien compris que je n’aimai pas mentir. Lorsque je pars, je pars. Il le sait, parce qu’il me regarde avec beaucoup de douleur. On lui a déjà fait le coup. Il est acculé à la solitude jusqu’à finir par apprécier ma compagnie. Il m’a inspiré quelques-unes de mes compositions préférées.

« Tu me manqueras. »

Quelque part c’est drôle. J’ai passé mon temps à fuir le temps et aujourd’hui, il me revient au coin de la tronche. Je n’ai pas encore assez bu. Eh, je suis accro à la bouteille verte depuis tellement de temps. Entre nous, j’ai la descente d’un diable sacrément lubrique qui n’a pas baisé depuis quatre mois et qui voit la succube de ses cauchemars apparaître devant lui.
Pourquoi je pense à ça ? J’ai le cœur de traviole. Je ne sais pas si ça se dit. Je me sens mal. Plus que d’habitude je veux dire. Dépressive. Depuis quelques temps maintenant. Pourquoi ?

« Ouais. Je sais. »

« Tu vas aux USA ? »

Chicago l’avait toujours intéressé, à cause d’Al Capone. C’était une belle ville. J’ai commencé les piano bar là bas. A l’époque j’avais, quoi ? La vingtaine passée. Et une dose d’imagination comme on en fait pas deux sur Terre -Pour le bien de tous.

« Non. »

« Mes parents sont américains. Je ne les ai jamais vus. Tu sais, j’ai grandi à l’orphelinat. »

« Ah ? »

« Non, tu ne le sais pas. Ce n’est pas important de toute façon. Pas aux Docklands…pas dans la patrie d’Oliver.»

Ça avait l’air intéressant. Quel con, toujours à couper une bonne histoire au moment où je m’y intéresse. Enfin. Je trouve toujours quelque chose d’intéressant à faire avec le rien qu’on me donne.

« Comment dirais-tu ça ? « ça va aller ? »

Les dieux parfois tombent par la main des simples humains…


Dernière édition par Rose le Dim 5 Juil - 10:38, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Rose [Validée]   Ven 26 Juin - 23:11

**
Sur le sol les bouteilles de vodka sont alignées et le téléphone a été saccagé. Il est impossible de savoir si le geste a été volontaire ou non. Je parle du gaz qui est resté allumé.
Rose ne se réveillera pas.
**
Alors qu’Erwin accepte de signer le débranchement de Rosalyn Lene, ancienne pianiste de bar de Londres, classifiée coma hépatique grave, Rose devient ce qu’on appelle dans le jargon de la Vallée ‘une Ombre.’

Erwin copiera le suicide de sa confidente trois ans plus tard, après s’être battu bec et ongles pour apporter de la reconnaissance à l’œuvre musicale de Rose, qui sera ensuite plagiée par un de ses cousins. Après avoir finalement été trahi par sa famille pour la deuxième fois de sa vie, il s’endormira dans le monoxyde de carbone comme un chaton lové contre le ventre de sa mère. Bonne nuit Erwin, pour toi, c’est fini !

**
Je ne peux pas m’aveugler, je dis la vérité. Lorsque je racontai les histoires de bateau fantôme je disais la vérité.

Je m’appelle Mexico. Sable, terrains délabrés, terre, poussière. C’était la nuit et papa et maman étaient dans une boîte clandestine où travaillait maman. Je suis sortie pour fumer et en marchant entre deux bâtiments serrés, j’ai vu l’endroit où ils gardaient leurs chiens de jeux.

Ils ont tous aboyés et se sont jetés entre les barreaux, leur visage maniaque ouverts sur une gueule béante. Déchirer. Fouailler. Mordre. Sang. Peu importe si leurs corps exsangues et couverts de plaies se fracassait sur l’acier, par rangées entières. Dépecer. Bouffer. Tuer. Manger. Des yeux jaunâtres et pisseux, des yeux de démons. Rendus fous à force d’être affamés et lancés les uns contre les autres dans l’arène, rendus fous à cause du sang qu’ils sentaient couler de leurs propres plaies.

