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| | | Période post-Soledanienne... | |
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| Auteur | Message |
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Rage Furie d'Amour - adore les petits moustiques

Nombre de messages: 440 Temps passé à Hollow Dream: Un peu plus de deux ans Date d'inscription: 26/12/2006
 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Lun 13 Avr - 22:26 | |
| Le tremblement, aussi infime soit-il, n'échappa pas à Soledad. Ce n'était pas ce que voulait la fillette. Elle le savait pourtant. Mais que pouvait-elle faire d'autre? Bien sûr, l'idée de la prendre avec elle avait été dominante ces derniers jours. L'enlever à ces humains incompétents, la garder avec elle, en sécurité. Mais... Anthéa était une petite fille, il pleuvait à verse dehors, et l'humidité couplé à l'isolement la rendait malade. Elle ne pouvait pas la prendre avec elle, pas maintenant. En l'emmenant, elle ne pourrait que la condamner. Juste la condamner. Et en faisant ça, elle briserait la promesse la plus importante qu'elle ait jamais faite. La seule qu'elle pouvait encore tenir. La seule qui l'obligeait encore à ne pas entièrement céder à cette bestialité si attrayante. L'absence de faim d'Anthea fut un nouveau coup pour Soledad, la confortant dans son sentiment d'impuissance qui l'enrageait tant. Sans elle, Anthea allait dépérir. Elle le savait, c'était une évidence. Et pourtant... Pourtant l'emmener avec elle en l'état pourrait la tuer. Cette horrible dualité la taraudait horriblement. Son regard se perdit un instant au loin, elle se mordillait la lèvre inférieure, cherchant une alternative à cette situation. Elle ne devait pas en rester là, pour Anthea comme pour elle. Elle devenait distante, lointaine, perdant ce début de bonheur que Soledad avait aperçu dans son regard un peu plus tôt. C'était le troisième coup, violent, qu'elle reçu de plein fouet. Ses prunelles animales se relevèrent pour croiser celui éloigné de la fillette, mais ses paroles lui paraissaient lointaines, tellement lointaines. Jusqu'à-ce qu'Anthea en vienne à s'assimiler aux humains. Non, elle n'était pas comme eux. Anthea était différente, tellement plus importante, tellement plus prometteuse. Plus que ce semblant de prise de parti, elle ressentait invariablement la tristesse de la fillette se décupler. Elle l'avait blessée, atrocement blessée. Pourquoi devait-elle lui faire du mal? Soledad n'était plus humaine pourtant. Elle fut quasiment sans réaction alors que la fillette se lovait contre elle, chuchotant des paroles à mille lieues de la vérité. Alors c'était ce qu'elle craignait? Que Soledad avait d'autres intérêts? Qu'elle ne l'aimait plus? C'était vraiment ce dont elle était convaincue? Ses mains glissèrent contre le visage de la fillette pour le relever vers elle, avec une douceur infinie. "Anthea... Si je fais ça, c'est pour toi. Tu es malade, et il n'y a qu'ici que tu pourras avoir de quoi te soigner. Et moi, je n'ai pas ma place ici. S'ils apprennent que je suis revenue, s'ils nous surprennent ensemble, ils s'en prendront à toi, et je ne pourrai pas le tolérer."Elle se pencha contre elle, déposant son front contre le sien, un de ses bras venant entourer Anthea pour la soutenir. "Je n'ai pas d'abri, juste quelques misérables petits endroits où je peux me protéger un temps de la pluie. Je voudrai tant t'emmener avec moi, mais ce n'est pas un endroit où tu pourrais aller mieux."Elle se tut un moment, caressant d'une main les cheveux de la fillette avant de poursuivre. "Tu es tout ce que j'ai. Tout. Si je te perds, je n'aurai plus la moindre raison de survivre. S'il te plait, Anthea... Accepte que je partes. Toi, il faut que tu guérisses. Et moi, pendant ce temps, je ferai en sorte de préparer un abri, un vrai, pour toi et moi. Un endroit où les autres humains ne t'embêteront plus, un endroit où je pourrai m'occuper de toi. Mais il faut que tu ailles mieux, tu comprends?"_________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Mar 14 Avr - 12:03 | |
| Triste mais résignée à cette séparation forcée qu’elle savait lui être des plus douloureuse, Anthéa se laissa docilement envelopper le visage par les mains chaudes et rassurantes de Sol devenue chimère. Bien que griffues et plus forte que celle de la Soledad humaine, ces mains demeuraient cependant toujours empli d’une tendresse, d’une douceur délicate qui effleuraient les sens de la fillette, qui se laissa aller à fermer les yeux l’espace d’un instant. Elle savoura ce moment de plaisir disparu depuis le départ de la jeune femme de la bibliothèque, et s’empressa intérieurement de le désirer éternel. Ce ne fut que lorsque son front toucha celui de Sol, que Anthéa se résolu à ouvrir à nouveau ses yeux. Son regard sombre croisa celui rougeoyant de la chimère attentionnée, et dans le contemplation de cette lueur qui se voulait rassurante, la fillette esquissa un sourire qui illumina quelque peu un regard ou un léger éclat résiduel de bonheur pu à nouveau être perceptible. Sol était peut-être un monstre pour les humains, mais pour Anthéa elle était magique… Elle était un souffle, une caresse, un parfum de bien-être rassurant qui confinait à la paix, au cœur de cette tempête sans fin dans laquelle la vallée les avaient tous entrainé.
Anthéa écouta les paroles de Sol en silence, goûtant cette main qui lui fit frissonner le cœur lorsqu’elle lui troubla avec un amour certain sa longue et ténébreuse chevelure désordonnée. Bien sur, elle comprenait ses paroles… Elle comprenait les raisons et les craintes de sa petite maman… Mais le cœur a ses raisons que la raison elle-même ignore disait le dicton… Et Anthéa ne souhaitait pourtant qu’une seule et unique chose, que Sol et elle soit à nouveau ensemble. Peu lui importait le lieu d’ailleurs… La bibliothèque, une ruine toute vermoulue, une caverne sombre et sinistre… Une cabane faite de branches et de feuillages dans la forêt, comme des naufragées sur une île déserte… Le lieu n’avait aucune importance, tant que Sol ne la laissait plus toute seule. Sans se détacher du front de la chimère, elle hocha lentement la tête afin de lui signifier clairement que elle acceptait. Comprendre était un peu plus difficile, mais au moins l’acceptait-elle. Elle l’acceptait d’autant plus, lorsque Sol lui fit indirectement la promesse de revenir la chercher afin de l’emmener avec elle, lorsqu’elle aurait trouvé un endroit à aménager pour toutes les deux. Cela acheva d’ailleurs de miner la résistance de la fillette, qui fondit alors en larmes. Toutefois, ces larmes furent accompagnée d’un sourire plus lumineux, moins terne… Anthéa éclata même d’un bref rire nerveux,, comme si un soulagement sans fin s’était emparé de sa petite personne. La fillette s’empressa alors de joindre ses deux bras autour du cou de Soledad en un impressionnant étau de tendresse, tandis que son visage humides trouva refuge au creux du cou de la jeune femme. Ainsi attachée avec force à Sol, Anthéa lui dit d’une petite vois plus ou moins rassurée :
‘’Alors je vais vite guérir Sol, comme ça tu n’auras plus à avoir peur pour moi, c’est promis. Je vais prendre tous ces médicaments, et puis je vais faire mes trois repas aussi… Je vais guérir très vite, et comme ça tu pourras m’emmener avec toi… Chez nous…’’
Chez eux… Loin des habitants de la bibliothèque, qui ne voulaient plus de Sol… Alors Anthéa aussi ne voulait pas rester à la bibliothèque. Soledad et elle vivront toutes les deux ensemble, dans leur coin rien que à elles seules. De toutes façon, rien ne lui manquerait ici… Hormis les livres peut-être… Mais elle en emportera lorsqu’elle s’en irait, et puis si jamais elle en voulait d’autre, alors elle reviendrait en chercher. De toute manière, les survivants ne remarqueraient même pas que les livres disparaîtraient., elle en était certaine. Toujours accrochée au cou de Soledad comme un koala à son arbre, Anthéa laissa alors son esprit rassurée reprendre le dessus et elle imagina déjà quel sorte d’endroit serait le plus adéquate pour sa petite maman et elle. Elle réfléchit avec intensité durant de longues secondes ou elle demeura silencieuse, puis elle dit alors :