Je n’ai pas eu peur. J’ai eu pitié d’eux. Tous les hommes finissent par porter le même visage décharné et atroce. Cannibales et meurtriers. Menteurs et hypocrites. Cette crasse que j’avais nettoyé de ma peau pour mieux la contempler. J’aurai promis de les lâcher tous dans l’arène alors que le présentateur faisait monter le prix des paris.

Je disais la vérité. Quelle ironie. Le plus drôle, c’est que, vous savez, je…A quoi bon. Ça n’est pas important.
Je pense à tout ça pour la millième fois depuis vingt-sept ans. De là où je me tiens je vois ce monstre d’eau qui va m’engloutir. Une vague. Du genre géante et démoniaque. Pas de ports à l’horizon, pas de vapeurs aimées, pas de ruelles sales arpentées entre le corps des prostituées et des dépravés. Juste moi, et le monde tout autour qui regarde en riant les autres. Je ne suis pas importante.

Je suis trempée et je vois sur mon ventre des brûlures humaines dont je ne me rappelle pas. Elles me font encore mal sans que je ne sache pourquoi. Peut-être que ça veut dire quelque chose. Je ne sais pas.

Je pense à mes vingt-sept années de fidélité et de silence, à mes écrits noyés et perdus à jamais que j’aurai récupéré pour rien. Ça m’écœure. Je pense aux arbres morts, au printemps, je me dis que finalement humaine ou ombre, ça n’a rien changé, je suis toujours là. Je voulais juste écrire, je voulais juste jouer. On n’obtient pas ce que l’on veut. On l’arrache des mains d’autrui, on l’envie patiemment, on complote pour l’avoir, on en perd le goût du désir. On en oublie sa vie. Je ne voulais pas ‘juste’, je ne suis pas une mendiante de charité et d’amour. La seule chose que j’ai, c’est ma dignité.

Les dieux parfois tombent par la main des simples mortels. Qui disait ça ?

«… Jusqu’où ? »

La vague me répond. Si on considère que me tomber dessus et me lessiver le crâne au sens propre du terme peut être considéré comme une réponse immortelle, cruelle, et dangereuse.

Les cadavres, lorsqu’ils dorment, dans leur tombeau d’argile, à quoi rêvent-ils…
De pierres et de villes à bâtir ma chérie
Mais si, maman, la ville tombe en cendre
A quoi rêvent-ils maman les cadavres noyés
Lorsqu’ils ont n’ont plus d’yeux pour voir et de cœur pour sentir
A quoi rêvent ils les morts
Rêvent ils des vivants qu’ils étaient ou des vivants qu’ils sont
Lorsque seul demeurent leurs vers et leurs os
A quoi rêvent ils les hommes
Lorsqu’ils se croient vivants et qu’ils n’ont plus de corps
Je ne sais pas ma chérie à l’Eden sans doute
Croient ils en un dieu croient ils en dieu vraiment
A quoi rêvent ils les immortels lorsqu’ils meurent
A quoi rêvent ils maman
A rien ma chérie dors maintenant
Vais-je rêver maman si je meurs ce soir
Chhhuuut les cadavres ne rêvent pas seuls les vivants rêvent
Maman j’ai froid j’ai froid j’ai mal je ne sais plus
Maman je ne sais plus est-ce que je vais mourir maman
Est-ce que les dieux rêvent parfois
Que nous mourrons que nous avons faim que nous avons soif
Ça brûle au fond ils finissent par tomber par la main des mortels
Es tu un rêve maman un cadavre ambulant
Tout comme moi tu sais moi je suis en train de brûler
Les cadavres, lorsqu’ils dorment, dans leur tombeau d’argile, à quoi rêvent-ils…


...


Chronologie complète et sincère

Citation :

Joan Lene, naturalisé Américain, est envoyé à la guerre. Il participera notamment au D-Day et finira allité, le visage ouvert suite à la pénétration d'un éclat perdu.
Pour Sarai, déportée à Buchenwald et survivante, la beauté intérieure est la plus importante. Amoureux éperdus, Lene marie Sarai en 48. Ils auront leur premier enfant, Kyle cinq ans plus tard.

* 1956 : naissance de Rose à Paris, en France.
* 1958 : les Lene retournent en Amérique
* 1965 : un incendie ravage la petite maison des Lene. A la maison il n'y avait que Sarai et sa fille Rose. Elles sont toutes les deux amenées à l'hopital. Sarai décédera dans la nuit en tenant sa fille dans ses bras. Rose n'en gardera aucun souvenir. Elle restera allitée et soignée pour blessures graves pendant plusieurs mois.
* 1966 : dévasté par le décès de son épouse, Joan décide de retourner au Mexique natal pour chercher le soutien de ses proches malgré l'avis de son cadet resté à Las Vegas. Contre sa bonne nature et ses efforts pour garder une figure paternelle honorale, il sombre dans l'alcoolisme, la maladie et dilapide son argent en prostitution. Il ne fera jamais aucun mal à ses enfants.
* 1971 : adolescente, Rose est mal éduquée et traîne dans les rues avec son frère. Elle libère des chiens de jeux avec son aide.
* 1973 : Rose s'en va à Las Vegas chez son oncle.
De 1973 à 1975, Rose s'instruit. Elle apprend le piano sous l'enseignement efficace et passionant d'Elisabeth. Elle se lie d'amitié avec un motard avec qui elle parcoure la Californie en 1976.

* 1977 : Rose s'installe à Chicago. Elle commence sa carrière de pianiste bar. C'est un succès pour elle, mais elle quitte précipitemment la ville cette même année sans donner de raison.
Entre 77 et 78 Rose retourne au Mexique chez son père. Elle y reste quelques mois et repart aux USA.
*1979 : Rose économise pour traverser l'Atlantique. Elle finira à Paris cette même année. Le lieu lui rappellera intimement quelque chose sans qu'elle ne puisse s'en rappeler. Elle écrira énormément et travaillera dur pour gagner sa vie.
*1981 : de retour aux USA, Rose envisage de se marier et de stabiliser pendant un temps. Son compagnon de l'époque s'appelle Maël. Elle le quitte finalement pour New York et Miami, plus belles que lui.
*1982 : l'argent se fait plus rare, Joan Lene se suicide. Rose accepte d'héberger son frère chez elle le temps qu'il se remette. La cohabitation va dégénérer et son frère partira deux mois plus tard en lui interdisant de retourner au Mexique. Il sombrera à son tour dans les mêmes abîmes que son père. Rose n'en aura plus aucune nouvelle.
*1983 : Rose visite l'Espagne, qu'elle apprécie beaucoup. Son style musical a beaucoup évolué. Elle boit beaucoup, et ça se voit. Elle essaie d'avoir des enfants avec son compagnon de l'époque mais on la diagnostique stérile. Elle va plaquer et l'Espagne et son compagnon et s'enfuit en Angleterre pour broyer du noir.
*1984 à 1990 : Rose commence une première période d'instrospection difficile. Elle boit plus. Sa précarité s'aggrave et elle fait des ménages pour s'assurer de quoi vivre. Son oncle continue à lui verser de quoi vivre mais elle dilapide tout en boissons et voyages.
Elle s'installe à Londres en 1987 et reprend son rôle de pianiste. Pour le patron du bar c'est une chance, Rose a vraiment mûri et sa musique enchante les clients et fait parler d'elle.

Son voisin s'appelle Erwin et en 90, sans donner de raison, elle tente de se suicider. Sa santé se détériorait énormément. Erwin, alerté par le mutisme soudain de sa voisine et l'odeur de gaz, lui permettra de s'installer confortablement dans un coma stade 3. Débranchée quelques jours plus tard.