‘’Je crois que le mieux c’est une grotte, tu sais Sol… Une grotte assez profonde, pour que le froid et la pluie n’y pénètre pas plus loin que l’entrée, et aussi pour que personne ne sache que nous y vivons. Il faudrait une grotte de plusieurs dizaine de mètres de profondeur… avec quelques tunnels peut-être, pour faire des pièces différentes. Il faudra aussi essayer de mettre une porte, afin de bien nous séparer de l’extérieur. Il faudra aussi une sortie de secours, on ne sait jamais… Tu verras Sol, je nous ferais une jolie maison agréable, rien que pour nous. Ce sera comme si nous avions une vraie maison…’’
Conclu Anthéa, en resserrant encore un peu plus son étreinte tendrement possessive autour de la chimère au doux parfum de chocolat. La fillette lui déposa un bisou dans le cou… Elles allaient être bien, elle le savait… _________________  |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Lun 27 Avr - 19:27 | |
| Pouvait-elle comprendre après ces explications? Bien sûr qu'elle pourrait. Soledad l'espérait sincèrement. Anthea ne pourrait que comprendre, c'était une petite fille brillante et surprenante qu'elle ne pouvait tout simplement pas abandonner. Elle hochait la tête, l'écoutait avec attention. Soledad n'en demandait pas plus. Avait-elle pu réellement pensé que la chimère comptait la laisser toute seule? Elle y avait cru, puisqu'elle pleurait à présent, tentant de minimiser sa peur passée par un rire un peu nerveux. Pourtant ne lui avait-elle pas promis de ne pas l'abandonner? Sa main revint vers le visage de la fillette, essuya quelques larmes. Elle souriait, fort heureusement. Anthea se perdait moins dans sa mélancolie, Son sourire en était la preuve. PLus vivant que les autres, plus rassuré sans doute. Elle ne chercha même pas à l'écarter alors que la fillette s'agrippait à son cou, enfouissant son visage humide contre elle. Au contraire, sa propre étreinte se raffermi autour du petit corps enfantin. Elle glissa une main dans son dos, se voulant d'autant plus rassurante, alors qu'elle inclinait la tête contre celle d'Anthea. Ses paroles lui mirent du baume au coeur. Elle allait être prudente, se reposer, guérir. C'était tout ce qui importait. Et qu'elle se nourrisse bien aussi surtout. Mais même cette bonne résolution faisait parti de celles énumérées par Anthea. Alors pourquoi douter? Mais ce "chez nous" lui arracha un étrange frisson. Non, ce ne devait surtout pas être chez elle, parce qu'Anthea avait déjà un foyer vers lequel Soledad devait la ramener. Le pourrait-elle seulement? Elle l'espérait. Et malgré le fait que tout ce dont une petite fille pouvait avoir besoin se trouvait à la bibliothèque, Soledad avait la désagréable impression qu'au final, Anthea y était en danger. Personne ne la comprenait, personne ne s'occupait d'elle. Pire encore, si par mégarde Anthea s'égarait dans les songes de quelqu'un d'autre, et que ce pouvoir étrange était révélé, que se passerait-il? Les humains agissaient trop souvent de manière stupide face à l'inconnu. Anthea devait être éloignée d'eux, et des autres chimères, et des ombres. Elle devait la tenir éloignée des premiers dangers. Et pour ça, le meilleur moyen qu'elle trouvait pour l'instant, c'était l'isolement. En espérant que les Bêtes auraient mieux à traquer qu'une enfant et une chimère qui se tenaient à l'écart du monde. Soeldad devait leur trouver un abri sûr. Déjà Anthea avait son avis sur ce dernier. Une grotte, oui, c'était naturel, protecteur... Un peu froid sans doute, mais pas en fabriquant des sortes de cloisons. Et puis elles pourraient vivre dans les bois, pas trop loin d'un cours d'eau, pas trop loin de la nature où elle pourrait chasser pour Anthea. Dans un endroit où le reste du monde les oubliera. La fillette s'y voyait déjà. Cet enthousiasme faisait plaisir à voir. Avec autant de bonne volonté, elles ne pourraient que réussir à trouver un abri reposant. Le foyer temporaire idéal probablement. Elle haussa brièvement les épaules, chatouillée par le bisou posé dans son cou. "Je chercherai ce que tu veux. Et pendant que tu te soignera, je préparerai notre grotte. Comme ça, dès que tu iras mieux, tu pourras y venir. D'accord? Mais chaque chose en son temps. D'abord, tu dois guérir."D'ailleurs, à ces mots, Soledad se tourna vers le lit improvisé, de manière à pouvoir redéposer Anthea confortablement et ensuite la recouvrir. Elle aurait préféré un endroit plus au sec pour la fillette, mais aller la border en haut tenait de l'acte suicidaire. Et peut-être même qu'Anthea n'y serait pas à l'aise, mais... "Si tu le peux, il faudrait que tu dormes le plus souvent possible ailleurs qu'à la cave. Ici, c'est froid et humide, ce n'est pas bon our ta toux. Il faudrait que tu sois au chaud, comme près du feu, par exemple."_________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Mar 28 Avr - 13:55 | |
| Douceur et tendresse, voilà bien longtemps, trop au goût de anthéa, que cela n’avait pas été offert à la fillette. Sentir Soledad l’enlacer à son tour avec une force rassurante plongea celle-ci dans un curieux état d’absence physique. Un peu comme si son corps n’existait plus, comme si seul son esprit n’avait de réelle consistance dans l’éthéré de ce moment qui lui parut totalement hors du temps. Un instant au parfum d’éternité qui ne dura en réalité que l’espace de quelques minutes, prolongées par le voyage que Anthéa fit, avec un délice non dissimulé, dans les bras protecteurs de sa petite maman qui la ramena délicatement dans son lit de papier et d’encre, avant de la recouvrir de sa couverture. C’était comme si elle était chez elle, avec ses parents… Non, en fait c’était même mieux, car sa mère, sa véritable mère avait cessé depuis longtemps de la border ainsi, jugeant que ce n’était plus de mise pour ce qu’elle appelait une grande fille. Mais Anthéa ne voulait pas être une grande fille, non… Elle voulait que l’on s’occupe d’elle, et tant pis si elle était réellement trop grande pour telle ou telle chose… Elle s’en moquait bien après tout.
Lorsque Sol lui dit qu’elle chercherai une grotte comme elle le lui avait suggéré, Anthéa fit une petite moue guillerette qui illumina son visage aux traits déjà bien trop adulte, d’un masque enfantin comme pouvaient en avoir les jeunes enfants encore habité par l’insouciance de leur juvénile jeunesse. D’un point de vue extérieur, la fillette était vraiment un mystère. A la fois tellement adulte d’un point de vue purement physique, et en même temps terriblement enfantine encore même si son esprit se disputait cette enfance à une maturité déjà bien précoce en dépit de son âge. Malgré un sentiment d’inattention, Anthéa prêtait une oreille fiable aux paroles de Sol. Elle l’écoutait, entendait chacun de ses mots, chacune de ses intentions, chacune de ses promesses… Anthéa n’oubliait rien, jamais… C’était là une de ses plus grande qualité selon sa mère. La fillette ne pensait d’ailleurs pratiquement jamais à ses parents qui étaient là-bas, dans le vrai monde. Ce n’était pas qu’elles les avaient déjà oublié, mais curieusement son esprit paraissait s’être adapté à ce nouveau mode de vie ou ces derniers lui était totalement inaccessible et, sans doute comme une sorte de réflexe d’autodéfense, elle se conduisait comme si ils n’avaient pas de réelle importance. Ce qui était en quelque sorte vrai, puisque Anthéa avait Sol qui prenait soin d’elle avec une très grande attention… Alors, pourquoi s’embarrasserait-elle l’esprit avec des parents qui ne pourrait de toute manière jamais l’atteindre.. ?
Cela pourrait sans doute paraître quelque peu cruel et être le signe d’une profonde insensibilité émotionnelle, mais Anthéa avait aussi un grand sens pratique. Associé à sa maturité précoce, cela pouvait en effet lui donner l’image d’une enfant monstrueuse, mais sans même y songer consciemment la fillette ne faisait simplement que exercer un droit plusieurs fois millénaires… Celui de la survie, uniquement. Après avoir acquiescée aux parole de Sol, Anthéa lui dit :
‘’ C’est promis Sol, je vais vite guérir pour que l’on puisse très rapidement repartir ensemble… Je vais me faire un lit que je pourrais transporter, et chaque soir je le descendrais dans la grande salle pour dormir juste à côté de la cheminée. Si j’ai envie de dormir pendant la journée, alors je monterais à l’étage, dans la chambre ou tu m’as conduite la première fois… J’aime bien cette chambre, c’est la plus chaude et la plus tranquille de toute la bibliothèque. Tu verras Sol, je vais vite guérir et on sera enfin bien toutes les deux dans notre abri rien que à nous seule.’’
Conclu joyeusement Anthéa, visiblement ravie de ce changement qui n’était pourtant pas à son plus grand avantage lorsque l’on y songeait. Mais si la fillette y trouvait son bonheur, n’était-ce pas le plus important en fin de compte.. ? D’autant plus que elle le savait, Sol ferait tout son possible pour qu’elle soit bien et sur ce point Anthéa lui faisait une confiance des plus absolu. Souriant avec malice et des étoiles dans les yeux, Anthéa ajouta encore :
‘’Tu sais Sol… Ma mère m’a toujours dit qu’il valait mieux un petit chez soi, que un grand chez les autres… La bibliothèque c’est bien, c’est grand et il y a des tas de choses utiles à portée de main, mais je sais que je serais mieux dans notre petit chez nous… C’est certain, puisque tu seras avec moi tout le temps.’’
Ajouta-t-elle encore, comme pour convaincre une Soledad déjà vaincue par la désarmante fillette qui lui faisait face. Anthéa se sentait déjà mieux… Bien mieux même… _________________  |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Lun 4 Mai - 19:44 | |
| Les mains de Soeldad remontaient avec soin la couverture improvisée. L'objet lui paraissait si peu efficace pour protéger Anthea. Mais elle n'avait pas mieux sous la main et la fillette devait impérativement rester le plus au chaud possible. Le tissu cessa sa course sous le menton aussi enfantin qu'adulte. Anthea se perdait encore entre deux âges pour le moment. Mais malgré ça, à l'heure actuelle, elle restait l'enfant que Soledad avait juré de protéger. Elle cala la couverture le long du corps de la fillette, en douceur, s'assurant qu'aucun espace ne laisserait passer l'air frai de cette maudite cave. Un faible sourire étira un instant ses lèvres, tant sous la promesse de la petite demoiselle que sous le souvenir évoqué de leur première rencontre. Dire que ce jour-là, Anthea avait failli mourir... La toute première émergence du petit bout de langue restait un souvenir impérissable. A ce moment-là, Anthea ignorait encore dans quel enfer elle était tombée. A ce même moment, Soledad était humaine. Mais malgré cette toute première rencontre, elle n'avait pas voulu la laisser seule, ni entre les mains de quelqu'un d'autre. Finalement la confiance n'avait jamais été là. Sauf en Anthea. Quel étrange situation décidément. Un bol de reste de soupe, une fillette allongée... Seul le feu de la cheminée manquait pour parfaire la copie du tableau qu'elles avaient formé pendant l'hiver, avant l'averse, avant la mort. Mais les sentiments, eux, étaient identiques si ce n'est encore plus forts qu'à l'époque. Il lui semblait qu'Anthea elle-même avait gagné en force depuis son arrivée désastreuse en jupe et souliers vernis réglementaire en pleine forêt enneigée. Et cette chambre où elle disait se trouver bien... Cette pièce même où elles avaient échangé plus que des mots. Elles avaient partagé un rêve, le temps d'un sommeil. Un repos étrange où Anthea s'était mêlée aux souvenirs de Soledad. Une chose qui aurait probablement dû choquer la fillette, mais qui a défaut les avait plus rapprochées encore. L'humaine devenue Chimère n'avait finalement plus le moindre secret pour la fillette. D'autres monstres ne pouvaient que haïr ce genre de situation où ils étaient exposés corps et âme face à ce qu'il jugeaient comme un ennemi. Mais pas Sol. Elle restait Soledad, seulement avec Anthea. Elle, elle avait le droit de tout savoir, tant que ça ne nuisait pas à sa vie. Oui, c'était comme ça que ça allait se passer dorénavant. Les choses moches seraient cachées. Comment expliquer à une enfant que pour se nourrir, elle dépeçait des êtres humains? Anthea n'avait probablement pas encore réalisé toute la monstruosité de sa maman d'adoption. Mais pour Sol, tant que c'était pour le bien d'Anthea, il y aurait autant de morts que nécessaire. Dans un soupire incertain, Soledad d'allongea à son tour, juste pour un petit moment probablement, se blottissant contre Anthea pour lui partager sa chaleur, pour qu'elle n'ait pas froid pour le moment, un bras retombant mollement sur le corps de la fillette. La maman d'Anthea avait raison sur ce point. Mais Soledad savait que la vie qu'elle menait pour le moment n'était de loin pas adaptée aux besoins d'une enfant, aussi mûre qu'elle puisse être sous certains aspects. "Je prendrai ici tout ce dont tu pourrais avoir besoin. Comme ça, tu ne manqueras de rien. Et ils ne pourront pas te faire de mal. Pas comme ils l'ont fait jusqu'à maintenant."Mauvais traitements? Par négligence, oui. Tant d'adultes et pas un pour voir qu'une fillette attrapait la mort à force de traîner dans une cave froide et humide. Pas un pour s'assurer qu'une enfant prenait tous ses repas. Pas un pour se demander si c'était normal de voir une fillette aussi mal sans chercher à lui venir en aide. Mais avec elle, ça allait changer. Avec elle, Anthea allait être entre de bonnes mains, elle en avait la certitude. _________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Mar 5 Mai - 11:54 | |
| Dans un sourire ravie, Anthéa se tortilla afin d’aider sa petite maman à glisser la couverture de fortune sous son corps allongée. En peu de temps, la fillette se retrouva blotti telle une momie dans ses bandages, mais… Quelle bien jolie petite momie cependant… Ses cheveux ténébreux désordonnés s’étalèrent sur l’oreiller de fabrication sommaire, auréolant ainsi la fillette d’une bien étrange collerette de fils soyeux dont la netteté laissait cependant à douter vu la luisance qui émaillait parfois ces cheveux qui étaient pourtant si magnifique du temps ou Soledad était encore avec elle à la bibliothèque. Son départ avait réellement fait psychologiquement du mal à Anthéa, mais aussi physiquement. Elle s’était laissé aller sur ces deux plans, depuis la fuite de la jeune femme devenue chimère. Ce qui était somme toute assez logique lorsque l’on y songeait… Sans personne à qui plaire, pourquoi faire des efforts pour demeurer présentable.. ?
Mais désormais, Anthéa se promit intérieurement de se reprendre en main comme elle l’avait promis verbalement à Sol quelques minutes plus tôt. La prochaine fois qu’elle viendrait la voir, elle serait tout jolie… Elle mettrait les plus beaux vêtements qu’elle pourrait trouver dans la réserve, elle se laverait ses magnifiques cheveux, les coifferaient durant des heures et des heures, afin de leur redonner leur beauté habituelle qui ravissait tant Sol lorsqu’elle glissait sa main à l’intérieur de ceux-ci… Oui, elle le ferait…
Lorsque Soledad s’allongea tout contre sa petite personne, Anthéa laissa son visage souriant de satisfaction s’écraser contre la poitrine chaleureuse de la chimère attentionnée. Le poids de sa petite maman ne la dérangea pas, bien au contraire… Elle le trouva rassurant dans sa proximité, et se contorsionna même encore un peu plus afin de combler le vide qui lui semblait exister entres elles. Un soupir s’échappa de ses lèvres… Un soupir généreux, signifiant à qui voulait bien l’entendre son bien-être et sa sérénité enfin retrouvée.
‘’Je t’aime Sol…’’
Lui dit-elle tout simplement dans un souffle murmuré, tandis que le bras de la chimère l’enlaça avec une tendresse qui lui déniait toute notion de monstre comme pouvait le dire les autres survivants.. Désormais, ce serait ainsi chaque jour… Elles s’endormiraient blottit l’une contre l’autre, avec bien évidemment Griffin au milieu, et se réveilleraient de la même façon. Ce sera bien… Très bien même… Elle le savait… Ce serait un peu comme si elles étaient toutes les deux seules au monde, perdues sur une quelconque ile déserte… Lorsque Sol lui promis de la protéger, la fillette frissonna d’un plaisir intérieur puissant et irrépressible, qui la fit se contorsionner encore un peu plus lascivement. Une attitude câline, qui soulignait bien le bonheur de la fillette qui lui répondit :
‘’Je te fais confiance Sol, je sais que tu prendras bien soin de moi et de Griffin, toujours…’’
Une confiance aveugle que certains jugeraient sans doute trop grande, mais pas Anthéa. Elle avait foi en Sol, en sa petite maman même si elle était devenue différente. Sol était sol, voilà tout… Peu importait son apparence en fin de compte.