En tant qu'Ombre, Rose reste loyaliste et efficace, bien que définitivement peu loquace. En Hiver elle se renferme dans le château, alarmée par la neige qu'elle n'a jamais vraiment connu. Elle passera la saison à écrire furieusement, partant dans de grandes rédactions superbes et attachantes, passant de la poésie à la réflexion profonde sur le moyen d'éliminer les Bêtes, à que sais-je encore. Qu'importe, puisque le récent déluge a tout détruit. Au Printemps Rose ne reste humaine qu'à peine quelques jours. Depuis elle regarde tout avec une lucidité terrible et s'active de plus en plus. Aujourd'hui Rose va enfin pouvoir boire depuis des années, mais ce n'est pas dit que ça lui plaise tout autant que dans le bon vieux temps...




Style de combat:
Rose attaque rarement de front. Sinueuse, elle aime contourner, rester invisible, indéfinissable, et pousser ses ennemis petit à petit à l’erreur qui leur coûtera cher. Vingt-sept ans l’ont quelque peu aguerri et endurci, et elle compense ses évidentes failles guerrière par un sérieux esprit retors et des manières de « combat » déloyales et douloureuses pour ceux qui les subissent.

Elle maîtrise très bien sa capacité de transparence. Originellement discrète et du genre à se fondre dans le décor, elle excelle lorsqu’il s’agit de n’être ni vue, ni entendue, de se déguiser, de jeter de la poudre aux yeux. Douée pour les intrigues, elle mène en général ses proies jusqu’aux portes de la paranoïa et aime susurrer à leurs oreilles dans leur sommeil. Elle respecte pourtant le meurtre, ne jouant pas avec une notion aussi sérieuse et irréversible, sans pourtant montrer une seule once de pitié pour ses agresseurs et ses proies. La torture ? La souffrance ? L’exécution, la condamnation, la discorde ? Oui, ça rentre dans son rayon. Demandez un combat acharné de face, et votre ectoplasme se tarira comme peau de chagrin.

Pour atteindre le mieux les victimes qu’elle a choisi Rose n’hésite pas à utiliser d’autres pions. Elle est extrêmement patiente et inventive, et ne tuera vite qu’en état de famine grave. Lorsqu’elle le peut, elle écorche ses victimes au moyen d’un stylet acéré et précis, la peau lui servant de support d’écriture comme un autre. Ce qui fait qu’en général, on la prend au sérieux lorsqu’elle lance une menace. Pas agressive pour deux sous, ni susceptible, mais très débrouillarde. Elle a toujours su s’en sortir seule et il lui est d’ailleurs difficile de travailler à plusieurs.
Oh et comme la plupart des gens sains de la Vallée, Rose évite comme la peste les chances d’une rencontre fortuite avec les Bêtes…question de prudence.


Comment avez-vous connu Hollow Dream? Nous dirons que la rouge s’est mise à voir la vie en Rose. Anciennement Xarha, donc ^^
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MessageSujet: Re: Rose [Validée]   Mar 7 Juil - 23:29

Fichtre, j'ai raté ta fiche. Oo Je m'en occupe dès demain, toutes mes excuses pour ce contretemps. Rolling Eyes

Rebienvenue, chère Rouge. ^^

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MessageSujet: Re: Rose [Validée]   Jeu 9 Juil - 5:03

Tout ceci est bien séduisant - et admirablement bien foutu du point de vue formel, si je puis me permettre. J'ai hâte de voir ce que cette Rose profondément noire donnera dans cette douce vallée. ^^

[Validée], bien évidemment, avec encore toutes les excuses du patron pour le délai. Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Rose [Validée]   Jeu 9 Juil - 22:41

Certainement des épines ^^

Tu es déjà tout excusé, 'patron'
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MessageSujet: Re: Rose [Validée]   

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