Tout à son bonheur, Anthéa commença à clore ses yeux sombres et las. Le contact de sa petite maman était une invitation à s’oublier en une tranquillité d’esprit perdue depuis son départ du refuge des humains, et c’est bien volontiers que la fillette se laissa envahir peu à peu par un sommeil dont il ne faisait nul doute qu’il serait plus que réparateur pour elle. Pour la première fois depuis plusieurs jours, Anthéa allait s’endormir sereinement… _________________  |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Mer 6 Mai - 21:49 | |
| Anthea était à présent soigneusemebt blotties sous les draps. Il manquait juste un feu, un doux feu crépitant pour qu'une pleine sensation de bien-être soit possible. Mais Soledad, elle, elle se sentait étrangement bien. Pour la première fois depuis cette maudite attaque sous la neige, elle était bien. Plus de blessure, juste une cicatrice, et surtout le meilleur baume pour le coeur qu'il puisse exister dans la vallée soigneusement allongée contre elle. Son bras était remonté au-dessus du corps de la fillette, se promenant dans les cheveux qui s'étalaient en tout sens sur l'oreiller de fortune, saisissant quelques mèches par-ci par-là, comme si elle aurait pu un instant douter de ce commencement de béatitude. Et avant de retourner dans sa position d'origine,s a main effleura le visage de la fillette pour se reposer en travers de son corps. Elle la laissa se blottir contre elle, sa main se repliant dès lors dans le dos d'Anthea pour faire en sorte que la couverture reste collée contre son dos. Pas de place pour les courants d'air, c'était une règle, pour le bien d'Anthea. Sa main s'étala ensuite dans le dos de la fillette, pour la maintenir contre elle. Cette proximité faisait du bien, contre toute attente. Pourtant, n'aurait-elle pas dû devenir indifférente à toute relation humaine? Alors pourquoi n'arrivait-elle pas à se détacher d'Anthea? Voulait-elle seulement se détacher d'elle? Pendant quelques heures. Ces heures ou la douleur et la bestialité avait étouffé tout bon sens. Ces heures où elle avait eu la conviction de perdre tout ce qu'elle pouvait faire à la fillette, c'était du mal. Mais elle allait mieux maintenant. Elle n'était plus dangereuse. Plus pour elle. Pour les autres, c'était une histoire bien différente. Cette simple déclaration suffit à étirer les lèvres de la Chimère. Un demi sourire, pour ne pas afficher ses dents plus proches des crocs. Un petit sourire aussi rassuré que rassurant. Tout allait aller mieux à présent. Même si elles étaient maudites, même si elles étaient condamnées à tout jamais dans cette vallée de l'horreur. Le pire était passé, elle en avait étrangement la certitude en sentant le corps d'Anthea contre elle, et en entendant ses paroles. Le moment était propice à un vague sentiment de sécurité. Même la possibilité qu'une tierce personne ait pu brusquement arriver et hurler à la garde ne lui effleurait pas l'esprit. Oh oui, elle prendrait soin d'elle. Griffin était compris dans le pack protection plus de Soledad. Pour toute réponse, elle se pencha contre Anthea, déposant un tendre baiser sur son front, avant de simplement répéter ce mot pourtant insignifiant mais plein de promesse. "Toujours..."La main de Soledad procurait quelques caresses dans le dos d'Anthea, légères mais présentes, alors qu'elle lui murmurait simplement à l'oreille. De faire de doux rêves alors qu'elle s'en allait au pays des songes. La chimère finit elle aussi par laisser pleinement sa tête reposer sur l'oreiller, observant les traits enfantins et paradoxalement adultes devenus plus apaisés. Et sans qu'elle ne s'en aperçoive vraiment, elle commença à son tour à basculer dans le noir du repos involontaire. _________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
|  | | Anthea Glen'finnen Innocente égarée - syndrome du moustique en pleine nuit

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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Jeu 7 Mai - 11:29 | |
| Home sweet home… Foyer doux foyer… Le sommeil était-il un foyer.. ? Ma foi, sans l’ombre d’un doute… C’était un foyer certes un peu spécial, mais lorsque nous y étions il nous apparaissait comme étant le plus rassurant et paisible qui puisse exister. Le sommeil était un havre de paix, un endroit unique, ou toutes les mauvaises choses pouvaient disparaître pour peu que notre esprit nous l’y autorisait. Le sommeil était en quelque sortes un Eden, un paradis de l’âme… Malheureusement, peu de personnes peuvent prétendre à ce paradis merveilleux… La plupart des gens n’y font qu’un bref séjour, un peu comme un passage au purgatoire, avant de se voir propulser dans un quelconque rêve plus ou moins agréable selon notre degré de conscience et de responsabilité. La nature de ce rêve dépendait en grande partie de nos actions passées… Parfois bonnes, parfois mauvaises… Tout n’était fonction que du point de vue de tout un chacun en fin de compte.
Pour Rage, le sommeil fut un cheminement vers une petite ruelle grise. Une petite ruelle sans rien de particulier, une petite ruelle comme elle en avait traversé bien des fois lorsqu’elle n’était encore que Soledad. Même si rien ne ressemble plus à un panda que un autre panda, il y avait cependant une légère différence, une infime fluctuation dans le pelage, dans le dessins de la monochromie de l’animal… Il en allait de même de cette petite ruelle déserte, pour laquelle Rage ressentit une différence subtile mais néanmoins importante… Ce n’était pas une de ses ruelles habituelles. En levant le regard vers le ciel, elle ne vit que grisaille et nuages obscurcissant un horizon sans obstacles. Pas de grands immeubles, pas de buildings, pas de tour de verre… Et surtout, un calme bien peu habituel pour la New Yorkaise qu’elle était.
Rage hésita tout d’abord à sortir de cette petite ruelle, au vue de son apparence de chimère conservée. Même si ce n’était qu’un rêve, l’instinct lui demeurait de ne pas se montrer ainsi aux gens. Pourtant, ce n’était qu’un rêve, n’est-ce pas.. ? Elle s’approcha furtivement de la sortie de la petite ruelle, et après avoir jeter un œil au dehors elle constata avec soulagement que les environs étaient désert. La chimère se décida alors à quitter l’étroite petite ruelle se disant que finalement ce ne serait que pure idiotie d’y demeurer sans rien faire en attendant son réveil. C’est la, qu’elle trouva la confirmation de son ressenti… Elle n’était pas chez elle. D’ailleurs, ou était-elle.. ? Cet endroit ne lui disait absolument rien, et les immeubles n’étaient assurément pas ceux qu’elles avait pu voir tout au long de sa vie. Ils lui parurent ancien, presque vieux… Enfin, par rapport à ce que elle-mêrme avait toujours connu.
Déambulant dans les rues de cette ville inconnue, elle chercha sans résultat à trouver un quelconque indice lui indiquant ou son rêve l’avait entraîné… Rien, absolument rien ne lui était familier. Elle croisa soudain la route d’un couple qui la regarda avec une curiosité certaine, et d’instinct chimérique Rage se raidit subitement. Tout comme le couple elle s’arrêta, chacun fixant l’autre… Et puis, le couple se désintéressa de la chimère et reprit son petit bonhomme de chemin. Rage poussa alors un soupir de soulagement. Mais était-ce bien elle que ce couple avait fixé avec autant d’insistance, ou bien… N’était-ce pas plutôt ce panneau d’affichage qui se trouvait juste derrière elle, et qui indiquait la représentation prochaine d’une comédie musicale… L’affiche était rédigé en anglais, une langue bien familière à la chimère…
Après avoir fait quelque pas supplémentaire, Rage déboucha sur une artère bien plus peuplée que l’endroit qu’elle venait de quitter. Une fois de plus son instinct la fit se raidir dans l’attente d’une quelconque réactions des gens à son encontre… Mais rien, absolument rien… C’était comme si elle n’était pas différente d’eux…Ou bien, qu’ils ne la voyait tout simplement pas. Mais après tout, quoi d’étrange dans tous ceci puisque ce n’était qu’un rêve.. ? Le rêves avaient une logique bien à eux, qui bien souvent échappait aux dormeurs. Elle déambula ainsi quelques heures durant, sans éveiller le moindre sentiment aux gens qui demeurèrent indifférent. Bien que Rage ignorait toujours précisément ou elle pouvait bien se trouver, elle réalisa toutefois que elle devait se trouver en Europe… C’était bien trop différent des villes américaines qu’elle avait pu voir, c’était indéniablement flagrant.
Ne sachant trop que faire dans ce rêve sans but, Rage dirigea ses pas en direction d’un parc public alors que la nuit commençait à tomber. Elle trouva que l’obscurité tombait à une vitesse extravagante, sans doute parce qu’elle n’était pas habituée à ce genre de chose dans sa ville d’origine. Sans surprise, le parc était désert car, même si elle n’avait aucune notion de l’heure qu’il pouvait être, il lui parut évident que la soirée était toute proche. Cependant, quelque chose attira son exceptionnelle vision de chimère… Quelques mètres plus loin, assise sur un banc, se trouvait une personne. En aiguisant encore un peu plus son regard, Rage pu constater qu’il s’agissait d’une petite fille qui restait là, assise à ne rien faire, si ce n’était peut-être attendre éventuellement quelque chose. A première vue, elle devait avoir dans les quatre ou cinq ans, guère plus… Ses pieds qui ne touchaient pas le sol se balançaient tristement dans le vide, tandis que elle fixait ses mains croisés d’un air visiblement ennuyé. Rage vit aussi quelque chose dépasser légèrement de son dos… Quelque chose de blanc à première vue… Le fillette avait visiblement un sac à dos, si la chimère en croyait l’écrasement de ses épaules que trahissaient ses vêtements qui lui paraissaient bien trop grand pour elle.
Elle l’observa encore, en se disant en son for intérieur que ce n’était pas prudent qu’une petite fille soit seule dans un parc public à une heure qui lui paraissait de prime abord bien tardive. Elle était à première vue mignonne, mais il était bien connue que tous ce qui était mignon attirait les convoitises de bien des prédateurs… _________________  |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Dim 10 Mai - 19:42 | |
| Elle ne devrait pas dormir. Elle le sait bien pourtant. Le territoire ennemi n'est pas un endroit reposant. N'importe quel humain avec un minimum de bon sens saisirait l'occasion de trucider une chimère en pleine sieste. Mais ça lui semblait loin, si loin alors que le noir sans fond l'engloutissait toute entière. Elle n'avait même pas peur, pas même une once d'inquiétude. Anthea était là, elle entendait son souffle, la sentait respirer sous son bras. Et tant que cette donnée essentielle et vitale demeurait, le reste était sans importance. Seulement voilà, cette sensation de sérénité fut brusquement interrompue. Où était-elle passée? Où était la fillette? C'était son tout premier soucis alors que, rouvrant les yeux, son corps n'était plus à l'horizontal mais à la verticale. Elle rêvait. Oui, ce devait être ça. Sinon comment aurait-elle pu se trouver subitement dans un endroit aussi insolite? La vallée ne comptait aucune ruelle grise à l'apparence fluette. Mais malgré tout, l'instinct était présent. Ce même instinct qui la fit se coller contre un mur. De l'ombre... Il lui fallait de l'ombre dans laquelle se blottir, se terrer, pour ne pas être observer. Qui n'aurait pas envie de hurler au monstre en tombant sur quelqu'un comme elle dans sa ville? Et était-ce encore une ville? C'était si petit, si calme, si loin de tout ce qu'elle avait connu. toutes les villes qui l'ont vu grandir étaient des mégalopole. C'était généralement ce genre d'environnement qui séduisait autrefois sa mère, et qui l'avait séduite à son tour. Sinon à quoi bon vivre dans la ville qui ne dort jamais? Mais elle n'était pas à New York. Définitivement pas. Et elle ne pouvait pas rester ici à se demander où elle était. Alors Soledad avança, se demandant où diable elle avait bien pu atterrir. Elle dormait. Plus elle y pensait et plus cette solution lui semblait la plus probable. Mais le sommeil était toujours un reflet du vécu, de peurs refoulées, de sentiments qu'on n'ose jamais exacerber. Ce décor ne s'apparentait à rien de ce qu'elle connaissait. Vraiment rien. Pourtant elle y était définitivement. Alors elle avançait... Jusqu'à croiser des êtres humains. La panique était tellement irrationnelle... Mais elle était présente. Son regard se fixa sur le couple. Un seul geste menaçant, ou effrayer, un seul, et elle les mettrait en pièce avant de partir en courant. Mais rien. Ils passaient leur chemin. Ils n'avaient pas dû la voir. Impossible. Alors quoi donc? Soledad se retourna, observa. De l'anglais... Ce n'était pas les Etats-Unis. L'Angleterre? L'Autralie? L'Ecosse? Il y avait tant de pays potentiellement anglophones qu'elle n'arrivait pas à se situer. Peut-être devrait-elle prendre le temps de trouver une caissette à journaux, un panneau de signalisation plus évocateur, mais non. Elle devait parcourir son rêve, c'était une obligation à présent. Alors elle continue. Les poussées de stress reviennent avec les têtes qu'elle croise. Mais personne, pas un seul être vivant ne lui prête la moindre attention. Elle n'est même pas humaine à leurs yeux, elle est juste invisible. Puis elle voit plus loin que les bâtiments cédaient leur place à de l'herbe. Un parc. Un joli parc de ville. Certainement pas aussi grand que celui dans lequel elle aimait se perdre les dimanches après-midi en compagnie d'Ingrid. Non, il n'y avait rien de similaire. Rien de transcendant. Jusqu'à-ce banc et ce qui se trouvait assis dessus. Que faisait une enfant seule dans un parc à ce qui semblait à Soledad une heure bien tardive? Ses prunelles se baladèrent dans le reste du parc. Pas de maman, pas de papa. Rien qui ne fasse penser à un quelconque parent. Les humains... Même dans ses rêves ils étaient incompétents. Elle poussa un soupire, lassée probablement de cette évidence qui se manifestaient encore et encore. Mais elle avança. Pas vraiment avec un but, juste parce que la nature était toujours préférable au bitume. Mais elle ne dépassa pas le banc. Pire, elle se figea. L'Ecosse. Cette réponse lui parut évidente. Tellement évidente tout à coup. Elle voyait, dans le dos de la fillette, dépassant du sac à dos, Griffin. "Anthea..."Tout s'imbriquait dans sa tête à présent. Il ne s'agissait pas d'un rêve, c'était un souvenir. Pas l'un des siens, un de ceux de la fillette. Le transfert fonctionnait donc dans les deux sens? Elle se rappelait sans mal l'intervention d'Anthea dans sa caserne du Bronx, à cette époque où Soledad croyait encore à une vie pleine d'espoir et de rêves. Ses pas reprirent, presque précipités. Elle ne la verra pas. Les souvenirs ne changent pas. Ils peuvent se figer un instant, mais ils ne changent pas. Soledad s'approcha, jusque devant la fillette, cette toute petite fille, Anthea encore plus petite, en modèle miniature, avec des vêtements trop grands pour elle. Elle s'accroupit, passa sa main devant le regard enfantin. La verra-t-elle? Elle en doute. Mais elle observe, curieuse et inquiète, cherche sur ses traits si jeune le moindre écart qu'il peut y avoir avec l'Anthea qu'elle connait à présent. _________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Lun 11 Mai - 10:07 | |
| Rage faisait face à la fillette, de toute son imposante stature de chimère accroupit… Il était assez difficile de dire s’il s’agissait du fruit du hasard, d’une simultanéité cosmique ou bien si la petite fille l’avait vu, mais toujours est-il que presque aussitôt elle cessa de battre le vide de ses jambes et leva son regard droit devant elle, fixe, lorsque Rage caressa l’air de sa main griffue. Ce visage enfantin, réplique en miniature de l’Anthéa que elle connaissait et aimait, était affreusement terne. Nul sourire n’égayait ce joli petit minois attendrissant de poupée chiffon, et ses yeux sombres gardaient une certaine auréole légèrement rougis, qui témoignait d’évidentes larmes versée il y avait encore peu de temps de cela. La fillette avait donc pleurée, et la tristesse l’habitait aussi sûrement que le ciel s’assombrissait de minute en minute.
Son regard croisa celui de rage, et le temps parut soudain comme cessé d’être. Tout comme le premier couple rencontré, L’impression que la fillette voyait la chimère était forte aux yeux de celle-ci. La fillette la fixait… Ou fixait le vide devant elle… Au bout d’interminable secondes, la fillette se décida finalement à bouger. Elle porta le revers de sa minuscule main à son visage, et se frotta alternativement les deux côtés de son visage comme pour effacer quelque chose de dérangeant… Comme un bisou non désiré, une sensation de chatouille des plus désagréable… Puis, laissant ses deux mains retomber sur ses genoux dans un soupir à briser le cœur, elle dit :
‘’Tu as raison Griffin…’’
Aussitôt, elle prit son élan et sauta sur le sol ou elle atterrit maladroitement dans un ‘’hop la !’’ si caractéristique de l’enfance. Ses petites jambes se mirent alors à gambader rapidement, bien que de manière très brève, jusqu’au banc voisin qui se trouvait à quelques mètres sur sa droite. Une fois rendu là, la fillette s’échina à escalader l’objet de façon assez maladroite, avant de réussir enfin à y grimper et à s’y installer de manière identique que sur le banc précédent. De nouveau, un soupir fusa de ces lèvres innocentes. Un soupir long et las, qui se perdit dans la nuit naissant. Elle regarda alors Griffin vers lequel elle tourna du mieux qu’elle le pu la tête, et lui dit encore :
‘’Ne t’en fais pas Griffin, on va s’en sortir… Tu peux compter sur moi’’
Sa tête se déposa tendrement sur celle de la peluche, toujours aussi impassible, puis elle reprit sa position de petite malheureuse battant le vide de ses courtes jambes en reprenant son air triste et quelque peu abattu. Tirant sur ses manches, elle frissonna et se recroquevilla légèrement sur elle-même. Le fond de l’air n’était pourtant pas spécialement frais, sans doute était-ce le début de l’automne ou bien encore le printemps…C’était assez difficile à dire en fait, pour qui n’avait pas l’habitude de ce genre de climat. Pourtant, la fillette frissonna et glissa ses deux adorables petites mains entres ses cuisses comme pour les réchauffer, tout en continuant de les fixer en silence de son air attristé…. _________________  |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Dim 17 Mai - 19:55 | |
| Non, elle n'existe pas. Soledad n'était rien dans cet environnement. Pas même un simple courant d'air. Comment le future pouvait-il influencer le passé? Cela était-il seulement possible? Si seulement c'était possible. Comment Anthea aurait-elle réagit en découvrant face à elle une chose plus proche du monstre que de l'être humain? Était-elle déjà aussi ouverte d'esprit autrefois où était-elle comme tous les enfants en bas âge, n'ayant pour monde que la famille sans encore avoir ce désir de voir le reste du monde? Elle n'était qu'une petite fille, seule dans un parc, alors qu'à une heure pareille, elle devrait plutôt être en train de jouer dans sa chambre, de regarder la télévision, de rigoler avec sa maman. Mais elle était seule sur un banc, alors que l'air se rafraîchissait. Pendant une fraction de seconde, un infime instant, elle cru qu'Anthea la voyait, la fixait droit dans les yeux. Mais c'était impossible. Tout comme cette réaction sur son visage qui n'avait certainement aucun rapport avec le geste qu'elle avait eu pour la fillette. Soledad n'aimait pas ce qu'elle trouvait sur ses traits-là. Trop de tristesse, de distance, d'abandon peut-être. La petite avait pleuré, elle en était certaine. Mais pourquoi diable était-elle seule dans ce parc? Aussi loin qu'elle puisse s'en rappeler, jamais Soledad n'avait été livrée à elle-même à un âge pareil dans un endroit inconnu. Si ça mère avait pu la laisser seule quelque part, ça n'avait jamais été à l'extérieure de l'appartement familial, et surtout pas à la tombée de la nuit. Quels parents laisseraient une enfant dans ce genre d'endroit? Si la verdure avait son charme envoûtant sous le soleil du jour, à la nuit tombée, certains lieux de ce genre s'apparentaient aux forêts hantées des contes de fées pour un enfant. Le mouvement d'Anthea poussa Soledad à faire un bond brusque en arrière. que pouvait-elle craindre? Le contact? Il n'y aurait pas de contact. Un simple réflexe, de peur qu'il y ait malgré tout un choc pour Anthea, cette petite Anthea qui parlait à sa peluche. Certaines choses ne changeaient pas avec les années finalement et cette pensée étira un très court instant le bord des lèvres de la chimère. Elle se redressa, suivant des yeux l'escapade enfantine jusqu'au banc suivant. Elle était si petite... Le banc devait être une montagne pour une enfant. Ses efforts eurent au moins l'effet escompté. Les prunelles de la jeune femmes repartirent sur le parc qui se noyait peu à peu dans la nuit. Personne... Elle se mit en mouvement, alors qu'Anthea parlait à sa peluche, seule au monde. Sans un mot, elle alla s'assoir à côté d'elle. C'était un souvenir, oui. Alors si c'était un souvenir, quelqu'un allait nécessairement venir. Alors pourquoi sentait-elle une étrange boule douloureuse à l'estomac? Soledad serra les dents. L'air était frais. Pas pour quelqu'un comme elle, mais pour une enfant, ce devait être dur. Anthea ne pouvait pas sentir sa présence, mais malgré ça, Soledad se rapprocha de la fillette et glissa un bras autour d'elle. Même si ça n'était d'aucune aide à la fillette, au moins la conscience de Soledad s'apaisait un tout petit peu. Mais ses yeux se perdaient sans cesse sur le décor autour d'elle. où diable était la maman d'Anthea? _________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Lun 18 Mai - 12:47 | |
| Peu à peu, la nuit abattait son sombre manteau sur le parc public, révélant ainsi un monde inconnu de tous ceux qui venaient s’y promener au cours des la journée. C’était le même univers, et pourtant quelque chose changeait. Il y avait la lumière rassurante du soleil qui éclairait les visage réjouis des enfants et des adultes qui venaient se prélasser ici lors de leur temps libre, se créant ainsi des souvenirs que plus tard certains se rappelleraient avec une certaine nostalgie dans le cœur… Et puis, il y avait l’autre monde… Celui de la nuit ou l’obscurité emprisonnait d’une main de fer l’éclatante beauté du jour, afin d’étendre son ombre sur la ville. Ce monde, à l’instar de son opposé, avait ses propres habitudes, ses propres habitants… Ses propres règles… Les enfants tels que Anthéa n’y avait assurément pas leur place, et la fillette y était comme un soleil de minuit dans l’obscurité polaire… Jolie, mais dérangeante.
Toujours frissonnante, Anthéa battait encore et encore le vide de ses petites jambes en chantonnant une petite musique que Rage ne reconnut pas. Un murmure fusant doucement de ses lèvres à peine ouvertes, comme si elle craignait de déranger d’improbables voisins. Plus qu’une musique, il sembla à la chimère qu’il s’agissait d’une sorte de comptine… Jolie, entraînante… Mélodieuse, en dépit de sa nature inconnue. De paroles, il n’y avait point. Ce n’était qu’une succession de ‘’hum’’ rythmé par la léger balancement du corps de la fillette, qui sembla alors comme plongé dans une intense réflexion. Pourquoi était-elle ici ? Pourquoi, ne rentrait-elle pas chez elle.. ? Ma foi, elle seule serait en mesure de nous dévoiler ce secret… Ou peut-être, Griffin le pourrait-il aussi.. ? Comment.. ? Ce n’est qu’une vulgaire peluche rembourré de coton.. ? Mais que voilà une pensée bien étriquée voyons… Est-ce que les objets n’auraient pas le droit d’avoir une âme eux aussi.. ?
Qu’est-ce que la véritable définition de la vie après tout.. ? N’est-elle que purement biologique, ou bien se situe-t-elle à un niveau de compréhension bien supérieur au monde matériel.. ? Qui peut réellement dire, qui es vivant et qui ne l’est pas.. ?
Sombrant de plus en plus dans l’obscurité, le parc commença à prendre des allures de forêt angoissante. Des petits bruits se faisaient entendre ici et là, attirant à chaque fois l’attention de Anthéa qui ne cessait pourtant pas son balancement mécanique. Il était difficile de dire si la fillette avait une quelconque peur en elle. Comme l’Anthéa que Rage connaissait, cette réplique en miniature semblait être doté d’un bien étonnant courage pour son jeune âge. Mails il était vrai que Griffin était là pour la protéger après tout, alors que pouvait-elle bien craindre.. ? Soudain, un bruit de pas lointain parvint aux oreilles aiguisées de la chimère assise tranquillement auprès de la fillette. Un bruit de pas assez lourd, sans pour autant être massif… Un homme… C’était un homme de moindre poids, et sans doute assez jeune vu sa manière assez désinvolte de marcher. Levant son regard en direction des pas, Rage put apercevoir un jeune homme surgir du néant obscur que seul quelques lampadaires placé ici et là, éclairaient de manière assez diffuse
Grand, plutôt famélique, ce jeune homme présentait des signes caractéristiques de toxicomanie qui n’échappèrent pas à l’œil exercé de l’ancienne secouriste. Un drogué… Certes, occasionnelle, mais suffisamment pratiquant pour que cela se voit au premier coup d’œil connaisseur. Il n’avait pas l’air en manque, bien que quelque chose dans sa démarche indiquait une certaine fébrilité. Débraillé comme un souillon, il remarqua rapidement Anthéa et s’en approcha en l’interpellant de manière assez vulgaire…
‘’Hé gamine ! qu’est-ce que tu fais là.. ? T’es perdu.. ?’’
Anthéa le regarda, mais ne lui répondit pas. Elle se contenta de reposer ses yeux sur ses cuisses et reprit son balancement.
‘’Bin alors.. ? Tu dis rien la mioche.. ?’’
Enchaîna l’homme, en venant s’installer sans délicatesse sur le banc occupé par la fillette. Ce faisant, il la bouscula quelque peu et Anthéa recula de quelques centimètres sur le côté ou se trouvait Rage. Il demeura là, l’air béat devant ce ciel étoilé sans lune, et puis il plongea sa main dans sa poche pour en sortir un petit sachet contenant quelques pilules aux multiple formes et couleurs. Il en avala une comme s’il s’était s’agit d’un simple bonbon, et il tendit le sachet à Anthéa en lui disant :
‘’T’en veux.. ? C’est pas l’genre de bonbon que t’donneras ta mère la mioche, profites-en.’’
Anthéa déclina l’offre du jeune homme d’un vif hochement de tête, mais ce dernier insista et continua à fourrer le sachet sous le nez de la fillette qui eut alors un bref mouvement de recul. Dans un geste malheureux, tout au moins pour l’adulte, Anthéa repoussa assez violemment le sachet et ce faisant il tomba au sol en libérant la plupart des pilules sur le gravier. Anthéa quitta alors brusquement le banc, et lorsque l’homme s’écria d‘une voix très en colère tout en se mettant à genoux pour récupérer son bien :
‘’Regardes ce que tu as fait sale petite pétasse !!! tu sais c’que ça coûte ces pilules ?!
Anthéa lui répondit avec un aplomb certain :
‘’Tais-toi ! ma maman m’a dit de pas accepter quelque chose de la part d’un inconnu… Et je suis pas bête, je sais que c’est pas des bonbons ça !’’
Puis, elle frappa rageusement le sol de son petit pied, et projeta du graviers sur les pilules que l’homme était en train de ramasser. Cela eu pour effet de mettre ce dernier assez en colère, et il jeta un regard assassin à la fillette en lui disant :
‘’Connasse ! je vais te massacrer !!!’’
Anthéa prit alors ses jambes à son cou, et se mit à courir droit devant elle afin d’échapper à cet homme assurément très contrarié. Ce dernier la poursuivit, et rapidement ils disparurent tous deux dans la nuit… _________________  |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Lun 25 Mai - 19:34 | |
| S'il avait s'agit de son souvenir, peut-être que Soledad aurait ressenti le froid ambiant. Mais elle n'avait pas besoin de sentir le vent pour avoir cette désagréable impression de chute de température à l'intérieur. Elle ne pouvait qu'écouter, puisqu'elle n'avait pas vraiment le choix. Sa présence n'était qu'une illusion imperceptible pour l'Anthea du passé. Elle le savait très bien puisqu'elle avait déjà vécu ça. Mais le décor n'était pas le même. Ça avait été moins sombre, moins angoissant que ce grand parc désert, sans la moindre réelle présence humaine. Il y avait tout du moins quelques présences animales, à en juger par les sons qui parvenaient aux oreilles de la chimère. Mais ce n'était pas ce genre de manifestation dont une fillette avait besoin. Craignait-elle ces bruits? Elle 'en avait pas l'air. Mais le courage, même impressionnant, pouvait toujours n'être qu'un simple masque. Au même âge, Soledad aurait joué les brave, mais ne se serait pas sentie rassurée pour autant. Pendant un instant, Soledad cru que l'attente était finie. Des pas... Serait-ce une mère qui viendrait récupérer sa fille? Ou un père alors? Peu importe lequel des parents, une personne responsable devait nécessairement venir. Alors pourquoi avait-elle cette désagréable sensation au creux de l'estomac? L'apparition n'avait finalement rien de rassurant non plus. Il n'y avait pas une once de sens des responsabilité dans le regard toxicomane du type qui osait s'approcher d'Anthea. Instinctivement, Soledad montra les crocs, poussant un grognement qu'aucun des deux protagonistes ne pourraient entendre. De quoi il se mêlait celui-là? Même s'il pouvait être mû d'un semblant de grandeur d'âme, il devrait se rendre compte que sa simple présence était mauvaise pour un enfant. Anthea avait plus de bon sens que lui. Entre ses dents, Soledad murmura un "casses-toi" significatif. Il n'avait pas sa place sur ce banc, c'était un danger potentiel. Son mouvement brusque incita Rage à se relever, émettant un autre grognement de mécontentement. Elle contourna la fillette pour se planter devant l'humain aux bonbons douteux. Son regard dévia à nouveau sur la fillette qui refusa superbement l'offre déplacée du toxico. Quel imbécile! les pilules réparties sur le gravier était un juste retour des choses. Qu'il rampe, ce cloporte répugnant. C'était vautré sur le sol qu'il pourrait espérer avoir sa place. Mais peut-être que le coup de pied dans le gravier était de trop. Les dernières paroles de l'homme aussi. Anthea détala, et pour seul réflexe, Soledad eut celui brillant, et surtout inefficace, de décrocher un superbe crochet du droit dans la mâchoire de l'homme pour qu'il ne s'élance pas à la suite de la fillette. Peine perdue, son poing traversa l'apparition, la déstabilisa. La chimère bascula en avant, se rattrapant au banc alors que le toxicomane disparaissait à son tour dans la nuit. "Non!!"Elle se releva à son tour et s'élança dans l'obscurité. Elle ne pourrait rien faire, et alors? Elle pouvait au moins essayer. essayer d'éviscérer ce malade avant qu'il ne s'en prenne à Anthea. Le jeu en valait largement la chandelle. _________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
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 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Mar 26 Mai - 11:15 | |
| De toutes la puissance de ses petites jambes, Anthéa fuyait ce sale type qui voulait lui faire du mal. Mais bien que volontaire dans son effort, la fillette ne put cependant distancer très longtemps ce grand échalas remonté contre elle à cause de ses gestes malheureux, et ce dernier ne tarda donc pas à la rattraper. Mais c’était sans compter sur la débrouillardise de la fillette, qui bifurqua à un moment dans les fourrées attenant au petit plan d’eau du parc. Sa taille réduite l’avantageait dans ce genre d’environnement, contrairement à son poursuivant, la dissimulant à son regard vengeur à travers lequel on pouvait percevoir une véritable haine pour celle qui avait osé souiller son ‘’trésor’’ des plus précieux. L’ayant perdu soudainement de vu, l’homme marqua un temps d’arrêt afin de scruter les environs.
‘’Pas la peine de t’cacher connasse, je vais te trouver…’’
Dit-il alors dans la solitude de la nuit, sachant pertinemment que Anthéa ne pouvait pas être bien loin. Il n’émit aucune réelle menace à l’encontre de la fillette, mais le fait de laisser la fin de sa phrase en suspension dans son état d’esprit actuel, en disait sans l’ombre d’un doute bien plus que mille mots menaçants. Anthéa demeura toutefois dissimulée, silencieuse. Bien que très difficilement décelable d’un point de vue extérieur, la fillette avait peur. Sa bravoure toute enfantine avait céder le pas à un instinct plus naturel pour quelqu’un de son âge, et cette peur qui était la sienne pouvait être ressenti par quiconque avait la capacité de ‘’sentir’’ la peur grâce aux phéromones que dégageait son petit corps transi dans les fourrés. Se tassant le plus possible sur elle-même, anthéa essayait d ne pas trembler. Elle pensait que si cet homme ne la trouvait pas, alors il partirait en la laissant tranquille. C’était toujours ce que faisaient les adultes après tout, puisque selon eux ils n’avaient pas de temps à perdre avec ‘’les gosses…’’
Alors, Anthéa attendit…Longtemps… Tout au moins, longtemps dans son esprit de petite fille dénué de toute réelle notion de temps dans ce genre de situation qui ne lui était assurément pas habituel. De ses oreilles attentives, elle écouta les bruits ambiants. L’homme ne criait plus… Il demeurait immobile, ne sachant visiblement pas ou chercher la fillette. Elle attendit encore, et puis… L’homme reprit sa course… Ou plutôt sa marche, car son pas pressant s’était fait paisible. Rapidement, il sembla à Anthéa qu’il s’éloignait d’elle. La fillette eu alors un petit sourire sur les lèvres, contente et plutôt rassurée qu’il se soit enfin décidé à abandonner Par prudence, la fillette attendit toutefois quelques minutes supplémentaires avant de enfin émerger à nouveau de ses fourrés protecteurs. C’est là, que tous bascula…
Alors qu’elle se croyait enfin en sécurité, la fillette sentit une main lui agripper le col de manière très brutale et, sans ménagement, cette main agressive la traîna sur le chemin ou elle fut obliger de faire volte face sous l’impulsion du propriétaire de cette main qui n’était autre que le toxicomane passablement énervé par Anthéa. Ce dernier la regarda avec un sourie aussi mauvais que son air, et lui dit :
‘’Je te tiens sale petite pute !’’
Tout en lui flanquant un violent coup de paume sur le front. La tête de Anthéa effectua un mouvement de recul devant l’inattendu de ce geste méchant et purement gratuit, Tandis que l’homme enchaîna à nouveau avec le même geste de violence qu’il répéta plusieurs fois d’affilés, tout en menaçant plus ou moins ouvertement Anthéa…
‘’Alors… Tu fais plus la fière maintenant hein.. ? Ta vieille aurait du t’apprendre la politesse, mais t’en fais pas, j’vais l’faire à sa place…’’
Surprise et effrayée par la rapidité et la violence des évènements, Anthéa se mit alors à fondre en larme comme le ferait toute petite fille dans sa position des plus défavorable. Elle tenta de repousser cette main violente de ses petits bras courageux, mais l’homme ne paraissait nullement gêné par cette tentative de résistance à son égard qu’il balaya abruptement en secouant la fillette comme un vulgaire prunier.
‘’Pour commencer, on souris aux gens…’’
Poursuivit-il d’un ton mauvais, tandis que de sa main libre il cessa de frapper le front de Anthéa afin de lui pincer avec rage la joue qu’il étira plus que de raison. Cela eu pour effet d’augmenter la douleur de la fillette, qui redoubla alors ses pleurs ou pouvait être perçu un sentiment de désespoir des plus certain. L’homme paraissait jubiler de la situation. Le pouvoir qu’il détenait sur Anthéa semblait l’encourager à punir la fillette pour ses actes à son encontre, jouissant sans doute de cette domination qui n’était assurément pas son quotidien dans sa vie de drogué. Les cris et les larmes de Anthéa lui donnait apparemment du courage et de la hardiesse, car il continua alors de plus belle à torturer la fillette qui tentait vainement de lui échapper.
‘’Arrête de remuer sale petite pute !’’
Se répéta-t-il, tandis que sa main s’écrasa avec une violence non contenue sur la joue de la fillette qui s’empourpra douloureusement. Puis, il s’intéressa à Griffin et l’arracha de manière cruelle du sac à dos de Anthéa qui s’écria alors en pleurs :
’’Griffin ! laisse Griffin tranquille !’’
Le regard de l’homme passa de Anthéa à Griffin, puis de Griffin à Anthéa… Il eu à nouveau un sourire mauvais et légèrement sadique sur les bords, et dit :
‘’C’est quoi d’cette horreur.. ? Ta mère t’achète des monstres comme peluche.. ? Elle doit te détester pour t’acheter un truc aussi moche !’’
Difficile de dire ce qui était le plus douloureux dans les paroles cruelles de l’homme, mais toujours est-il que Anthéa redoubla ses pleurs en tendant ses bars afin de récupérer Griffin. Mais bien décidé à donné une leçon à la fillette, l’homme ricana et projeta la fillette au sol avec une violence affichée qui la fit heurter les sol jonché de graviers avec douleur. En pleurs, son petit corps endolori, elle resta assise sur le sol en pleurant à chaudes larmes.
‘’Laisse Griffin tranquille…’’
Larmoya-t-elle alors, consciente de son incapacité à défendre efficacement sa peluche, tandis que l’homme, visiblement dans son trip, commença à torturer la peluche en lui écrasant méchamment la tête entre ses mains…
‘‘Sa tête est trop grosse, je vais la dégonfler un peu…’’
S’amusa-t-il méchamment, conscient de la peine de Anthéa. Il sortit alors un couteau dont la lame s’éjecta avec rapidité, et luit sous la luminosité blafarde de la lune. En voyant cela, Anthéa s’écria avec toute la force de son désespoir troublé par ses larmes de peine :
‘’Naaaaaaannnnnnn !!!!!!!! Griffiiiiiiiinnnnnnn !!!!!!!!!!’’
Anthéa renifla bruyamment, hoquetant d’inquiétude pour son cher Griffin, puis elle se tourna en direction de Rage :
‘’Empêche le de faire du mal à Griffin s’il te plait !!!’’
La supplia-t-elle, comme si elle la voyait enfin… _________________  |
|  | | Rage Furie d'Amour - adore les petits moustiques

Nombre de messages: 440 Temps passé à Hollow Dream: Un peu plus de deux ans Date d'inscription: 26/12/2006
 | Sujet: Re: Période post-Soledanienne... Dim 14 Juin - 11:33 | |
| L'homme, lui, ne pouvait qu'être facile à suivre. Soledad ne tarda pas à le trouver, immobile, lançant dans le vide une affirmation qui fit froid dans le dos à la chimère. D'ailleurs, elle-même regardait frénétiquement autour d'elle, cherchant la fillette, espérant sans doute, dans le cas où elle la trouverait, faire quelque chose pour détourner l'attention de l'homme. Si tant est que subitement, Soledad ait la moindre impact sur un souvenir. Soledad huma l'air un instant. Avait-elle quelques perception dans ce monde onirique? Même dans un souvenir, la peur était palpable. Les prunelles rougeoyantes se tournèrent dans l'obscurité, en direction de la fillette. Trouvée! Et l'homme s'éloignait. Non, il faisait inde de s'éloigner. Soledad voulu le contourner, dans l'idée d'au moins essayer de tenter quelque chose, mais... Trop tard, Anthea sortait de sa cachette. Soledad revint prestement sur ses pas pour voir l'homme traîner la fillette. Il la tenait. Soledad s'élança en avant, lança son poing en avant droit dans la figure du rustre et... Le traversa. Emportée par son propre élan, elle tituba de quelques pas en avant, se retournant pour voir Anthea fondre en larmes. Et il n'y avait personne pour entendre... Soledad tournait autour des deux protagonistes, comme un lion tourne en cage. Elle ne pouvait rien faire, rien du tout. Les pleurs d'Anthea redoublaient alors qu'il lui pinçait douloureusement la joue, et Soledad était impuissante. Sa respiration nerveuse se muait en une série de grognement furieux. Elle tournait encore et encore, regardait partout autour d'elle, cherchait à l'odeur s'il y avait quelqu'un d'autre dans le parc, quelqu'un qui pourrait entendre la fillette, quelqu'un qui lui aurait un pouvoir sur les événements. Mais il n'y avait personne... "Lâches-la!!!"Maudissant sa propre impuissance, Soledad ne pu que se retourner vers Anthea, suite au bruit violent de la giffle, alors qu'elle hurlait contre le toxicomane qui s'en prenait maintenant à la peluche, cette peluche si importante pour la fillette. Il comptait faire quoi exactement? Prendre la peluche en otage? Au moins, il ne touchait plus Anthea qui, assise sur le gravier, n'aurait plus à subir de violence physiques du moins pendant quelques instants. C'était toujours ça de pris. Mais c'était sans compter sur le désespoir de la fillette. Son cri pour son jouet était encore plus douloureux que ses pleurs précédents. Mais pire encore, l'homme était armé, ce qui changeait la donne. Il pourrait retourner la lame contre Anthea à tout instant, et ça, c'était inacceptable. Et la fillette la fixa. Soledad lui rendit son regard, incrédule. Pendant un instant, elle eut l'étrange impression qu'elle pouvait la voir. Non, elle la voyait. C'était vrai, ça, pourquoi n'intervenait-elle plus? Pourquoi n'agissait-elle pas pour protéger Anteha sur tous les plans? Mais l'ennui, c'était que Soledad n'avait aucune emprise sur le monde qui l'entourait. Aucune, jusqu'à-ce qu'Anthea brise la frontière en la voyant. Oh oui, elle allait intervenir, et ça allait faire mal. "Hijo de puta!"Soledad se jeta en avant, pour retenir d'une main la lame qui menaçait la peluche, levant la seconde, griffes en avant, droit sur le figure de l'homme. Si elle avait un quelconque pouvoir à présent, il risquait d'avoir mal, vraiment très très mal. _________________ C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est la mer qui prend l'homme! TATATIN!!! |
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